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mercredi 30 mars 2016

Polémique sur la centaine de 'Molenbeek' en France

Les propos de Patrick Kanner sur la "centaine" de Molenbeek en France agitent la gauche

Les députés godillots déjugés par le ministre de la Ville

Les élus qui courent les media sont contraints de sortir de leurs lignes
Ils doivent réorienter leurs déclarations en fonctions des propos décoiffants du ministre de la Ville, Patrick Kanner qui a indiqué dimanche 27 mars qu’il existe aujourd’hui une "centaine de quartiers français" présentent "des similitudes potentielles avec Molenbeek"commune bruxelloise à la réputation de réservoir djihadiste de l'Europe, une évaluation basse

Cette histoire belge de Molenbeek n'est plus drôle du tout à gauche. Certes, l'extrême gauche exemplaire étale sa joie, notamment les anarchistes révolutionnaires de Charlie hebdo (ci-contre) dont l'humour subversif enchante les haineux, mais aussi la gauche républicaine prise au piège de sa propre idéologie, qualifiée d'humaniste.  

Kanner pointe au passage les partis politiques et la presse de 2005.
Ainsi, le ministre a-t-il jugé que les émeutes qui avaient secoué les banlieues françaises en 2005 et que les acteurs politiques ont instrumentalisé "ont permis manifestement un développement du salafisme" dans les quartiers populaires.
Les violences urbaines de 2005 ont commencé à Clichy-sous-Bois exploitant un double événement: d'abord la mort de deux délinquants, Zyed Benna et Bouna Traoré le 27 octobre 2005, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique interdit au public alors qu'ils cherchaient à échapper à un contrôle de police; et trois jours plus tard, le jet d'une grenade lacrymogène à l'entrée d'une mosquée de la ville par des forces de l'ordre "caillassées." Les troubles se sont ensuite répandus à travers la France dans un grand nombre de banlieues socialo-communistes, fortement touchées par le chômage et l'insécurité. La France en quasi-guerre civile déclara l''état d'urgence le 8 novembre 2005, lequel fut prolongé pour une durée de trois semaines consécutives.
Le ministre socialiste souligne que des "prédateurs" se sont alors installés.
"Molenbeek, c'est une concentration énorme de pauvreté et de chômage, c'est un système ultra communautariste, c'est un système mafieux, avec une économie souterraine. C'est un système où les services publics ont quasiment disparu, c'est un système où les élus ont baissé les bras", a jugé le ministre.


Kanner a fait la leçon au pouvoir belge
"Mais il y a une différence énorme. Je n'ai pas de leçons à donner et je suis de tout cœur avec nos amis belges, mais il est vrai que nous prenons le taureau par les cornes dans ces quartiers", a assuré Patrick Kanner, avant de préciser qu'il existe une "cellule de veille pour vérifier qu'il n'y a pas d'association faisant l'objet de démarches salafistes" dans ces quartiers ou "la République n'a pas été à la hauteur de sa responsabilité".

Les réactions embarrassées, voire la fureur, de la gauche ne se sont pas faits attendre, après ces propos tenus lors du "Grand rendez-vous" Europe 1-i-télé-Le Monde.
Au "Grand jury" RTL-LCI-Le Figaro, Julien Dray, conseiller régional PS d'Ile-de-France, a sermonné le ministre, appelant à ne pas céder à des formules faciles qui "stigmatisent". "Depuis 20 ans, a dit le cofondateur de SOS Racisme, il y a une ghettoïsation sociale qui donne lieu (...) à une montée de la délinquance et puis aussi à des noyaux islamistes qui essaient d'instrumentaliser des points sociaux". "Ce sont des points communs" avec Molenbeek, a reconnu Julien Dray, mais "je n'aime pas qu'on stigmatise car la majorité de la population de ces quartiers en a assez d'être désignée à la vindicte populaire".

Cambadélis, premier secrétaire du PS, a lui aussi pris ses distances avec les propos du ministre de la Ville, évoquant "des poches", "des immeubles" et "des rues" présentant des "problèmes" similaires à Molenbeek, mais "pas de quartiers" entiers. "Moi, je ne suis pas pour ce discours", a dit Jean-Christophe Cambadélis sur France 5, appelant à "ne pas dissoudre la concorde nationale". "On doit avoir une stratégie vis-à-vis du terrorisme, c'est de ne pas isoler les musulmans, mais d'isoler" les terroristes.

Dans une tribune au Figaro vendredi, le député LR Eric Ciotti a accusé François Hollande d'avoir "délibérément renoncé à défendre la laïcité pour flatter un communautarisme religieux auquel il est redevable". "La France ne peut devenir un gigantesque Molenbeek!", a lancé ce poche de François Fillon.

Le Front national a, lui, estimé que la France n'est "pas épargnée par les zones de non-droit du type de Molenbeek". "Il faut dès aujourd'hui lancer une vaste opération de police pour investir l'ensemble de ces quartiers en marge de la République", avait demandé la présidente du FN Marine Le Pen. Sur Europe 1, Florian Philippot, vice-président du FN, a lui estimé lundi que Patrick Kanner est "lucide" en évoquant la "centaine de quartiers en France" aux "similitudes potentielles avec Molenbeek".
"C'est donc ça qui fait polémique au PS. Pour une fois qu'on a un ministre, M. Kanner, qui enlève le voile d'aveuglement qu'il a devant les yeux et la bouche, qu'il dit une vérité un peu lucide, il faut au PS qu"on lui tombe dessus", a critiqué le conseiller régional d'Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne sur BFM TV et RMC. "C'est lucide et ce n'est pas stigmatisant", a affirmé Florian Philippot, pour qui Patrick Kanner, avec son chiffre d'une centaine, "est probablement un peu optimiste."

Des propos quasi similaires tenus par Hervé Mariton (LR) lundi sur France Info: "Kanner a le mérite d'un diagnostic lucide sur une situation réellement dangereuse". "Il ne faut pas faire d'amalgame" mais "les quartiers sortis de tout contrôle existent", a-t-il précisé.

De son côté, le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde s'est dit le même jour sur RMC "très agacé" par les propos de Patrick Kanner, "parce que c'est le genre de formule qui débilise, qui mutile le débat politique français". "Je ne crois pas du tout qu'il y ait des centaines de Molenbeek en France, a-t-il affirmé. La vérité, c'est qu'on a des quartiers qui sont ghettoïsés".
C'est dans sa commune de Molenbeek (environ 100.000 habitants) que Salah Abdeslam, le 10e homme des attentats parisiens, a été arrêté le 18 mars après une cavale de plus de quatre mois. L'enquête sur les attaques de Bruxelles a montré qu'un même réseau franco-belge est responsable des tueries de novembre et mars.
Valls en partie d'accord

Le Premier ministre estime qu'"une centaine" de quartiers français présentent des "similitudes" avec le quartier bruxellois réputé être un fief djihadiste" a-t-il admis, avant de nuancer. C'est donc difficile de faire des comparaisons", a-t-il nuancé. "Mais ce qu'a voulu dire Patrick Kanner sur les processus d'enfermement, de communautarisation et de radicalisation... tout cela existe, bel et bien !" a affirmé Manuel Valls devant les parlementaires socialistes. Kanner (PS) a mis le chaos à gauche.


Molenbeek, symbole de l'échec des pays démocratiques

Molenbeek apparaît comme la capitale européenne du djihadisme, la base arrière du terrorisme islamiste, sorte de camp avancé de Raqqa, en Syrie. Mais nous assistons à une des marches arrières de l'Etat-PS et les media sont chargés de convaincre que seul le vieux centre est une zone de non-droit. La journaliste Hind Fraihi, présentée comme flamande, le décrit dans un livre comme "un quartier voué à la démolition et habité par des immigrés", là même où a été retrouvé Salah Abdeslam, le 18 mars. Or, un, elle est belgo-marocaine et, deux, elle insiste sur les difficultés sociales, en décrivant un territoire où "dans certains quartiers, le nombre d’immigrés atteint 80 %. Elle omet juste de noter que le maire de Bruxelles, Yvan E.C. Mayeur, est ancien président socialiste de la commission des affaires sociales de la Chambre des représentants et que son prédécesseur, Freddy Thielemans, l'était déjà depuis 2001. cette communauté allochtone tient à vivre en communauté, et ne met pas en cause Le chômage des jeunes s’élève à quelque 40 %. Selon le quartier, ce chiffre peut même grimper jusqu’à 80 %."
"Dès les années 1980, des reportages télévisés ont montré de Molenbeek une image assez négative, mais qui concernait uniquement à l’époque la pauvreté et le chômage", se souvient le politologue belge Dave Sinardet. Il faut dire que la crise économique est passée par là.

"Les gens ont eu peur d’être taxés d’islamophobes ou de racistes"
Dans les années 1990 quand Hind Fraihi a publié son livre consacré aux musulmans radicaux molenbeekois, ceux que le sociologue Felice Dassetto appelle les "Molmuslims" levait le voile sur l'activité des mosquées radicales sous influence sunnite de l'Arabie saoudite et aurait dû à l’époque de sa sortie tirer la sonnette d’alarme, mais c'était sans compter avec le tabou sur tout ce qui est musulman et qui permet au salafisme de prospérer.
Pour des raisons politiques, au sens misérable, ces signaux n’ont pas été pris en compte, probablement en partie parce que certaines vérités étaient inconfortables. Les gens ont eu peur d’être taxés d’islamophobie ou de racisme ", indique Dave Sinardet. 
L’ex-bourgmestre de Molenbeek, Philippe Moureaux, se retrouve aujourd’hui sous le feu de la critique pour sa gestion de ce quartier de 95.000 personnes. Elu en 1992 à la tête de la commune, il est accusé notamment par sa successeure, Françoise Schepmans (MR) d’avoir "fermé les yeux".

Les politiciens, comme la presse, se disculpent.
"Il y a évidemment une part de responsabilité de Philippe Moureaux, même si tout ne peut pas lui être imputé. Par conviction idéologique, mais aussi par électoralisme, il n’a pas pris assez au sérieux les problèmes existants dans certains quartiers de Molenbeek", remarque Dave Sinardet. Entre les difficultés sociales, l’influence de l’Arabie saoudite et du wahhabisme et la forte population immigrée d’origine marocaine - plus du tiers de la population de Molenbeek- la situation avait de quoi devenir inquiétante, pourtant.
Ce que la presse ne dit encore pas, c'est que le socialiste Moureaux est responsable de l’ouverture de la mairie aux candidats d’origine non européenne à partir des élections de 2000, à l'issue desquelles le collège compte deux échevins PS d'origine marocaine, Mohammed Daïf et Jamal Ikazban, qui sont reconduits dans leurs fonctions en 2006.
On ne parle plus de radicalisation islmamiste dans les prisons
D’après Bahar Kimyongur, la communauté marocaine de Molenbeek est effectivement la plus active dans la radicalisation djihadiste. "En comparaison, les Turcs de Belgique (plus de 200.000 Turcs ou Belgo-turcs) sont très peu touchés par ce type de radicalisation", explique-t-il. "Les Turcs ont leur propre "clergé" : la Diyanet liée au régime d’Ankara, les mosquées du réseau Fetullah Gülen… La communauté marocaine est beaucoup moins structurée. Elle a souvent affaire à des imams formés en Arabie saoudite. 
L’Exécutif des musulmans de Belgique censé encadrer les musulmans du pays est miné par les conflits internes. Elle ne répond pas aux questionnements existentiels des jeunes Maghrébins", assure-t-il.

Une crise identitaire
Car les difficultés économiques et le wahhabisme n’expliquent pas tout. "La "Daeshmania" qui s’est développée dans certains quartiers de Molenbeek n’est pas à proprement parler liée au chômage. Les jeunes radicalisés ne sont pas forcément des miséreux. L’attraction exercée par Daesh sur les jeunes Maghrébins est davantage liée à la crise identitaire que les media et l'école favorisent, une similitude partagée par la France, ne se sentant pas assez arabes, pas assez marocains et pas assez musulmans", note Bahar Kimyongur. Et très peu Belges...

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