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samedi 19 mars 2016

La police belge a blessé et arrêté Salah Abdeslam, l'un des islamistes assassins du 13 novembre

Un témoignage téléphonique a permis de capturer Salah Abdeslam dans sa communauté

Le binational Salah Abdeslam, 
l'un des principaux acteurs des attentats du 13 novembre, a été arrêté vivant

La maison de deux étages (au centre) à Molenbeek
Des forces spéciales belges sont intervenues ce vendredi après-midi dans une maison de la rue des Quatre Vents à Molenbeek, sa commune d'origine, devenue tristement célèbre depuis les assassinats islamistes de Paris - revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) - pour avoir domicilié plusieurs kamikazes. Dans l'appartement, la police a découvert un drapeau de l'EI, 11 chargeurs de kalachnikov et de nombreuses munitions. 
Le djihadiste soupçonné d'être le logisticien des attentats du 13 novembre à Paris, serait blessé à la jambe. L'islamiste a été hospitalisé dans la soirée. 
video

Le 
Franco-marocainSalah Abdeslam, l'homme le plus recherché d'Europe, mais resté introuvable pendant quatre mois, ainsi qu'un complice, ont été blessés au cours de l'opération. Un homme "jeune, de petite taille à casquette, s'est enfui (...) Il a été touché par la police et emmené en ambulance", a raconté un élu local de Molenbeek, sous couvert d'anonymat. 
C'est dans cette commune bruxelloise à forte population immigrée que plusieurs membres des commandos qui ont semé la mort à Paris ont grandi - comme Abaaoud et les frères Abdeslam, des amis d'enfance - ou séjourné.

C'était ainsi la seconde fois qu'Abdeslam, petit fumeur de shit radicalisé n'ayant jamais combattu en Syrie, s'enfuyait plutôt que de se faire exploser et de mourir en  martyr. 
Le frère de Salah Abdeslam, Brahim, 31 ans, a fait partie du "commando des terrasses", le trio de kamikazes islamistes qui a ensanglanté plusieurs terrasses parisiennes, le 13 novembre. Il s'était ensuite fait exploser devant une brasserie. Sa famille l'a inhumé dans le carré musulman d'un cimetière multiconfessionnel qui se trouve au bout du cimetière de Schaerbeek, sur le territoire d’Evere et de Zaventem, au nord de Bruxelles, en présence d'une vingtaine d’hommes proches du terroriste, dont le frère de Brahim et de Salah, Mohamed. A la fin de la cérémonie, Mohamed Abdeslam, a répondu à quelques questions de journalistes présents. "C’est enfin le deuil qui peut commencer pour nous après cette histoire. Nous avons attendu quatre mois pour l’enterrer. Maintenant, nous allons essayer, je dis bien essayer, de passer à autre chose", a déclaré Mohamed avant de revenir sur le fait que le choix premier de la famille était un enterrement au Maroc.

Quatre autres suspects ont été arrêtés
, a annoncé le vice-procureur fédéral belge.
Le complice également appréhendé après avoir été légèrement blessé, avait utilisé ces derniers mois un faux passeport syrien, au nom de Monir Ahmed Alaaj, et une fausse carte d'identité belge, au nom d'Amine Choukri, a précisé le Parquet belge. 
Par ailleurs, outre Amine Choukri, qui "avait été contrôlé en compagnie d’Abdeslam à Ulm en Allemagne en octobre 2015", trois "membres de la famille qui hébergeait" Abdeslam à Molenbeek ont été interpellés, et trois individus ainsi désignées : Amid A., Siad A., et Jemilah M.

Salah Abdeslam, 26 ans, était bien l'une des deux personnes qui étaient parvenues à fuir, mardi 15 mars, 
lors d'une perquisition menée par six enquêteurs franco-belges dans un appartement de Forest, une autre commune de Bruxelles. Des traces "fraîches" de l'ADN d'Abdeslam avait été retrouvées sur un verre dans cet appartement. Cette révélation a d'ailleurs précipité les opérations policières déclenchées cet après-midi à Molenbeek, commune bruxelloise.

La fuite d'Abdelslam protégée par Belkaïd 

Lors de la perquisition de mardi, à Forest, trois policiers -dont une femme française- avaient été blessés par les tirs d'un troisième homme, avant que ce dernier soit abattu par un tireur d'élite de la police. "Au moment de la perquisition de mardi, l'homme est resté volontairement pour protéger la fuite des deux autres, indique une source policière belge. Il a tiré une rafale de kalachnikov, mais les policiers n'ont été que blessés. Ils ont immédiatement répliqué et l'ont abattu. Pendant cet échange, les deux autres terroristes ont pu s'enfuir par les toits, en passant par une autre pièce de l'appartement. 

Salah Abdeslam a été arrêté vivant. 
Le tireur tué durant la fusillade de mardi dernier a été identifié: il s'appelle Mohamed Belkaïd, 36 ans, de nationalité algérienne, qui avait apporté un soutien logistique au commando du 13 novembre. Ce tireur était jusqu'alors connu des enquêteurs belges sous un faux nom: Samir Bouzid. C'est sous cette identité d'emprunt que ce Belgo-algérien, l'un des organisateurs des attentats du 13 novembre à Paris, avait envoyé un mandat de 750 euros depuis la Belgique, le 17 novembre à Hasna Aïtboulahcen, la cousine d'Abdelhamid Abaaoud (tous deux ont été tués dans le raid mené le lendemain par la police française à Saint-Denis). 
Salah Abdeslam a sillonné l'Europe sans relâche en septembre et octobre. Il sera ainsi contrôlé avec le faux Samir Bouzid à la frontière austro-hongroise le 9 septembre 2015, et avec le faux Amine Chokri le 3 octobre à Ulm (Allemagne).
Un certain Soufiane Kayal, qui avait lui aussi présenté une fausse carte d'identité lors du contrôle du 9 septembre, court toujours, tout comme Mohamed Abrini (30 ans), filmé le 11 novembre dans une station-service sur l'autoroute entre Paris et Bruxelles en compagnie de Salah Abdeslam.

Une intervention des forces de police sur dénonciation
Les policiers avaient été informés par un voisin quand ils sont intervenus mardi. Les "enquêteurs avaient acquis la quasi-certitude que Salah Abdeslam n'avait jamais quitté le territoire belge depuis le 14 novembre", racontait récemment la même source policière, sans donner plus de détails car il avait été "exfiltré" en voiture de location par deux de ses proches, Hamza Attou et Mohamed Amri, et la police avait perdu la trace du terroriste le 14 novembre. Après les attaques sanglantes perpétrées par ses complices, activement recherché, il serait resté caché trois semaines, jusqu’au 3 décembre, dans un appartement de Schaerbeek, l’une des dix-neuf municipalités de la région capitale de Bruxelles.
Une fuite dans la presse a précipité les opérations
La rue des Quatre-Vents était sous surveillance depuis  mardi quand les enquêteurs avaient recueilli l'information auprès de ce témoin contacté par Salah Abdeslam. L'opération de police, qui était initialement prévue pour  plus tard, a été avancée après des fuites dans la presse sur les traces d’ADN de Salah Abdeslam, ainsi que ses empreintes, retrouvées dans l'appartement de Forest.

François Hollande s'est aussitôt associé à la capture

L
e président français est allé rejoindre le Premier ministre belge devant les caméras pour l'annonce 
par Charles Michel, lors d'une conférence de presse vendredi soir, que Salah Abdeslam avait été arrêté avec deux complices. François Hollande a indiqué que la France va très rapidement demander son extradition. Il a annoncé une réunion du conseil de Défense pour samedi matin, estimant que "si cette arrestation est une étape importante, elle n’est pas la conclusion définitive".

"Cette longue cavale n'est pas un grand succès pour les services de renseignement belges", a estimé le député LR (opposition) Alain Marsaud dans un entretien à paraître samedi dans les journaux du groupe français EBRA (Est Bourgogne Rhône Alpes, anciennement France Est Médias ou groupe Est républicain, comprenant notamment Le Progrès (Lyon) et Le Dauphiné libéré (Grenoble), dont le Crédit Mutuel est l'actionnaire principal. "Soit Salah Abdeslam était très malin, soit les services belges étaient nuls, ce qui est plus vraisemblable".

"Un coup important porté à Daesh en Europe", se félicite en revanche le ministre de l'Intérieur.
"Les opérations de la semaine écoulée ont permis de mettre hors d'état de nuire plusieurs individus qui ont fait la preuve de leur extrême dangerosité et de leur totale détermination", selon le petit Cazeneuve, au sortir d'un conseil de défense à l'Elysée. "Dans le cadre des procédures ouvertes à la suite des attentats du 13 Novembre, dix individus ont été mis en examen, dont deux en France et huit en Belgique", a rappelé Bernard Cazeneuve, précisant que "d'autres individus sont encore activement recherchés". Et le ministre d'ajouter: "Salah Abdeslam devra répondre de ses actes devant la justice française."
"Nous gagnerons la guerre contre le terrorisme en agissant sans trêve ni pause".  A la sortie de ce conseil à l'Elysée, dont rien n'a encore filtré, le ministre de Hollande a tenu à saluer l'engagement "sans failles" des autorités belges, en particulier dans la traque de Salah Abdeslam, ainsi que la "«bonne coopération" des services français et belges. "Nous gagnerons la guerre contre le terrorisme en agissant sans trêve ni pause", a-t-il estimé.

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