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mercredi 9 mars 2016

La ministre El Khomri rechute dans sa douche

"15 minutes," c'est le temps de travail d'El Khomri

C'est encore sa fête!

Ce 8 mars, ce devait être la Journée internationale des Droits des femmes, mais la ministre malencontreusement nommée par Hollande au Travail n'a pas facilité la tâche des militantes féministes. Sous tension et très fragilisée malgré son gabarit, Myriam El Khomri s'est encore prise les pieds dans le tapis. A vrai dire, elle est tellement accablée par son inexpérience et la charge que Valls lui a mise sur les épaules en promettant de l'aider, lui à qui l'économie est aussi étrangère à un habitant d'Istres qu'un Irakien ou un Erythréen débarqué en février dernier, que la malheureuse n'en peut plus et que sa langue a fourché,  lors de la séance de questions au gouvernement d'hier mardi, comme son pied a glissé, la semaine dernière, dans la douche. 

La tentation était trop forte pour se tenir de lâcher une plaisanterie entre adultes. La gauche dans l'opposition ne s'est-elle pas targuée de manier le second degré en virtuose ? La vanne a fusé comme dans une soirée entre amis, un classique de l'humour viril, inattendu dans l'hémicycle, mais en tout état de cause inaudible du public devant son téléviseur. Une blague privée, sorte de "off" !
Il aura donc bien fallu qu'un indélicat lui fasse écho, avec une intention de nuire, si ce n'est au député, du moins à la ministre, pourtant déjà très éprouvée par les 'frondeurs' du PS et l'extrême gauche. On aurait pu ne jamais rien savoir de l'humour de Patrice Verchère, 42 ans et dans la force de l'âge, élu Les Républicains du Rhône, sans le zèle d'un hypocrite mal avisé, voire graveleux. Alors quoi, histoire de savonnette de douche ou allusion à l'hygiène intime des amoureux?

Interrogée par la députée de l'Yonne Marie-Louise Fort, Myriam El Khomri a dérapé sur un mot en évoquant la fameuse loi Valls qui porte son nom. Alors qu'elle expliquait les ratés de communication -en fait, l'absence de concertation- ayant accompagné la présentation du projet de loi, elle a dit : "J'ai mené un cycle de négociation bilatérale sur toute la partie relative au temps de travail et sur le compte personnel d’activité. J'en conçois tout à fait [pour 'je le conçois'], cette séquence a été un peu difficile. Mais prendre quinze minutes… pardon, quinze jours… témoigne d’une gouvernance ouverte [disons d'une bonne hygiène] soucieuse de revoir avec l’ensemble des partenaires sociaux l’intégralité de la démarche menée," si peu assurée soit-elle.

VOIR et ENTENDRE la ministre se vautrer sous le regard amusé de sa bonne camarade Vallaud-Belkacem:

Quinze "minutes" au lieu de quinze "jours"

On ne tire pas sur une ambulance, mais le lapsus a de quoi faire rire.
L'intéressée a d'ailleurs préféré en sourire, comme sa collègue Najat Vallaud-Belkacem. Patrice Verchère a lui-aussi voulu profiter de cette occasion pour détendre l'atmosphère, alors que les étudiants et lycéens manifestaient partout en France. 

"15 minutes, douche comprise !" Rien d'insultant

Il n'en fallait pas plus pour que Claude Bartolone intervienne : "Monsieur Verchère, il est inutile de crier !" Valls a-t-il fait réquisitionné la troupe ?

Etude de texte
La formule du député Verchère est à double entrée. La première, la plus confidentielle, est la référence à l'un des surnoms donnés à Jacques Chirac, "trois minutes, douche comprise". Ce sobriquet passé à la postérité des alcôves politiciennes était censé illustrer la réputation de coureur de jupons de l'ancien président.
La seconde entrée, celle du mensonge, est plus fréquentée. La circonstance de la douche renvoie en effet à l'hospitalisation de Myriam El Khomri pour "un malaise", début mars, selon "p'tit zizi" Valls -autre référence qu'il est convenu dans la presse de ne pas tenter de gonfler- , mais à la suite d' "un accident domestique" pour reprendre les mots de François Hollande. La version finale sera que la ministre a glissé dans sa douche... La remarque du député était donc particulièrement bien appropriée à l'actualité, singulièrement à l'heure des Questions au gouvernement (QAG).

Patrice Verchère s'excuse gentiment auprès de l'éclopée de la vie gouvernementale.
De sa saillie que les pisse-froid lui reprochent, alors que les noms d'oiseaux volent en escadrille à basse altitude dans l'hémicycle et que les bras et autres doigts d'honneur se dressent dans les travées, le député n'est pas fier.  Ce co-auteur, avec le bonnet de nuit Jean-Jacques Urvoas, d'un rapport sur le Renseignement déclare sa confusion au Progrès ce mercredi : "Je ne vois pas ce qu’il y a de sexiste, explique-t-il, mais je le reconnais, c’était mal venu. Si ça a pu choquer, je présente mes excuses." 
Un socialiste n'aurait eu que des "regrets".

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