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samedi 2 septembre 2017

Ordonnances: le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

A la rue, le Parti socialiste et FO envoient des signaux contraires

Le PS ne participera pas à la contestation sociale, mais...

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Olivier Faure
Le Parti socialiste n'appellera pas à manifester contre les ordonnances sur la loi travail. Contrairement à l'extrême gauche, la CGT, un syndicat, et à La France insoumise, un parti politique, les socialistes ne seront pas dans la rue les 12 et 23 septembre. 
"Nous ne sommes ni syndicalistes, ni Insoumis", a lancé vendredi le président du groupe Nouvelle Gauche à l'Assemblée nationale, Olivier Faure, à l'occasion d'une conférence de presse.
Le PS préfère lancer une consultation avec les syndicats et les autres formations de gauche, a annoncé le chef de groupe parlementaireL'objectif est de s'accorder sur quelques points de contestation en commun "pour avoir plus de poids dans l'opinion publique". 

Les cadres et militants pourront toutefois participer aux manifestations à titre individuel

Le numéro deux du parti, Rachid Temal, s'est chargé du grand écart. Ex-MJS, patron du PS dans le Val-d'Oise (DVG aux sénatoriales de 2004) et ancien directeur général adjoint de J.-P. Huchon, chargé de la stratégie et des politiques publiques au Conseil régional d'Ile-de-France et actuel, Temal est un apparatchik qui monte : sera-t-il premier secrétaire du PS  derrière  Jean-Christophe Cambadélis? 

Début 2015, à 42 ans, à la suite de la réorganisation du CRT, Rachid Temal avait entamé une procédure aux prud'hommes de Paris pour obtenir plus de 330.000 € de dommages et intérêts pour licenciement sans cause (oui, on sait, c'est bizarre de la part de quelqu'un qui veut partir, mais c'est ainsi). "Cher payé pour quelqu'un qu'on voyait peu au bureau", persifla un fin connaisseur du CRT, rapporté par Marianne. Temal ne fait pas travailler pour lui de collaboratrice familiale, mais les prud'hommes...
En juin 2015, il a été reconduit au bureau national, au côté de Christophe Borgel, responsable du pôle 'élections'.
Il se revendique alors comme un 'hollandais' et anime ce courant avec Stéphane Le Foll, le ministre intermittent au four de l'Agriculture et au moulin de la communication.

Proche de Jean-Christophe Cambadélis, Rachid Temal a assuré toute la partie logistique du référendum socialiste.
Les parlementaires Luc Carvounas et Emmanuel Maurel, par exemple, devraient grossir les rangs du cortège syndical. Ils représentent en effet l'aile gauche du PS.

Olivier Faure, en revanche, ne mélange pas les genres. "Nous sommes une opposition, mais nous avons vocation à incarner une alternance", a fait savoir Faure, pour se démarquer de son homologue Jean-Luc Mélenchon, qui, selon lui, a cédé au "spectacle". 

"C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité, mais de l'insécurité (pour les salariés)", avait commenté Rachid Temal

Résultat de recherche d'images pour "PS contestation sociale"Il faut dire que les Insoumis n'ont pas manqué de rappeler que les socialistes avaient posé les premières pierres de cette réforme en 2016 avec la loi El Khomri, voulue par Macron de l'Elysée ou il fut conseiller à Bercy où il fut ministre de Manuel Valls. 
"Concernant la hiérarchie des normes, notamment, nous avons été mis en difficulté dans l'Hémicycle par Jean-Luc Mélenchon qui nous renvoyait la responsabilité", reconnaît Régis Juanico, député de l'aile gauche. Ce dernier rappelle que le groupe Nouvelle Gauche avait voté à l'unanimité contre le projet de loi d'habilitation. 

De nombreuses lignes rouges cristallisent la contestation du PS sur les ordonnances, le périmètre géographique pris en compte pour le licenciement collectif, l'encadrement des indemnités prud'homales, l'ouverture d'un droit à la négociation dans les PME. "C'est une réforme idéologique qui ne crée pas de sécurité mais de l'insécurité" pour les salariés, a dénoncé Rachid Temal. 
"C'est une occasion ratée, un rendez-vous manqué avec l'emploi et le dialogue social. Ce qui se passe a l'apparence du bon sens mais va menacer la façon dont le dialogue social va s'organiser dans le pays", a abondé Rita Maalouf, 
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"
Résultat de recherche d'images pour "Rita Maalouf"candidate PS dans le Val d'Oise, née au Liban, qui créa la polémique en déclarant dans son CV de campagne qu'elle exerçait la 'Profession' de 'Vice Présidente d’un établissement bancaire", ce qui fut contesté. Elle n'aurait pas été davantage "associée"au sein de la société Fidei Finance Consultants, pas plus que diplômée de l’Ecole Spéciale d’Architecture (ESA). Au moins a-t-elle reconnu avoir été contrôlée positive lors d’un test anti-dopage à l’issue du Marathon de Beyrouth de 2003...

Les dirigeants PS regrettent en outre que le débat parlementaire soit convoqué a posteriori de l'entrée en vigueur de la loi. 
"C'est une parodie de débat parlementaire et un déni de démocratie", s'est insurgé Olivier Faure. 
"Le calendrier a été bien pensé pour prendre tout le monde de vitesse, mais les macronistes ne doivent pas crier victoire, ils risquent d'être rattrapés par la réalité. La baisse des contrats aidés va faire très mal", anticipe Régis Juanico. 

Certains socialistes s'exaspèrent de la position du secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly.
En première ligne contre la loi El Khomri mais bienveillant sur les ordonnances, son organisation syndicale est pourtant aussi ambiguë aujourd'hui que le groupe PS. "La dernière fois FO était pour un retrait de la loi préalable à toutes discussions", n'a pas oublié l'amer Stéphane Le Foll sur France 2.  

lundi 30 mai 2016

Loi travail: Filippetti rêve d'une nouvelle motion de censure

Aurélie Filippetti promet de mettre des bâtons dans les roues de Hollande et Valls

L'ancienne ministre de la Culture agite la menace d'une nouvelle version de la motion de censure

S'il n'y a pas d'avancées sur la loi travail, "nous redéposerons une nouvelle version de notre motion de censure", a prévenu dimanche l'agrégée de lettre, Aurélie Filippetti, députée PS de Moselle. "Et on espère qu'on aura cette fois les signatures nécessaires à gauche pour dire qu'on n'est pas d'accord avec ce fonctionnement politique-là", a justifié, sur France Inter, la ministre limogée. 

La concubine d'Arnaud Montebourg fait partie des parlementaires de gauche qui avaient signé le projet de motion de censure de gauche contre le gouvernement, après le recours au 49.3 par Manuel Valls, le 10 mai, pour faire adopter le projet de loi travail, par la force et sans vote des députés, en première lecture. Ce projet de motion n'avait finalement pu être déposé, car il ne manqua que deux signatures sur les 58 requises, comme par un fait exprès.
 
"Le pays ne veut pas de cette loi" 

C'est ce qu'assure  la ministre répudiée. Bien que le PS ne représente plus grand chose, Aurélie Filippetti continue de parler au nom des Français. 
Elle ne peut pourtant plus s'exprimer qu'en celui de la cinquantaine de députés PS "frondeurs", écologistes et du Front de gauche qui ont écrit à François Hollande pour lui demander "d'agir sans attendre pour une sortie de crise" tenant compte "de l'opposition majoritaire en France" au projet de loi travail. "On s'est adressé au président de la République, car le débat parlementaire a été bloqué, entravé" et parce que, "dans la rue, il y a aussi un blocage", a expliqué l'amère. "Le pays ne veut pas de cette loi; en tout cas pas telle qu'elle est écrite", a-t-elle ajouté, jugeant qu'il faut "a minima rouvrir la discussion sur l'article 2". "On demande simplement qu'on puisse écrire dans la loi que l'accord d'entreprise ne peut pas être plus défavorable pour les salariés que l'accord de branche", a-t-elle précisé. 

"On ne peut pas gouverner le pays comme ça. 
On ne peut pas faire une réforme sans une consultation a priori, sans associer le Parlement", a-t-elle encore martelé.

jeudi 12 mai 2016

Loi Travail : qui sont les 56 signataires de la motion de censure de gauche ?

Le compte n'y est pas, à deux voix près: habile?

Le projet de motion de censure de la gauche contre la loi Travail a échoué à deux voix près mercredi. 

C'était bien calculé ! 
"Nous ne seront pas en mesure de déposer une motion de censure" a annoncé mercredi 11 mai vers 16h30 Laurent Baumel, député de l'aile gauche du PS, affirmant, comme si c'était fait exprès, qu'il manquait deux signatures sur les 58 requises pour valider la motion de censure "des gauches et des écologistes" contre le projet de loi Travail, imposée la veille par Manuel Valls à coup de 49-3.
Le socialiste Yann Galut, avocat, n'est pas aussi convaincant qu'il pense.

Les 56 signataires estimaient dans leur motion de censure que "l'utilisation par un gouvernement issu de la gauche, de l'article 49-3 de la Constitution, sur un texte portant réforme du code du travail, est un acte politique d'une extrême gravité," estiment les 56 signataires, dans leur motion de censure. Ce projet de loi "comporte un risque grave d'atteintes aux droits des salariés et à notre modèle social" et "ouvre une brèche" quant à la "dérégulation du droit du travail", notaient également les élus qui accusent le gouvernement de "bafouer" les droits du Parlement et de faire "aussi violence à des millions de citoyens qui, en majorité, rejettent ce projet de loi".

Seulement 28 opposants et signataires effectifs

Le texte a recueilli la signature de 28 députés PS ou apparentés, parmi lesquels on retrouve sans surprise Aurélie Filippetti, Benoît Hamon, Christian Paul, Laurent Baumel.
Plus étonnant, l'ex-PS Thomas Thévenoud a également signé le projet de motion de censure. 

Au contraire, les députés proches de Martine Aubry, laquelle s'oppose régulièrement au gouvernement, ne l'ont pas signé. "Cela aurait été un premier pas vers la scission du parti", a fait valoir François Lamy. "Le Premier ministre divise et affaiblit suffisamment la gauche pour qu'on n'en rajoute pas en déposant une motion de censure qui ne pouvait pas être adoptée" a-t-il tenté de se justifier sur Twitter. 
Après ce renoncement, les Aubrystes continuent d'amuser la galerie en ferraillant à blanc:

Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, a refusé mercredi de parler de sanctions à ce stade contre les contestataires PS.
Ils voulaient pourtant censurer - et faire tomber- le gouvernement Valls et ce n'était pas "anodin," a fini par concéder Bruno Le Roux
Jean-Marie Le Guen et Stéphane Le Foll ont de leur côté été beaucoup plus vengeurs. Le premier, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, a appelé les frondeurs à clarifier leur situation, estimant sur i-télé que c'était "allé trop loin".
 
Après leur renoncement, les Aubrystes ont toutefois continué d'amuser la galerie en ferraillant à blanc:
Le porte-parole du gouvernement et ministre intermittent de l'Agriculture a dénoncé sur Europe 1 la "lourde responsabilité" des signataires PS. Pour lui, si ces députés "s'en vont, ce serait la logique. Parce que le fait d'être au PS garantit quand même pour beaucoup les possibilités d'être élu, a expliqué en forme de menace, le maître-chanteur. "On ne peut pas toujours contester le PS et le gouvernement et en même temps être dans cette situation où lorsqu'on se présente, on se présente avec une étiquette," a insisté Le Foll.

Les velléitaires ont néanmoins confirmé qu'ils ne voteraient pas ce jeudi 12 mai la motion de censure de droite, ce qui devrait finalement permettre au projet de loi El Khomri d'être adopté, sans vote, en première lecture et par la force. "On ne va pas mêler nos voix à des gens qui ne veulent pas de la loi El Khomri pour des raisons opposées aux nôtres," a assuré Laurent Baumel, alors qu'en novembre dernier Hollande appelait à "l'unité nationale" face à la menace terroriste.

VOIR et ENTENDRE Baumel affirmer sur BFMTV qu'il ne votera pas la motion de censure:

Parmi les autres signataires se trouvent 10 écologistes, dont Noël Mamère et Cécile Duflot, un radical de gauche, quatre députés non-inscrits et 13 élus du groupe GDR (qui réunit les 10 députés du Front de gauche et des ultra-marins), dont André Chassaigne. Le président des députés Front de Gauche a par ailleurs annoncé qu'il voterait la motion de censure de la droite, expliquant ce jeudi que la question n'était pas tant "de faire tomber le gouvernement", que d'obtenir le retrait du projet de loi Travail

Voici la liste des signataires, dans l'ordre alphabétique :

Abeille Laurence (Ecologiste, E)
Allain Brigitte (E)
Amirshahi Pouria (ex-PS, Non inscrit, NI)
Asensi François (GDR)
Attard Isabelle (E)
Auroi Danielle (E)
Bachelay Alexis (PS)
Baumel Laurent (PS)
Bello Huguette (GDR)
Blazy Jean-Pierre (PS)
Bocquet Alain (GDR)
Bonneton Michèle (E)
Bruneau Isabelle (PS)
Buffet Marie-George (GDR)
Candelier Jean-Jacques (GDR)
Carrey-Conte Fanélie (PS)
Carvalho Patrice (GDR)
Charroux Gaby (GDR)
Chassaigne André (GDR)
Chauvel Dominique (PS)
Cherki Pascal (PS)
Coronado Sergio (E)
Dolez Marc (GDR)
Duflot Cécile (E)
Filippetti Aurélie (PS)
Fraysse Jacqueline (GDR)
Gaillard Geneviève (PS)
Galut Yann (PS)
Gourjade Linda (PS)
Gueugneau Edith (PS)
Hamon Benoît (PS)
Hanotin Mathieu (PS)
Hutin Christian (MRC, apparenté PS)
Janquin Serge (PS)
Joron Romain (PS)
Juanico régis (PS)
Kalinowski Laurent (PS)
Lambert Jérôme (Radical de gauche)
Lassalle Jean (NI)
Laurent Jean-Luc (MRC, app. PS)
Léonard Christophe (PS)
Mamère Noël (E)
Marie-Jeanne Alfred (GDR)
Nilor Jean-Philippe (GDR)
Nogues Philippe (NI)
Paul Christian (PS)
Pouzol Michel (PS)
Prat Patrice (PS)
Romagnan Barbara (PS)
Roumégas Jean-Louis (E)
Sansu Nicolas (GDR)
Sas Eva (E)
Sebaoun Gérard (PS)
Tallard Suzanne (PS)
Thévenoud Thomas (ex-PS, NI)
Zanetti Paola (PS).

Mais sont donc les deux défaillants?
Hollande leur a-t-il promis un avantage? 

dimanche 8 mai 2016

2017: Montebourg prendra ses responsabilités, à commencer contre la loi travail...

...à défaut de dresser son bilan ministériel !

Si Montebourg était député, il ne voterait pas la loi travail

Le  très contesté texte de la loi travail est un "moins-disant social", explique l'ancien ministre Arnaud Montebourg. "La loi El Khomri a ce défaut méthodologique de n'avoir consulté personne" avant son arrivée à l'Assemblée nationale, fustige Montebourg, l'ancien avocat, devenu vice-président du conseil de surveillance d'Habitat et président du conseil de surveillance de NewWind, trublion français de l'énergie éolienne et solaire, dimanche sur France 2.

Voterait-il cette loi s'il était encore député? "Je ne voterais pas cette loi", répond l'ancien ministre de l'Economie, exhortant ses camarades frondeurs à suivre sa voie.

"S'il y a des responsabilités à prendre" en vue des échéances électorales de 2017, il les prendra"

C'est l'annonce du jour de l'ancien ministre du Travail (et du chômage) pompeusement chargé du Redressement productif (mai 2012-mars 2014), toujours sur France 2 dimanche, même si "le moment n'est pas venu".
Dans l'émission "13h15 Le dimanche", l'ancien avocat devenu entrepreneur décrit la politique comme "un système aujourd'hui bloqué, tombé dans le formol, en tout cas au plan national".

"Il va falloir certainement apporter un vent radical de transformation du monde politique", préconise l'ancien ministre.
Toujours membre du PS par "fidélité à ses convictions", Montebourg se positionne comme un recours du PS dans la déconfiture de Hollande et de la gauche en vue de la présidentielle de 2017. "S'il y a des responsabilités à prendre, dans une période où le pays s'interroge (...), je les prendrai", prévient Arnaud Montebourg. Mais, ajoute-t-il, "c'est une décision difficile à prendre, elle demande réflexion et travail. Je n'en suis pas là, nous n'en sommes pas là, le moment n'est pas venu", assure-t-il, bien qu'on le dise derrière le mouvement anarchiste et trotskiste "Nuit Debout", comme dans la mouvance des "frondeurs".

Ce renouveau, "je ne crois pas que ça passe par les appareils politiques", déclare Arnaud Montebourg. 
"La droite a trouvé une solution, la primaire. La gauche pour l'instant la refuse", regrette celui qui était arrivé troisième avec 17,19 % des voix, lors de la primaire de gauche de 2011, derrière François Hollande (39,17 %) et Martine Aubry ((30,42 %)), loin devant Manuel Valls (5,63 %). "La société n'est pas convoquée pour participer à la construction de la solution de l'année prochaine", déplore l'ex-ministre de l'Economie, alors que "les Français ont compris que la primaire est l'airbag anti-21 avril".

Dans un pays qui ne va, selon lui, pas mieux, contrairement à ce qu'affirme François Hollande, "vous avez besoin aujourd'hui d'un renouveau, avec des idées nouvelles, y compris iconoclastes", mais, regrette cet animateur de Nuit Debout, "l'ancienne génération dit non". 

Arnaud Montebourg s'en prend aussi à son successeur au ministère de l'Economie, le populaire Emmanuel Macron, qui s'est défini "ni à droite ni à gauche". "Je ne sais pas comment se définir avec une double négation, on ne se définit que positivement", lui rétorque Montebourg, même s'il y a "des solutions nouvelles à gauche et à droite". LIRE PaSiDupes: "Révélation: Montebourg, "principal défaut" du gouvernement !"

"Je serais prêt à discuter de ce qu'il (E. Macron, qui célèbrera la mémoire de Jeanne d'Arc ce dimanche, au côté du maire Les Républicains d'Orléans) propose", mais "je ne sais pas ce qu'il propose, je ne comprends pas ce qu'un ministre de l'Economie fait quand il fonde un mouvement politique: quand on est ministre de l'Economie, on a beaucoup de problème à régler", souligne Arnaud Montebourg, malgré son bilan.  LIRE PaSiDupes "Montebourg impute ses échecs à Bercy au "sarkhollandisme"
"

Si Montebourg était député, il ne voterait pas la loi travail

Toujours sur France 2, l'ancien ministre explique que s'il était encore député, il ne voterait pas la très contestée loi travail, un texte selon lui de "moins-disant social". "La loi [travail de Valls, portée par] El Khomri a ce défaut méthodologique de n'avoir consulté personne" avant son arrivée à l'Assemblée nationale, fustige Arnaud Montebourg.

"Pour moi, c'est une loi de moins-disant social: vous ne pouvez pas construire un contrat social en disant aux uns 'vous, on vous réduit' et aux autres 'vous, vous prenez tout'", explique
"Je ne voterais pas cette loi", répond l'ancien ministre de l'Economie de Hollande.

lundi 11 avril 2016

"Nuit Debout", malgré l'état d'urgence, expulsés mais non interdits

"Nuit debout" pourra reprendre lundi soir à Paris 

Les noctambules qui depuis onze jours squattaient la Place de la République pour des "nuits debout" de  "débats participatifs", sur le modèle 2007 de la candidate battue de la gauche, Ségolène Royal, seize ans plus tard, afin de contester le projet de loi travail au départ, mais rêver à l'arrivée de Commune, voire de Constitution du 24 juin 1793, ont été évacués et leurs cabanes démontées, lundi 11 avril, à 5h30 du matin, a-t-on appris de sources policières. Le maire du IIIe arrondissement -qui souhaite l'interdiction de cette occupation- a obtenu l'évacuation des lieux, pour des raisons d'hygiène, comme Notre-Dame-des-Landes et ses 'zadistes' ou la 'jungle de Calais' et ses migrants illégaux. Au petit matin, ils étaient encore quelques dizaines sur place et l'évacuation s’est déroulée sans incident, avec la promesse d'un retour pour une douzième nuit de palabres.

L’évacuation "visait prioritairement à enlever les structures fixes, conformément aux
déclarations de manifestation déposées qui prévoyaient un démontage dimanche en fin de soirée", a expliqué la préfecture de police de Paris. Mais une nouvelle demande de manifestation ayant été déposée, le mouvement reprendra lundi soir, apprenait-on de source policière. 
Vers 7 h 30, il n’y avait plus de manifestants et les services de propreté de la ville de Paris, en présence de CRS, continuaient de nettoyer et démonter les structures de stands et autres installations qui avaient été mises en place au fur et à mesure.

Chaque nuit depuis la journée de mobilisation du 31 mars contre le projet Valls de réforme du droit du travail, des manifestants, souvent par milliers, se retrouvent à République dans le cadre de ce mouvement d'extrême gauche qui dépasse largement l’opposition à la loi El Khomri.
La vaste esplanade draine une foule hétéroclite, dont de nombreux jeunes, dans une ambiance de Z et de forum altermondialiste, entre stands, réunions de commissions et "assemblées générales" qualifiées de "populaires". Le mouvement s’est depuis étendu à plusieurs dizaines de villes de province, avec plus ou moins d’affluence.

Des incidents ont toutefois émaillé la 'Nuit debout' de Paris dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque quelques centaines d'activistes ont voulu aller prendre l' "apéro" dans l'appartement du premier ministre, Manuel Valls, dans le XIe arrondissement, déjà profondément marqué par les attentats de Charlie Hebdo et du 13 novembre 2015, au Bataclan où 90 personnes sont mortes dans les assassinats de masse par trois kamikazes djihadistes de l'Etat islamique (IE ou Daesh), un défi à Manuel Valls domicilié à deux pas. Lien PaSiDupes

De l'évacuation vers une interdiction ?

Huit personnes ont été interpellées et des dégradations ont été déplorées par les autorités."Tant que c’était bon enfant, on pouvait tolérer, même si l’occupation ou la privatisation d’une place [publique] n’est pas totalement possible. Et puis, nous sommes quand même dans une période pour le moins troublée du point de vue des risques de terrorisme. 
Mais là, depuis quelques jours, la violence s’est invitée (…) donc la difficulté est là. C’est-à-dire que l’on peut discuter, dialoguer (…), mais si ça tourne à la violence, on ne peut pas tolérer", a déclaré le premier secrétaire du Parti socialiste, l'ancien trotskiste Jean-Christophe Cambadélis sur France Info lundi.

Premier pas vers une interdiction totale ?
Les manifestants se demandent si cette évacuation signifie le début d'interdiction de ces rassemblements place de la République.
Plusieurs personnalités politiques, dont François Fillon (LR) dimanche, se sont demandées ces derniers jours pourquoi ce type de manifestation est autorisé en plein état d'urgence.Nouvelle demande de manifestation déposée
Les militants #NuitDebout ont immédiatement déposé une nouvelle demande de manifestation, juste après l'évacuation. Ils reviendront donc réclamer le retrait de la loi travail dès lundi soir.

jeudi 17 mars 2016

Loi Valls sur le Travail: mobilisation lycéenne moquée par les media

Bilan de la manif lycéenne du 17 mars 2016: railleries, mais violences et interpellations...

Plus de 150.000 jeunes sont descendus dans la rue contre la loi Valls sur le Travail, partout en France, selon les organisateurs
Manifestants lycéens masqués et encagoulés
Rebelotte ce jeudi pour les jeunes contre la réforme du droit du Travail voulue par Hollande et Valls, 
Lycéens parisiens contre le projet de loi travail,
le 17 mars 2016 
particulièrement les jeunes, lycéens comme étudiants, qui manifestaient dans toute la France. Le ministère de l'Intérieur, qui pondère les remontées de s es services préfectoraux, ne dénombre que 69.000 jeunes dans la rueIl faut toutefois ajouter les 8.800 à 9.200 participants au cortège parisien.

Poursuivant dans le flou et la manipulation, les autorités reconnaissent une poignée d'interpellations à Paris dans la matinée. 
La police met ces violences sur le compte de "quelques casseurs". 
Impuissante, elle dénonce, tout en la banalisant, la présence d'habitués à ce genre de cortège. Au moins trois manifestants ont été interpellés et deux policiers légèrement blessés, selon une source policière.


Un comparatif fait moquer les jeunes
Le 9 mars, lors de la première mobilisation contre l'avant-projet de réforme du code du Travail, l'UNEF avait estimé à 100.000 le nombre de jeunes qui avaient défilé en France, aux côtés de 400.000 salariés. Les autorités avaient, quant à elles, comptabilisé 224.000 personnes au total dans le pays. 

Des media se sont empressés de pointer ce différentiel négatif, au moment où Valls ouvrait le dialogue avec les organisations représentatives des lycéens et étudiants et préjugeant ainsi des suites que la jeunesse donnera à la lutte contre le projet controversé depuis la gauche du PS jusqu'à l'extrême gauche, en passant par une partie de l'opposition de droite au Parlement.

"La mobilisation a pris de l'ampleur par rapport au 9 mars", soutient l'UNEF dans un communiqué.
Classée très à gauche, elle évoque 12. 000 manifestants à Rennes, 10.000 à Lyon ou 6.000 à Toulouse. Les cortèges rassemblaient 3.000 personnes à Lyon, 2.200 à Bordeaux, 1.300 à Grenoble, 2.500 à Toulouse, un millier à Perpignan, entre 700 et 1.000 à Rodez, 2.000 à Tours et 1.200 à Strasbourg, et c'est selon la police ! 
Les jeunes ont "clairement répondu aux dernières annonces du Premier ministre: le bricolage du gouvernement ne les a pas convaincus", a estimé l'UNEF pour laquelle "il est plus que jamais nécessaire de retirer le projet de loi pour entamer de réelles concertations autour des revendications des jeunes". 

Des incidents ont émaillé la mobilisation: une vingtaine de personnes aurait été interpellée
 

Les jeunes "éloignés du centre de Paris", les banlieues (!), auraient été
empêchés de participer mais se tiendraient en réserve
de la mobilisation, selon des analystes avisés...

Bernard Cazeneuve fait savoir que les 97 rassemblements ou défilés ont donné lieu à 19 interpellations en province. 
De son côté, l'Union nationale lycéenne (UNL) a décompté une trentaine d'établissements "perturbés" dans la capitale, dont une quinzaine totalement bloqués. Le ministère de l'Education nationale a décompté 115 lycées bloqués à travers la France jeudi à la mi-journée, à l'appel des organisations lycéennes et étudiantes . Les organisations lycéennes évoquaient un chiffre compris entre 120 et 200, soit moins de 10% des établissements.

mercredi 16 mars 2016

Avec les étudiants, les lycéens tiennent à leurs manifestations du 17 mars

L'exécutif socialiste n'échappera pas à l'épreuve de force avec les lycéens. 

Les reculades de Valls sur son projet de réforme du droit du travail n'ont pas suffi aux organisations


"Ptit zizi" est-il acculé? 
Trois des principales organisations lycéennes ont exprimé leur insatisfaction de la nouvelle version du projet de loi et maintiennent l'appel à manifester le jeudi 17 mars, rejoignant ainsi la mobilisation des étudiants. 
"On appelle à la mobilisation tant qu'il n'y a pas de retrait de ce projet de loi", a déclaré Maayane Pralus, présidente du Syndicat Général des Lycéens (SGL), première organisation lycéenne. 
Ils sont issus du mouvement de contestation interne de l'UNL (1994), depuis le Conseil national de l'UNL de mai 2009 quand des membres du bureau national ont démissionné pour protester contre le manque de démocratie et d'indépendance de l'Union nationale lycéenne. Plusieurs anciens présidents de l'UNL ont intégré la LMDE, mutuelle santé étudiante née de la dissolution de la MNEF, condamnée en tant que pompe à fric du Parti socialiste: Michaël Delafosse, président de la LMDE et ex-adjoint au maire PS de Montpellier, Constance Blanchard, membre du conseil d'administration, comme Floréale Mangin qui a siégé au bureau national du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), également ex-vice-président de la LMDE. 
Ils ont aussi rejoint l'UNEF: Karl Stoeckel, membre du bureau national ou Lucas Jourdain, président de la commission de contrôle, de même que Benjamin Vételé, ex-vice-président et aujourd'hui conseiller régional de la région Centre.
Hollande et Valls doivent revoir leur copie ! 
Certaines mesures "vont dans le bon sens, mais ce n'est pas suffisant" et, selon le SGL, plusieurs lycées mettront en place des barrages filtrants jeudi. D'après la responsable du syndicat, certaines facultés appellent les lycéens à se joindre aux étudiants pendant les assemblées générales qui se tiennent jusqu'à jeudi.

"Des mesurettes", aux dires de cette jeunesse assistée

Après sa rencontre avec Manuel Valls, la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes) a déclaré  que "la porte n'est pas fermée" et n'appelle donc pas à la mobilisation. Elle est ainsi sur la même ligne que la CFDT, mais se présente comme apartisane et indépendante des partis politiques, des syndicats de travailleurs et des mutuelles étudiantes.

"Nous ne sommes absolument pas satisfaits de ce projet de loi"
, a dit la présidente de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), Zoïa Guschlbauer, qui a qualifié de "mesurettes" les évolutions du texte. "La Fidl appelle à une amplification de la mobilisation: on appelle tous les jeunes à descendre dans la rue jeudi", a-t-elle déclaré. "Valls méprise la jeunesse, alors qu'Hollande en avait fait sa priorité", a-t-elle nuancé, opposant les chefs de l'exécutif.

L'Union nationale lycéenne (UNL) a qualifié de "modifications à la marge, qui ne changent rien", la nouvelle version présentée par le gouvernement lundi. Comme les autres, elle soutient la mobilisation de jeudi.

L'UNI, Union nationale inter-universitaire, demande le retrait. 
En revanche, l'Union nationale inter-universitaire (Uni), syndicat étudiant situé dans l'opposition républicaine, a souligné que le premier ministre a fait "marche arrière (...) sous la dictée des syndicats" et a "(sabordé) les quelques avancées timides que comportait son projet de loi (plafonnement des dommages et intérêts accordés aux prud'hommes, astreintes et forfait-jour)". "Aujourd'hui, sous la pression de la rue et demain sous celle de l'aile gauche des députés socialistes, ce texte sera profondément dénaturé", a parié l'UNI dans un communiqué.
Il réclame donc "le retrait du texte avant qu'il ne soit trop tard et que celui-ci soit transformé en monstre juridique pénalisant encore plus nos entreprises et donc l'emploi des jeunes".

"En choisissant de ne recevoir que des mouvements étudiants de gauche, le gouvernement a choisi de fermer les portes à toutes les propositions et avancées innovantes permettant de faciliter l'insertion professionnelle des jeunes", a conclu le syndicat.

Les organisations de jeunesse opposées au texte tiendront une conférence de presse mardi matin à Paris.