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mardi 8 octobre 2019

Extinction Rebellion: les écologistes radicaux laissent des tags anti-flics, à Paris

"Couteau en céramique", "RIP Mickaël Harpon": des tags anti-police après l'occupation d'Italie 2 par les écolos ultras d' Extinction Rebellion

L'extrême gauche altermondialiste et antilibérale récupère l'écologie-mania ambiante


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Tag en rouge sang
Deux jours après la tuerie islamiste au sein même de la préfecture de police de Paris, qui a coûté la vie à quatre personnes - dont l'une par égorgement au couteau céramique - , des tags anti-police ont été retrouvés sur les murs du centre commercial Italie 2, occupé dans la journée par des militants écologistes ultra, le 5 octobre 2019.

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Depuis le 5 octobre au matin, jusque tard dans la nuit - à l'instar des indignés de "Nuit debout" sur la Place de la Bastille en 2018 -  des militants écologistes d'Extinction Rebellion notamment, accompagnés de quelques Gilets Jaunes radicalisés,  ont investi le centre commercial Italie Deux, dans le dans le 13ᵉ arrondissement, au sud-est de la capitale. Une action qui a laissé des traces, notamment sur plusieurs façades du complexe commercial.

"Nique tout et brûle le reste", taguent certains militants à l'intérieur d'Italie 2
Issu d'une rencontre publique organisée à la Bourse du Travail de Paris le 23 février 2016, notamment par François Ruffin, alors rédacteur en chef du journal de critique sociale Fakir, réalisateur du film motivé par la "lutte contre l'oligarchie", alors en salles, 'Merci Patron !' et devenu depuis député LFI, "Nuit debout" est un ensemble de manifestations de la gauche radicale (Parti de Gauche et SUD-PTT, notamment, et aussi l'union syndicale Solidaires, ATTAC ou DAL) sur des ronds-points places publiques, à partir 31 mars 2016, à la suite d'une manifestation contre la loi Travail de Hollande. Ce mouvement social chercha à établir une "convergence des luttes" fondée sur le refus de la loi Travail et s'élargit à une contestation plus globale des institutions politiques et du système économique.Sans leader déclaré (l'économiste Frédéric Lordon est toutefois cité dans l'ombre du mouvement, ni porte-parole officiel, Nuit debout était organisé en commissions et les prises de décisions se font par consensus lors d'assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe.Le mouvement s'étendit à une centaine de villes, certaines organisant des assemblées quotidiennes. L'affluence aux assemblées baissa à partir de fin mai 2016.
A Paris, des écologistes occupent le centre commercial Italie 2 et y passent la nuit

Entre autres inscriptions retrouvées sur les lieux,  
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des journalistes ont relevé des graffitis anti-police, évoquant la récente attaque de la préfecture de police de Paris ayant coûté la vie à quatre policiers, dont une jeune mère de deux enfants en bas âge. "Couteau en céramique", en lettres rouge-sang, peut-on lire par exemple sur une vitre à l'intérieur du bâtiment, l'inscription faisant visiblement référence à l'arme avec laquelle l'islamiste salarié par le ministère de l'Intérieur de la préfecture a assassiné trois policiers et un agent administratif, dont une femme. 

"Comment appelle-t-on un flic raciste ? En composant le 17", pouvait-on également lire.

Résultat de recherche d'images pour "RIP Mikael Harpon"Le tag "RIP Mikael Harpon" s'étale par ailleurs sur une façade extérieure du centre commercial, l'inscription nommant ici en clair l'auteur de la tuerie islamiste.

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Pendant la journée entière et une grande partie de la nuit, le bâtiment a été la cible d'une action coup de poing d'occupation par des militants ultra-écolos, qui entendaient s'attaquer à un "symbole du capitalisme". 

Pendant la journée, des organisateurs d'Extinction Rebellion (XR, en abrégé) ont ensuite été filmés en train de faire effacer des inscriptions anti-police. "Il y avait marqué "fuck le 17" et "On n'est pas d'accord, ça alimente la violence" [...] "On n'est pas contre la police", a par exemple commenté l'un d'entre eux.

Des membres du mouvement Extinction Rebellion ont ensuite commencé à effacer certains tags, créant un vaste débat autour de la liberté d’expression, comme le montre cette séquence filmée sur place par Yahoo Actualités. 
Aucun incident majeur ne s'est produit jusqu'à 21 heures environ, quand les forces de l'ordre ont décidé déloger les activistes.

jeudi 21 mars 2019

Grand débat: des intellectuels ont refusé de participer à cette campagne pré-électorale de Macron ?

Une trentaine d'intellectuels a refusé l'invitation à débattre avec Macron

"J'ai piscine", a prétendu l’économiste et philosophe Frédéric Lordon
.


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Ils n'ont pas pu lui servir la soupe ?
Invité à débattre avec Emmanuel Macron, il aurait encore "préféré  dîner avec François Hollande", a-t-il fait savoir, non sans humour, refusant de cautionner l'opération de com'. 
Partenaire de ce format, mais pas organisateur de la liste des intellectuels conviés, la radio France Culture indique que "l’invitation a été envoyée à un peu plus d’une centaine de personnes, des philosophes, des économistes, des sociologues, des historiens". L’Elysée n'est pas plus précis ni transparent et il est donc difficile de  connaître le nombre exact et la liste complète des intellectuels destinataires d’une invitation.
65 intellectuels ont accouru (46 hommes et seulement 19 femmes), acceptant de se compromettre en jouant les faire-valoir.
Mais l'identité des absents et des discriminés est incertaine. 
Ils sont "estimés" (dans tous les sens du terme) à une quinzaine d'intellectuels qui ont décliné l'invitation de l'Elysée, avec plus ou moins de courtoisie, et qui n'ont pas fait la courte échelle au président pour remonter dans les sondages (à moins de 30% de sondés confiants) et mener sa pré-campagne électorale pour les européennes du mois de mai. 

Une porte-parole livre une estimation officielle floue, entre 70% et 80% des invités sont venus", avant de lâcher une poignée de noms de ceux qui n’ont pas pu venir : l’économiste Thomas Piketty, la philosophe Elisabeth Badinter, l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse, l’historien Pierre Rosanvallon et le politologue Patrick Weil. Robert Badinter, 90 ans, était en revanche excusable.

L’Elysée a aussi indiqué que les historiens Marcel Gauchet et Jacques Julliard, d’abord annoncés, se sont également fait porter pâle. C’est en outre par voie de presse qu’on a appris les empêchements de Frédéric Lordon et d’Alain Finkielkraut. Le tableau ci-dessus n'est donc pas totalement fiable.

Parmi la soixantaine d’invités effectivement présents, plusieurs semblent avoir regretté d’avoir passé huit heures à écouter regarder parler le président

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Ainsi Dominique Méda a-t-elle déballé son sac dans une tribune de Libération, tandis que, dans un article de Libé, d'autres admettent avoir été pris dans un "gros piège: on sert la soupe et il nous assène sa com politique".

Faute de liste sincère, il faut faire la recherche des intellectuels qui ne sont pas tombés dans le panneau. Sur la quinzaine d’absents à l'appel, une moitié d’entre eux ont tout bonnement refusé l’invitation.

1) l’économiste et philosophe Frédéric Lordon a donc clairement annoncé son refus.

La réponse de Frédéric Lordon à Emmanuel Macron
paru dans lundimatin#183, le 22 mars 2019

 [1]
Cher Monsieur Macron,
Vous comprendrez que si c’est pour venir faire tapisserie le petit doigt en l’air au milieu des pitres façon BHL, Enthoven, ou des intellectuels de cour comme Patrick Boucheron [2], je préférerais avoir piscine ou même dîner avec François Hollande. Au moins votre invitation ajoute-t-elle un élément supplémentaire pour documenter votre conception du débat. Savez-vous qu’à part les éditorialistes qui vous servent de laquais et répètent en boucle que la-démocratie-c’est-le-débat, votre grand débat à vous, personne n’y croit ? Vous-même n’y croyez pas davantage. Dans une confidence récente à des journalistes, qui aurait gagné à recevoir plus de publicité, vous avez dit ceci : « Je ressoude, et dès que c’est consolidé je réattaque ». C’est très frais. Vous ressoudez et vous réattaquez. C’est parfait, nous savons à quoi nous en tenir, nous aussi viendrons avec le chalumeau.
En réalité, sur la manière dont vous utilisez le langage pour « débattre » comme vous dites, nous sommes assez au clair depuis longtemps. C’est une manière particulière, dont on se souviendra, parce qu’elle aura fait entrer dans la réalité ce qu’un roman d’Orwell bien connu avait anticipé il y a 70 ans très exactement – au moins, après la grande réussite de votre itinérance mémorielle, on ne pourra pas dire que vous n’avez pas le sens des dates anniversaires. C’est une manière particulière d’user du langage en effet parce qu’elle n’est plus de l’ordre du simple mensonge.
Bien sûr, dans vos institutions, on continue de mentir, grossièrement, éhontément. Vos procureurs mentent, votre police ment, vos experts médicaux de service mentent – ce que vous avez tenté de faire à la mémoire d’Adama Traoré par experts interposés, par exemple, c’est immonde. Mais, serais-je presque tenté de dire, c’est du mensonge tristement ordinaire.
Vous et vos sbires ministériels venus de la start-up nation, c’est autre chose : vous détruisez le langage. Quand Mme Buzyn dit qu’elle supprime des lits pour améliorer la qualité des soins ; quand Mme Pénicaud dit que le démantèlement du code du travail étend les garanties des salariés ; quand Mme Vidal explique l’augmentation des droits d’inscription pour les étudiants étrangers par un souci d’équité financière ; quand vous-même présentez la loi sur la fake news comme un progrès de la liberté de la presse, la loi anti-casseur comme une protection du droit de manifester, ou quand vous nous expliquez que la suppression de l’ISFs’inscrit dans une politique de justice sociale, vous voyez bien qu’on est dans autre chose – autre chose que le simple mensonge. On est dans la destruction du langage et du sens même des mots.
Si des gens vous disent « Je ne peux faire qu’un repas tous les deux jours » et que vous leur répondez « Je suis content que vous ayez bien mangé », d’abord la discussion va vite devenir difficile, ensuite, forcément, parmi les affamés, il y en a qui vont se mettre en colère. De tous les arguments qui justifient amplement la rage qui s’est emparée du pays, il y a donc celui-ci qui, je crois, pèse également, à côté des 30 ans de violences sociales et des 3 mois de violences policières à vous faire payer : il y a que, face à des gens comme vous, qui détruisent à ce point le sens des mots – donc, pensez-y, la possibilité même de discuter –, la seule solution restante, j’en suis bien désolé, c’est de vous chasser.
Il y a peu encore, vous avez déclaré : « Répression, violences policières, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit ». Mais M. Macron, vous êtes irréparable. Comment dire : dans un Etat de droit, ce ne sont pas ces mots, ce sont ces choses qui sont inacceptables. À une morte, 22 éborgnés et 5 mains arrachées, vous vous repoudrez la perruque et vous nous dites : « Je n’aime pas le terme répression, parce qu’il ne correspond pas à la réalité ». La question – mais quasi-psychiatrique – qui s’en suit, c’est de savoir dans quelle réalité au juste vous demeurez.
Des éléments de réponse nous sont donnés par un article publié il y a de ça quelques jours par le Gorafi sous le titre : « Le comité de médecine du ministère de l’intérieur confirme que le LBD est bon pour la santé ». On peut y lire ceci : « Christophe Castaner s’est réjoui des résultats des tests du comité de médecins et a aussitôt signé une ordonnance qualifiant de rébellion et outrage à agent toute personne qui mettrait en cause la fiabilité de cette étude ». M. Macron, voyez-vous la minceur de l’écart qui vous tient encore séparé du Gorafi ? Vous êtes la gorafisation du monde en personne. Sauf que, normalement, le Gorafi, c’est pour rire. En réalité, personne ne veut vivre dans un monde gorafisé. Si donc le macronisme est un gorafisme mais pour de vrai, vous comprendrez qu’il va nous falloir ajuster nos moyens en conséquence. Et s’il est impossible de vous ramener à la raison, il faudra bien vous ramener à la maison.
Tous les glapissements éditorialistes du pays sur votre légitimité électorale ne pourront rien contre cette exigence élémentaire, et somme toute logique. En vérité, légitime, vous ne l’avez jamais été. Votre score électoral réel, c’est 10%. 10% c’est votre score de premier tour corrigé du taux d’abstention et surtout du vote utile puisque nous savons que près de la moitié de vos électeurs de premier tour ont voté non par adhésion à vos idées mais parce qu’on les avait suffisamment apeurés pour qu’ils choisissent l’option « ceinture et bretelles ».
Mais quand bien même on vous accorderait cette fable de la légitimité électorale, il n’en reste plus rien au moment où vous avez fait du peuple un ennemi de l’État, peut-être même un ennemi personnel, en tout cas au moment où vous lui faites la guerre – avec des armes de guerre, et des blessures de guerre. Mesurez-vous à quel point vous êtes en train de vous couvrir de honte internationale ? Le Guardian, le New-York Times, et jusqu’au Financial Times, le Conseil de l’Europe, Amnesty International, l’ONU, tous sont effarés de votre violence. Même Erdogan et Salvini ont pu s’offrir ce plaisir de gourmets de vous faire la leçon en matière de démocratie et de modération, c’est dire jusqu’où vous êtes tombé.
Mais de l’international, il n’arrive pas que des motifs de honte pour vous : également des motifs d’espoir pour nous. Les Algériens sont en train de nous montrer comment on se débarrasse d’un pouvoir illégitime. C’est un très beau spectacle, aussi admirable que celui des Gilets Jaunes. Une pancarte, dont je ne sais si elle est algérienne ou française et ça n’a aucune importance, écrit ceci : « Macron soutient Boutef ; les Algériens soutiennent les Gilets Jaunes ; solidarité internationale ». Et c’est exactement ça : solidarité internationale ; Boutef bientôt dégagé, Macron à dégager bientôt.
Dans le film de Perret et Ruffin, un monsieur qui a normalement plus l’âge des mots croisés que celui de l’émeute – mais on a l’âge de sa vitalité bien davantage que celui de son état civil –, un monsieur à casquette, donc, suggère qu’on monte des plaques de fer de 2 mètres par 3 sur des tracteurs ou des bulls, et que ce soit nous qui poussions les flics plutôt que l’inverse. C’est une idée. Un autre dit qu’il s’est mis à lire la Constitution à 46 ans alors qu’il n’avait jamais tenu un livre de sa vie. M. Macron je vous vois d’ici vous précipiter pour nous dire que voilà c’est ça qu’il faut faire, lisez la Constitution et oubliez bien vite ces sottes histoires de plaques de fer. Savez-vous qu’en réalité ce sont deux activités très complémentaires. Pour être tout à fait juste, il faudrait même dire que l’une ne va pas sans l’autre : pas de Constitution avant d’avoir passé le bull.
C’est ce que les Gilets Jaunes ont très bien compris, et c’est pourquoi ils sont en position de faire l’histoire. D’une certaine manière M. Macron, vous ne cessez de les y inviter. En embastillant un jeune homme qui joue du tambour, en laissant votre police écraser à coups de botte les lunettes d’un interpellé, ou violenter des Gilets Jaunes en fauteuil roulant – en fauteuil roulant ! –, vous fabriquez des images pour l’histoire, et vous appelez vous-même le grand vent de l’histoire.
Vous et vos semblables, qui vous en croyez la pointe avancée, il se pourrait que vous finissiez balayés par elle. C’est ainsi en effet que finissent les démolisseurs en général. Or c’est ce que vous êtes : des démolisseurs. Vous détruisez le travail, vous détruisez les territoires, vous détruisez les vies, et vous détruisez la planète. Si vous, vous n’avez plus aucune légitimité, le peuple, lui, a entièrement celle de résister à sa propre démolition – craignez même que dans l’élan de sa fureur il ne lui vienne le désir de démolir ses démolisseurs.
Comme en arriver là n’est souhaitable pour personne, il reste une solution simple, logique, et qui préserve l’intégrité de tous : M. Macron, il faut partir. M. Macron, rendez les clés.
[1La discussion ce jour-là avait une toute autre teneur. Intitulée Fin du grand débat, début du grand débarras, elle réunissait entre autres Jérome Rodrigues, Hervé Kempf, Priscillia Ludosky et Youssef Brakni. On retrouvera les interventions des uns et des autres ici.
[2Entre cette intervention et sa transcription, le casting du « Grand Débat avec les Intellectuels » a été révélé. Patrick Boucheron n’en est pas, semble-t-il. Mais son macronisme déclaré et son mépris, tout aussi déclaré, des Gilets Jaunes, ne sont pas de nature à commander une correction sur le fond. Idem d’ailleurs pour les deux autres clowns.
2) l’historien Gérard Noiriel a refusé mais se dit prêt à apporter les cahiers de doléances de ce secteur sinistré qu’est aujourd’hui l’éducation populaire.

3) l’économiste Thomas Piketty a refusé, jugeant que le raout était "le sommet de la dérive monarchique".

4) la philosophe Sylviane Agacinski a refusé car "les conditions qui ne [lui] paraissent pas satisfaisantes".

5) l’historien Patrick Boucheron s'est confié à Libé sur son refus.

6) le philosophe Michaël Fœssel a indiqué à Libé qu’il n’a  pas souhaité venir.

Cette liste, évidemment non exhaustive, se complète avec les absents qui étaient, eux, empêchés, le plus souvent sans explication.

7) le sociologue Dominique Wolton ne pouvait pas venir, selon France Culture.

8) le philosophe Alain Finkielkraut était à l’étranger.

9) la climatologue Valérie Masson-Delmotte n’a pas pu venir à cause d’une réunion à l’étranger.

10) la philosophe Elisabeth Badinter n’était pas disponible, selon l’Elysée.

11) l’historienne et académicienne Hélène Carrère d’Encausse n’était pas disponible, selon l’Elysée.

12) l’historien Pierre Rosanvallon n’était pas disponible, selon l’Elysée.

13) le politologue Patrick Weil n’était pas disponible, selon l’Elysée.

L’addition de ces treize absents et de la soixantaine de présents ne nous permet pas d’arriver à la centaine d’invitations lancées. D’autres invités avaient donc mieux à faire et ont probablement décliné. Considérant le nombre de femmes conviées, et la moyenne d'âge, on imagine qu'elles avaient à s'occuper des petits-enfants.

samedi 22 décembre 2018

Le RIC s'est imposé aux 'Gilets jaunes' comme la revendication numéro 1

Est-ce le signe de la récupération du mouvement social par l'extrême gauche politique ?

Comment faire du neuf avec du vieux ?

Samedi, place de l’Opéra, à Paris, des gilets jaunes manifestent pour réclamer la création du référendum d’initiative citoyenne (RIC).

Comment cette notion a-t-elle pu germer sur les ronds-points des Gilets jaunes, des "gens qui ne sont rien"? Comment un mouvement informel et sans tête, ni cervelle, a-t-il pu faire resurgir une idée si technique ? Sont-ils "plus intelligents et plus subtils" que Gilles Le Gendre et sa bande de jeunes blancs-becs à l'Assemblée ? Y aurait-il donc derrière les gilets jaunes, comme  le prétend le complotiste Jean-Michel Aphatie, "une organisation souterraine cachée, des tireurs de ficelles, des gens beaucoup plus politisés qu’on ne le croit" qui expliquerait cette soudaine irruption du RIC ?
Vote à main levée des 'Nuit debout'
Avant lui, le mouvement 'Nuit debout' qui, à partir du 31 mars 2016, organisa, sans meneur ni porte-parole officiel, des manifestations sur des places publiques contre la loi Travail de Hollande était organisé en commissions et prenait des décisions par consensus lors d'assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe. Or, il était en effet noyauté. Ainsi, comme d’autres intervenants, François Ruffin, aujourd'hui LFI, insistait sur la nécessité d'ouvrir le mouvement à toutes les classes sociales et aux personnes non engagées politiquement, à décentraliser la Nuit debout en banlieue, pour éviter une radicalisation par l'entre-soi et l'emprise d'intellectuels. Et on pense notamment à l'économiste Frédéric Lordon. 
Si on avait écouté Leila Chaibi, fondatrice du collectif 'Jeudi noir' (comme Julien Bayou, désormais conseiller régional d’Ile-de-France et porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, conseiller d'Eva Joly, candidate à la Présidentielle), spécialisé dans l’occupation de squats et accessoirement adhérente à la formation politique de Jean-Luc Mélenchon, le mouvement naissant à République - dont elle était une des chevilles ouvrières - se serait construit en totale indépendance des partis de la gauche de la gauche. En vérité, le mouvement aurait compté parmi ses visiteurs réguliers une petite centaine de militants du Front de gauche et autant du NPA. "Si t’arrives avec ta bannière, tu pourras pas entraîner le plus grand nombre", raconta néanmoins Fanny Gaillanne, conseillère de Paris communiste, arrivée à République le deuxième jour.
Pour Julien Dray, grand connaisseur socialiste des mouvements de jeunes, comme pour le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, un trotskiste, ces veilleurs de nuit uniques en leur genre sont loin d’être apolitiques : "J'ai vu l'extrême-gauche, des communistes.
Le NPA, on les reconnaît, ils sont là". Mais des députés socialistes frondeurs avaient aussi tenu à être vus, comme Pascal Cherki, Barbara Romagnan et Daniel Goldberg.
Certains activistes politiques étrangers étaient physiquement présents place de la République: l’espagnol Pablo Lapuente Tiana, membre de la section Podemos de Paris, est même devenu le référent "formation" de 'Nuit debout'. 
Aphatie n'est donc encore pas grand clerc à propos des Gilets.
Une vieille idée

D'abord, aucun des partis politiques traditionnels n’a réussi à récupérer le mouvement. La mauvaise réputation de la classe politique empêche le Rassemblement national et la France Insoumise de Mélenchon d’avoir une réelle influence sur lui. Mais si le socialisme avait une meilleure image, pourquoi le "revenu universel d'existence" de Hamon n'a-t-il pas en revanche refait surface?

La seule récupération politique qui a fonctionné, c’est celle des partisans du RIC. Le référendum d’initiative citoyenne est une vieille lune qui circule depuis longtemps, défendue par différentes entités, le Clic (Comité de liaison pour l’initiative citoyenne) d’Yvan Bachaud, l’association Article 3 ou Etienne Chouard et ses "gentils virus". Ce dernier, prof d’économie-gestion de lycée, s’était fait connaître en défendant le 'non', lors du vote sur le référendum européen de 2005. Il avait depuis disparu des radars médiatiques, ostracisé pour ses relations douteuses, notamment avec Alain Soral.
En 2017, le projet de référendum d’initiative citoyenne, soutenu par un Comité de Liaison pour l’Initiative Citoyenne, a été présenté au Parlement. Ce nouveau droit aurait promis de donner une voix aux citoyens pour proposer des lois, ou au contraire pour s’y opposer, en exerçant un contrôle préventif des décisions des élus. Le mécanisme se serait adossé à une plateforme publique de pétitions en ligne qui aurait permis de mettre à l’ordre du jour des discussions de l’Assemblée et du Sénat sur de nouveaux projets de loi. Ce droit d’initiative se serait accompagné d’un certain nombre de garanties, notamment en termes de protection des données personnelles des signataires et de pouvoir d’intervention dans le processus législatif.
D’après un sondage effectué en avril 2017 par l’IFOP, 83 % des Français interrogés seraient favorables au référendum d’initiative citoyenne. Ce résultat montre qu’un nombre important de citoyens est en attente d’une modification du système démocratique actuel.
Ce projet de loi porté par le Clic fut relayé par le site révolutionnaire trotskiste Mediapart...
Une "idée simple et révolutionnaire"


Très vite, les militants du RIC vont comprendre qu’il y a un coup à jouer avec les gilets jaunes - puisque apolitiques et naïfs - et vont pousser leur avantage. Changement de pied dès le 25 novembre, donc, au lendemain de l'"Acte 2" du mouvement ciyoyen des Gilets jaunes. Le Clic publie un communiqué : "Si les gilets jaunes avaient le RIC pour unique revendication, ils l’obtiendraient. Il en serait fini des taxes injustes !," assurent-ils, en sortant du bois. 

Le même jour, Etienne Chouard tweete : 


A partir de cette date, les militants du RIC vont faire preuve d’un prosélytisme très actif en faveur du référendum sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Exemple d’images qui circulent sur les groupes Facebook de gilets jaunes.
Le mot RIC va très vite s’imposer dans la conversation chez les gilets jaunes car il permettrait de passer dans les actes le "Macron démission". Si la révolution n’est pas possible et que Macron refuse de démissionner, il faut lui tordre le bras en lui imposant une cohabitation avec le peuple. 
L’idée d’un "référendum" circule chez les gilets jaunes depuis début novembre : "On désire tous ici un référendum national pour une destitution", lit-on alors sur les groupes Facebook. L’idée est encore embryonnaire et pas franchement aboutie. Les militants de la démocratie réelle vont arriver avec une solution clé en main, comme une formule magique capable de résoudre tous les problèmes : le RIC.

"Comment ils font pour nous dire non ?"

Dans la diffusion de cette idée, il faut souligner le rôle majeur joué par Maxime Nicolle, le gilet jaune le plus influent sur Facebook. Ruth Elkrief, moins fine qu'elle ne pense, l'invitera sur le plateau de BFMTV... Or, pour lui, dès le départ, il est évident qu’il ne faut pas négocier avec le gouvernement. La liste de revendications qui est présentée fin novembre à François de Rugy "ne sera applicable qu’après la destitution du gouvernement par référendum populaire", explique-t-il alors.

Le RIC, que lui font découvrir les militants de la démocratie réelle, lui apparaît comme une révélation. 
Le 8 décembre, alors que les gilets jaunes sont dans la rue pour l’acte IV, il participe à une conférence sur le RIC en direct sur Internet avec Etienne Chouard. Le référendum est pour Nicolle une option stratégique : "Si on a plein de revendications, l’Etat va nous en prendre une ou deux et on l’aura profond. Par contre, si on demande tous la même chose : que chacun puisse donner sa voix avec un référendum d’initiative citoyenne, comment ils font pour nous dire non ?Extrait du live Facebook de Maxime Nicolle du 4 décembre.

Horizontalisme radical

Résultat de recherche d'images pour "La Commune de Paris"L’idée pour Maxime Nicolle, intérimaire des Côtes d'Armor âgé de 31 ans et porte-parole des "gilets jaunes", est que si tout le monde a des revendications différentes, le seul moyen pour que chacun soit écouté est de passer par un outil de démocratie directe. «Plus de guerre d’ego, plus de guerre de pouvoir, avec le RIC, plus personne n’a le pouvoir, c’est la population entière qui a le pouvoir», explique-t-il. Cette idée de référendum citoyen s’inscrit dans la "démocratie Internet", cet horizontalisme radical qu’on retrouvait dans la mouvance Anonymous, chez les Indignés espagnols, Occupy Wall Street ou Nuit Debout. Sur Internet, toutes les paroles se valent, tout le monde peut donner son avis et être entendu. A contrario, la démocratie représentative fonctionne comme l’espace médiatique traditionnel, avec des représentants ou des journalistes, seuls habilités à parler, pendant que le peuple doit sagement se taire.

Image associée
Commune de Paris, 1871
La démocratie que souhaitent les gilets jaunes est celle des groupes Facebook, où tout le monde y va de son avis, où on signe des pétitions et où les grandes questions sont tranchées par sondage. Sauf que personne ne sait où mène cette pléthore d'avis contradictoires.
Qui peut imaginer qu’un politique – ou même un gilet jaune – les représente pour décider des grands choix de la nation ? Cela reviendrait à dire que quelqu’un a le droit d’écrire les commentaires Facebook à leur place. 
Le RIC, l’autre manière de faire la révolution.

jeudi 3 mai 2018

Macron règle ses comptes domestiques depuis l'Australie

Pas d'indulgence pour "les tenants du désordre", menace Macron à Sydney

Résultat de recherche d'images pour "Tintin en Australie"Devant la presse française et avant de quitter Sydney pour Nouméa jeudi, 
le président de la République accuse certains élus de tenir un "discours d'agitation" 

Emmanuel Macron ne supporte pas la critique et s'en prend à toute l'opposition, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par Laurent Wauquiez, pour son absence de Paris, alors que de violents incidents étaient à prévoir avec la manifestation parisienne du 1er mai.

Le  président autocrate a dénoncé "les pyromanes indignés".
"Les élus qui tiennent constamment un discours d'agitation, c'est leur faute", a-t-il accusé, en se défendant "qu'on ne va pas annuler un déplacement pour ça". Soit les critiques sont insignifiantes, comme il le dit, et elles ne justifient pas la colère de Jupiter, soit sa gestion de la crise sociale, avec légèreté, constitue une erreur grave d'appréciation et l'opposition unanime est non seulement dans son bon droit, en république démocratique, mais elle est fondée à condamner le mépris du président pour la souffrance populaire.

"Le président n'est pas préfet de police", a insisté Macron, avec dédain

Depuis les effusions de Macron avec Trump, les hommes
politiques gardent leurs distance avec le président français
"Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui veulent rejouer la partie démocratique, ils n'ont jamais accepté la défaite", a-t-il assuré, faisant allusion à l'élection présidentielle de 2017, avant de commenter: "Ils aiment la démocratie quand ils gagnent."
Or, Macron n'a fait que 24% au premier tour de la présidentielle de 2017 et n'a rassemblé que 66% des votants au second, avec 2 millions de votants en plus qui se sont abstenus quand, en 2002, face à Jean-Marie Le PenJacques Chirac avait atteint 82%.
Pressé de préciser clairement et courageusement s'il s'agissait des Insoumis de 'La France insoumise' (LFI) et de leur dirigeant, Jean-Luc Mélenchon, le président a préféré éluder: "Ceux qui proposent des manifestations, ou des fêtes".
La prochaine manifestation prévue samedi à Paris vise précisément à faire "la fête à Macron", une idée lancée le 4 avril par François Ruffin, député LFI, et d'autres anciens participants au mouvement "Nuit debout", mouvement social pluriel suscité par la loi Travail.
Dès 2016, 'Nuit debout' se proposait déjà de construire une "convergence des luttes", scandée par des nuits de violences déjà perpétrées par des révolutionnaires proches des communistes du PCF et de la CGT, ainsi que des trotskistes de SUD et Solidaires, mais anonymés sous le terme de "casseurs" (les 14 et 15 avril ou les 22 et 23 avril). Les organisateurs de Nuit debout avaient "pris acte des demandes [de la préfecture de police] et mis en œuvre les dispositions nécessaires" pour éviter de futurs débordements. Le 1er mai 2016, à la suite d'incidents au cours du défilé, la police demanda la dispersion de Nuit debout, puis évacua 600 personnes de la place de la République occupée. A la suite de quoi, un arrêté de la préfecture de police durcit les conditions de rassemblement. En revanche, le 1er mai 2018, les organisateurs accusent le gouvernement de n'avoir rien fait et laissé se dérouler le saccage de magasins et de matériel urbain au nom de l'anti-capitalisme.
"Les dispositions sont prises pour samedi", a assuré Macron

Le président des riches a jugé qu'il "y a un droit de manifester", mais que les violences avaient été organisées par "des professionnels", regrettant par ailleurs la "banalisation d'un discours de haine qu'on a collectivement accepté". Ou véhiculé, s'agissant de la presse craintive des "casseurs" révolutionnaires, comme des islamistes politiques. 

"Mélenchon dit que ce sont des casseurs d'extrême droite: faux ! Il ne faut pas travestir la réalité. C'est l'extrême gauche.", a souligné le 'fact-checker' de l'Elysée.
Le leader de La France insoumise avait dénoncé mardi sur Twitter d'"insupportables violences", affirmant qu'elles étaient "sans doute" l'œuvre "des bandes d'extrême droite"...

Mélenchon rétropédale sur sa diffamation
"Apparemment, c'est pas le cas", a admis le manipulateur, mercredi.

jeudi 26 avril 2018

Tolbiac : Marianne, LeMedia (LFI) et Reporterre, en flagrant délit de "fake news"

Des pros de l'info font de l'intox à la manière des réseaux qu'ils méprisent

"Blessé grave à Tolbiac": la folle infox d'une presse engagée qui se repaît du malheur

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L'évacuation de Tolbiac, un site de Paris-Sorbonne que squattaient des anarcho-autonomes par la BAC et des CRS vendredi 20 avril à l’aube, aurait pu donner du grain à moudre à une certaine presse orientée. Marianne, Reporterre et Le Media avaient complaisamment relayé une rumeur  - non vérifiée - selon laquelle un blessé grave aurait été déploré vendredi, lors de cette évacuation  de la faculté de Tolbiac, évidemment qualifiée aussitôt de "musclée". 

Après Reporterre, Le Media présenta ses excuses. "Ils voulaient juste casser des mecs; tu crois que c’est normal de taper à la cheville comme ça ? Franchement, s’il décède…". Vendredi dernier, en faisant des commentaires à visée catastrophiste, un groupe d'étudiantes révolutionnaires quitte les abords de la fac de Tolbiac (XIIIe arrondissement), réhabilitée à grands frais après un désamiantage et pourtant saccagée depuisLe Parisien écrit : "A la chaleur étouffante de cette fin avril s’ajoute l’ardeur de plusieurs centaines d’étudiants, militants et professeurs réunis devant l’enceinte bouclée par des dizaines de camions de CRS. " Les bloqueurs seraient les policiers : le monde à l'envers !

Le Parisien ne s'en tient pas là et désigne les coupables qui l'arrangent. 
"Depuis quelques heures, un bruit affole la 'Commune libre de Tolbiac' et hystérise les réseaux sociaux." Le site universitaire a été évacué à l’aube par la BAC et des CRS après un mois d’occupation et de blocage des cours, au moment des partiels. "Essayant d’échapper à la police, un homme aurait chuté d’un parapet après avoir été crocheté à la cheville par un membre des forces de l’ordre. Dans le coma ? Mort ? Gravement blessé ? s'interroge le journaliste Cyril Simon.

Il y aurait des témoins directs, clament étudiants et syndicats.  
"Six jours plus tard, la rumeur s’est totalement dégonflée," commente Le Parisien, sautant à pieds joints sur près d'une semaine d'intox malintentionnée de la presse. 
On notera avec intérêt que les tweets sont expédiés depuis l'étranger par Taranis News, ex-Rennes TV, une agence de presse alternative qui assura la promotion de 'Nuit debout", le mouvement de contestation du projet de loi El Khomri sur la réforme du Code du Travail français et qui s’inscrit clairement à l’extrême gauche, dans la mouvance antifa.
Son fondateur et gérant Gaspar Glanz, 29 ans, a travaillé pour des organes d’information aussi militants qu’Antenne 2, Rue 89, Canal+, l’AFP et l’agence de presse russe Ruptly. On retrouve G. Glanz en particulier lors des affrontements hyper-violents des 'black blocks' et 'No border' avec la police lors du sommet de l’OTAN et à l'origine de saccage anti-capitaliste de Strasbourg en 2009 et du camp de réfugiés  clandestins de Calais, ainsi que ceux de Notre-Dame des Landes et de Sivens.Ganz s'est fait démasquer lors des manifestations anti-mariage entre personnes du même sexe. Sur le site de bretagne.france3.fr, on pouvait lire le titre suivant : Manif pour tous à Rennes : deux personnes, dont un journaliste [du site internet RennesTV], agressées par des anti.
Le Parisien passe directement aux excuses sans mentionner le travail de désinformation de ses confrères.
Cyril Simon
Dans un communiqué de mercredi soir, après le site alternatif Reporterre,  c’est 'Le Média', la webtélé créée par des militants insoumis de Jean-Luc Mélenchon, qui a fait "amende honorable", selon Le Parisien, non sans indulgence confraternelle de la part du journaliste C. Simon, passé par Slate. "Des excuses cosignées par l’intégralité de la rédaction," des militants habitués aux scores staliniens et solidaires jusque dans la honte. 

Reprenons le déroulé de cette "vraie fausse nouvelle" colportée par la gauche radicale : une manipulation, si la droite l'avait pareillement instrumentalisée

"Un mort à Tolbiac, vous confirmez ?" Il est 12h52 quand le mot "mort" est pour la première fois lâché sur Twitter. La vérité voudrait que C. Simon précisât que c'est le compte Twitter de Reporterre qui dramatise une situation explosive, sur la base du témoignage d'une "représentante de l'UNEF". Or, à Tolbiac, l'UNEF est rouge.

La victime dans le coma supposé est bientôt déclarée morte.
"A l’Assemblée générale de Science Po, on vient de nous dire qu’il y a un mort à Tolbiac, après avoir été coursé par la BAC, crâne fracassé. Etat de choc ici. Vous confirmez ?", s’indigne aussi sec le très actif compte gauchiste "Stop état d’urgence" en interpellant son homologue 'Commune Libre de Tolbiac', raconte Simon. 
"Il faudra moins de deux heures pour que cet écho se transforme en vacarme," observe pour Le Parisien Visibrain, une plateforme de veille [?] des réseaux sociaux. Répétons-le, d'abord, les twittos ne sont pas en cause.

Trois articles de presse diffusèrent l'intox

Le premier est signé du site Reporterre.net, qui parle d’un "occupant squatteur " grièvement blessé" et cite au moins deux témoins directs. 

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Reporterre est un site français d'actualité lancé en ...2007, se qualifiant de "quotidien de l'écologie". Il est animé par Hervé Kempf, un ancien journaliste du Monde. Il dénonça la classe oligarchique et reçut l'onction d'Hugo Chávez, mais refusa la Légion d'honneur que voulait lui décerner la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal.
Au printemps 2016, Reporterre s'est particulièrement investi dans le suivi du
mouvement 'Nuit debout' et a publié une enquête assurant révéler des éléments inédits sur la mort de Rémi Fraisse à Sivens et sur la responsabilité du gouvernement.
L’hebdomadaire Marianne relaie ensuite la 'fake news' en donnant la parole à une représentante insoupçonnable de l’UNEF évoquant "un étudiant dans le coma", avant de s’amender [selon Simon] et d’évoquer une heure plus tard un "blessé grave", info tout aussi fausse. 

Le Média saute également sur l'occasion. Sur place, aucun étudiant n’est toutefois capable de fournir l’identité, l’âge ou le prénom du malheureux plongé par Reporterre dans le coma.  

Quand la préfecture de police de Paris sort de son silence, c'est pour démentir tout blessé grave. Elle mentionne simplement l’hospitalisation d’un "jeune homme" durant une heure et demi pour "une blessure au coude". Cela ne suffit pas aux trois manipulateur de l'opinion. 
Entre deux thèses complotistes, il est désormais question d’un transfert à l’hôpital Cochin par les pompiers. Ce que démentent les deux organismes, conjointement interrogés par Le Parisien et le parquet de Paris. Samedi midi, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) se fend même d’un communiqué officiel, pressé par le syndicat SUD-Santé. "De source hospitalière, nous savons qu’un patient a été proposé à la grande garde de neurochirurgie mais refusé parce que ne relevant pas de la chirurgie et transféré dans un autre établissement", avait-elle indiqué. 

Les trotskistes de SUD avaient aussitôt publié une lettre soupçonneuse "Rumeur ou mensonge d’État ?".  
Mardi soir, le temps des «témoignages fallacieux» Et si l’homme hospitalisé était un migrant ayant rejoint, comme certains SDF, le site universitaire ? Cette thèse grossit à mesure que passaient les journées sans information, puisque la rumeur était sans réalité factuelle. Les étudiants assuraient même préparer leur défense et protéger les deux témoins directs. L'agit-prop mijote sans le concours  des réseaux sociaux.

Invitée dimanche soir sur France 5, Juliette, une porte-parole de 19 ans, certifie "constater" des mensonges de la part des autorités. 
Reporterre défend  sa version mordicus… jusqu’à mardi soir. Sous l'effet magique d’un article de Libération, le site accuse alors des témoignages "fallacieux". "Il n’y a pas eu de blessé grave à Tolbiac le 20 avril", lâche le journaliste "après une enquête collective[sic, mais tardive] auprès du voisinage et des étudiants. Aucun élément probant n’a été trouvé sur l’existence par ailleurs d’une équipe de nettoyage qui serait venue nettoyer les taches de sang. 

Les premiers rétropédalages ne tardent pas chez les ex-bloqueurs de Tolbiac. Ces prétendus témoins directs, "ce sont les mêmes qui se sont confié.e.s aux un.e.s et aux autres", tweete mardi soir le compte 'Cortège de tête'. Nous partageons la responsabilité d’avoir fait écho de témoignages erronés". Ils assument... Et alors ? Macron aurait-il fait école en leur sein ?

Mercredi après-midi, la 'Commune Libre' de Tolbiac n'a, quant à elle, toujours pas fait "amende honorable"
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Les anars n'auront pas ce courage et partageront les bobards de Leïla, cette porte-parole sur-mesures interrogée par le site de propagande de LFI, Le Média, dans une vidéo virale. 

Accusée par Libération d’avoir menti sur son rôle de témoin oculaire,
elle n'hésite pas à dénoncer mercredi un "article diffamatoire". "ON a vu un gars devant les grilles avec la tête complètement explosée et une flaque énorme […] La personne est actuellement dans un coma profond", avait affirmé vendredi après-midi ce modèle de vertu révolutionnaire. 

Elle précise désormais avoir utilisé le "on" devant les caméras
"au nom d’un collectif qui souhaitait faire état des témoignages recueillis".  Une version que Le Parisien accepte pour sa part de confirmer, sans se porter garant de la tenue des autres entretiens. Souvent imprécise dans ses réponses, Leïla nous a toutefois assuré n’avoir rien vu de ses propres yeux. 
Micro en main devant Tolbiac vendredi, elle lançait même à la foule un appel à témoins pour éclaircir "cette situation floue". Maladresses de langage de sa part, mensonge éhonté ou manipulation de La France insoumise ?

Aujourd’hui, si les media semblent laisser mourir la rumeur de mort lente, elle n’est pas encore totalement éteinte. De nombreux militants détournent l'attention du " blessé grave" sur les "violences policières", une valeur sûre. 
Tous demandent désormais que soient examinées les images des caméras de vidéoprotection situés rue Baudricourt, à l’arrière du centre Tolbiac, entre 5h30 et 6h30 du matin, au moment de l’évacuation et de la supposée chute. 
Jointe mercredi matin, la préfecture de police de Paris confirme la présence de ces appareils sans indiquer s’ils lui appartiennent. "Seules les autorités judiciaires peuvent choisir de consulter et diffuser ses images, poursuit-elle. Et il faut pour cela qu’une plainte soit déposée ou qu’une enquête soit ouverte". Ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle.

Gérard Miller, cofondateur du Média, se ridiculise

Sans vergogne, le psy dérangé tente de justifier la diffusion de la fake news sur l'évacuation de Tolbiac.
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"Evidemment, il n'y a pas eu de blessé grave, un blessé dans le coma après l'intervention brutale de la police à Tolbiac." Cette mise au point, quatre jours après la préfecture de police et l'AP-HP, est signée Gérard Miller, cofondateur du Média, l'un des sites qui ont relayé avec le plus d'insistance ce qui s'est avéré être une manipulation politique de la presse d'opinion.

Mais l'ancien chroniqueur de Michel Drucker et de Laurent Ruquier, ce proche de Jean-Luc Mélenchon ne présente pas d'excuses et tente même de se justifier, ce mercredi 25 avril, après avoir propagé cette fausse information.

Miller noie le poisson.  De l'évacuation musclée du site Mendes-France de l'université Paris 1 à Tolbiac qui s'est déroulée vendredi 20 avril. Rapidement après les faits, au moins trois témoins évoquent le cas d'un individu qui aurait été grièvement blessé en tentant de fuir la police. Aucune des personnes rencontrées par Le HuffPost n'a été en capacité de décrire la personne blessée ni de dire où l'accident aurait précisément eu lieu.

Miller est à l'aise avec les dérangés.
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Après les deux démentis,
Gérard Miller et la direction du Média prennent la parole, mais ne reconnaissent pas leur récupération des égarements de leur base militante. Au contraire, le site continue d'estimer qu'il a bien fait de donner la parole à cette jeune femme qui portait une accusation aussi lourde de conséquences.

Miller - et avec lui Le Media - se déconsidèrent à jamais.
"Evidemment lorsqu'on prend le risque de recueillir les témoignages de gens qui ont vécu un événement traumatisant [le soignant est-il plus malade que le patient ?], on prend le risque d'avoir des témoignages qui peuvent se révéler inexacts, imprécis. (...) Comment en vouloir à un certain nombre de médias d'avoir donné la parole à ces étudiants traumatisés", se demande Gérard Miller. Et le psychanalyste d'enchaîner avec une valorisation du déraillement de son media.
"Il est décisif que les témoins des événements puissent parler avec leur façon de faire, avec leur émotion avec parfois leurs inexactitudes qu'on soulignera. Mais ne faisons pas en sorte qu'une chape de plomb retombe sur les témoins des événements violents [généralisation et amalgame]. Ne partons pas du principe qu'il ne faut donner la parole qu'à des journalistes après un jour ou deux d'enquête, exhorte-t-il encore. [Défend-il pareillement le crédit à accorder aux réseaux sociaux ?] Mais sur le fond, la violence policière, c'est ça que les étudiants ont traduit à leur façon et c'est ça qu'il fallait effectivement transmettre largement", délire-t-il.

Au risque donc de relayer une infotox pendant plusieurs jours; une obstination sur une longue durée qui ne dérange pas Gérard Miller, selon lequel "cette info inexacte (a été) vite corrigée". Dans Le Monde, le docteur Maboul affirme ne pas vouloir se "laisser impressionner par les cris d'orfraie des défenseurs de l'exactitude".
Analyse mise en valeur par le blog...