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jeudi 3 mai 2018

Macron règle ses comptes domestiques depuis l'Australie

Pas d'indulgence pour "les tenants du désordre", menace Macron à Sydney

Résultat de recherche d'images pour "Tintin en Australie"Devant la presse française et avant de quitter Sydney pour Nouméa jeudi, 
le président de la République accuse certains élus de tenir un "discours d'agitation" 

Emmanuel Macron ne supporte pas la critique et s'en prend à toute l'opposition, de Jean-Luc Mélenchon à Marine Le Pen, en passant par Laurent Wauquiez, pour son absence de Paris, alors que de violents incidents étaient à prévoir avec la manifestation parisienne du 1er mai.

Le  président autocrate a dénoncé "les pyromanes indignés".
"Les élus qui tiennent constamment un discours d'agitation, c'est leur faute", a-t-il accusé, en se défendant "qu'on ne va pas annuler un déplacement pour ça". Soit les critiques sont insignifiantes, comme il le dit, et elles ne justifient pas la colère de Jupiter, soit sa gestion de la crise sociale, avec légèreté, constitue une erreur grave d'appréciation et l'opposition unanime est non seulement dans son bon droit, en république démocratique, mais elle est fondée à condamner le mépris du président pour la souffrance populaire.

"Le président n'est pas préfet de police", a insisté Macron, avec dédain

Depuis les effusions de Macron avec Trump, les hommes
politiques gardent leurs distance avec le président français
"Je pense qu'il y a beaucoup de gens qui veulent rejouer la partie démocratique, ils n'ont jamais accepté la défaite", a-t-il assuré, faisant allusion à l'élection présidentielle de 2017, avant de commenter: "Ils aiment la démocratie quand ils gagnent."
Or, Macron n'a fait que 24% au premier tour de la présidentielle de 2017 et n'a rassemblé que 66% des votants au second, avec 2 millions de votants en plus qui se sont abstenus quand, en 2002, face à Jean-Marie Le PenJacques Chirac avait atteint 82%.
Pressé de préciser clairement et courageusement s'il s'agissait des Insoumis de 'La France insoumise' (LFI) et de leur dirigeant, Jean-Luc Mélenchon, le président a préféré éluder: "Ceux qui proposent des manifestations, ou des fêtes".
La prochaine manifestation prévue samedi à Paris vise précisément à faire "la fête à Macron", une idée lancée le 4 avril par François Ruffin, député LFI, et d'autres anciens participants au mouvement "Nuit debout", mouvement social pluriel suscité par la loi Travail.
Dès 2016, 'Nuit debout' se proposait déjà de construire une "convergence des luttes", scandée par des nuits de violences déjà perpétrées par des révolutionnaires proches des communistes du PCF et de la CGT, ainsi que des trotskistes de SUD et Solidaires, mais anonymés sous le terme de "casseurs" (les 14 et 15 avril ou les 22 et 23 avril). Les organisateurs de Nuit debout avaient "pris acte des demandes [de la préfecture de police] et mis en œuvre les dispositions nécessaires" pour éviter de futurs débordements. Le 1er mai 2016, à la suite d'incidents au cours du défilé, la police demanda la dispersion de Nuit debout, puis évacua 600 personnes de la place de la République occupée. A la suite de quoi, un arrêté de la préfecture de police durcit les conditions de rassemblement. En revanche, le 1er mai 2018, les organisateurs accusent le gouvernement de n'avoir rien fait et laissé se dérouler le saccage de magasins et de matériel urbain au nom de l'anti-capitalisme.
"Les dispositions sont prises pour samedi", a assuré Macron

Le président des riches a jugé qu'il "y a un droit de manifester", mais que les violences avaient été organisées par "des professionnels", regrettant par ailleurs la "banalisation d'un discours de haine qu'on a collectivement accepté". Ou véhiculé, s'agissant de la presse craintive des "casseurs" révolutionnaires, comme des islamistes politiques. 

"Mélenchon dit que ce sont des casseurs d'extrême droite: faux ! Il ne faut pas travestir la réalité. C'est l'extrême gauche.", a souligné le 'fact-checker' de l'Elysée.
Le leader de La France insoumise avait dénoncé mardi sur Twitter d'"insupportables violences", affirmant qu'elles étaient "sans doute" l'œuvre "des bandes d'extrême droite"...

Mélenchon rétropédale sur sa diffamation
"Apparemment, c'est pas le cas", a admis le manipulateur, mercredi.

mercredi 25 mai 2016

Crise sociale: Macron, pyromane de mèche avec Hollande

Macron, 'âme damnée' de Hollande

Emmanuel Macron
 propose d' "élargir"encore la loi Travail

"Il faudra élargir le champ de la négociation collective au niveau de l'entreprise à d'autres domaines", plaide le ministre de l'Economie, dans l'entretien qu'il a accordé mardi 23 au journal Les Echos. 
I y suggère d'y ajouter la question des salaires pour aller vers leur diminution. 
"La clef, c'est la modération salariale", dit-il. 

Une véritable provocation dans le climat de tensions entre le gouvernement et la CGT autour de la loi El Khomri. 
"Ils sont tombés sur la tête, ils sont devenus fous !", s'étrangle un responsable du PS, effaré.  
"Il est comme les gosses qui testent jusqu'où ils peuvent aller. Sauf que là, on est au sein d'un gouvernement !", grondait déjà une ministre. 
Une autre tenait même Macron pour le responsable des blocages, l'accusant d'avoir "bordélisé le dialogue social". "Il fait pratiquement du trolling [alimentation artificielle d'une polémique] de la loi ! ", accuse un conseiller. 
Et si le machiavélique Macron était le véritable fusible de Hollande ?

Un entretien relu et validé... par Hollande

Macron n'était pas seul à la manœuvre sur cette manipulation avec le quotidien libéral de l'homme d'affaires Bernard Arnault. De sources concordantes mais anonymes, le brûlot a été intégralement relu et validé par Hollande en personne
Les deux hommes se sont vus lundi après-midi à l'Elysée, en marge de l'événement sur la Nouvelle France industrielle organisé au Palais. "Ils en ont parlé ensemble", confirme l'entourage du président. Et le texte n'a été modifié qu'à la marge par le cabinet élyséen. Matignon, également destinataire du texte du ministre, n'a en revanche pas eu voix au chapitre sur le contenu. 

"C'est simple, Hollande bichonne Macron !", prétend un anonyme au sommet de l'Etat. 
Quelle est donc la stratégie du président qui prend ainsi le risque de donner du carburant à des protestataires déjà radicalisés, si ce n'est de faire passer Valls auprès de la gauche comme un moindre mal. 
En même temps, "il veut qu'Emmanuel reste dans le collectif gouvernemental", ajoute aussi ce proche de Hollande. Depuis que Macron a lancé son mouvement En Marche le 6 avril, laissant planer le doute sur une candidature en 2017, leurs relations s'étaient en effet dégradées. "La prochaine fois, je te vire !", aurait menacé le président, après que son banquier de ministre a déclaré qu'il ne se sent pas son "obligé". Les relations sont donc désormais pacifiées. Mais à quel prix ?

Manuel Valls évite en revanche d'envenimer la situation sociale et, tandis que Macron menace de "modération salariale",prudemment différé un rapport sur le temps de travail des fonctionnaires que devait lui remettre officiellement, après dix mois (juillet 2015) Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et ami de Valls, ce jeudi, jour d'une nouvelle mobilisation contre la loi Travail.

Macron, joker de Hollande ou âme damnée de Valls ?

Toujours sous couvert d'anonymat, au risque d'accréditer l'idée d'une intox médiatique de l'opinion, un vieil ami du président -dont on tait l'identité- suggère que Hollande a un scénario machiavélique en tête pour sortir de la crise sociale : "Il a une option possible : retirer la loi Travail sous les pieds de Valls, obliger Valls à sortir et nommer Macron à Matignon. Il voit bien que Valls s'enfonce dans les sondages et que Macron est populaire. Comme ça, il se débarrasse de Macron et de Valls à la fois et dégage le terrain pour sa candidature ! Ce serait un coup de maître..."

Sauf que celui qui se ferait en fait virer au final serait Macron, lequel serait accusé de plomber la politique de Valls. Un candidat de moins à la présidentielle, d'autant que Valls dévisse dans les sondages de popularité et que Macron reste l'un des favoris à gauche, derrière Hulot qui se déclare non intéressé.