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dimanche 20 mars 2016

Arrestation d'un Français, islamiste présumé, porteur d'un projet d'attentats

Le terroriste islamiste a été déféré devant la justice

Youssef E. est soupçonné d'avoir voulu commettre des "actions violentes" en France

Croquis d'audience montrant, de gauche à droite, Youssef E. (26 ans),
Fares Farsi (21 ans) et Salah-Eddine Gourmat (24 ans)
au cours de leur procès au tribunal de Paris, le 30 janvier 2014
 
Placé en garde à vue depuis mercredi,  l'individu a été déféré dimanche en vue d'une mise en examen.
Les juges antiterroristes le soupçonnent de participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristesa-t-on appris de source judiciaire.
Deux djihadistes - des franco-turcs - et une femme, arrêtés avec lui, ont été relâchés et ne sont pas poursuivis à ce stade, a fait fuiter le Parquet.

"La nature exacte de ses projets n'a pas pu être établie à ce stade, mais il y a un certain nombre d'éléments qui attestent de ses intentions", de source proche du ministère de Bernard Cazeneuve.

Un bi-national connu des services

Ce Franco-marocain de 28 ans est fiché "S" pour radicalisation. Il a en effet été condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, en mars 2014 pour un projet de voyage interrompu vers la Syrie, en compagnie de deux amis, Fares F. et Salah G. Il s'agissait des tout premiers condamnés en France pour des velléités de départ sur les terres du djihad syrien.



Libéré en octobre dernier, il était depuis assigné à résidence dans le cadre de l'état d'urgence.
Youssef E. avait été interpellé mercredi en région parisienne à l'issue d'une enquête de la Direction générale de la sécurité intérieure (DSGI).
Mais les enquêteurs en sont encore à chercher s'il avait l'intention de se livrer à des "actions violentes en France" et s'il pouvait "être en relation avec des individus en Syrie appartenant à l'Etat islamique (EI)", avait indiqué le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, après son arrestation.

Lors des perquisitions, aucune arme n'avait été retrouvée. En revanche, une cartouche de kalachnikov non percutée, du matériel informatique et des supports numériques ont été saisis et sont en cours d'analyse.

Pour les députés, qui,  le jeudi 19 novembreont voté le projet de loi prolongeant l’état d’urgence, l’une des réponses au terrorisme est de renforcer le régime de l’assignation à résidence. Celle-ci est en principe une mesure de restriction des libertés : il s’agit de limiter les déplacements d’un individu et éventuellement de surveiller ses fréquentations. Elle est accompagnée d’un dispositif de contrôle par bracelet électronique et parfois de contrôle judiciaire. La personne assignée à résidence doit se trouver à son domicile à certains horaires de la journée.

L’état d’urgence ouvre la possibilité pour le ministre de l’intérieur d’assigner à résidence des personnes qui ne sont soumises à aucune procédure judiciaire si leur "activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics", selon l’article 6 de la loi de 1955
L’assignation à résidence est en l’occurrence étendue à toute personne dont "il existe des raisons sérieuses de
penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre public". Cette terminologie correspond aux 'fiches S' de renseignement, soit potentiellement plus de 10.000 personnes.
Cette arrestation tombe à pic pour justifier l'état d'urgence, ainsi que la réforme constitutionnelle envisagée par Hollande, mais elle soulève le soupçon d'une tentative de manipulation  de l'opinion par son premier ministre.

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