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lundi 26 octobre 2015

Crise à la mosquée de Lunel: des élections devaient se tenir dimanche

Les élections n'ont pas pu se tenir

Peu à voir avec les rivalités entre Marocains et Algériens

Les 800 adhérents de l'Union des musulmans de Lunel devaient, dimanche, élire un nouveau président. Ce scrutin est consécutif à la démission de Rachid Belhaj et de l'imam de la mosquée, Elhaj Benasseur. Mais l'élection a été reportée d'une semaine, à dimanche prochain.
La crise n'était donc pas réglée, dimanche soir, à la mosquée El Baraka de Lunel. La consultation pour désigner le nouveau président de l'Union des musulmans de Lunel a été annulée et reportée. La mosquée n'a donc toujours pas d'administrateur et d'interlocuteur avec les autorités. Les tensions se seront peut-être apaisées d'ici dimanche prochain. 

Dix mois seulement après son élection, le président de l'Union des musulmans de Lunel avait annoncé sa démission. 
Rachid Belhaj avait fait cette annonce dimanche dernier. Sa décision suit de près celle, identique, de l'imam.

Ce dernier, Elhaj Benasseur, avait porté plainte contre deux fidèles pour menaces de mort. Jugés en septembre et interdits de mosquée pour deux ans, les deux jeunes ont toutefois très vite retrouvé le chemin de la mosquée El Baraka, après avoir fait appel de la décision de justice. Depuis, pour sa sécurité, l'imam a même préféré déménager.
A la mosquée, plusieurs crises alimentent les tensions

Départs en nombre de Lunellois en Irak et en Syrie
Une vingtaine de jeunes Lunellois au total seraient partis faire le djihad en Irak et en Syrie. 
Le 27 janvier, à peine trois jours après son rassemblement fraternel  et son cri de refus "Lunel n'est pas une ville de djihadistes", le RAID et le GIGN - une trentaine de policiers - ont investi le centre de Lunel, dans l'Hérault, 
ville de 25.000 habitants d'où une vingtaine de jeunes sont partis faire le djihad en Syrie où 6 d'entre eux y ont trouvé la mort. Les forces de l'ordre avaient perquisitionné plusieurs logements, notamment dans les immeubles voisins de ceux des suspects, forçant portes et serrures.

Quatre ou cinq personnes ont été interpellées et placées en garde à vue.


Dans une vidéo diffusée mercredi, trois jeunes combattants du groupe Etat islamique appellent en français les musulmans de France à rejoindre les rangs des djihadistes en Syrie ou à défaut à commettre des attentats en France. Elle a été diffusée sur l'Internet trois jours après la diffusion d'une vidéo mettant en scène la mise à mort par décapitation de 18 prisonniers syriens et de l'otage américain Peter Kassig, dans laquelle apparaissent deux Français, identifiés par les autorités comme étant deux jeunes convertis, Maxime Hauchard (ci-dessus) et Mickaël Dos Santos, passé d'un BEP peinture au djihad.

Une filière djihadiste à Lunel ?

Déprogrammée à cause des attentats terroristes de Paris au début janvier, l'opération anti-djihadistes de Lunel avait été lancée par le parquet antiterroriste de Paris. Les suspects ont été mis en garde à vue à Montpellier et transférés à Paris. Les 'jeunes' [sic] interpellés de Lunel - âgés de 44 ans, 35 ans, 31 ans, 26 ans pour deux d'entre elles - adeptes de la mouvance de Tabligh, étaient des recruteurs (l'un d'entre eux a perdu deux de ses frères en Syrie) ou des membres prônant l'application en République française de la religion pratiquée au Proche-Orient. Ils militent pour la conversion et une forme revivaliste, un renouveau de la religion.
Les hommes recherchés par le Raid et le GIGN, étaient soupçonnés d'appartenir à cette faction fondamentaliste musulmane baptisée Tabligh. Il s'agit d'un mouvement ou d'une mission religieuse dont l'objectif est le prosélytisme et la prédication strictes.

Le maire DVD, Claude Arnaud, dit ne pas avoir été prévenu de l'opération menée fin janvier 2015 par les forces de l'ordre, selon France Bleu Hérault, mais cette opération était alors, selon lui, "un début de réponse" aux interrogations de ses administrés sur la situation à la mosquée.
Pour répondre à l'exaspération des Lunellois,
l'opposition municipale réclame la venue d'un représentant du gouvernement. 

Mur d'Irak, tagué par un djihadiste nîmois (été 2014)
En janvier, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, se contentait d'hypothèses pour faire de l'autosatisfaction: "Si l'implication des personnes soupçonnées est confirmée par l'autorité judiciaire, ce sera donc une filière particulièrement dangereuse et organisée qui aura été démantelée ce matin, une de plus," se félicitait-il, avant d'en savoir plus. Aujourd'hui, la situation reste inchangée dans ce foyer du  prosélytisme islamiste. 
Mesures pour les mineurs
Douze mineurs susceptibles d’être candidats au djihad et de vouloir rejoindre la Syrie ou d’autres pays font l’objet d’une interdiction de sortie de territoire délivrée par le juge des enfants de Nîmes. A minima, deux de ces mineurs repérés par les services de l’État ont néanmoins rejoint la Syrie ou d’autres régions. A l’origine, le Parquet de Nîmes a été avisé par des familles inquiètes. "Des mesures de précaution, rappelle Laure Beccuau, procureure de Nîmes. Douze dossiers ont été ouverts mais on ne peut en déduire que nous avons 12 mineurs radicalisés. Après enquête, des dossiers peuvent être refermés." Inquiètes de voir leurs enfants rejoindre la Syrie, une ou deux familles se sont rapprochées de la gendarmerie ou de la police. La section antiterroriste du Parquet de Paris est en alerte.
L'affrontement de différentes doctrines au sein de la mosquée

Les musulmans de France ne sont pas animés seulement par des rivalités nationales - Algériens contre Marocains - pour la prise du pouvoir dans les mosquées.


En 2012, contrairement à ce qui se produisait auparavant, la presse française a cessé d'informer la population indigène de l’entrée en France d’imams venus en renfort d’Algérie ou du Maroc, à la faveur du ramadan. Ont fait exception La Croix ou Nord-Eclair. Or, ce sont chaque année plus d’une centaine d’imams étrangers qui viennent renforcer les rangs des imams déjà installés. Ainsi, d’environ 60 imams marocains en 2007, on est passé à 180 imams en 2012. De 100 imams algériens en 2011, on est passé à 120 en 2012. Ils seraient plus de 1.500 aujourd'hui. 

L’Algérie veut s’imposer dans l’exercice du culte musulman dans l’Hexagone. 
Le ministre des Affaires religieuses et des Habous, Bouabdellah Ghlamallah, a annoncé l’envoi de plusieurs dizaines d’imams en France qui exerceront leurs fonctions au sein de mosquées françaises gérées par la Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris.
Valls à la Grande mosquée de Paris
pour la rupture du ramadan 2013
Pas étonnant que le recteur de la mosquée de Paris et président du Conseil français du culte musulman,  Dalil Boubakeur,  ait appelé en avril 2015 à doubler le nombre de mosquées en France.  "Nous avons 2.200 mosquées. Il en faut le double d'ici deux ans", a souhaité l'habile recteur franco-algérien, lors du Rassemblement annuel des musulmans de France, organisé par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF, proche des Frères musulmans) au Bourget. Cette infiltration étrangère de l’islam en France contredit les sempiternelles promesses d’un islam de France.

Avant mai 2012, on osait encore mentionner ces entées aux Français. Les journalistes (comme ceux de RFI ou du Monde) anesthésiaient d'ailleurs leurs lecteurs, en affirmant que "pour la France, ces imams marocains sont la garantie que les prêches prônent un islam tolérant."  
Une intox, car l’islam à la marocaine n’est pas nécessairement tourné vers la modernité, si l’on considère que le ministère des Habous et des Affaires islamiques marocain, gardien de l’orthodoxie sunnite de rite malékite, préconise de lire les livres de son fondateur l’imam Malik Ibn Anas (710-795), dont l’incontournable Al-Muwatta’. Or y sont prescrits l’exécution des apostats, l’exécution des chanoines faisant de l’apostolat, la légalité de l’esclavage et l’inclusion des femmes dans la composition du butin de guerre, alors licitement violées. L’autre livre référence, La Risâla (L’Epître), prône toujours le djihad...

On est donc loin de l’objectif utopique d’un islam démocratique de France qui favoriserait l’intégration. 

Force est, au contraire, de constater une tendance conservatrice de l’islam en augmentant le nombre de ces imams malékites. Car une fois le ramadan achevé, il serait intéressant de savoir combien rentrent vraiment au Maghreb.  



L’islam de France n'est donc pas une religion totalement contrôlée par les musulmans de France. 

Des imams algériens prêchent en arabe avec une arrière-pensée nationaliste qui "s’inscrit dans la lutte d’influence que se livrent sans cesse l’Algérie et le Maroc pour contrôler l’islam [en] France et étendre leur pouvoir au sein des lieux de culte musulmans, et ceci afin de mieux investir le Conseil français du culte musulman (CFCM)."

Et ces imams sont escortés de "mourchidates" -chargés de la prédication et l’orientation-qui ront pour tâche de se rapprocher des familles algériennes vivant en France pour contribuer à la sauvegarde de leur cohésion, au prix d'un enfermement communautaire sous le contrôle de chaperons venus du bled. Et une certaine presse hexagonale répand sa doxa, nous parlant d'intégration pour un communautarisme national... On réalise, sans se l'avouer, qu'il fallait contenir cette poussée de l’islam, car tenter d'organiser l'islam en France relève de la quadrature du cercle. Les islamistes qui prêchent la primauté des règles du Coran sur les lois de la République préparent la chute de la démocratie, avec l'aide des défenseurs de la notion de laïcité. 


Le pire n'est pas que les musulmans
 modérés s'opposent aussi aux radicaux (et inversement)

A Lunel, les fondamentalistes ont certes pris possession des lieux et l'ascendant sur les modérés, mais en combattant les Chrétiens, les laïcs mettent en péril la civilisation judéo-chrétienne et font le lit du fondamentalisme religieux. Comment former des imans dits 'modérés', alors que le pouvoir laïc ne sait dire ce qu'est un bon islam ou quelle est la juste interprétation du coran ? Tout ce que le gouvernement peut faire pour interdire tel ou tel iman, c’est d’invoquer les risques pour l’ordre public et expulser les fauteurs de trouble, ce qu’il fait rarement: on ne peut expulser des religieux s’ils sont français ou franco-quelque chose.
Ce gros malin de François Hollande pense avoir trouvé une 'solution' équitable: sous-traiter à l’étranger la formation des imans à la française, en l’occurrence au Maroc, décision prise en toute indépendance et souveraineté, sous l'influence des Franco-Marocaines du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem et Myriam El Khomri. Laïc et républicain, le président confie à un roi, Mohamed VI, de surcroît "commandeur des croyants," donc chef religieux, la responsabilité de former des prédicateurs conformes aux "valeurs de la République" et à sa laïcité. Et Nanard Cazeneuve, le ministricule de l'Intérieur, chargé des Cultes et adulé des Français, n'a pas sourcillé ? En visite dans l'état chérifien, le président socialiste a déclaré: "Une coopération avec le Maroc pourrait nous aider à développer un islam de France compatible avec les valeurs républicaines". Dans une déclaration commune, il est aussi stipulé que cette formation -d' "une cinquantaine d’imams par an - devra promouvoir "un islam du juste milieu," conforme aux "valeurs d'ouverture et de tolérance", mais aussi "pleinement ancré dans les valeurs de la République et de la laïcité." Le grand écart ! On marche sur la tête et les Algériens de France font du pétard. En attendant le grabuge annoncé à Lunel.
Le plus beau, c'est qu'en juillet 2012, Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, avait invité les musulmans à construire un islam de France indépendant de toute tutelle étrangère, appelant à la fin des "divisions" et à la mise en place d'un "dialogue serein" entre responsables du culte musulman et pouvoirs publics. Le futur premier ministre s'exprimait lors de l'inauguration de la Grande mosquée de Cergy (Val-d'Oise), en présence du président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui. "Je sais les liens qui existent entre de nombreux musulmans, souvent étrangers ou récemment naturalisés, avec leur pays d'origine. Mais notre responsabilité, c'est de progressivement construire un islam de France, un islam qui trouve pleinement ses racines dans notre pays", avait péroré Manuel Valls.
Valls invita à suivre l'exemple de la mosquée de Cergy, née d'un rassemblement entre dix associations musulmanes de la ville. D'un coût total de 3,75 millions d'euros, cette mosquée de 2.000 m2, qui peut accueillir jusqu'à 1.500 fidèles, a été financée en fonds propres par la Fédération musulmane de Cergy, regroupement de dix associations musulmanes, issues de différentes communauté.

Cette fédération a toutefois bénéficié du soutien de la ville de Cergy, PS, qui a garanti à hauteur de 50% l'emprunt de 2,2 millions d'euros souscrit et a consenti un bail emphytéotique de 99 ans sur le terrain qui accueille l'édifice.
Contre-coup sur les religions établies: leur 'khmérisation'
Pour essayer d’obtenir des aumôniers musulmans "républicains", le ministère de l’Intérieur alignera les aumôniers salariés des prisons, hôpitaux et armées. Ils devront désormais obtenir un diplôme universitaire (DU) de formation civique et civile "dès 2016", prévient-on, place Beauvau. 

Une précision fait toutefois problème. 
 
Ce sera rendu obligatoire "pour tous les cultes", y compris donc la "rééducation-formatage" des aumôniers catholiques ! La 'khmérisation' de la France progresse, car ce sera à la fois une atteinte à la liberté religieuse et à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui prévoyait de telles aumôneries dans les lycées, les hôpitaux et les armées, leur désignation étant le fait des autorités religieuses, sans que l’Etat pose ses conditions, ni ne sanctionne une formation religieuse d'un diplôme spécifique d'Etat.
On retrouve la technique qui, pour interdire le voile islamique à l’école, a en même temps banni la croix qui ne dérangeait personne jusqu'ici. Interdira-t-on aussi le port du masque aux policiers du GIGN ? 

Les crèches publiques en défrisent quelques-uns et les saints sont persécutés jusque sur les bulletins météo du service public où ils n'apparaissent plus: convivial !... Ainsi en est-il des cantines qui se sont d'abord vues interdire le poisson le vendredi, puis imposer la suppression du porc, assortie de l'obligation d'un menu alternatif, bio si possible ! 
Les ayatollahs sont parmi nous. 


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