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samedi 3 octobre 2015

Obama bombarde un hôpital en Afghanistan, mais suspecte les cibles de la Russie en Syrie

Centre de soins de Médecins sans Frontières à Kunduz, ville afghane, "très fortement endommagé" par des bombardements

Rony Bauman n'exclut pas que l'hôpital ait pu être pris pour "cible"

Dans la nuit de vendredi à samedi, les bombardements ont frappé la ville Kunduz, ville afghane reprise par l'armée régulière aux taliban -fondamentalistes musulmans- et c'est le centre de soins de Médecins sans Frontières (MSF) qui a payé le plus lourd tribut. Cela pourrait être une très grave bavure de l'armée américaine. 

Cette frappe a coûté la vie à 19 personnes, 12 employés, et sept patients, parmi lesquels trois enfants, selon MSF. Tous les membres du personnel décédés sont de nationalité afghane, précise Mathilde Berthelot, membre de MSF, qui s'est exprimés ce samedi soir sur BFMTV. 
MSF a également mis en ligne une photo d'une intervention chirurgicale à la suite du bombardement.
Un habitant de Kunduz avait raconté avoir tenté de joindre, en vain, six de ses amis, tous médecins et infirmiers à l'hôpital de MSF. "Je n'ai aucune nouvelle d'eux. Ils sont peut-être morts", avait-il dit. 

L'ONU qualifie ce bombardement d' "inexcusable" et de "potentiellement criminel". 
Pour le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, cette frappe aérienne pourrait relever du "crime de guerre" si elle était jugée "délibérée par la justice". Il a appelé à une enquête approfondie et transparente.
A Kaboul, le palais présidentiel a assuré que le général américain John Campbell, chef de la mission de l'OTAN en Afghanistan, a "présenté ses excuses" au président Ashraf Ghani dans une conversation téléphonique. Mais l'Alliance atlantique n'a pas officiellement reconnu que le bombardement de l'hôpital de MSF est bien lié à un raid américain et se limite à parler de "possibles dommages collatéraux" d'une opération aérienne.
L'hôpital de MSF hébergeait-il des Taliban ? 

Une "erreur" d'une trentaine de minutes  

MSF assure que l'établissement a été bombardé "pendant plus de 30 minutes", malgré le fait que l'ONG a averti les armées américaine et afghane qu'une première frappe l'avait touché. MSF exige que "toute la lumière soit faite rapidement" sur cette attaque. 

Au moment du bombardement, 105 patients et 80 membres du personnel, des Afghans et des étrangers, étaient présents dans le centre de soins. Ce centre de MSF a apporté une aide cruciale à la population civile depuis lundi et la prise de Kunduz par les taliban, puis la contre-offensive des forces de sécurité afghanes. C'est le seul hôpital dans cette région du nord de l'Afghanistan capable de traiter des grands blessés. "MSF a traité 394 blessés depuis lundi", a expliqué le docteur Bart Janssens, directeur des opérations de l'ONG. "Nous sommes profondément choqués par cette attaque. Nous pressons toutes les parties au conflit à respecter la sécurité des structures de santé et du personnel médical", a-t-il ajouté. L'ONG rappelle qu'elles sont toutes au courant des coordonnées GPS de ses hôpitaux. 

Or, selon les forces internationales, des Taliban se trouvaient autour et peut-être dans l'hôpital de MSF
Le Pentagone ouvre une enquête
Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a affirmé ce samedi qu'une "enquête exhaustive" est en cours, mais sans confirmer si le bombardement a été mené par des forces américaines. Le secrétaire à la Défense américain souligne dans un communiqué que "les forces américaines en soutien aux forces de sécurité afghanes opéraient à proximité, tout comme les taliban". Ashton Carter a affirmé que l'enquête était menée "en coordination avec le gouvernement afghan" et que les Etats-Unis vont "continuer à travailler avec (leurs) partenaires afghans pour tenter de mettre fin à la violence dans et aux alentours de Kunduz".
Kunduz, verrou stratégique du nord de l'Afghanistan, est le théâtre d'âpres combats entre les taliban et les forces de sécurité afghanes, qui ont repris le contrôle de la ville jeudi. MSF a démarré ses activités en Afghanistan en 1980.

Barack Obama a accusé la Russie de ne pas faire la distinction entre l'EI et les groupes d'insurgés plus modérés.

Alors que l'OTAN prend les populations civiles pour cibles, le président américain a critiqué vendredi 2 octobre la politique russe de frappes en Syrie et mis en garde le président russe Vladimir Poutine.
Le ministère de la Défense russe assure, vidéos à l’appui, avoir bombardé mercredi "l’organisation terroriste internationale Isis" (acronyme anglais pour l’Etat islamique autoproclamé), les Etats-Unis comme France avancent qu'à Hama, Homs et Lattaquié, où l'EI n’opère pas, les forces russes s’en seraient prises à des rebelles syriens "armés et entraînés" par la CIA, opposés à Bachar el-Assad, dont Poutine reste un fidèle allié.

Qui sont ces rebelles qui veulent renverser le régime syrien et ont les faveurs de Obama et Fabius?

Ceux qui se battent contre les troupes d’Assad sont certes les militaires et les appelés qui ont fait défection, mais aussi des djihadistes rompus au combat. 
L’Armée Syrienne Libre (ASL) est constituée d’une majorité de jeunes militaires appelés au service militaire, qui ont quitté leurs lieux d’affectation pour rejoindre la rébellion ou leurs villes et villages à travers le pays. En premier lieu, pour protéger les manifestants des attaques des Chabihas ou juste pour être auprès de leur famille, puis pour harceler l’armée d’Assad, avant de passer aux attaques frontales qui se sont multipliées avec le début de l’été.
Car ils sont sous l'influence des rebelles qui ont fait de la Syrie une terre de djihad.
En septembre 2013, François Hollande annonce depuis Bamako que la France va finalement fournir des armes à l'ASL "dans un cadre contrôlé" et "élargi avec un ensemble de pays". En décembre 2013, le même indique que, contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni, il maintient "ses livraisons d'aide militaire non létale": plusieurs livraisons ont ainsi eu lieu au cours de l'année 2013, comprenant notamment des mitrailleuses de calibre 12,7 mm, des lance-roquettes, des gilets pare-balles, des jumelles de vision nocturne et des moyens de communication. Les livraisons sont toujours en cours à l'été 2014.
Ces "rebelles modérés" que la France équipe, c'est par exemple le Front al-Nosra, groupe armé salafiste djihadiste affilié à al-Qaïda, apparu dans la guerre syrienne, dans le nord-ouest de la Syrie, mais aussi au Liban. À partir de novembre 2013, il devient l'un des plus importants groupes rebelles, après avoir provisoirement rallié l'organisation État islamique d'Irak, puis à al-Qaïda. En mai 2014, le groupe est placé sur la liste de l'ONU des organisations terroristes.


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