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jeudi 15 octobre 2015

Recrudescence des expulsions, dénonce DAL désabusé

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", accuse Droit au logement

L'association 'Droit au Logement' organisait ce jeudi un rassemblement pour protester contre la recrudescence des expulsions,
à l'approche de la trêve hivernale.  

En octobre, sous la pression des bailleurs et des huissiers, les expulsions se multiplient,
car c’est la dernière ligne droite d’ici à la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars.  Une pratique "brutale et massive", selon l’association Droit au Logement, qui constate une recrudescence depuis deux ans. Entre 2013 et 2014, les jugements d’expulsion pour impayé ont progressé de 5%, s’établissant l’an passé à 126.440. Les expulsions effectivement réalisées avec le concours des forces de l’ordre sont aussi en nette hausse (+15%), avec un nombre de 11.600 en 2014. 

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", souligne Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL. Pour se faire entendre, l’association organisait ce jeudi après-midi un rassemblement à deux pas de l’Elysée. "La ministre du Logement, Sylvia Pinel, est inexistante et ne veut plus nous recevoir
A Matignon, on se heurte à un mur, donc on a décidé d’aller voir directement le président de la République", dans le but de lui remettre une pétition signée par plus de 6.000 personnes revendiquant "l’arrêt des expulsions", ainsi qu' "un logement digne pour tous".  

Les people habituels du DAL étaient présents. 

La comédienne nantie 
Josiane Balasko interpelle les autorités sur leur "durcissement", "alors qu’on a voté pour le contraire en 2012".
 
Le comique Christophe Alévêque s’en prend aux media. Selon lui, la presse - la CGT - s’intéressent davantage aux "chemises déchirées" d’Air France - "des problèmes de chippendales" (sic)- qu’aux familles expulsées ces dernières semaines. 

L’exemple de Romainville a particulièrement choqué. 
Le 13 octobre, la famille Diassiguy de onze personnes a été évacuée de son logement dans la cité... Gagarine après l’intervention d’une vingtaine de CRS envoyés par la préfecture, malgré l'activisme des voisins, des membres de l’association de défense des intérêts des habitants de Gagarine, Spoutnik et de l’association Droit au logement (Dal). Moctar, l'un des enfants, parle d’une action "inhumaine" et précise que ses frères et soeurs doivent désormais dormir dans des voitures ou chez des voisins. 
DAL : expulsion très violente ce matin de la famille Diassiguy & ses 9 enfants - locataire HLM de l'OPH Romainville, cité Gagarine ! La famille avait épuré sa dette locative ! Les habitantEs mobilisés sont aussi très choqués ! RDV aujourd'hui 17h pour exiger leur réintégration & la libération immédiate du vice-pdt de l'asso des locataires spoutnik-DAL HLM interpellé et tabassé !! RDV 17h Batiment J cité Gagarine (métro mairie des lilas & bus129 arrêt Fort de Romainville).Plus que jamais, "Messieurs-Dames les Autorités" : STOP EXPULSIONS, RELOGEZ! IL Y A URGENCE!http://stopexpulsions.wesign.it/fr(ami-e-s des expulsé-e-s, expulsables, mal logés, sans toit : signez l'Appel et faites circuler svp)Images brutes tournées par les voisin-e-s de la cité et les militant-e-s du DAL sur place.https://www.facebook.com/sareem.bade/videos/10208354856414689/?pnref=story
Posted by Sareem Bade on mardi 13 octobre 2015
Pourtant, rappelle le DAL, 2,6 millions de logements sont aujourd’hui vacants dans le pays. L’association réclame leur "mobilisation" ou "réquisition". Elle espère aussi, comme l’explique Jean-Baptiste Eyraud, que les autorités avanceront la date du début de la trêve hivernale, ce qui bloquerait de facto les expulsions. 
La maire DVG de Romainville, Corinne Valls, cadre territorial de 58 ans et d'origine espagnole, est une ancienne élue du PCF (adjointe au maire communiste précédent, chargée de... l’urbanisme à partir de 1995), puis d'EELV, et vice-présidente chargée des transports et des déplacements du département de Seine-Saint-Denis (9.3), et suppléante du député, président de l'Assemblée nationale...Claude Bartolone.
Fazia, 46 ans, fait partie de ces Français sous le coup d’une procédure. 
Avec son mari - invalide comme elle - cette habitante de Boulogne-Billancourt habite et ses quatre enfants vivent à six dans un F4. Pas facile en effet de trouver de grands appartements pour familles nombreuses. Mercredi, elle a reçu une convocation au commissariat en vue de son expulsion. "Je n’ai pas dormi de la nuit, se plaint-elle. Après avoir vu les images de Romainville, forcément, on a peur," commente-t-elle.

D’autres manifestants souffrent de mal-logement,
 
et pas tous immigrés ou clandestins. Sur les listes d’attente pour accéder au logement social, ils ont l’impression de ne pas pouvoir imaginer d’avenir dans l'habitation adaptée dont leur pays d'origine. Fela, 33 ans, vit avec son époux et ses trois filles dans une pièce de… 20 m². Cela fait des années qu’elle patiente pour un hypothétique relogement par la mairie de Paris. "C’est infernal, j’ai l’impression que ça va durer encore longtemps."

Seuls les témoignages de femmes sont sollicités.  Une autre, qui ne veut pas donner son prénom, raconte ses années de pérégrinations d’un hôtel à l’autre et qu’elle habite dans un hôtel du XVIIIe arrondissement, dans lequel le Samu social de Paris l’a orientée : 420 euros de loyer mensuel pour deux pièces de 14 et 9 m². Et pourtant, elle travaille parfois dans un supermarché, alors que son mari est déménageur et veilleur de nuit. "Mes trois enfants ont grandi à l’hôtel, rage-t-elle. Mon fils me dit que je lui ai gâché son rêve d’enfant, celui d’avoir une chambre à lui.Rêves d'immigrants déçus, malgré les aides et allocations sociales et l'accueil scolaire (notamment au collège Abbé Houël).

Une gauche bien peu sociale

Corinne Valls indique que la famille ne sera pas relogée par Romainville Habitat, car, en plus des impayés de loyers (une dette de loyer s’élevant à 9 220 €), elle fait actuellement l’objet d’une procédure pour "troubles du voisinage". DAL avait, quant à lui, indiqué le 5 octobre que de nouvelles actions de soutien seraient organisées dans les jours suivants.
Mardi soir, des militants du Dal ont perturbé le conseil communautaire d’Est à Ensemble à Romainville.

Compte tenu de la pénurie d'habitations à loyers accessibles et bien qu'elle approuve le principe de ce droit, Ségolène Royal estime que la réforme du gouvernement "n'est pas applicable":  "c'est une forme de tromperie", assurait-elle dans Le Monde du21 janvier 2007. Et dans un discours du 11 février 2007 devant les militants socialistes, François Hollande avait tourné en ridicule pour son irréalisme la reconnaissance du droit opposable par le gouvernement.
Et encore, les réfugiés syriens et irakiens n'avaient pas encore déferlé. 

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