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dimanche 11 octobre 2015

Syrie: la frappe française qui visait des djihadistes français

La France frappe l'Etat islamique avec ses petits moyens, mais... méthodiquement !

Pendant que les Américains révisent leur stratégie d’aide aux rebelles syriensdont le Front Al-Nosra, les Russes offrent un appui aérien à l’armée de Bachar El-Assad    

Il y avait plusieurs Français et des djihadistes francophones parmi la centaine de combattants qui s'entraînaient dans le camp visé par les bombes des Rafale de l'opération Chammal. Les renseignements obtenus au cours des cinq missions de reconnaissance qui ont précédé la frappe de cette semaine contre Daesh en Syrie étaient formels. 

Il était 22 heures à Paris (23 heures en Syrie) lorsque les deux avions "frappeurs", escortés par un "suiveur" et un Atlantique II (Bréguet-Dassault Aviation) de surveillance aérienne, ont largué sept bombes de 250 kg à guidage GPS sur ce terrain d'au moins une vingtaine d'hectares situé à 5 km au sud-ouest de Raqqa, le bastion de Daech dans le nord de la Syrie. Les avions étaient partis de la base française d'Al-Dhafra, aux Émirats arabes unis. La mission de nuit a duré six heures. 

Eviter les victimes collatérales est-il la priorité ? 

"Les Français qui s'entraînaient dans ce camp ne se formaient pas seulement au combat et aux attentats-suicides comme la plupart de ceux qui rejoignent Daesh", précise une source officielle anonyme informée des détails du raid.

Ces Français s'entraînaient aussi "pour faire partie, une fois de ­retour en France, d'une cinquième colonne capable de frapper notre pays", lâche encore cette source qui se dissimule. 

Estimation du résultat de cette deuxième frappe française en moins de quinze jours en Syrie? "Tout a été détruit", se félicite froidement la source. Les ordres depuis le départ sont clairs : éviter les frappes qui puissent faire des victimes "collatérales". 

Les "autorités françaises" sont furieuses d'enregistrer chaque jour le tableau de chasse russe. Rien que samedi, le ministère de la Défense à Moscou assure avoir effectué 55 frappes, détruisant notamment 29 camps d'entraînement de "terroristes". "C'est du grand n'importe quoi, la Pravda, quoi !", s'irrite un responsable français tout aussi anonyme que la source précédente. La plupart des sites visés par l'aviation russe sont situés sur des axes où les rebelles menacent l'armée syrienne ou la province de Lattaquié, fief alaouite de Bachar El-Assad.
 
Faut-il alors que les Américains poursuivent leurs discussions avec les Russes pour éviter tout incident aérien ? 

Les Européens dénigrent. Cette procédure de "déconfliction" est en cours. Le mot peut paraître paradoxal alors qu'Occidentaux et Russes sont en conflit sur les objectifs à atteindre militairement, mais le but est de doter les pilotes des deux camps d'une même langue et de codes reconnus en cas de risque de collision ou d'accrochage radar. 

A Paris, on doute également de la capacité des Américains à fournir rapidement des armes à certains chefs de brigades rebelles afin de remplacer leur programme de formation par la CIA d'unités de l'opposition armée, qui s'est révélé un "échec absolu", selon les Français. Ce qui pourrait renforcer les Saoudiens, les Turcs et les Qatariens dans leur financement et leur fourniture d'armes aux brigades de l'Armée de la conquête, dont le Front Al-Nosra est la composante la plus puissante. "Quoi qu'il se passe à l'avenir, il faudra bien compter avec Al-Nosra", confiait cette semaine un officiel qatarien. 

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