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vendredi 23 octobre 2015

Taubira plie face aux avocats qui portent plainte contre des violences policières

La résistance des avocats fait reculer la ministre de Valls 

La ministre de la Justice rétropédale

Taubira a renoncé à imposer le prélèvement de l'aide juridictionnelle aux plus démunis sur des fonds gérés par les avocats. 
Cette mesure aurait permis de faire financer 5 millions d'"aide de l'Etat" par... la profession. 
Confronté à la résistance des avocats en grève depuis vendredi, le gouvernement fait marche-arrière sur sa détermination à faire financer l'augmentation du budget de l'aide juridictionnelle par... les avocats 'réquisitionnés'.


A l'issue d'une rencontre avec les représentants de la profession, la première depuis le début de la grève, Christiane Taubira a annoncé mercredi 21 octobre: "Ce que nous avons acté, au terme de près d'une heure trente de réunion, c'est (...) que nous puissions avoir une discussion avec le Sénat pour présenter un amendement qui supprime cette disposition". 

Les avocats manifestent leur colère alors que les syndicats de policiers ont appelé à un rassemblement sous les fenêtres du ministère de la Justice place Vendôme à Paris. Ils reprochent le laxisme des magistrats en termes de répression pénale et dénoncent l'évasion d'un prisonnier qui a gravement blessé un policier. Les syndicats se disent épuisés et "à bout".

Un système "à bout de souffle"


Mercredi matin, Christiane Taubira avait encore justifié le bien-fondé de sa réforme. Elle avait dramatisé en arguant d'un système "à bout de souffle" et qui "va s'effondrer". 

Mais le budget de l'aide juridictionnelle sera pourtant ramené à 400 millions en 2016, contre 405 prévus dans le projet de réforme gouvernementale. Le projet de Taubira prévoyait de faire financer le dispositif en taxant la Carpa, soit quelques cinq millions d'euros dès 2016, suivis par dix millions en 2017. Or, pour sa survie, la Carpa ne pouvait être amputée du prélèvement gouvernemental sur les intérêts de fonds placés dans ces caisses gérées par les avocats


Des plaintes pour violences vont être déposées après l'intervention des forces de l'ordre à Lille

Des violences se sont déroulées devant le palais de justice de Lille (Nord).
Au lendemain de la grève des avocats, les "robes noires" ne décolèrent pas. Les images des avocats lillois évacués sans ménagement par les policiers ont choqué la profession.

Des plaintes "vont être déposées dans les jours à venir",
précise Vincent Potié, bâtonnier de Lille, mercredi 21 octobre.

Selon Marc Bollet, le président de la conférence des bâtonniers, Christiane Taubira a demandé une enquête à ses services après la répression de la veille à Lille.

Cazeneuve envoie les forces de l'ordre qui utilisent du gaz lacrymogène contre les avocats
, à Toulouse, le 22 octobre
Les avocats du barreau de Toulouse avaient voté la grève générale ce 21 octobre et bloquaient l’accès au Palais de Justice. Ils manifestaient ainsi leur soutien à leurs confrères de Lille, délogés de force par des policiers la veille.
250 avocats environ se sont rassemblés à la mi-journée  devant le palais de justice en soutien à leurs collègues lillois victimes de violences policières. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes pour tenter de disperser les manifestants.
Avant ces incidents, le Conseil de l’ordre a voté la grève générale. Aucune audience ne sera assurée jusqu’au 26.C’est aux cris de "Nous sommes tous des avocats lillois !" que les avocats de la ville rose ont manifesté devant le Palais de Justice. Si l’ordre des avocats de Lille a déjà porté plainte, celui de Toulouse songe à porter plainte à son tour.


Le bâtonnier de Lille, Vincent Potié, va déposer plainte, après l'évacuation musclée d'avocats manifestant devant le palais de justice, mardi.
La grande majorité des barreaux en grève
Par cette annonce, la ministre de la Justice ne satisfait qu'une des principales revendications des avocats.
Engagé il y a une semaine pour protester contre le projet de réforme de l'aide juridictionnelle, le mouvement de grève des avocats était suivi mardi par "148 des 164 barreaux de France", selon un pointage du Conseil national des barreaux (CNB), qui représente l'ensemble des avocats français.

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