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mercredi 21 octobre 2015

Les bus de Melun toujours à l'arrêt après un violent caillassage par une bande de jeunes et un blessé

Horrifiés, les conducteurs exercent leur droit de retrait

Un bus assiégé par une bande de jeunes, le chauffeur blessé


Suite au violent caillassage du Mélibus de la ligne L, avenue Saint-Exupéry  à Melun vers 16h00, et l'agression de son chauffeur, ses collègues exercent leur droit de retrait depuis mardi, dans toute l'agglomération. 
Une voiture était stationnée à l'endroit où le bus devait s'arrêter, le chauffeur klaxonna. C'est à ce moment là que quatre personnes sont sorties de la voiture et se sont mises à l'insulter. Le conducteur du bus dut alors décider de faire sortir les usagers. Quelques instants plus tard, avec leur téléphones portables, les 4 avaient appelé à la rescousse 20 à 30 jeunes prêts à la baston. Ils se précipitèrent sur le véhicule et le fracassa avec des cailloux et des pavés. Grâce à l'arrivée de la police, le chauffeur parvint à s'évader. 
Toutes les vitres du côté droit ont été brisées par de gros cailloux
Les vitres du côté droit du Mélibus neuf, ont été brisées
par des pavés et le conducteur... lynché !
Frappé et caillassé lundi 19 octobre à Melun, dans le quartier Montaigu, le chauffeur de bus a eu le bras cassé et doit se faire opérer pour une pose de broche. Agé de 38 ans, il a au moins 30 jours d’incapacité totale de travail. "J’ai l’avant-bras en miette, explique la victime, qui a aussi été frappée à la tête. J’ai été caillassé et lynché par tout le quartier. Il y avait bien une vingtaine de jeunes". Deux suspects ont été interpellés par la police et sont toujours en garde à vue ce mercredi.

Droit de retrait
Melun : un chauffeur blessé après de violents jets de pierres sur un bus https://t.co/WtExKHRVUu
Depuis mardi 20 octobre, une cinquantaine de chauffeurs de bus ont cessé le travail et aucun Mélibus ne circule sur les 25 lignes de l’agglomération melunaise. Une réunion extraordinaire a déjà eu lieu avec les représentants du personnel de Transdev (Caisse des Dépôts et Consignations) et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).
La direction a décidé de ne plus desservir le quartier sensible de Melun jusqu’à nouvel ordre.
"C’est une zone de non-droit, et à chaque vacance scolaire, on a des caillassages, déclare Véronique Hostiou, déléguée syndicale CFTC. On ne peut plus supporter ça, pour nous et pour notre clientèle. On demande plus qu’une déviation, on veut des moyens humains sur le terrain." "Nous sommes surchargés de travail", ajoute son collègue Brahim, délégué CFDT, proche du PS.

Bus saccagé

"En 17 ans de boîte, je n’ai jamais vu un bus dans cet état", commente Véronique Hostiou (CFTC). Le bus, qui était neuf, a été la cible de "grosses pierres" et a été sérieusement endommagé. Toutes les vitres du côté droit ont été brisées, ainsi que plusieurs autres sur le côté gauche. Rien que pour la réparation du vitrage, le montant des travaux est estimé à près de 15.000 €.
"Il aurait pu mourir", répète une salariée.
Des "cailloux", selon Le Figaro...
L’un d’eux jette même une barrière de sécurité à l’intérieur. Le chauffeur, un père de famille, s’en sort avec une fracture du poignet, des douleurs aux côtes et des plaies saignantes à l’arrière du crâne.
"C’est la première fois que je vois ça depuis douze ans", gronde Brice Ridor, délégué du personnel CFTC.


Arnaud Lagabbe, le responsable d’exploitation de Transdev, se déclare solidaire de ses employés : "Dans ce type de situation, il n’y a pas de clivage entre la direction et les conducteurs. Nous souhaitons assurer notre mission de service public dans de bonnes conditions.Il faut que tous les acteurs, politiques et sociaux, pensent au problème des quartiers nord de Melun".
Selon la CFDT, en trois mois, trois contrôleurs de Transdev ont été blessés lors d’agressions. La plus grave concernait un agent de terrain qui a eu le nez cassé et le genou abîmé. Il est en arrêt depuis sept mois.

Réaction du maire

Après cette nouvelle attaque, le maire de Melun, Gérard Millet, un professeur de sciences physiques et suppléant du député Yves Jégo, ex-ministre, se déclare consterné et a réagi dans un communiqué : "Je partage la peine et l’exaspération des riverains dont la vie quotidienne la plus élémentaire est entravée par des menaces et des insultes.A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion d’alerter l’État sur la situation sécuritaire très tendue dans les Hauts de Melun. Je sais que la police nationale assume de son mieux ses responsabilités et cette affaire a une fois de plus démontré sa rapidité d’intervention.

Au-delà des sanctions qui doivent être prises, l’ensemble des décideurs publics doit affronter le problème."
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