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mardi 13 octobre 2015

Le journal officieux du PS mène la chasse contre Laurent Ruquier 

Le Monde a-t-il déjà condamné ONPC et Laurent Ruquier ?

La "Une" du Monde a dégainé: Raphaëlle Bacqué y exécute l'animateur
"En dix ans, le rendez-vous du samedi de Laurent Ruquier sur France 2 est devenu l'épicentre du débat politique, avec ce mélange de confusion et de simplisme qu'impose une émission de divertissement". "En près d'une décennie", écrit la journaliste, "Catherine Barma, qui assure se situer pour sa part "plutôt dans la tendance Valls et Macron" a ainsi accompagné, - "caricaturés, plutôt," accusent ses détracteurs -, les soubresauts d'une scène politique brouillée où grandes gueules de gauche et "nouveaux réacs de droite, philosophes médiatiques et experts en dérision tiennent avec aplomb le haut du pavé"

Le Monde prend une nouvelle fois le parti du gouvernement
La charge s'abat comme une masse sur une enclume forgée par la gauche de la gauche qui noyaute le service public. Le virement socio-libéral du gouvernement ne lui convient pas et elle s'en prend donc aux producteurs de l'émission qu'elle encensait hier. Sont également visés une partie des media et une poignée d'intellectuels supposés qui assomment le pouvoir de leurs critiques et railleries. 
Le passage de Nadine Morano sur son plateau a déclenché l'offensive. 
Cet animateur de show politique
est-il journaliste ?
La polémique a certes réjouit le Landerneau, mais l'hérétique a en fait donné le signal de la rébellion contre la politique spectacle où tout peut arriver, du déballage au lynchage, en passant par l'humiliation et l'insulte, sous les cris d'un public partisan obéissant au chauffeur de salle. 
Que n'aurait écrit en son temps Raphaëlle Bacqué quand Michel Polac animait ce grand Barnum qu'était Droit de Réponse ? Cette arène était le lieu de tous les excès verbaux et débordements physiques, mais classée aujourd'hui dans l'imaginaire cathodique, parmi les émissions phares de notre patrimoine audiovisuel. 
Excessive et décapante, mais souvent de parti-pris et de vulgarité, en raison de l'heure tardive, ONPC est un espace libertaire dans une société traumatisée par le chômage et l'austérité et qui ne supporte pas la légèreté et l'insouciance des people. Stupéfaite mais sévère, cette société n'est pas au diapason des réseaux sociaux fréquentés par les rigolards superficiels et dans l'air du temps. Ils semblent donner le "La" et régler la mire, mais ne sont pas représentatifs de la France profonde, contrairement à ce qu'en pense le petit monde des media. La meute leur emboîte le pas, mais la masse n'adhère pas et refuse en fait de s'encanailler : la vie quotidienne est trop dure, l'avenir trop incertain au plus grand nombre pour qu'il approuve le jeu de massacre auquel se livrent les plus favorisés. 

Les réseaux sociaux ont donné la parole à une majorité jusqu'ici silencieuse. 
Les media voient leur influence vaciller. Ils n'imposent plus leur point de vue. Trop souvent officiel et porteur des éléments de langage des puissants. Ils reprochent donc le ton débridé des internautes libérés de l'emprise officielle. Ils combattent donc l'audace que permet l'anonymat et dont leur position institutionnelle - longtemps avantageuse - les a privés. Ils les accusent de se planquer derrière des hashtags vengeurs. 

La démocratie n'est pas à la convenance des privilégiés de la République. 
Les vedettes du PAF apprennent, mais lentement, que leur popularité doit moins aux producteurs et annonceurs qu'au public. Un jour Maïtena Biraben, un autre jour Cyrille Hanouna ou Laurent Ruquier (ci-contre): la roue tourne. 
Si l'affaire Morano a pris une telle ampleur depuis huit jours, c'est bien à cause des producteurs, dont Laurent Ruquier, qui ont maintenu les passages polémiques au montage, et non par la faute d'Internet et des grands media qui n'ont fait que leur métier d'information sur une émission disponible sur les hébergeurs de vidéos. L'Internet n'a fait que prendre le relais, lui donnant une résonance démesurée, rendue possible par des questions posées avec insistance et malveillance, avec la volonté de nuire et de faire le buzz. 

Les Français, dans leur immense majorité, se contrefichaient de cet éternel débat qui profite au Front national. Les spectateurs ébahis par l'acharnement du meneur de ces jeux du cirque sur une Nadine Morano droite dans ses bottes savent, en tout état de cause, quoi penser de la question en leur fore intérieur. Une fois de plus, le service public a failli à ses obligations déontologiques de respect des personnes et servi les intérêts de Marine Le Pen en venant sur son terrain. France 2 n'a pas permis le débat serein qui aurait dû permettre à son invitée de développer ce qui la différencie fondamentalement de la candidate de l'extrême droite. Le service public a ainsi commis une faute sur la personne de son invitée, une femme de convictions qu'il sait (comme chacun) inflexible et qu'il a cherché à diaboliser par l'amalgame. 

ONPC, barraque de foire 

Doigt inquisiteur
François Fillon décrie "On n'est pas couché". "Vous ne me verrez jamais, même si vous me suppliez, dans des émissions people style Ruquier. Ce n'est pas la place des hommes politiques", assurait-il déjà en juin 2014.
En pleine tournée promotionnelle pour la sortie de son livre, l'ancien premier ministre fait en cette rentrée des apparitions sur de nombreux plateaux mais il ne compte toujours pas mettre les pieds chez Laurent Ruquier. Pourquoi pas chez Hanouna, aussi !  

Personne n'est obligé de regarder ce programme et chacun est libre de boycotter ce plateau. Cette émission ne fait plus recette: elle ne trouve plus des victimes expiatoires qu'à grand peine et comble tant bien que mal son agenda, samedi dernier, avec des volontaires comme Bartolone, forts de leur position de pouvoir et de leur capacité à faire tomber les têtes. Si chacun est responsable des propos qu'il tient, encore faut-il que le combat soit livré d'égal à égal. Or, la loyauté n'est pas la qualité première des media qui composent des plateaux notoirement déséquilibrés, voire à (haut) risque, selon que l'invité est, ou non, de la tendance affichée, en l'occurrence, par Catherine Barma.

Une certaine presse déplace, librement mais subjectivement, le curseur sur l'échelle du "choquant"... On aurait pu choisir le critère de la "cohérence" ou de la "qualité" de l'argumentaire, mais non, leur logique n'est pas celle du respect des convictions, mais du sectarisme officiel. 
Photo rappelant les 
"heures sombres de notre Histoire"
Cette presse-là jette le discrédit sur quiconque pense autrement et le qualifie d' "hurluberlu" et son opinion d' "élucubration." Les guet-apens et le parti-pris de Laurent Ruquier trouvent encore des supporteurs pour prétendre, malgré son lourd palmarès, que les invités seraient équitablement traités sur le plateau de ce socialiste proclamé mais déçu et qu'il serait innocent de tout traquenard, bien qu'il donne la main tour à tour à chacun de ses chroniqueurs (et certains invités) pour tourner la roue du supplicié. 

Cette prise de position "politiquement correcte" du journal "indépendant" Le Monde, propriété d'hommes d'affaires et bienfaiteurs du PS, illustre une fois encore la dérive de la presse. Cet article est à l'image du quinquennat, figé. A la cinquantaine bien sonnée, Raphaëlle Bacqué aurait-elle retrouvé le sens des valeurs républicaines d'équité, tolérance et respect, après bientôt dix années de sévices télévisuels d'ONPC ? Le Monde est-il le souteneur d'une politique-spectacle de la bien-pensance socialiste, au détriment de la liberté d'expression, du service public aux réseaux sociaux ? Assistons-nous à une reprise en main gouvernementale des media et de la presse déjà aux mains à 90% de sept multimillionnaires socialistes ?  Il est assurément confortable de ne pas irriter le prince: les colères et les sanctions de Valls sont en effet terribles. Mais, si  les élections sont perdues d'avance, faut-il que la télévision erre, bride sur le cou ?
Les idéologues sont incapables de juste mesure.

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