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mardi 20 octobre 2015

Huées pour François Hollande en campagne à La Courneuve

Des "Casse-toi Hollande !" ont même pu être entendus

La mise en scène devait être parfaite 

La date est symbolique, dix ans presque jour pour jour après les émeutes de 2005, François Hollande s'est rendu mardi après-midi à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, pour le lancement de l'Agence nationale de développement économique annoncée en février et supposée permettre aux start-ups de la périphérie l'accès aux mêmes aides et conseils que dans les centres économiques. "Une entreprise sur deux seulement survit à trois ans ici, alors qu'au niveau national on est à 66%. On a donc besoin d'accompagner tous ces entrepreneurs", estime Sylvie Saget, d'une pépinière d'entreprises de La Courneuve en Seine-Saint-Denis. 
Les Français étaient tenus loin, hors de portée de voix...

Le président de la République est allé se faire siffler en banlieue.
En termes de communication, il avait mis tous les atouts de son côté, mais l'exaspération des Français est telle que rien n'y fait.
Pour escorte, il n'avait pas hésité à détourner de leur mission  quatre membres du gouvernement: Myriam El Khomri, Emmanuel Macron, Patrick Kanner, en plus de la secrétaire d'Etat chargée du Commerce, de l'Artisanat et de l'Economie sociale et solidaire, Martine Pinville, 57 ans.

Le président en campagne dans les quartiers populaires subit un affront de plus.
La tentative de reconquête des quartiers populaires par François Hollande a tourné court. L'"audacieux" locataire de l'Elysée s'est fait accueillir mardi par des huées à La Courneuvecommune pourtant populaire de Seine-Saint-Denis, ancien département de Bartolone et marquée voici dix ans par des violentes émeutes. En réponse, le président soutient néanmoins qu'il n'y a pas de "quartier perdu dans la République"...
Le président a  été chahuté dès son arrivée. Alors qu'il se dirigeait vers la pépinière d'entreprises prétexte à cette nouvelle incursion dans la campagne des régionales avec les moyens de l'Etat, des habitants tenus loin,  dont de nombreux jeunes, derrière le cordon du service d'ordre, mais déterminés, ont lancé des huées de protestation.

En dépit du rejet populaire, le président a prononcé les mots prévus


Source OCDE
Autiste, François Hollande a assuré qu' "il n'y a pas une France périphérique" et affirmé que son rôle est d'assurer "l'égalité". "On ne peut avoir une France qui serait disparate, un puzzle" face au développement économique, a-t-il raconté, indépendamment des résultats de ses gouvernements, singulièrement la montée constante du chômage (cf. évolution du taux de chômage des jeunes de moins de 25 ans, priorité du candidat Hollande, ci-contre). 
«Je viens dix ans après ce qui s'était produit, ce drame terrible de Clichy, les émeutes qui avaient eu lieu. On doit mettre de l'apaisement, de la cohérence et de la solidarité», a ajouté le président à la presse avant de serrer quelques mains de riverains et de s'engouffrer rapidement dans le bâtiment.

"Ouvre la porte !" ont crié quelques habitants, dont certains brandissaient des téléphones portables pour photographier les forces de l'ordre en nombre autour du périmètre.

Le service d'ordre a tenu les militants de la CGT à distance

Quelques dizaines  - 
une centaine, pour d'autres organes de presse -  de militants de la CGT étaient tenus à distance par les forces de l'ordredont une trentaine d'Air France, qui voulaient interpeller le président, étaient contenus par les forces de l'ordre à bonne distance de la pépinière. à l'autre bout de la place de La Courneuve où François Hollande est arrivé.

Cette visite intervient moins de deux mois avant un scrutin régional à haut risque pour la gauche. Dix ans après les violentes émeutes dans les banlieues en 2005, Hollande n'a pas craint de tenter de relancer sa popularité sur la mort de deux jeunes dans un transformateur électrique d'accès interdit à Clichy-sous-Bois.

Depuis le début de son mandat, François Hollande s'est rendu une trentaine de fois dans les banlieues  dont une dizaine en Seine-Saint-Denis, qui avaient voté majoritairement pour lui en 2012 face au candidat de droite Nicolas Sarkozy. C'est en revanche sa première visite à La Courneuve. Les temps ont changé et le fait que Hollande s'est aventuré à La Courneuve souligne à quel point Hollande et son entourage sont hors sol.
Impunément, le premier ministre Manuel Valls avait scandalisé en qualifiant les banlieues de territoires où s'exerce un "apartheid social", mais Marine Le Pen est traduite en correctionnelle pour avoir comparé les prières de rue à l'occupation allemande. Maintenant, le président soi-même instrumentalise une tragédie et des violences urbaines à des fins de survie politique: indécent !
Hollande avait annoncé, début février, la création de cette agence  "à l'échelle des territoires". Elle semble viser à favoriser la création d'entreprises, aider les très petites entreprises quel que soit leur lieu d'implantation et à promouvoir l'innovation, mais c'est  clairement un gadget électoraliste. 

Lagarde (UDI) : "Les sans-dents savent montrer les dents"

Le député de Seine-Saint-Denis, 
Jean-Christophe Lagarde, estime que "ça n'a rien d'étonnant".
"Le fait que le président de la République se rende en Seine-Saint-Denis pour une opération de communication est consternant", déplore le président de l'UDI, à la place de Libération. "Les habitants ont le droit à leur dignité, ils ne doivent pas servir de faire-valoir à quelqu'un qui les a trahis", dénonce-t-il. L'élu du département dénonce "les socialistes (pour qui) la banlieue est devenue leur propriété privée (et avec laquelle) ils peuvent jouer"
"Ces sifflets, dit-il, prouvent que François Hollande est coupé de l'électorat populaire et que les sans-dents savent montrer les dents".

"Plus qu'une image désolante pour la fonction qu'il serait censé incarner, cette arrivée sous les huées est la marque indélébile du mensonge de la campagne de 2012 qu'il incarne, en particulier dans les quartiers populaires et qui est à l'origine du discrédit de la parole présidentielle", commente, dans un communiqué, Bruno Beschizza, tête de liste des Républicains en Seine-Saint-Denis pour les élections régionales. 
Et de souligner que "sur un département comme la Seine-Saint-Denis, qui avait pourtant majoritairement voté pour lui à la dernière élection présidentielle, 21 villes sur 40 sont maintenant dirigées par des maires qui appellent de leur vœu l'alternance". 
Jordan Bardella, candidat tête de liste du Front national en Seine-Saint-Denis juge que François Hollande "est hué comme partout en France, dans les villes et les campagnes". "C'est un acte qui peut se comprendre: cela témoigne de l'échec du Parti socialiste dans les banlieues. La page de la banlieue rouge se tourne".

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