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mardi 27 octobre 2015

L'enseigne Darty se fera-t-elle absorber par la FNAC ?

Darty demande un nouveau délai pour se prononcer sur l'offre de la FNAC

"Afin de pouvoir examiner la possibilité d'une offre améliorée"
Pour résister à Amazon,
la FNAC a besoin du renfort de Darty qu'elle veut absorber
le conseil d'administration de Darty a annoncé lundi avoir demandé un nouveau délai de réflexion sur la proposition de rachat faite par la FNAC de la part du groupe d'Alexandre Bompard.
Initialement attendue pour le 28 octobre, la décision est donc reportée au 11 novembre. Le 30 septembre, la FNAC avait proposé de racheter son concurrent, Darty, via un échange de titres uniquement, valorisant ce dernier à environ 533 millions de livres (720 millions d'euros).

La semaine s'annonçait décisive pour le projet de rachat de Darty par la FNAC, la législation boursière britannique donnant aux deux groupes jusqu'au mercredi 28 octobre pour se positionner formellement. Le 30 septembre,
le distributeur français de produits culturels et technologiques avait proposé de racheter son concurrent spécialisé dans l'électroménager. Bien qu'opérant principalement en France, Darty est coté à Londres, et son actionnariat est majoritairement anglo-saxon.

Darty veut mettre à profit deux semaines de réflexion supplémentaires

Cette possibilité prévue par la réglementation boursière britannique lui permet d'approfondir l'offre. 
Le conseil d'administration de Darty indique vouloir notamment se pencher "sur l'opportunité d'introduire un paiement en espèces dans la transaction".
Il voudrait également obtenir "une compréhension détaillée des synergies attendues d'un rapprochement entre Fnac et Darty", et des précisions quant à la "faisabilité de la transaction" et "la protection des intérêts de Darty", indique le communiqué.

"Dans l'hypothèse où le conseil d'administration ne serait pas en mesure d'atteindre un accord avec la FNAC, il [Darty] reste confiant dans la qualité et l'engagement de ses employés, ainsi que la capacité du management à poursuivre la mise en oeuvre de la stratégie en tant que société indépendante et à créer ainsi de la valeur pour les actionnaires", est-il ajouté. Darty précise que cette annonce a été faite "sans le consentement de la Fnac".

Darty n'a pas encore répondu aux avances de la FNAC

Si ce rachat aboutissait, il se ferait uniquement par échange de titres, et valoriserait Darty à "environ 533 millions de livres" (720 millions d'euros). Les règles boursières donnent à la Fnac jusqu'à mercredi 18h00 (heure française, pour soit s'engager à déposer une offre ferme de rachat - amicale en cas de recommandation positive du conseil d'administration de Darty, hostile en cas de rejet - soit renoncer à son projet.

En cas de rupture des pourparlers, la FNAC n'aura plus le droit de refaire une offre sur Darty avant au moins six mois. Cette date du 28 octobre sert également de facto de référence au conseil d'administration de Darty, qui doit se prononcer sur ce projet et recommander à ses actionnaires d'accepter ou de refuser la proposition de la Fnac.

S'il l'approuve, les actionnaires devraient a priori suivre son avis, et le rachat aurait donc toutes les chances de se conclure. En cas de rejet par le "board" de Darty, la FNAC pourrait lancer une offre hostile, mais sans garantie que les actionnaires de sa cible l'acceptent. Enfin, troisième scénario: les deux groupes peuvent demander conjointement un délai de réflexion supplémentaire de six semaines.

Suspense entier

Jusqu'à dimanche, les deux groupes avaient limité les commentaires. Mais cherchant à convaincre Darty du bien-fondé de sa proposition, la FNAC a toutefois fait monter la pression dimanche en mettant en avant les résultats d'une étude menée par un cabinet d'audit, chiffrant à 85 millions d'euros par an les synergies permises par le rapprochement des deux groupes.
Des gains pourraient notamment être obtenus sur les achats, avec des négociations communes auprès des fournisseurs, notamment les puissants Apple et Samsung, pour obtenir de meilleurs tarifs.
L'"agitateur culturel" avait déjà cité la "très grande notoriété" des deux marques, leurs sites internet "performants" et le caractère "complémentaire" de leurs réseaux de magasins parmi les atouts d'une fusion.

Le groupe fait aussi valoir que le projet de transaction est salué par les marchés financiers qui ont fait grimper les titres de Darty et FNAC de respectivement 23% et 12% depuis son annonce.

La FNAC s'est également prévalue dimanche de "l'engagement irrévocable" du fonds Knight Vinke, premier actionnaire du distributeur d'électroménager (14,35%), déjà officiellement partisan d'un rapprochement, ainsi que d'une "lettre d'intention de soutien" de la part de DNCA Finance, qui détient 9,3% du capital de Darty. Le conseil d'administration de ce dernier s'est, lui, montré prudent.
Il avait simplement indiqué "devoir étudier de plus près les avantages d'un éventuel rapprochement" et "les risques encourus par la réalisation de cette opération, afin de déterminer s'il y a une possibilité à ce qu'une offre puisse être recommandée aux actionnaires".

Objectif: conter Amazon avec un groupe à la française

Les 184 magasins de la FNAC, dont 111 en France, ont dégagé en 2014 un bénéfice net de 41 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires de 3,89 milliards (-0,3%). Au troisième trimestre, ses ventes se sont redressées, notamment en France (+0,6%). Le groupe compte 14.500 collaborateurs, à 61% en France.

Darty possède, lui, 222 magasins en France et a renoué avec les bénéfices sur son exercice 2014/2015, avec 13,8 millions d'euros de résultat net pour un chiffre d'affaires de 3,51 milliards (+3,2%). Il emploie environ 12.600 personnes en France et à l'étranger.

Un nouveau groupe Fnac/Darty, soit 7,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, pourrait capitaliser environ 1,1 milliard d'euros et se traiter 16,7 fois ses profits attendus en 2015 avant 10,9 fois ceux de 2016, calcule la note de recherche. 
Durant sa première année d'existence, la nouvelle entité devrait dégager une marge opérationnelle de 2,5%. 

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