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lundi 19 octobre 2015

Carte scolaire: discrimination des collégiens affectés en fonction de leur "classe" sociale

Au lieu de revaloriser les collèges, NVB veut pénaliser certains collégiens 

La ministre républicaine de l'Education nationale cherche à pénaliser les indigènes blancs 

Une carte scolaire basée sur des critères sociaux pourrait être bientôt expérimentée dans dix départements. L'objectif de la ministre franco-marocaine est d'en finir avec les collèges ghettos que fuient les familles qui en ont la possibilité. Les établissements à risques continueront à prospérer, mais tous les enfants en subiront les influences néfastes: s'ils ne sont pas tous gagnés par la violence et le rejet de l'école, rares seront les enfants épargnés. Un dossier potentiellement explosif, puisque la ministre socialiste renonce à redresser les collèges en perdition.

Après s'être lancée dans le chantier de la réforme du collège, s'être attaquée aux notes chiffrées et imposé la quasi-suppression des redoublements, dont les lycéens faibles et immatures arrivés en bac pro ont déjà à souffrir, et tripoté à tous les programmes scolaires du CP à la troisième, Najat Vallaud-Belkacem a décidé d'ouvrir un nouveau front particulièrement sensible, celui de la mixité scolaire au collège. 

Dès le mois de janvier, la ministre de l'Education nationale s'était mis en tête d'en finir avec ce qu'elle appelle les collèges "ghettos", ces établissements parfois difficiles qui accueillent majoritairement des jeunes issus de milieux défavorisés, autant dire des immigrés, voire des clandestins. Des collèges sans aucune mixité sociale, soigneusement contournés par les parents "bien informés" des classes plus favorisées socialement ou simplement domiciliées à proximité immédiate.

"Élargir la base de recrutement des établissements"

En janvier dernier, le ministère de l'Education nationale avait envoyé une circulaire aux recteurs pour les inviter à se rapprocher des conseils généraux, qui financent les collèges, dans le but de dresser un état des lieux de la mixité sociale, en faisant semblant d'ignorer la pratique religieuse des uns et des autres. Sur la base de cet état des lieux, les recteurs devaient développer des secteurs "multi-collèges", un choix élargi à plusieurs collèges d'affectation pour une même zone géographique. 

"Puisque nous ne pouvons pas modifier la composition sociale des quartiers, il faut élargir la base de recrutement des établissements," expliquait-on alors à la Direction générale de l'enseignement scolaire (DGESCO). Dit autrement, il s'agissait de trouver le biais permettant de répartir les élèves venant d'un même bassin géographique sur plusieurs établissements au lieu d'un seul, sur la base de la catégorie sociale des parents - quitte à ne pas tous les envoyer dans le collège le plus proche - au risque de créer des problèmes d'acheminement scolaires et aussi de sommeil amputé. Cette circulaire de Najat Vallaud-Belkacemétait alors passée quasi inaperçue car publiée le 7 janvier, jour de l'attentat contre Charlie Hebdo. Un tel procédé démontre, s'il le fallait, que la ministre n'a pas un souci équitable de l'intérêt de tous les enfants. 


Des expérimentations dans une dizaine de départements

Selon Libération, le ministère a décidé de passer à la vitesse supérieure sur ce dossier très sensible. La rue de Grenelle s'apprêterait en effet à annoncer début novembre une série d'expérimentations dans une dizaine de départements. Serait testé grandeur nature le principe des secteurs "multi-collèges", déjà évoqué dans la circulaire de janvier. Parmi les départements-tests, la Seine-Saint-Denis. L'issue de cette mascarade ne fait pas de doute: les rapporteurs savent d'avance comment complaire à la ministre et au parti.

Aujourd'hui et depuis 1963, l'affectation en collège se joue sur l'adresse des parents de l'enfant. Difficile de contourner cette carte scolaire, même "assouplie" en 2007, à moins de choisir le privé, de déménager ou de demander une option "rare" qui n'est pas proposée par le collège du secteur -et encore, cette dernière possibilité reste très encadrée par les rectorats.

Délocalisation des familles et hausse des inscriptions dans le privé

Plutôt que de soigner le mal, le gouvernement Valls le répand. En 2007 et les années qui ont suivi, l'assouplissement de la carte scolaire avait logiquement entraîné une accélération du phénomène d'évitement de certains collèges à la mauvaise réputation, qu'elle soit justifiée ou pas. 
Une étude sur mesures du ministère de l'Education nationale en 2013 soulignait également une hausse des inscriptions dans le privé: de nombreux enfants de ministres et grands élus socialistes ont trouvé refuge dans le privé. NVB se défend face à Nicolas Dupont-Aignan d'avoir toujours évité le public à ses jumeaux nés prématurés à six mois de grossesse et pesant 1,2 et 1,8 kilos. Elisabeth Gigou et Claude Bartolone ont préféré mettre leurs enfants dans des écoles privées du sixième arrondissement. Gérard Collomb, le maire PS de Lyon, a inscrit ses deux filles dans une école privée. Quant au président Hollande, ancien élève des Frères des écoles chrétiennes, et à Marie-Ségolène Royal, ancienne élève du pensionnat Saint-Joseph de Cluny à Fort-de-France, puis au lycée privé Saint-Joseph d'Épinal, ont confié leurs enfants à l’Ecole alsacienne, école privée sous contrat, comme Martine Aubry, Robert Badinter, Jean Pierre Chevenement ou Pierre Joxe.
L'affectation autoritaire d'un enfant dans un collège éventuellement loin de chez lui, sur la base de critères sociaux, ne garantit pas que les demandes d'asile en établissements privés soient endiguées
Un sondage de mai 2013 indique que l'enseignement privé catholique bénéficie d'une réelle attractivité dans la population française. Alors que cette école scolarise un petit français sur cinq, 43% des parents souhaiteraient y voir leur enfant scolarisé.
D'après la DGESCO, chaque année, les demandes de dérogation à la carte scolaire sont marginales: 10% des entrants en 6e et en 2nde. 64% de ces demandes reçoivent une réponse favorable. Des statistiques qui ne prennent pas en compte le contournement de la carte scolaire "invisible", c'est-à-dire celui qui conduit les parents à choisir leur lieu d'habitation en fonction de la réputation du collège. Un droit bientôt remis en question ?

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