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mardi 12 novembre 2019

Vaste opération d'expulsions des clandestins de Paris

L’évacuation des camps de migrants à Paris et Saint-Denis en 10 photos

1.600 personnes ont été évacuées de divers campements de fortune autour de l’échangeur A1/périphérique

"Dans le calme", selon une certaine presse : 600 policiers étaient mobilisés !
Auxquels il faut ajouter la participation de membres d'associations...


 L’évacuation s’est déroulée au petit matin sous une pluie battante, mais dans le calme.








A six heures du matin, à la fraîche, sous une pluie battante. Une importante opération d'évacuation de deux campements regroupant plus de 1.600 clandestins dans le nord-est de Paris, s'est déroulée jeudi matin "dans le calme", avec une volonté affichée par les autorités de "changer de braquet" sur la gestion de ces zones devenues "incontrôlables". On n'en saura pas plus sur ce changement de méthode. Christophe Castaner explique que les "1.600 personnes ont été prises en charge et ont été placées dans 16 centres d'accueil". Les observateurs les plus sourcilleux veulent savoir si ce sont des centres de détention...

C'est au petit matin ce jeudi que près de 600 policiers ont été déployés autour des campements de personnes pour la plupart en situation irrégulière depuis des mois porte de la Chapelle, côté Paris, et le long de l'avenue Wilson, côté Saint-Denis. Des zones où, d'évacuations en déplacements plusieurs fois l'an, les riverains sont soumis à des conditions de vie insupportables.
L’évacuation des camps de migrants à Paris et Saint-Denis en 10 photos



Sous ces bâches en plastique, des tentes et autres baraques de fortune vivaient des milliers de personnes, dont 1 600 ont évacuées vers des bus pour être ensuite temporairement installées dans des gymnases ou des centres d'accueil franciliens. D'autres ont fui avant l'arrivée des forces de l'ordre cette opération d'envergure annoncée depuis plusieurs jours par les autorités.

Du côté des associations de défense des migrants, on craint que cette évacuation ne se transforme en vaste coup de filet avec des placements en détention. A l'inverse, la préfecture de région insiste à l'inverse sur le fait que ces "mises à l'abri" se feront sur la base du « volontariat ». Les examens des situations administratives se feront dans un second temps, mais l'accueil reste « inconditionnel », assure-t-on encore.

Voici en images ce que la presse veut bien rapporter de cette matinée.



1. L'évacuation a été menée sous une pluie battante

LP/Philippe Lavieille


2. Les forces de l'ordre présentes en masse

LP/Philippe Lavieille

  

3. Près de 600 policiers déployés

LP/Philippe Lavieille

 

4. En tout, 1.606 personnes ont été évacuées

LP/Philippe Lavieille

5. Des bus ont été prévus pour "mettre à l'abri" les migrants en région parisienne
LP/Philippe Lavieille


6. Les migrants forment une file pour y accéder

AFP/Martin Bureau

  

7. "La rue n’est pas un lieu pour vivre, c’est un lieu de danger, d’indignité", affirme Anne Hidalgo venue sur place

AFP/Martin Bureau

 

8. Les forces de l'ordre contrôlent les tentes une par une

AFP/Martin Bureau

 

9. Le campement est désormais vidé de ses occupants

AFP/Martin Bureau


10. La situation administrative des évacués sera ensuite examinée

LP/Philippe Lavieille





jeudi 12 avril 2018

ZAD de NDDL : après les expulsions, le déblaiement: quels sont leurs coûts ?

Les expulsions seraient effectives, mais les opérations de déblaiement  commencent

Les forces de l'ordre ont mis encore plus de pression sur les occupants illégaux de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, mercredi 

Des écologistes radicaux mettent le feu à leurs installations illégales,
le 11 avril 2018 à Notre-Dame-des-Landes
Au quatrième jour, ils sécurisent maintenant la zone du projet abandonné d'aéroport Ayrault, jeudi matin : l'opération de déblaiement de la trentaine de "squats" détruits ou en cours de destruction devrait bientôt pouvoir être engagée.

Tôt jeudi matin, les forces de police ont fermé à la circulation les accès routiers vers l'ancienne "zone d'aménagement différé" (ZAD), rebaptisée "zone à défendre" par les activistes opposés au projet d'aéroport de Nantes abandonné en janvier.
Les escadrons de gendarmes mobiles présents sur la zone s'attachaient à sécuriser le déblaiement des "squats" détruits depuis lundi matin, selon la gendarmerie.


Des moyens militaires disproportionnés

Aucune évacuation ou expulsion n'était plus en cours jeudi matin, après une nuit "calme", avec seulement trois blessés légers dans les rangs de la gendarmerie, d'après la même source militaire. Aucun affrontement n'avait lieu non plus dans la zone, où règne une ambiance contrastant fortement avec les heurts des trois jours précédents. Quelques observateurs impliqués étaient regroupés sur des barricades autour du lieu-dit des "Vraies Rouges", théâtre mercredi de violents affrontements. 

Un hélicoptère de la gendarmerie et un drone survolaient la ZAD. 
Une vingtaine de tracteurs "vigilants" étaient positionnés dans le champ du jardin médicinal "Le Rouge et le Noir" entre les "Fosses noires" et les "Vraies Rouges".
Seul incident à signaler, une barricade de pneus a été enflammée sur la route nationale 165 vers 07h00, occasionnant des bouchons entre Nantes et Vannes dans les deux sens de circulation.

Edouard Philippe s'était engagé à éradiquer cette "zone de non droit", lorsqu'il a mis fin au projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, le 17 janvier.

Mercredi, les gendarmes ont lancé une charge massive contre les opposants, la plus importante depuis le début de leur intervention lundi à l'aube. Treize nouveaux habitats ont été évacués dans la journée, "soit 29 au total depuis le début de l'opération", selon la préfète des Pays de la Loire Nicole Klein. Vingt-six habitats ont été détruits et trois étaient "en cours de destruction" mercredi soir, d'après la même source.

Lundi, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb avait évoqué une quarantaine "d'édifices" à détruire sur la ZAD et "150 à 200" militants d'extrême gauche à déloger, d'autant que les squatteurs avaient reçu des renforts d'activistes, nous disait-on, entre lundi soir et mardi matin.

Les autorités ont recensé 97 "squats" - ou "lieux de vie" selon la terminologie des zadistes. La préfète avait garanti lundi qu'aucun habitat "en dur" ne serait détruit.

Les occupants illégaux portent l'affaire au Parlement européen

Dans le bocage souvent noyé sous les gaz lacrymogènes, les opposants historiques ont battu le rappel de leurs soutiens, choqués par l'ampleur des destructions occasionnées à leurs installations.
 
Leurs élus écologistes au Parlement européen ont demandé depuis Strasbourg un "rendez-vous en urgence" au premier ministre de Macron.
Se disant "choqu(és)" par "l'intervention brutale de près de 2.500 gendarmes", les eurodéputés écologistes soulignent que "les expulsions et les destructions sans discernement créent une situation de violence dont personne ne maîtrise les conséquences potentiellement dramatiques".

La préfète servira-t-elle de fusible ?
Les activistes radicaux durcissent le ton en se justifiant par l'importance de s moyens mis en oeuvre pour cette opération en cours depuis lundi. 
Ils accusent les gendarmes de destruction de projets agricoles collectifs en rasant les lieux de vie installés autour de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l'abandon du projet d'aéroport.
L'intervention prévoit d'expulser toute personne n'ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels.

La préfète a été assignée "en urgence" par un zadiste : il conteste la légalité de son expulsion, lundi, du lieu dit des "100 noms".
Une audience sur cette affaire se tenait jeudi matin devant le tribunal de grande instance de Nantes.

jeudi 15 octobre 2015

Recrudescence des expulsions, dénonce DAL désabusé

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", accuse Droit au logement

L'association 'Droit au Logement' organisait ce jeudi un rassemblement pour protester contre la recrudescence des expulsions,
à l'approche de la trêve hivernale.  

En octobre, sous la pression des bailleurs et des huissiers, les expulsions se multiplient,
car c’est la dernière ligne droite d’ici à la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars.  Une pratique "brutale et massive", selon l’association Droit au Logement, qui constate une recrudescence depuis deux ans. Entre 2013 et 2014, les jugements d’expulsion pour impayé ont progressé de 5%, s’établissant l’an passé à 126.440. Les expulsions effectivement réalisées avec le concours des forces de l’ordre sont aussi en nette hausse (+15%), avec un nombre de 11.600 en 2014. 

"Le gouvernement et les autorités sont intraitables", souligne Jean-Baptiste Eyraud, le porte-parole du DAL. Pour se faire entendre, l’association organisait ce jeudi après-midi un rassemblement à deux pas de l’Elysée. "La ministre du Logement, Sylvia Pinel, est inexistante et ne veut plus nous recevoir
A Matignon, on se heurte à un mur, donc on a décidé d’aller voir directement le président de la République", dans le but de lui remettre une pétition signée par plus de 6.000 personnes revendiquant "l’arrêt des expulsions", ainsi qu' "un logement digne pour tous".  

Les people habituels du DAL étaient présents. 

La comédienne nantie 
Josiane Balasko interpelle les autorités sur leur "durcissement", "alors qu’on a voté pour le contraire en 2012".
 
Le comique Christophe Alévêque s’en prend aux media. Selon lui, la presse - la CGT - s’intéressent davantage aux "chemises déchirées" d’Air France - "des problèmes de chippendales" (sic)- qu’aux familles expulsées ces dernières semaines. 

L’exemple de Romainville a particulièrement choqué. 
Le 13 octobre, la famille Diassiguy de onze personnes a été évacuée de son logement dans la cité... Gagarine après l’intervention d’une vingtaine de CRS envoyés par la préfecture, malgré l'activisme des voisins, des membres de l’association de défense des intérêts des habitants de Gagarine, Spoutnik et de l’association Droit au logement (Dal). Moctar, l'un des enfants, parle d’une action "inhumaine" et précise que ses frères et soeurs doivent désormais dormir dans des voitures ou chez des voisins. 
DAL : expulsion très violente ce matin de la famille Diassiguy & ses 9 enfants - locataire HLM de l'OPH Romainville, cité Gagarine ! La famille avait épuré sa dette locative ! Les habitantEs mobilisés sont aussi très choqués ! RDV aujourd'hui 17h pour exiger leur réintégration & la libération immédiate du vice-pdt de l'asso des locataires spoutnik-DAL HLM interpellé et tabassé !! RDV 17h Batiment J cité Gagarine (métro mairie des lilas & bus129 arrêt Fort de Romainville).Plus que jamais, "Messieurs-Dames les Autorités" : STOP EXPULSIONS, RELOGEZ! IL Y A URGENCE!http://stopexpulsions.wesign.it/fr(ami-e-s des expulsé-e-s, expulsables, mal logés, sans toit : signez l'Appel et faites circuler svp)Images brutes tournées par les voisin-e-s de la cité et les militant-e-s du DAL sur place.https://www.facebook.com/sareem.bade/videos/10208354856414689/?pnref=story
Posted by Sareem Bade on mardi 13 octobre 2015
Pourtant, rappelle le DAL, 2,6 millions de logements sont aujourd’hui vacants dans le pays. L’association réclame leur "mobilisation" ou "réquisition". Elle espère aussi, comme l’explique Jean-Baptiste Eyraud, que les autorités avanceront la date du début de la trêve hivernale, ce qui bloquerait de facto les expulsions. 
La maire DVG de Romainville, Corinne Valls, cadre territorial de 58 ans et d'origine espagnole, est une ancienne élue du PCF (adjointe au maire communiste précédent, chargée de... l’urbanisme à partir de 1995), puis d'EELV, et vice-présidente chargée des transports et des déplacements du département de Seine-Saint-Denis (9.3), et suppléante du député, président de l'Assemblée nationale...Claude Bartolone.
Fazia, 46 ans, fait partie de ces Français sous le coup d’une procédure. 
Avec son mari - invalide comme elle - cette habitante de Boulogne-Billancourt habite et ses quatre enfants vivent à six dans un F4. Pas facile en effet de trouver de grands appartements pour familles nombreuses. Mercredi, elle a reçu une convocation au commissariat en vue de son expulsion. "Je n’ai pas dormi de la nuit, se plaint-elle. Après avoir vu les images de Romainville, forcément, on a peur," commente-t-elle.

D’autres manifestants souffrent de mal-logement,
 
et pas tous immigrés ou clandestins. Sur les listes d’attente pour accéder au logement social, ils ont l’impression de ne pas pouvoir imaginer d’avenir dans l'habitation adaptée dont leur pays d'origine. Fela, 33 ans, vit avec son époux et ses trois filles dans une pièce de… 20 m². Cela fait des années qu’elle patiente pour un hypothétique relogement par la mairie de Paris. "C’est infernal, j’ai l’impression que ça va durer encore longtemps."

Seuls les témoignages de femmes sont sollicités.  Une autre, qui ne veut pas donner son prénom, raconte ses années de pérégrinations d’un hôtel à l’autre et qu’elle habite dans un hôtel du XVIIIe arrondissement, dans lequel le Samu social de Paris l’a orientée : 420 euros de loyer mensuel pour deux pièces de 14 et 9 m². Et pourtant, elle travaille parfois dans un supermarché, alors que son mari est déménageur et veilleur de nuit. "Mes trois enfants ont grandi à l’hôtel, rage-t-elle. Mon fils me dit que je lui ai gâché son rêve d’enfant, celui d’avoir une chambre à lui.Rêves d'immigrants déçus, malgré les aides et allocations sociales et l'accueil scolaire (notamment au collège Abbé Houël).

Une gauche bien peu sociale

Corinne Valls indique que la famille ne sera pas relogée par Romainville Habitat, car, en plus des impayés de loyers (une dette de loyer s’élevant à 9 220 €), elle fait actuellement l’objet d’une procédure pour "troubles du voisinage". DAL avait, quant à lui, indiqué le 5 octobre que de nouvelles actions de soutien seraient organisées dans les jours suivants.
Mardi soir, des militants du Dal ont perturbé le conseil communautaire d’Est à Ensemble à Romainville.

Compte tenu de la pénurie d'habitations à loyers accessibles et bien qu'elle approuve le principe de ce droit, Ségolène Royal estime que la réforme du gouvernement "n'est pas applicable":  "c'est une forme de tromperie", assurait-elle dans Le Monde du21 janvier 2007. Et dans un discours du 11 février 2007 devant les militants socialistes, François Hollande avait tourné en ridicule pour son irréalisme la reconnaissance du droit opposable par le gouvernement.
Et encore, les réfugiés syriens et irakiens n'avaient pas encore déferlé. 

vendredi 11 septembre 2015

Cohérence: l'ONU fustige la France qui expulse des Rom mais accueille des Syriens à bras ouverts à sa demande

L'ONU fustige les expulsions systématiques de Rom en France

Le haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme appelle la France à "remplacer cette politique punitive et destructrice par une politique véritablement inclusive".
Evacuation au bulldozer du bidonville rom du Samaritain à La Courneuve (93), à la demande de Gilles Poux, maire PCF qui affirme :
"On ne peut plus gérer les bidonvilles rom"



Le haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'homme, le prince jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein, a dénoncé vendredi la politique de Hollande menée par Manuel Valls, deux semaines après l'évacuation contestée de l'un des plus vieux bidonvilles du pays. 



La presse avait pourtant véhiculé les éléments de langage de Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur qui assurait que l'expulsion s'était déroulée dans le respect scrupuleux des règles, 




aussitôt salué par l'approbation de France Terre d'Asile, mais par le silence complice d'autres, tels DAL ou aussi RESF qui se montre aux côtés des migrants du Pont Charles-de-Gaulle, ci-dessous...
Sous le pont Charles-de-Gaulle, à deux pas de la gare d’Austerlitz et de lieux branchés comme la cité de la Mode ou le Wanderlust, 175 migrants attendaient sous deux rangées de tente et environ 80 sur des matelas et des tapis de fortune. Ils avaient pénétré sur le sol national, en provenance du Soudan et de la corne de l’Afrique, pour la majorité: Somalie, Ethiopie, Erythrée, Tchad.





"Il apparaît de plus en plus clairement qu'il existe une politique nationale systématique d'expulsions de force des Roms", a affirmé le haut-commissaire dans un communiqué, appelant les autorités françaises à "remplacer cette politique punitive et destructrice par une politique véritablement inclusive".
En fonction depuis le 1er septembre 2014, le prince Zeid Ra’ad Al Hussein est le septième titulaire de ce poste de plus haut dirigeant du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) et le premier asiatique, le premier musulman et le premier arabe à l’occuper.


La France donne du fil à retordre au haut-commissaire jordanien empêtré dans l’affaire des viols commis en Centrafrique par... des soldats français

En pleine tourmente de l’affaire Anders Kompass, l’un de ses adjoints qu’il avait suspendu pour avoir transmis à Paris des informations confidentielles sur des enfants violés par des soldats français en Centrafrique, Zeid Ra’ad al-Hussein est venu s’expliquer devant le personnel au Palais Wilson, le siège du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Il ne s’est pas assis à la tribune. "N’y voyez pas le signe que j’ai démissionné, en tout cas pas encore", a plaisanté le haut-commissaire, comme il le fait souvent pour dédramatiser les situations les plus inconfortables.
Le diplomate jordanien, ancien ambassadeur de son pays au Conseil de sécurité de l’ONU et membre de la famille royale hachémite, affronte sa pire crise. Depuis qu’il est arrivé à Genève l’été dernier, sa première tâche aura été de couper dans les programmes de l’organisation, pourtant de plus en plus sollicitée par les multiples crises dans le monde.

Le haut-commissaire est la voix des victimes. Ces dernières semaines, Zeid Ra’ad al-Hussein n’a pas hésité à dénoncer les pertes civiles causées par les frappes de la coalition menée par l’Arabie saoudite sur le Yémen, s’attirant les foudres des Saoudiens, ou les crimes d’une milice pro-gouvernementale au Burundi. Pour l’ouverture en juin dernier de la 29e session du Conseil des droits de l’homme, il a rappellé une nouvelle fois les Etats à leurs obligations en matière de respect des libertés. Sans aucun pouvoir de coercition, il ne peut compter que sur sa force de persuasion et son autorité morale.

Le haut-commissariat est aussi secoué par les accusations d’Anders Kompass. Le Suédois, qui a obtenu sa réintégration provisoire au grand dam de son chef, assure qu’il a stoppé les abus contre les enfants. Zeid Ra’ad al-Hussein rétorque qu’il aurait d’abord dû protéger l’identité des victimes.
Le débat s'ouvre sur la manière de traiter les informations, le moment de les rendre publiques ou de les transmettre aux gouvernements concernés, les premiers à pouvoir engager des poursuites.

Au Palais Wilson, les partisans d’Anders Kompass drapent le Suédois dans les habits d’un lanceur d’alerte et soupçonne la bureaucratie onusienne d’avoir voulu étouffer les viols "présumés" commis par les soldats français. Anders Kompass accuse en effet le Français Hervé Ladsous, le sous-secrétaire général des Nations unies responsable des opérations de maintien de la paix, d’avoir réclamé sa tête.

Zeid Ra’ad al-Hussein a pour lui sa réputation d’intransigeance contre les abus sexuels commis par les Casques bleus. Chargé d’enquêter par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, il avait rendu un rapport marquant qui prône la tolérance zéro. "Personne n’a le monopole de l’indignation", déclarait-il récemment devant les media, dans une allusion à Anders Kompass. Le Suédois est toujours visé par une action disciplinaire. Une autre enquête, beaucoup plus large, a été ouverte par Ban Ki-moon pour examiner la gestion par l’ONU des viols en Centrafrique.
En attendant les résultats de ces deux procédures, aucun diplomate ne s’en prend ouvertement au haut-commissaire, arrivé à Genève avec une image flatteuse. Tout au plus certains dénoncent des erreurs de communication.
L’organisation est aussi en pleine réorganisation. 
Zeid Ra’ad al-Hussein veut délocaliser une partie du personnel à Addis-Abeba, Dakar, Bangkok ou Amman. La division dirigée par Anders Kompass sera la première concernée par ces mesures d’économie. Le haut-commissaire a prévenu le personnel que la délocalisation annoncée en territoires musulmans (ou bouddhiste: Ban Ki-moon est Coréen) n'est pas négociable : "L’organisation va changer et le mieux est que vous vous y prépariez mentalement plutôt que d’être dans le déni."


mercredi 3 juin 2015

Paris: les expulsions de clandestins élevées au rang d' "opérations humanitaires"

Rafles avant 2012, évacuations "sanitaires" depuis...

La maire PS de Paris a réclamé la chasse aux migrants avant l'été

Des associations ont prêté main forte aux forces de l'ordre pour évacuer le camp de clandestins qui grossissait depuis des mois sous le métro aérien, porte de La Chapelle à Paris. Dès 6 heures, la police accompagnée de travailleurs sociaux de la ville de Paris et de représentants associatifs a démantelé ce campement installé au milieu du boulevard (Xe-XVIIIe), sous le métro aérien (ligne 2), entre les stations Barbès et La Chapelle, sur le site d'une ancienne déchetterie et d'un "skate park".

Le préfet de police a ordonné l'évacuation en invoquant un " péril imminent" qui pesait sur le camp où des cas de gale sont déjà apparus -ce que démentait France Terre d'asile- et où un risque d’épidémie de dysenterie aurait été signalé, ce que dément aussi FTA. 

VOIR et ENTENDRE Pierre Henry (FTA) vendre les expulsions en opérations sanitaires:

"
Les campements, en terme d'épidémie, en terme sanitaire, sont des risques, d'abord pour ceux qui y habitent", a justifié la ministre de la Santé, Marisol Touraine, soumise à l'ISF, invitée ce mardi matin sur France Info. "Il faut veiller à ce que chacun qui était là soit relogé." Yapuka, mais ce n'est pas le cas: les associations qui se sont rangées aux côtés des forces de police ont fait confiance au gouvernement qui avait garanti que les conditions du relogement des clandestins étaient réunies.  

Installé depuis dix mois,
le mini-Sangatte a beaucoup grossi sous l'afflux de réfugiés, en majorité Erythréens et Soudanais, mais aussi Guinéens et Egyptiens, des hommes, qui sont pour beaucoup des demandeurs d'asile, et une vingtaine de femmes et d'enfants. D'une vingtaine de tentes fin mars, il est passé en deux mois à environ 380 personnes vivant dans de médiocres conditions sanitaires, sans eau, dormant pour certains à même le sol, dans les mêmes conditions que l'autre groupe de migrants qui s'est installé sur une butée du boulevard périphérique porte de La Chapelle, à l'abri d'un terre-plein.

France Terre d'Asile cautionne les ramassages

REVOIR et REENTENDRE
 
Pierre Henry (FTA) marteler des justifications aux expulsions, avec le soutien d'Emmaüs Solidarité:

Un deuxième campement bientôt évacué à Paris

La "douceur" bien connue de Royal
Un deuxième campement de migrants est menacé à Paris après l'évacuation mardi de celui du métro La Chapelle (XVIIIe) . Cette fois, la préfecture voudrait pouvoir reloger les habitants de la centaine de tentes qui s'agglutinent aux abords de la gare d'Austerlitz.
Après les abords de la gare du Nord, ceux de la gare d'Austerlitz. La préfecture de Paris compte s'attaquer prochainement à un camp de migrants du XIIIe arrondissement après l'évacuation mardi à l'aube de celui qui s'étalait depuis des mois sous le métro aérien de La Chapelle, dans le XVIIIe.
Comme les 380 personnes qui dormaient au dessus des rails de l'Eurostar, que la plupart rêve d'emprunter jusqu'au Royaume-Uni, tous devront être relogés en attendant d'examiner leurs dossiers de demande d'asile.

Motif officiel avancé: "risque d'épidémies"

Depuis un an, les tentes s’alignent sur les quais du sud-est de la capitale. Elles sont à présent une centaine et risque encore de croître si les autorités ne prennent pas les choses en main. Dans ces camps, la propagation des maladies est légion. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, dit d'abord craindre pour la santé de ces migrants qui, pour la plupart Soudanais ou Érythréens, fuient la misère et les guerres de leur pays.
Mardi, le préfet de police a ordonné l'évacuation de La Chapelle en raison du "péril imminent " qui pesait sur le camp, où des cas de gale sont déjà apparus et où un risque d’épidémie de dysenterie a été signalé.

A Calais encore, Pas-de-Calais



Près du tunnel de la Manche qui mène au Royaume-Uni, 
le squat Vandamme (du nom de l’ancienne entreprise de recyclage qui l’abrite) et le camp dit de "Leader Price" ont été évacués par la police. Les opérations se sont déroulées dans le calme, avec la complicité des associations autrefois opposées aux rafles de migrants. 66 interpellations ont été enregistrées. 
Il y avait près de 300 migrants dans le squat. Beaucoup de militants associatifs étaient sur place. Des membres de l’association Salam ont dénoncé le fait de ne pas avoir été prévenus de l’imminence des opérations, qui "rappellent les évacuations de début juillet (rue de Moscou)".

La préfète, Fabienne Buccio, a par ailleurs précisé que, dans le Calaisis, le nombre de migrants est aujourd’hui passé à près de 3.000, contre 400 l’année dernière à la même époque.

jeudi 25 décembre 2014

Manifestation contre le mal-logement à Paris, le jour de Noël

Malveillance des manifestants vertueux un jour de fête religieuse

Après les Femen à Rome, autre mise en scène à Paris


Quelques dizaines d'intermittents de l'association subventionnée Droit au logement (DAL) avaient attendu le jour de Noël pour se rassembler jeudi 25 décembre à Paris à proximité du ministère du Logement. Quant aux Femen, elles ont fait sensation un peu plus tôt le même jour, Place Saint-Pierre à Rome, avec une de leurs féministes exaltées, seins nus, qui s'est emparée de l'Enfant-Jésus de la crèche du Vatican et s'est faite interpeller  par un gendarme.

Les manifestants portaient notamment une banderole "Un toit, c'est un droit, application de la loi DALO"
, la loi sur le droit au logement opposable, qui impose depuis 2007 à l'État de trouver un logement social à toute personne qui n'est pas en mesure de se loger par ses propres moyens, mais qui n'est pas suffisamment respectée en Ile-de-France, selon l'association. Une autre banderole réclamait la "baisse des loyers" et proclamait "non aux expulsions".

La rue de Varenne, qui abrite de nombreux ministères, était bloquée par les forces de l'ordre.

Mgr Jacques Gaillot participait au spectacle de rue devant le ministère du Logement avec un réveil pour lui demander de "se réveiller", le 25 décembre 2014 à Paris

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL,
proche de ATTAC, organisation altermondialiste, a notamment attiré l'attention cette année sur le sort des mineurs à la rue à Paris, notamment plusieurs centaines de jeunes sans papiers, puisque sa préférence politique détourne DAL des sans-abri en règle et singulièrement de la population aux racines françaises profondes.

Il a aussi souligné l'importance du parc de logements vacants dans la capitale - 120.000 selon lui - et a appelé la municipalité à montrer l'exemple.