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vendredi 11 octobre 2019

Trahi et humilié par le rejet de Goulard de la Commission européenne, Macron peut-il rebondir en Europe ?

Macron va tenter de redorer son image et sauver ses ambitions européennes

Le rejet massif par les eurodéputés de sa candidate à la Commission européenne, Sylvie Goulard, douche les ambitions de Macron
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Dans l'UE, il doit maintenant sauver ses projets de réformes: il en avait fait un de ses arguments politiques en France, avant que ne l'atteigne l'affaire Goulard à rebondissements qui a fait chuter Bayrou.
"C'est objectivement dur, car on se bat depuis des mois pour remettre de l'influence française dans l'UE", commente, amère et anonyme, une source proche à Bruxelles de l'Elysée, qui dénonce "des jeux d'appareil", alors que Paris peine à monter une alliance des centristes du groupe parlementaire "Renew", dont font partie les eurodéputés macroniens, avec les groupes PSE, PPE et Verts. C'est "objectivement dur" également, quand on a perdu la face et toute crédibilité internationale en termes d'exemplarité.

Macron tombe de son armoire, constatant aussi la démonétisation de "Renew Europe"

Ce groupe politique nouveau du Parlement européen (juin 2019) avait pour mission de supplanter le Parti Populaire Européen (PPE) en étendant le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) aux partis qui, comme La République en marche (LREM), ne souhaitent pas la mention du libéralisme dans leur appellation.

A Bruxelles, ses adversaires du PPE lui ont administré une sévère défaite qui pourrait briser son élan. 
Il voulait faire une sorte d'"En Marche européen", mais l'affaire Goulard dans laquelle il s'est entêté, marque un coup d'arrêt à ses ambitions.

Le revers historique du jeudi 10 octobre fait écho à l'impuissance de
la calamiteuse tête de liste de son parti aux élections européennes
Nathalie Loiseau, qui a échoué à prendre la tête de Renew, en raison de déclarations maladroites, provocatrices et aggressives contre ses collègues.

L'arrogant Macron a perdu un pari risqué.
Il avait pourtant reçu de nombreuses mises en garde de ses proches contre le risque d'un échec de Sylvie Goulard, notamment de son vertueux allié François Bayrou, président du MoDem et Monsieur Propre du paysage politique français et donneur de leçons -  forcé de quitter le gouvernement en 2017 dans le sillage de Goulard, lors de la mise au jour d'un abus de confiance à l'encontre du Parlement européen : le MoDem avait mis sur pieds un système organisé d'auto-financement par des emplois fictifs d'eurodéputés du parti centriste.

A l'annonce du vote négatif du Parlement européen, Macron a reçu une volée de bois vert de toutes les oppositions nationales pour avoir affaibli la position française à Bruxelles en voulant imposer Goulard, qui avait démissionné du gouvernement pour la même affaire d'emplois fictifs que Bayrou au MoDem, mais en prétendant pourtant fourguer son haridelle à la Commission européenne. C'était sans compter avec les valeurs morales défendues par les eurodéputés que bafouent la majorité présidentielle en France, du même coup stigmatisée à Strasbourg.

Un "désaveu cinglant" selon Marine Le Pen, quand Manon Aubry (LFI) a applaudi "une victoire de l'éthique sur le fric" et que Nadine Morano (LR), tout comme Raphaël Glucksmann (ex-candidat PS-Place Publique) parlent d'une "claque" pour Macron.
"Comment le président Emmanuel Macron a-t-il pu faire le choix d'affaiblir à ce point la position de la France en Europe et d'ignorer avec autant d'arrogance l'indispensable éthique qui doit guider nos institutions ?", a grondé Yannick Jadot (EELV).

Ire de Jupiter, contre l'hydre européenne

Macron ne s'en prend pas à lui-même. Lors d'une conférence de presse à Lyon sur le Fonds mondial pour le Sida, il est apparu particulièrement courroucé, évoquant avec aigreurs les assurances qu'il avait reçues de la présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'obtenir le feu vert des groupes parlementaires.  Un deal en coulisses qui agace sérieusement les citoyens européens.

Le cocu à la crête pendante se plaint de son infortune. 
"J'ai besoin de comprendre ce qui s'est joué, de ressentiments, peut-être de petitesses", a gémi le locataire de l'Elysée
"J'aime que, quand les engagements sont pris, ils soient tenus", a-t-il accusé, révélant avoir soumis trois noms à Mme Von der Leyen, une stratège habile qui aurait, selon lui, approuvé le choix de Sylvie Goulard. Mais U. Von der Leyen est à Bruxelles, à la présidence de la Commission européenne, et non pas à Strasbourg, à la présidence du Parlement européen, lequel valide le choix. Ou non...
Et le petit coq est tombé le nez dans son tas de fumier. "On m'a dit 'votre nom est formidable, on le prend' et à la fin on me dit 'finalement, on n'en veut plus'. Les mêmes ! Il faut qu'on m'explique !", a explosé celui qui, depuis son entrée en politique, a pour habitude d'aller pondre dans le nid des autres.

Son Plan B était à l'époque son insipide ministre de la Défense Florence Parly, celle-là même qui a déjà succédé à Goulard aux Armées, sa doublure. Une source européenne avançait aussi, et pourquoi pas, le nom d'un autre cheval de retour, celui de l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal, bien qu'elle ait perdu sa puissance de travail et de nuisance depuis qu'elle est congelée au poste fictif d'"ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique". Plus sérieusement, le nom du négociateur du Brexit, l'excellent  Michel Barnier, a aussi circulé.

Les ailes coupées, que devient Macron ? 

Sans doute, puisqu'il a manqué un épisode au feuilleton Goulard, d'abord réclamer une explication de texte : "avoir une discussion assez franche avec la présidente de la Commission", comme il l'en a menacée.

En laissant échapper le mandat promis à Sylvie Goulard pour la France, 
Macron, pour qui l'Europe est une priorité, a perdu un levier important, le vaste portefeuille du Marché intérieur, comprenant la politique industrielle, le numérique, la défense et le spatial.
Il comptait sur Goulard pour relancer une politique industrielle de grands projets européens, après deux années où ses tentatives de relance ont piétiné, dans une Europe sans tête, depuis que le Royaume-Uni se désunit dans le Brexit et que Merckel est malade. 
L'axe franco-allemand est d'ailleurs faussé. 
Macron n'est pas parvenu à faire tomber les réticences de Berlin, qui l'a empêché notamment de mettre en place un important budget de la zone euro pour relancer l'économie.
L'idée de nouveaux programmes type Airbus devait être au programme de sa rencontre avec Angela Merkel dimanche soir à l'Elysée, puis mercredi 16 octobre à Toulouse, où ils visiteront le siège de l'avionneur européen.

Que peuvent désormais les coups de menton de Macron ?
Et Sylvie Goulard - qu'il a récompensée dès janvier 2018 de son conflit d'intérêts d'une nomination de second sous-gouverneur de la Banque de France - peut-elle décemment y retrouver lundi son rond de cuir ?

vendredi 30 août 2019

Le Parlement européen cautionne le financement de Sylvie Goulard et les emplois fictifs du MoDem

Connivence dans l'entre-soi du nouveau Parlement européen qui soutient Sylvie Goulard

Les euro-députés valent-ils mieux que les députés ou l'IGPN ?

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Quelle activité souterraine Le Drian a-t-il déployée
contre la morale politique ?

Comment vont-ils pouvoir désormais voter des textes contraignants et édifiants pour les autres ? 

Européiste fanatique, la candidate de Macron est en marche pour la Commission européenne, malgré ses casseroles, des soupçons d'implication dans une affaire d'emplois fictifs d'assistants des eurodéputés du MoDem, ainsi qu'une affaire de financement par un think tank américain proche d'Obama, alors qu'elle était pourtant eurodéputée. Un mauvais signal pour les électeurs naïfs, mais des babioles, selon ses confrères et le chef de l'Etat français.

La Commission européenne s'est comportée comme l'IGPN, sans crainte de se choisir, avec Sylvie Goulard, une commissaire décrédibilisée et affaiblie qui nuit à l'image de l'institution déjà passablement décriée : elle a marqué des points personnels, grâce à la mafia des influenceurs que PaSiDupes a signalés (lien PaSiDupes). Confisquant le pouvoir au peuple qui a élu des représentants influençables au Parlement de Strasbourg, les nouveaux venus, aux convictions faibles, comme leurs prédécesseurs, ont blanchi leurs semblables européens accusés d'emplois fictifs destinés à financer le MoDem national. "Le cas au Parlement européen est clos. Il y a des irrégularités administratives mineures notées, non systématiques et non intentionnelles. Le remboursement lié à cette affaire a été effectué", a déclaré une porte-parole du Parlement européen. Est-ce Inga Rosinska qui préfère garder l'anonymat, avec la complicité de la presse ? Circulez, assure-t-elle: il n'y a plus rien à voir... L'opacité "au service" des citoyens européens...

L'effarement des "gens qui ne sont rien" à l'annonce de la désignation mercredi de Sylvie Goulard par  Macron leur passera...

Les électeurs occupés à leur retour au travail ont la tête ailleurs et peu leur chaut a priori qui occupe le poste de la France à la Commission européenne dont personne ne sait vraiment à quoi elle sert, sinon à leur gâter la vie.  La participation aux élections européennes a dépassé 50%, du jamais vu depuis 25 ans. L'affaire Goulard promet un nouveau record d'abstention, dans cinq ans.

Elle retrouvera Nathalie Loiseau, ex-ministre de Macron chargée des Affaires européennes dans le second gouvernement Edouard Philippe, qui a quitté le Gouvernement sur ordre du président pour conduire la liste de la majorité aux européennes de 2019. Macron s'était personnellement investi, comptant sur un plébiscite de sa liste, mais ses 79 candidats ne parvinrent qu'à une deuxième position, avec 22,4 %, face à celle du Rassemblement national, 23,3 % : un vote sanction, sachant que Loiseau avait été membre du cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, mais aussi le vilain petit canard qui avait dénigré l'ENA où elle s'était sentie, révéla-t-elle, comme une "Romanichelle"... Entre autres bavures, elle avait aussi porté des critiques en off à l'encontre d'Angela Merkel, de Manfred Weber (son candidat à la présidence) et des élus du groupe ADLE, dont l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, un soutien de Goulard !

Eurodéputée centriste (2009-2017), Sylvie Goulard avait dû quitter son poste de ministre des Armées un mois à peine après sa nomination par Macron en 2017, en même temps que les centristes François Bayrou - fugitif ministre d'Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice au gouvernement Philippe - et Marielle de Sarnez - dont l'assistante parlementaire est soupçonnée d'avoir été, en réalité, la secrétaire particulière de François Bayrou, en France, rémunérée par le Parlement européen pour un emploi fictif - éphémère ministre chargée des Affaires européennes en 2017, mais démissionnée dans la même affaire de détournement d'argent et de tromperie du Parlement européen.

Goulard ne sera même pas convoquée et auditionnée 

La Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, n'a pas hésité à reconnaître que le Parlement européen a blanchi l'ancienne ministre après une "enquête interne"
"Le Parlement européen, pendant deux ans, a lui-même regardé [de loin?] ce qui s'était passé, a assuré Amélie de Montchalin dans un entretien vendredi matin sur la chaîne BFMTV, et la sous-ministre  - pour qui ce qui se conçoit bien ne s'énonce pas clairement - a conclu qu'il n'y a pas d'informations amenant à penser qu'elle n'a pas fait les choses selon les règles"...

Le gros gibier échappe à la "justice interne", comme les policiers violents à leur police des polices.
L'enquête judiciaire française serait en marche néanmoins, à petits pas comptés, mais c'est le menu fretin (d'anciens assistants parlementaires et quelques eurodéputés) ont été auditionnés. 
A ce jour, Sylvie Goulard n'a pas été convoquée. Elle ne saurait pas être abaissée au respect des règlements et de la déontologie communs. Mais ça ne fait pas partie de l'arrogance reprochée au pouvoir macronien dont il y a seulement quelques semaines, le président avait annoncé la fin. 

jeudi 4 juillet 2019

Macron s'attribue une influence décisive sur les nominations des nouveaux patrons de l'UE

La nouvelle équipe à la tête de l'UE, c'est comme "un acte 2 pour notre Europe", raconte Macron

Les forces en présence restent les mêmes et Macron n'y a rien pu

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Michel, von der Leyen, Lagarde et Borrell  
Le président français s'est beaucoup montré devant les caméras, mais les états-membres l'ont vu venir: sa réputation d'arrogance l'a précédé, lui et sa clique. L’accord obtenu à l'arraché malgré ses dénigrements de "l'image pas sérieuse" laissée par l'UE au cours des négociations a porté l’Allemande Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne et Christine Lagarde à la BCE. Un "fifty-fifty" qui n'a rien d'une victoire qu'il puisse s'approprier, alors que, trois jours plus tôt, il "fustigeait un "échec" du sommet de l'UE sur l'attribution des postes clés, qui la rend "pas crédible au plan international".

Emmanuel Macron sera passé par tous les états ces derniers jours à Bruxelles. Agacé, voire énervé parfois, et méprisant des autres qui n'ont pas la bonne méthode, il fait maintenant le paon, suite à l'accord signé  pour les cinq années à venir. Outre Ursula von der Leyen, une proche d'Angela Merkel, et la Française Christine Lagarde, ex-ministre de Sarkozy, l'avantage n'est déjà pas à Macron, surtout si on ajoute le Belge Charles Michel, un centriste proche de l'UDI, à la présidence du Conseil européen (à Bruxelles, à la suite de Jean-Claude Juncker) et le socialiste espagnol Josep Borrell comme Haut représentant pour les Affaires étrangères, en remplacement d'une femme, Federica Mogherini, ministre des Affaires étrangères italienne, on ne voit toujours pas bien sur quoi se fondent les cris de victoire de Macron.

"Deux femmes et deux hommes, quatre personnalités qui se sont toujours illustrées par leur engagement extrêmement fort en faveur de l’Europe, des idées européennes. Les critères de compétence, d’expérience, de parité et d’équilibres politique et géographique ont ainsi été remplis par le Conseil. Pour la première fois, la Commission européenne et la Banque centrale européenne sont dirigées par des femmes", a commenté Emmanuel Macron, comme si les choix ne s'étaient pas faits sans lui. 

Macron n'hésite pas à confisquer à son profit la victoire collective 

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Le prétentieux parmi ses collègues
"C’est donc bien un acte 2, assure-t-il, qui commence pour notre Europe, avec une nouvelle équipe, profondément renouvelée, de nouveaux visages, un nouveau souffle au service d’un nouvel agenda que nous avons défini ces dernières semaines. " La comparaison a de quoi inquiéter, quand on sait ce qu'a été l'acte 1...

Il frise le ridicule.
Celui qui s'exprime en anglais à l'étranger a en effet parlé de victoire de la francophonie. En cherchant bien ce qui pourrait valoriser sa présence aux négociations, il a mis en avant la maîtrise de notre langue par les deux femmes, dont l'une est française ! Sans compter le Belge, bien qu'il soit issu d'une famille d'entrepreneurs flamands. Mais rien n'arrête Macron.

Quand à la presse française, elle ne craint pas l'intox

Le Point assure ainsi que c’est Macron qui a proposé à Angela Merkel le nom de sa compatriote Ursula der Leyen pour la Commission européenne, lundi soir au téléphone. La Chancellière aurait donc eu besoin de Macron pour proposer cette membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) comme elle. Merkel n'avait-elle pas pourtant fait d'Ursula Gertrud von der Leyen sa ministre fédérale de la Défense, en décembre 2013, et ne l'avait-elle pas ensuite reconduite à ce poste régalien en mars 2018. Mais ça lui serait sorti de l'esprit sans Macron, assure le magazine de la famille Pinault.

Ce n'est pas parce que Macron se place au centre du jeu qu'il est incontournable dans l'UE.
Le Point affirme que le Français a en "joué ostensiblement la carte du couple franco-allemand", ce qui demande des explications à propos de l'éviction de Manfred Weber, 46 ans, membre de l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) et président allemand du groupe PPE au Parlement européen depuis 2014, qui fut éliminer pour assurer la parité entre les quatre.

Le Point n'hésite pas à verser de nouveau dans la désinformation en écrivant que Macron-Superman a "volé au secours d’une chancelière allemande fragilisée par les divisions de son propre camp". Le compromis trouvé n'avait pas ses faveurs, mais il a dû s'y résoudre. Ses 21 eurodéputés de 'Renew Europe' (pour les anglophiles), dont seulement 10 LREM, ne le mettent pas en position de force
D'autant que le groupe auquel LREM s'est agrégé compte 108 élus contre 182 au PPE à sa droite.


jeudi 13 juin 2019

Jean Arthuis (LREM) répond sèchement à la méchanceté de Nathalie Loiseau

Traité d’"homme aigri" par la tête de liste sexiste LREM aux européennes, Jean Arthuis (LREM rallié) lui répond sèchement

Loiseau, coucou LREM du parlement de Strasbourg
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I believe I can fly...
La néo-eurodéputée s’en est prise à plusieurs membres de l’ALDE lors d'un point presse "off" à Bruxelles, alors même que la tête de linotte brigue la présidence du groupe des libéraux au Parlement européen. Preuve que les électeurs de LREM voteraient même pour un tabouret à un pied.

Pour la délégation LREM à Bruxelles, Loiseau est un caillou dans la chaussure. 
Le 5 juin, Nathalie Loiseau, ex-tête de liste du mouvement présidentiel aux élections européennes, organisait un point presse en "off" pour quelques journalistes français. Durant son heure de prise de parole, l’eurodéputée fraîchement élue a vivement égratigné la plupart des dirigeants européens avec qui elle est pourtant censée s’allier au Parlement.

A  entendre l’ancienne ministre des Affaires européennes du gouvernement Philippe, l’ancien premier ministre belge et actuel président de l’ALDE, Guy Verhofstadt, aurait des "frustrations rentrées depuis quinze ans". 

Quant à sa collègue néerlandaise Sophie in ’t Veld (parti centriste Démocrates 66), elle aurait "perdu toutes les batailles qu’elle a menées"

Enfin, pour la "romanichelle" de l'ENA, Manfred Weber, PPE, est pour sa part un "ectoplasme" qui n’a "jamais rien réussi", mais est pourtant pressenti pour la présidence de la Commission.

La macronie essaie de faire taire Loiseau

Dans sa diatribe, Nathalie Loiseau a également attaqué l’eurodéputé LREM sortant Jean Arthuis, premier député européen à soutenir Emmanuel Macron. L’ancienne directrice de l’ENA présenta pourtant cet ancien ministre de l'Economie et des Finances comme un "homme totalement aigri". 

A cette agression venue de son propre camp politique, Jean Arthuis - ancien soutien de Bayrou en 2007 - a  répliqué à sa collègue avec ironie. "Je salue l’intelligence politique de Nathalie Loiseau et la sincérité de ses démentis. Entrée prometteuse au Parlement européen", a-t-il lâché sur Twitter lundi soir. 
En langage non-diplomatique, une tourte faisandée...

Le comportement de cette protégée d'Alain Juppé - qui lui confia la direction générale de l'administration du ministère des Affaires étrangères en 2011 - jette le discrédit sur l'ensemble de ses affidés, de Fabienne Keller ou Gilles Boyer à Frédérique Lefebvre ou Jean-Pierre Raffarin, en passant par Edouard Philippe.

dimanche 26 mai 2019

Un nouveau visage du Parlement européen s'esquisse

Estimations et projections en sièges par pays

Les lobbies écologistes ont contraint les grands partis dominant traditionnellement le Parlement de Strasbourg à céder du terrain 

Résultat de recherche d'images pour "parlement europeen hemicycle"Mais la poussée des eurosceptiques reste limitée, les centristes libéraux s'inscrivant désormais dans le paysage européen, dimanche. Une prochaine actualisation des projections est attendue vers 8h00 GMT, alors que les Etats membres continuent d'affiner les résultats officiels.

Selon des projections publiées dans la nuit de dimanche à lundi du Parlement européen, le Parti populaire européen (PPE, droite pro-européenne) reste la première force de l'hémicycle, avec 179 sièges  contre 216 actuellement.
Forts de cette victoire, les dirigeants du PPE ont immédiatement réclamé la présidence de la Commission pour l'Allemand Manfred Weber, un conservateur, leur chef de file (ou "Spitzenkandidat", selon le terme allemand souvent usité).

Les sociaux-démocrates (S&D), deuxième parti du Parlement, malgré une perte d'une trentaine de sièges (150 sièges contre 185), ont balayé d'un revers de main cette demande, laissant augurer de longues tractations dans la course désormais ouverte aux postes-clés des institutions européennes.

Si le PPE et les sociaux-démocrates (S&D) restent les deux principales formations de l'hémicycle européen, ils perdent leur capacité à réunir à eux seuls une majorité pour faire passer des textes législatifs. La fin d'une époque. 

Ils devront composer avec les écologistes
Ils remportent en effet de 52 à 70 sièges, grâce à leurs bons résultats en Allemagne et en France, 

Quant aux Libéraux (Alde), dont un nouveau venu, le parti du président français, est une composante, ils obtiennent 107 sièges contre 69 actuellement, loin derrière les deux partis dominants.
Le Français a en effet perdu dimanche son pari contre le Rassemblement républicain de Marine Le Pen, dans une stratégie de duel dont Macron sort affaibli, avec 22,41% contre 23,31% pour le RN, selon des résultats définitifs, soit 0,9 point d'écart, alors qu'au premier tour de la présidentielle de 2017, il se situait à 24,1%, soit 2,8 points devant Marine Le Pen (21,30%). 

Le RN a immédiatement appelé à la "constitution d'un groupe puissant" au Parlement européen réunissant les formations eurosceptiques, des forces diverses qui n'ont pas réussi à se fédérer quand les souverainistes n'avaient pas encore prospéré.
Après la sortie du Royaume-Uni de l'UE, les deux listes obtiendront le même nombre d'eurodéputés, 23.

Les eurosceptiques ne gagnent pas suffisamment de terrain

Avec la Ligue de Matteo Salvini, arrivée en tête en Italie avec plus d'un tiers des voix, M. Le Pen espère fédérer une large alliance de partis nationalistes, eurosceptiques et populistes. Leur groupe parlementaire, l'ENL, est crédité de 58 sièges contre 37.

Difficile cependant d'envisager aujourd'hui un rapprochement avec le groupe populiste EFDD - où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien, que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, grand vainqueur des élections au Royaume-Uni avec 31,7% des voix (29 sièges) - tant leurs divergences sont parfois profondes.
Et même en additionnant les gains de ces groupes avec les 58 sièges du groupe ECR (tories britanniques et Polonais au pouvoir du PiS, vainqueurs des européennes), l'extrême droite, les eurosceptiques et les europhobes, restent, avec 172 sièges, loin de la majorité au Parlement européen (376).

Les partis d'extrême gauche passent pour leur part de 52 à 38 sièges. "La vague de partis nationalistes et eurosceptiques est très contenue, si on met de côté le RN et la Ligue", estime Eric Maurice, analyste à la Fondation Robert Schuman. "Si (le dirigeant populiste hongrois Viktor) Orban ne bouge pas, je ne vois comment les lignes des groupes actuels pourraient bouger", observe-t-il.
Largement vainqueur de l'élection européenne dans son pays, le parti du premier ministre hongrois est suspendu du groupe démocrate-chrétien du PPE, en raison de ses dérapages anti-Bruxelles.

En Autriche, le parti conservateur du chancelier autrichien Sebastian Kurz est arrivé largement en tête, devant les sociaux-démocrates et le parti d'extrême droite FPÖ, touché par l'"Ibizagate", selon des estimations.

En Espagne, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez est le seul socialiste à sortir grand vainqueur du scrutin dans un grand pays.

Les Verts sont sur un petit nuage.

Les élections européennes ont également été marquées par les bons résultats des écologistes, qui espèrent devenir un interlocuteur incontournable dans ce paysage politique plus instable que jamais.
Avec 12% des voix, ils finissent en France à une  troisième place inattendue. Ce résultat fait écho au score enregistré en Allemagne par les Verts, deuxièmes du scrutin, selon les sondages, juste derrière le camp centre-droit d'Angela Merkel, qui enregistre un plus bas historique.
"Une grande victoire !", s'est réjoui la tête de liste des écologistes au Parlement européen, l'Allemande Ska Keller. "Je suis sur un petit nuage", a renchéri l'eurodéputé belge Philippe Lamberts.

Inférieur à celui des scrutins nationaux, le taux de participation à ces élections atteint cependant 51%, son niveau le plus élevé depuis 20 ans, selon le Parlement européen, alors que les sondeurs français en prévoyaient de l'ordre de 47%. Cette mobilisation marque un coup d'arrêt à l'érosion continue qui caractérise les européennes depuis 1979.
Plus de 420 millions d'Européens ont élu, pour 5 ans, les 751 membres du Parlement européen, une assemblée qui n'a eu de cesse d'accroître ses pouvoirs.

Le Royaume-Uni avait lancé cet immense scrutin dès jeudi, se résignant à l'organiser en catastrophe après le nouveau report du Brexit, avec une date butoir désormais fixée au 31 octobre. Le mandat des élus britanniques doit cesser à la sortie de leur pays de l'Union, et leurs sièges seront en partie redistribués à d'autres pays.

Les nouveaux équilibres au sein de l'hémicycle seront déterminants dans la course aux postes clés des institutions européennes. En particulier celui du successeur à la tête de la Commission européenne de Jean-Claude Juncker, membre du PPE, qui devra obtenir le soutien de la moitié de l'hémicycle.
Les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent dès mardi pour un sommet d'échanges sur les prochaines nominations.

Estimations et projections en sièges par pays, dimanche à 21h30

Européennes : estimations et projections en sièges par pays


Voici le score et le nombre de sièges que peuvent espérer les partis à partir de sondages dans les pays de l'UE où ils sont disponibles. Les premiers résultats officiels partiels ne seront publiés qu'à partir de 21h00 GMT.

Allemagne (96 sièges)

Union chrétienne-démocrate (CDU) - Union chrétienne sociale (CSU) : 28,60 % - 28 sièges

Alliance 90 / les Verts : 20,90 % - 21 sièges

Parti social-démocrate (SPD) : 15,30 % - 15 sièges

Alternative pour l'Allemagne : 10,80 % - 11 sièges

Die Linke : 5,40 % - 5 sièges

Parti libéral-démocrate : 5,40 % - 5 sièges

Le PARTI : 2,30 % - 2 sièges

Électeurs libres : 2,20 % - 2 sièges

Parti de protection des animaux : 1,50 % - 2 sièges

Parti écologiste-démocrate : 1,10 % - 1 siège

Parti des familles d'Allemagne : 0,80 % - 1 siège

Volt Allemagne : 0,80 % - 1 siège

Parti Pirate : 0,60 % - 1 siège

France (74 sièges)

Rassemblement national : 24,20 % - 24 sièges

La République en marche, Modem : 22,40 % - 23 sièges

Europe Écologie - Les Verts : 12,70 % - 13 sièges

Les Républicains (LR) : 8,50 % - 8 sièges

Parti socialiste, Nouvelle Donne, Place publique : 6,20 % - 6 sièges

La France Insoumise (LFI), Gauche républicaine socialiste : 6,20 % - 5 sièges

Royaume-Uni (73 sièges)

Le Parti du Brexit : 31,60 % - 24 sièges

Parti travailliste (Labour) : 19,10 % - 14 sièges

Libéraux - démocrates : 18,90 % - 15 sièges

Parti conservateur : 12,40 % - 10 sièges

Parti vert : 9,80 % - 4 sièges

Espagne (54 sièges)

PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) : 28,40 % - 18 sièges

Parti populaire : 17,30 % - 11 sièges

Ciudadanos : 16,00 % - 9 sièges

Coalition formée par Unis nous pouvons, Gauche unie et Equo : 12,40 % - 7 sièges

Vox : 6,50 % - 4 sièges

Gauche républicaine de Catalogne, Bloc nationaliste galicien : 6,00 % - 3 sièges

Coalition pour une Europe solidaire (partis régionalistes) : 3,10 % - 1 siège

Parti démocrate européen catalan : 2,80 % - 1 siège

Pays-Bas (26 sièges)

Parti travailliste (PvdA) : 18,10 % - 5 sièges

Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD) : 15,00 % - 4 sièges

Appel chrétien-démocrate : 12,30 % - 4 sièges

Forum pour la démocratie : 11,00 % - 3 sièges

Gauche verte : 10,50 % - 3 sièges

Union chrétienne, Parti politique réformé (SGP) : 7,90 % - 2 sièges

Démocrates 66 (D66) : 6,30 % - 2 sièges

Parti pour la liberté (PVV) : 4,10 % - 1 siège

50PLUS : 4,10 % - 1 siège

Parti socialiste : 3,90 % - 1 siège

Grèce (21 sièges)

Nouvelle démocratie : 33,50 % - 8 sièges

Syriza : 25,00 % - 6 sièges

Mouvement pour le changement (Kinal) : 7,70 % - 3 sièges

Parti communiste (KKE) : 5,50 % - 2 sièges

Aube dorée : 4,50 % - 2 sièges

Portugal (21 sièges)

Parti socialiste : 32,00 % - 8 sièges

Part social démocrate : 22,00 % - 5 sièges

Bloc de gauche : 10,50 % - 3 sièges

Parti communiste, les Verts : 8,00 % - 2 sièges

Parti populaire : 6,00 % - 2 sièges

Personnes-Animaux-Nature (PAN) : 5,00 % - 1 siège

Suède (20 sièges)

Sociaux-démocrates : 25,10 % - 5 sièges

Les nouveaux modérés : 17,60 % - 4 sièges

Démocrates de Suède : 16,90 % - 3 sièges

Parti centriste : 10,30 % - 2 sièges

Parti de l'environnement Les Verts : 9,50 % - 2 sièges

Chrétiens-démocrates : 7,50 % - 2 sièges

Parti de Gauche : 6,40 % - 1 siège

Les Libéraux : 4,40 % - 1 siège

Autriche (18 sièges)

Parti populaire autrichien (ÖVP) : 34,50 % - 7 sièges

Parti social-démocrate d'Autriche : 23,50 % - 5 sièges

Parti de la liberté (FPÖ) : 17,50 % - 3 sièges

Les verts : 13,50 % - 2 sièges

La nouvelle Autriche et le forum libéral : 8,00 % - 1 siège

Bulgarie (17 sièges)

Citoyens pour un développement européen de la Bulgarie : 31,60 % - 7 sièges

Parti socialiste bulgare (PSB) : 24,30 % - 5 sièges

Mouvement pour les droits et libertés : 13,20 % - 3 sièges

Mouvement national bulgare : 7,50 % - 1 siège

Bulgarie démocratique : 6,20 % - 1 siège

Danemark (13 sièges)

Parti social-démocrate : 23,30 % - 3 sièges

Parti libéral danois (Venstre) : 20,50 % - 3 sièges

Parti populaire danois : 13,20 % - 2 sièges Parti populaire socialiste : 12,30 % - 2 sièges

Parti social-libéral : 9,40 % - 1 siège

Alliance Rouge et Verte : 6,20 % - 1 siège

Parti conservateur : 5,70 % - 1 siège

Finlande (13 sièges)

Parti de la coalition nationale : 20,10 % - 3 sièges

Parti social-démocrate : 15,10 % - 2 sièges

Ligue verte : 15,10 % - 2 sièges

Parti du centre : 14,30 % - 2 sièges

Vrais Finlandais : 14,10 % - 2 sièges

Alliance de gauche : 6,90 % - 1 siège

Parti populaire suédois de Finlande : 6,20 % - 1 siège

Slovaquie (13 sièges)

SPOLU, Slovaquie progressiste : 20,10 % - 4 sièges

Direction - Social-démocratie : 15,70 % - 3 sièges

Parti du peuple Notre Slovaquie : 12,10 % - 2 sièges

Mouvement chrétien-démocrate : 9,70 % - 2 sièges

Liberté et solidarité (SaS) : 9,60 % - 1 siège

Les gens ordinaires et personnalités indépendantes : 5,30 % - 1 siège

Croatie (11 sièges)

Union démocratique croate (HDZ) : 23,40 % - 4 sièges

Parti social-démocrate : 18,38 % - 3 sièges

Indépendant : 8,20 % - 1 siège

Croissance croate (Hrast), Parti croate des droits dr. Ante Starcevic, Parti conservateur croate : 6,43 % - 1 siège

Bouclier humain : 6,25 % - 1 siège

Coalition d'Amsterdam : 5,59 % - 1 siège

Indépendants pour la Croatie (NHR), Parti croate du droit (HSP) : 5,09 % - 1 siège

Irlande (11 sièges)

Fine Gael : 29,00 % - 4 sièges

Parti vert d'Irlande : 15,00 % - 2 sièges

Independents 4 Change : 15,00 % - 2 sièges

Fianna Fáil - Parti républicain : 15,00 % - 1 siège

Sinn Féin (Nous-mêmes) : 13,00 % - 2 sièges

Chypre (6 sièges)

Rassemblement démocrate (DISY) : 32,50 % - 2 sièges

Parti progressiste des travailleurs (AKEL) : 30,00 % - 2 sièges

Parti démocrate (DIKO) + Mouvement de solidarité (KA) : 15,00 % - 1 siège

Mouvement social-démocrate (EDEK) : 11,00 % - 1 siège

Malte (6 sièges)

Parti travailliste : 55,00 % - 4 sièges

Parti nationaliste : 37,00 % - 2 sièges