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vendredi 25 octobre 2019

'Plan B' de Macron à Sylvie Goulard, à son tour suspect et inapproprié à la Commission européenne

Thierry Breton, indirectement visé par une plainte pour plusieurs accusations

Le deuxième choix de Macron est accusé de "prise illégale d'intérêts" et de "délit de favoritisme"



L'association qui lutte contre la corruption et l'éthique politique pose le problème la nomination du président d'Atos, Thierry Breton, 64 ans, un an après son départ de Bercy, comme Commissaire européen chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l'espace.
Cet-ex-ministre chiraquien de l'Economie (au gouvernement Raffarin, en 2005) a apporté son soutien à Macron en avril 2017 et le nom de ce libéral, président d'Atos qui a échoué à l'école Polytechnique, avait circulé pour participer au gouvernement, bien qu'il ne soit pas passé par l'ENA, mais pour avoir été formé à la politique par le centriste René Monory.
Il doit la fulgurance de sa carrière à son carnet d'adresses qui comporte Alain Minc, Henri Lachmann (Schneider), Henri Valéry Giscard d'Estaing, Claude Bébéar, Bernard Arnault (LVMH) ou Michel Barnier, homme de droite de convictions qui a refusé, avant lui, le poste qu'il a accepté...
En 1981, il a épousé Nicole-Valérie Baroin (sans lien avec le socialiste  Michel Baroin, franc-maçon, grand maître du Grand Orient de France, et père de François Baroin), une journaliste qui fut une proche collaboratrice de Jean-François Poncet (secrétaire général de la présidence de la République, puis ministre des Affaires étrangères du président Giscard d'Estaing au gouvernement Raymond Barre), mais qui oeuvre désormais à l'entretien des relations mondaines qui peuvent servir la carrière de l'actuel président du directoire de l'entreprise française de services numériques Atos.
Proposé par Macron pour devenir commissaire européen, Thierry Breton est indirectement visé par une plainte d'Anticor contre X, ont révélé l'association co-fondée par le juge Eric Halphen, et le Parquet national financier (PNF), jeudi 24 octobre.

Anticor n'accuse pas Breton mais "s'interroge" et jette le trouble

Anticor a porté plainte en septembre dernier contre X,  pour "délit de favoritisme" et "prise illégale d'intérêts", avec constitution de partie civile. Selon l'association anti-corruption, entre 2005 et 2007, le ministère de l'Economie, avec à sa tête Thierry Breton, a participé à l'attribution du marché public de la gestion des radars automatiques à la société Atos. 
Or, en 2008, un an après son départ de Bercy, Thierry Breton est devenu PDG d'Atos. Sans accuser Thierry Breton, Anticor "s'interroge" donc, pour l'heure, sur cette nomination, a indiqué l'association.
Selon le PNF, cette plainte a été déposée devant le doyen des juges d'instruction et le Parquet l'a reçue le 17 octobre pour "étude et réquisitions". 
Une première plainte déposée par Anticor en 2015 n'avait pas aboutia rappelé la société Atos, laquelle assure ne pas avoir été informée de cette seconde plainte.

Macron défend son choix et appelle à ne "pas salir les gens"

Actuellement à La Réunion, le président de la République a été interrogé sur l'opportunité de la candidature de Thierry Breton comme commissaire européen après le rejet de celle de Sylvie Goulard. "S'il suffit d’avoir une plainte contre vous pour ne plus avoir accès à ces emplois, plus personne n’y aura accès, a-t-il commenté. "Demain je peux porter plainte contre vous, il n'y a rien de plus simple, a poursuivi le président, dans la même veine. Vous pouvez porter plainte contre moi. On est en train de tout confondre dans notre pays."

Etre mis en examen ne veut pas dire "être coupable", insiste-t-il.
"La justice n’a pas commencé à regarder [elle l'a fait une première fois en 2015], après il y a des enquêtes. Il a ensuite glosé : "ensuite, quand vous avez une enquête, vous pouvez soit être témoin assisté, soit mis en examen. On parle beaucoup de cette dernière notion [des notions?], mais ça ne veut pas dire que vous êtes coupable. [...] 
Il juge alors notre temps, le "monde nouveau" selon Macron, à mi-mandat. "On passe d’un monde qui a existé où les plus puissants étaient protégés [...] à un monde où on voudrait en quelques sorte que tous les dirigeants politiques aient un destin; c’est être voué à l’opprobre [terme de la tragédie classique: 'honte' (des gens "protégés), ou 'humiliation', pour "les gens qui ne sont rien"]. 
Et de juger le cas par avance. "Ça ne veut rien dire. Il y a une plainte, elle sera instruite. [...] Il y a des gens retenus par le Parlement européen qui avait fait l’objet de condamnation [A qui pense-t-il dans cet amalgame flou et du type diffamation tout azimut ?]. Donc [on n'avait pas vu le raisonnement...], je crois qu’il faut savoir raison garder [Macron dénonce l' 'hubris' des détracteurs et leur oppose un... proverbe ("En toute chose, il faut savoir raison garder")] et ne pas commencer à salir les gens dans tous les sens."

vendredi 11 octobre 2019

Trahi et humilié par le rejet de Goulard de la Commission européenne, Macron peut-il rebondir en Europe ?

Macron va tenter de redorer son image et sauver ses ambitions européennes

Le rejet massif par les eurodéputés de sa candidate à la Commission européenne, Sylvie Goulard, douche les ambitions de Macron
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Dans l'UE, il doit maintenant sauver ses projets de réformes: il en avait fait un de ses arguments politiques en France, avant que ne l'atteigne l'affaire Goulard à rebondissements qui a fait chuter Bayrou.
"C'est objectivement dur, car on se bat depuis des mois pour remettre de l'influence française dans l'UE", commente, amère et anonyme, une source proche à Bruxelles de l'Elysée, qui dénonce "des jeux d'appareil", alors que Paris peine à monter une alliance des centristes du groupe parlementaire "Renew", dont font partie les eurodéputés macroniens, avec les groupes PSE, PPE et Verts. C'est "objectivement dur" également, quand on a perdu la face et toute crédibilité internationale en termes d'exemplarité.

Macron tombe de son armoire, constatant aussi la démonétisation de "Renew Europe"

Ce groupe politique nouveau du Parlement européen (juin 2019) avait pour mission de supplanter le Parti Populaire Européen (PPE) en étendant le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) aux partis qui, comme La République en marche (LREM), ne souhaitent pas la mention du libéralisme dans leur appellation.

A Bruxelles, ses adversaires du PPE lui ont administré une sévère défaite qui pourrait briser son élan. 
Il voulait faire une sorte d'"En Marche européen", mais l'affaire Goulard dans laquelle il s'est entêté, marque un coup d'arrêt à ses ambitions.

Le revers historique du jeudi 10 octobre fait écho à l'impuissance de
la calamiteuse tête de liste de son parti aux élections européennes
Nathalie Loiseau, qui a échoué à prendre la tête de Renew, en raison de déclarations maladroites, provocatrices et aggressives contre ses collègues.

L'arrogant Macron a perdu un pari risqué.
Il avait pourtant reçu de nombreuses mises en garde de ses proches contre le risque d'un échec de Sylvie Goulard, notamment de son vertueux allié François Bayrou, président du MoDem et Monsieur Propre du paysage politique français et donneur de leçons -  forcé de quitter le gouvernement en 2017 dans le sillage de Goulard, lors de la mise au jour d'un abus de confiance à l'encontre du Parlement européen : le MoDem avait mis sur pieds un système organisé d'auto-financement par des emplois fictifs d'eurodéputés du parti centriste.

A l'annonce du vote négatif du Parlement européen, Macron a reçu une volée de bois vert de toutes les oppositions nationales pour avoir affaibli la position française à Bruxelles en voulant imposer Goulard, qui avait démissionné du gouvernement pour la même affaire d'emplois fictifs que Bayrou au MoDem, mais en prétendant pourtant fourguer son haridelle à la Commission européenne. C'était sans compter avec les valeurs morales défendues par les eurodéputés que bafouent la majorité présidentielle en France, du même coup stigmatisée à Strasbourg.

Un "désaveu cinglant" selon Marine Le Pen, quand Manon Aubry (LFI) a applaudi "une victoire de l'éthique sur le fric" et que Nadine Morano (LR), tout comme Raphaël Glucksmann (ex-candidat PS-Place Publique) parlent d'une "claque" pour Macron.
"Comment le président Emmanuel Macron a-t-il pu faire le choix d'affaiblir à ce point la position de la France en Europe et d'ignorer avec autant d'arrogance l'indispensable éthique qui doit guider nos institutions ?", a grondé Yannick Jadot (EELV).

Ire de Jupiter, contre l'hydre européenne

Macron ne s'en prend pas à lui-même. Lors d'une conférence de presse à Lyon sur le Fonds mondial pour le Sida, il est apparu particulièrement courroucé, évoquant avec aigreurs les assurances qu'il avait reçues de la présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'obtenir le feu vert des groupes parlementaires.  Un deal en coulisses qui agace sérieusement les citoyens européens.

Le cocu à la crête pendante se plaint de son infortune. 
"J'ai besoin de comprendre ce qui s'est joué, de ressentiments, peut-être de petitesses", a gémi le locataire de l'Elysée
"J'aime que, quand les engagements sont pris, ils soient tenus", a-t-il accusé, révélant avoir soumis trois noms à Mme Von der Leyen, une stratège habile qui aurait, selon lui, approuvé le choix de Sylvie Goulard. Mais U. Von der Leyen est à Bruxelles, à la présidence de la Commission européenne, et non pas à Strasbourg, à la présidence du Parlement européen, lequel valide le choix. Ou non...
Et le petit coq est tombé le nez dans son tas de fumier. "On m'a dit 'votre nom est formidable, on le prend' et à la fin on me dit 'finalement, on n'en veut plus'. Les mêmes ! Il faut qu'on m'explique !", a explosé celui qui, depuis son entrée en politique, a pour habitude d'aller pondre dans le nid des autres.

Son Plan B était à l'époque son insipide ministre de la Défense Florence Parly, celle-là même qui a déjà succédé à Goulard aux Armées, sa doublure. Une source européenne avançait aussi, et pourquoi pas, le nom d'un autre cheval de retour, celui de l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal, bien qu'elle ait perdu sa puissance de travail et de nuisance depuis qu'elle est congelée au poste fictif d'"ambassadrice chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique". Plus sérieusement, le nom du négociateur du Brexit, l'excellent  Michel Barnier, a aussi circulé.

Les ailes coupées, que devient Macron ? 

Sans doute, puisqu'il a manqué un épisode au feuilleton Goulard, d'abord réclamer une explication de texte : "avoir une discussion assez franche avec la présidente de la Commission", comme il l'en a menacée.

En laissant échapper le mandat promis à Sylvie Goulard pour la France, 
Macron, pour qui l'Europe est une priorité, a perdu un levier important, le vaste portefeuille du Marché intérieur, comprenant la politique industrielle, le numérique, la défense et le spatial.
Il comptait sur Goulard pour relancer une politique industrielle de grands projets européens, après deux années où ses tentatives de relance ont piétiné, dans une Europe sans tête, depuis que le Royaume-Uni se désunit dans le Brexit et que Merckel est malade. 
L'axe franco-allemand est d'ailleurs faussé. 
Macron n'est pas parvenu à faire tomber les réticences de Berlin, qui l'a empêché notamment de mettre en place un important budget de la zone euro pour relancer l'économie.
L'idée de nouveaux programmes type Airbus devait être au programme de sa rencontre avec Angela Merkel dimanche soir à l'Elysée, puis mercredi 16 octobre à Toulouse, où ils visiteront le siège de l'avionneur européen.

Que peuvent désormais les coups de menton de Macron ?
Et Sylvie Goulard - qu'il a récompensée dès janvier 2018 de son conflit d'intérêts d'une nomination de second sous-gouverneur de la Banque de France - peut-elle décemment y retrouver lundi son rond de cuir ?

jeudi 10 octobre 2019

Commission européenne : Sylvie Goulard, repoussée par les eurodéputés

Un affront à Macron qui se prenait pour l'homme fort de l'UE, à la faveur du Brexit et de la maladie d'Angela  Merckel


L'arrogante Goulard avait tenu tête à ses collègues, jurant qu'elle ne démissionnerait pas

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Les députés européens ne sont pas des godillots sur le modèle des élus LREM. La candidature de la centriste vertueuse Sylvie Goulard, MoDem, a été rejetée par 82 voix contre 29 pour et une abstention par les eurodéputés des commissions du Parlement qui l'avaient auditionnée pour la seconde fois

Une claque pour Emmanuel Macron; un revers pour la France

La candidate qu'il avait désignée n'a encore pas convaincu de sa bonne foi  jeudi 10 octobre, quand une seconde chance lui a été offerte. 


La candidate de Macron aurait "fait l'objet d'un jeu politique qui touche la Commission européenne dans son ensemble", selon l'Elysée.
Au Château, on annonce que, courroucé, "le président échangera avec (la présidente de la Commission) Ursula von der Leyen pour examiner les suites à donner, dans le respect du portefeuille attribué à la France".

"Tout le monde est contre Goulard, sauf Renew Europe", la formation à laquelle elle appartient, avait indiqué une source parlementaire avant le vote. La présidente allemande de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen, avait envisagé de placer S. Goulard au poste recherché regroupant le Marché intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture. 
Mais elle est la troisième candidate recalée par l'ensemble des députés européens, après le conservateur Hongrois Laszlo Trocssanyi (PPE) et la socialiste roumaine Rovana Plumb.
Outre savoir si Sylvie Goulard avait toutes les compétences requises pour ce portefeuille, le Parlement européen devait décider si elle présente toutes les garanties d'intégrité personnelle et d'indépendance. 
Sur ces deux points, les doutes exprimés lui ont imposé de répondre à des questions écrites après sa première audition le 2 octobre. Elles ont été jugées insuffisantes et l'ont obligée à se soumettre à l'épreuve d'une seconde audition.
Deux enquêtes sont en effet en cours, l'une par la justice française, l'autre par l'office anti-fraude de l'UE (Olaf), sur sa participation à un système d'emplois fictifs présumés pour son parti, le MoDem, en rémunérant un assistant parlementaire en France avec les fonds européens accordés aux députés par le Parlement européen.
Des interrogations ont également été émises sur les activités ayant justifié d'importantes rémunérations obtenues entre 2013 et 2016 de l'institut Berggruen, fondé par le milliardaire germano-américain Nicolas Berggruen, alors qu'elle était députée européenne. L'Olaf a confirmé à l'AFP enquêter sur "d'éventuelles irrégularités concernant les activités que Mme Goulard a menées pour l'Institut Berggruen alors qu'elle était députée européenne".
Sylvie Goulard a fait valoir jeudi qu'elle n'a pas été mise en examen et elle a invoqué la présomption d'innocence pour refuser de retirer sa candidature.

Goulard "paie la rancune" d'eurodéputés, estime la malveillante Loiseau

Malgré un possible sens aigu des valeurs, la paranoïaque Nathalie Loiseau, LREM, conspue ses collègues euro-député qui n'ont pas voulu de Sylvie Goulard à la Commission européenne. "Sylvie Goulard paye la rancune de ceux qui au Parlement européen ont eu des déboires", a estimé jeudi la tête de liste LREM improbable que Macron a imposé aux Européennes: Loiseau, c'est l'hôpital qui se moque de la charité, lorsqu'elle déplore l'alliance des partis français d'opposition donnant un "spectacle désolant", elle qui a enfilé les bourdes et les dérapages tout au long de sa désastreuse campagne qui n'a pas payé en retour l'investissement personnel du président de la République, en dépit des moyens de l'Etat dont il a disposé.

Et la "Romanichelle" de Sciences Po, Paris d'ajouter :
"Ceux qui ont été les plus virulents, les plus bas vis-à-vis de Sylvie Goulard, ce sont les députés européens français qui ont manifestement la défaite mauvaise (sic, bien que la liste du président ait dû se contenter d'un deuxième rang). La France insoumise, le Rassemblement national et Les Républicains se sont alliés contre une candidate française. Nous sommes le seul pays à avoir donné ce spectacle désolant", a regretté l'aigre Loiseau sur ...BFMTV. 

L'ancienne ministre MoDem des Armées, désignée par le président Macron pour siéger dans la future Commission européenne, a vu sa candidature rejetée à une forte majorité lors d'un vote des eurodéputés, 82 voix contre, 29 pour et une abstention.  
Nathalie Loiseau a jugé que "c'est sévère, c'est injuste parce que Sylvie Goulard est quelqu'un d'une grande compétence, une Européenne convaincue et engagée". Mais ne parlons donc pas de sa moralité, ni de son appétit d'argent.

Mais, "il y a d'autres perdants au Parlement européen. Nous nous souvenons tous que le patron de la droite européenne se voyait président de la commission. Il en a beaucoup voulu à Emmanuel Macron de ne pas l'être devenu, alors qu'en réalité il n'avait pas de majorité, ni parmi les états membres de l'UE, ni au Parlement européen", a ressassé Loiseau, jugeant qu'"il en a fait une vengeance personnelle". Goulard avait une majorité, contre elle... 

Loiseau n'est pas seul mauvais perdant.
Dans un tweet, l'ex-conseiller de Macron au ministère de l'Economie, puis directeur de campagne du même, conseiller politique  de son maître à l'Elysée et eurodéputé ...LREM, Stéphane Séjourné a jugé que "@GoulardSylvie a été très clairement otage de jeux politiques nationaux et européens. Cela montre que depuis le début, il n'a jamais été question de ses compétences". 
Pour le compagnon de Gabriel Attal - que Macron a fait secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, bien qu'ils soient pacsés - "les ressentiments ne doivent pas écrire la politique européenne".

vendredi 30 août 2019

Le Parlement européen cautionne le financement de Sylvie Goulard et les emplois fictifs du MoDem

Connivence dans l'entre-soi du nouveau Parlement européen qui soutient Sylvie Goulard

Les euro-députés valent-ils mieux que les députés ou l'IGPN ?

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Quelle activité souterraine Le Drian a-t-il déployée
contre la morale politique ?

Comment vont-ils pouvoir désormais voter des textes contraignants et édifiants pour les autres ? 

Européiste fanatique, la candidate de Macron est en marche pour la Commission européenne, malgré ses casseroles, des soupçons d'implication dans une affaire d'emplois fictifs d'assistants des eurodéputés du MoDem, ainsi qu'une affaire de financement par un think tank américain proche d'Obama, alors qu'elle était pourtant eurodéputée. Un mauvais signal pour les électeurs naïfs, mais des babioles, selon ses confrères et le chef de l'Etat français.

La Commission européenne s'est comportée comme l'IGPN, sans crainte de se choisir, avec Sylvie Goulard, une commissaire décrédibilisée et affaiblie qui nuit à l'image de l'institution déjà passablement décriée : elle a marqué des points personnels, grâce à la mafia des influenceurs que PaSiDupes a signalés (lien PaSiDupes). Confisquant le pouvoir au peuple qui a élu des représentants influençables au Parlement de Strasbourg, les nouveaux venus, aux convictions faibles, comme leurs prédécesseurs, ont blanchi leurs semblables européens accusés d'emplois fictifs destinés à financer le MoDem national. "Le cas au Parlement européen est clos. Il y a des irrégularités administratives mineures notées, non systématiques et non intentionnelles. Le remboursement lié à cette affaire a été effectué", a déclaré une porte-parole du Parlement européen. Est-ce Inga Rosinska qui préfère garder l'anonymat, avec la complicité de la presse ? Circulez, assure-t-elle: il n'y a plus rien à voir... L'opacité "au service" des citoyens européens...

L'effarement des "gens qui ne sont rien" à l'annonce de la désignation mercredi de Sylvie Goulard par  Macron leur passera...

Les électeurs occupés à leur retour au travail ont la tête ailleurs et peu leur chaut a priori qui occupe le poste de la France à la Commission européenne dont personne ne sait vraiment à quoi elle sert, sinon à leur gâter la vie.  La participation aux élections européennes a dépassé 50%, du jamais vu depuis 25 ans. L'affaire Goulard promet un nouveau record d'abstention, dans cinq ans.

Elle retrouvera Nathalie Loiseau, ex-ministre de Macron chargée des Affaires européennes dans le second gouvernement Edouard Philippe, qui a quitté le Gouvernement sur ordre du président pour conduire la liste de la majorité aux européennes de 2019. Macron s'était personnellement investi, comptant sur un plébiscite de sa liste, mais ses 79 candidats ne parvinrent qu'à une deuxième position, avec 22,4 %, face à celle du Rassemblement national, 23,3 % : un vote sanction, sachant que Loiseau avait été membre du cabinet du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, mais aussi le vilain petit canard qui avait dénigré l'ENA où elle s'était sentie, révéla-t-elle, comme une "Romanichelle"... Entre autres bavures, elle avait aussi porté des critiques en off à l'encontre d'Angela Merkel, de Manfred Weber (son candidat à la présidence) et des élus du groupe ADLE, dont l'ex-Premier ministre belge Guy Verhofstadt, un soutien de Goulard !

Eurodéputée centriste (2009-2017), Sylvie Goulard avait dû quitter son poste de ministre des Armées un mois à peine après sa nomination par Macron en 2017, en même temps que les centristes François Bayrou - fugitif ministre d'Etat, garde des Sceaux, ministre de la Justice au gouvernement Philippe - et Marielle de Sarnez - dont l'assistante parlementaire est soupçonnée d'avoir été, en réalité, la secrétaire particulière de François Bayrou, en France, rémunérée par le Parlement européen pour un emploi fictif - éphémère ministre chargée des Affaires européennes en 2017, mais démissionnée dans la même affaire de détournement d'argent et de tromperie du Parlement européen.

Goulard ne sera même pas convoquée et auditionnée 

La Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, n'a pas hésité à reconnaître que le Parlement européen a blanchi l'ancienne ministre après une "enquête interne"
"Le Parlement européen, pendant deux ans, a lui-même regardé [de loin?] ce qui s'était passé, a assuré Amélie de Montchalin dans un entretien vendredi matin sur la chaîne BFMTV, et la sous-ministre  - pour qui ce qui se conçoit bien ne s'énonce pas clairement - a conclu qu'il n'y a pas d'informations amenant à penser qu'elle n'a pas fait les choses selon les règles"...

Le gros gibier échappe à la "justice interne", comme les policiers violents à leur police des polices.
L'enquête judiciaire française serait en marche néanmoins, à petits pas comptés, mais c'est le menu fretin (d'anciens assistants parlementaires et quelques eurodéputés) ont été auditionnés. 
A ce jour, Sylvie Goulard n'a pas été convoquée. Elle ne saurait pas être abaissée au respect des règlements et de la déontologie communs. Mais ça ne fait pas partie de l'arrogance reprochée au pouvoir macronien dont il y a seulement quelques semaines, le président avait annoncé la fin. 

jeudi 4 juillet 2019

Macron s'attribue une influence décisive sur les nominations des nouveaux patrons de l'UE

La nouvelle équipe à la tête de l'UE, c'est comme "un acte 2 pour notre Europe", raconte Macron

Les forces en présence restent les mêmes et Macron n'y a rien pu

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Michel, von der Leyen, Lagarde et Borrell  
Le président français s'est beaucoup montré devant les caméras, mais les états-membres l'ont vu venir: sa réputation d'arrogance l'a précédé, lui et sa clique. L’accord obtenu à l'arraché malgré ses dénigrements de "l'image pas sérieuse" laissée par l'UE au cours des négociations a porté l’Allemande Ursula von der Leyen à la tête de la Commission européenne et Christine Lagarde à la BCE. Un "fifty-fifty" qui n'a rien d'une victoire qu'il puisse s'approprier, alors que, trois jours plus tôt, il "fustigeait un "échec" du sommet de l'UE sur l'attribution des postes clés, qui la rend "pas crédible au plan international".

Emmanuel Macron sera passé par tous les états ces derniers jours à Bruxelles. Agacé, voire énervé parfois, et méprisant des autres qui n'ont pas la bonne méthode, il fait maintenant le paon, suite à l'accord signé  pour les cinq années à venir. Outre Ursula von der Leyen, une proche d'Angela Merkel, et la Française Christine Lagarde, ex-ministre de Sarkozy, l'avantage n'est déjà pas à Macron, surtout si on ajoute le Belge Charles Michel, un centriste proche de l'UDI, à la présidence du Conseil européen (à Bruxelles, à la suite de Jean-Claude Juncker) et le socialiste espagnol Josep Borrell comme Haut représentant pour les Affaires étrangères, en remplacement d'une femme, Federica Mogherini, ministre des Affaires étrangères italienne, on ne voit toujours pas bien sur quoi se fondent les cris de victoire de Macron.

"Deux femmes et deux hommes, quatre personnalités qui se sont toujours illustrées par leur engagement extrêmement fort en faveur de l’Europe, des idées européennes. Les critères de compétence, d’expérience, de parité et d’équilibres politique et géographique ont ainsi été remplis par le Conseil. Pour la première fois, la Commission européenne et la Banque centrale européenne sont dirigées par des femmes", a commenté Emmanuel Macron, comme si les choix ne s'étaient pas faits sans lui. 

Macron n'hésite pas à confisquer à son profit la victoire collective 

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Le prétentieux parmi ses collègues
"C’est donc bien un acte 2, assure-t-il, qui commence pour notre Europe, avec une nouvelle équipe, profondément renouvelée, de nouveaux visages, un nouveau souffle au service d’un nouvel agenda que nous avons défini ces dernières semaines. " La comparaison a de quoi inquiéter, quand on sait ce qu'a été l'acte 1...

Il frise le ridicule.
Celui qui s'exprime en anglais à l'étranger a en effet parlé de victoire de la francophonie. En cherchant bien ce qui pourrait valoriser sa présence aux négociations, il a mis en avant la maîtrise de notre langue par les deux femmes, dont l'une est française ! Sans compter le Belge, bien qu'il soit issu d'une famille d'entrepreneurs flamands. Mais rien n'arrête Macron.

Quand à la presse française, elle ne craint pas l'intox

Le Point assure ainsi que c’est Macron qui a proposé à Angela Merkel le nom de sa compatriote Ursula der Leyen pour la Commission européenne, lundi soir au téléphone. La Chancellière aurait donc eu besoin de Macron pour proposer cette membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) comme elle. Merkel n'avait-elle pas pourtant fait d'Ursula Gertrud von der Leyen sa ministre fédérale de la Défense, en décembre 2013, et ne l'avait-elle pas ensuite reconduite à ce poste régalien en mars 2018. Mais ça lui serait sorti de l'esprit sans Macron, assure le magazine de la famille Pinault.

Ce n'est pas parce que Macron se place au centre du jeu qu'il est incontournable dans l'UE.
Le Point affirme que le Français a en "joué ostensiblement la carte du couple franco-allemand", ce qui demande des explications à propos de l'éviction de Manfred Weber, 46 ans, membre de l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) et président allemand du groupe PPE au Parlement européen depuis 2014, qui fut éliminer pour assurer la parité entre les quatre.

Le Point n'hésite pas à verser de nouveau dans la désinformation en écrivant que Macron-Superman a "volé au secours d’une chancelière allemande fragilisée par les divisions de son propre camp". Le compromis trouvé n'avait pas ses faveurs, mais il a dû s'y résoudre. Ses 21 eurodéputés de 'Renew Europe' (pour les anglophiles), dont seulement 10 LREM, ne le mettent pas en position de force
D'autant que le groupe auquel LREM s'est agrégé compte 108 élus contre 182 au PPE à sa droite.


jeudi 20 juin 2019

Présidence de la commission européenne : le conflit Macron-Merkel fait échouer les négociations

La succession de Juncker est dans l'impasse

Merkel et Macron ne dissimulent pas leur différend

Rire jaune de Macron face à Merkel ce 20 juin 2019 à Bruxelles

Macon s'oppose notamment à Angela Merkel sur le choix du nouveau président de la commission européenne et les dirigeants des pays européennes ne sont donc pas parvenus à trouver un remplaçant à Jean-Claude Juncker. "Il n'y a eu de majorité sur aucun candidat," a admis le président du Conseil Donald Tusk.  

Les maigres espoirs de parvenir à une solution avaient été douchés par Donald Tusk à l'issue d'un entretien avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel. "Hier, j'étais prudemment optimiste. Aujourd'hui, je suis davantage prudent qu'optimiste", avait-il annoncé sur son compte Twitter après sa rencontre avec les deux dirigeants.

En effet, Macron a fait  obstacle à la nomination du postulant soutenu par Angela Merkel, l'Allemand Manfred Weber, 46 ans, candidat désigné par le Parti Populaire Européen (droite). 
Le sommet s'était ouvert avec un camouflet infligé à Angela Merkel : l'annonce par les chefs des groupes Socialiste et centriste Renew Europe au Parlement européen qu'ils ne soutiendraient pas la candidature de Manfred Weber en cas de vote, signifiant la fin de ses espoirs de réunir une majorité pour pouvoir présider la Commission européenne.
'Renew Europe' s'est constitué en juin 2019 pour étendre le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) aux partis qui refusent la mention du libéralisme dans leur nom, notamment La République en marche, le parti du président français et ex-banquier.
VOIR et ENTENDRE Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, dans l'émission Bourdin direct sur BFMTV et RMC, dès ce mercredi matin, en l'absence du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian :

"Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec," raconte Macron 

Le président français s'est dit satisfait de ce lâchage et du résultat du sommet. "Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec", a-t-il déclaré. "Les noms des trois 'spitzen kandidaten' (prétendants des partis) ont été écartés. Ils ont été testés par Donald Tusk, qui a considéré qu'il n'y avait pas de majorité sur ces trois noms", a-t-il accusé.

Angela Merkel a pris acte de ce blocage. 
"Je vais consulter nos partis (membres du PPE) après le constat dressé par Donald Tusk, parce que les présidents des groupes socialiste et RE (Renew Europe) ont dit qu'ils ne pouvaient pas soutenir Manfred Weber", a-t-elle annoncé.


Les deux autres prétendants sont le Néerlandais Frans Timmermans pour les Socialistes et la Danoise Margrethe Vestager pour les Libéraux-centristes de Renew Europe. 

Les déclarations des responsables du PPE montraient une irritation contre le mauvais coup porté contre leur prétendant. "La prise de position des chefs des groupes Libéraux et Socialiste a été prise à Paris et à Madrid", ont-ils révélé, pointant Macron et le socialiste Pedro Sánchez. Le constat d'échec a été établi après quatre heures de discussions.

Les dirigeants européens ont engagé leurs discussions sur les nominations après ce premier échec, mais c'est avec une discussion sur le budget de la zone euro qu'ils poursuivront leur sommet vendredi.

L'élu qui succédera le 1er novembre au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, devra obtenir le soutien de 21 des 28 dirigeants européens et rallier une majorité d'au moins 376 voix au Parlement. 
"Il n'est pas très facile de me remplacer," raille le sortant

"J'ai constaté avec un certain plaisir, amusement, oui bonheur, qu'il n'est pas très facile de me remplacer", a ironisé Jean-Claude Juncker. Le président de l'exécutif européen est en fonction jusqu'au 31 octobre minuit. Un accord sur le nom de son successeur doit être trouvé avant le 2 juillet, jour de la session inaugurale du nouveau Parlement au cours de laquelle il doit élire son président.
"Il faut trouver rapidement un accord, car nous devons avoir une Commission européenne opérationnelle pour gérer le Brexit, surtout si Boris Johnson devient Premier ministre du Royaume-Uni", a insisté un diplomate "de haut rang", mais qui n'a pas le courage d'assumer ses propos. 
Les discussions doivent se poursuivre en marge du sommet du G20 à Osaka les 28 et 29 juin, a indiqué Jean-Claude Juncker.

Un sommet de crise aura lieu le 30 juin après l'échec des négociations.
La personnalité consensuelle qui fera l'unanimité pour la présidence de la Commission jeudi 20 juin  reste à trouver. "Nous nous retrouverons le 30 juin. Je vais poursuivre les consultations", a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le président du Conseil Donald Tusk à l'issue de la première journée du sommet.

jeudi 22 février 2018

Hidalgo se fait débloquer les voies sur berges

Voies sur berges : face à l'annulation par le tribunal administratif, Hidalgo s'entête 

La façon socialiste de respecter la justice d'un "état de droit"

En opposition au jugement du tribunal administratif de Paris qui a annulé la fermeture de la voie sur berges rive droite à la circulation automobile, la maire de Paris a annoncé qu'elle contournera la décision de justice en prenant un arrêté. Elle condamne Macron pour ses ordonnances sur la loi travail, mais recourt elle-même aux arrêtés municipaux pour imposer ses décisions en passant outre la décision de justice...

Les ayatollahs de l'écologie bafouent la justice. 
Le tribunal administratif de Paris a annulé ce mercredi la fermeture à la circulation des voies sur berges rive droite : il  conteste l’étude d’impact qui, selon la juridiction, comportait "des inexactitudes, des omissions et des insuffisances". Les juges ont du même coup annulé la délibération de septembre 2016 puis l’arrêté de fermeture qui a suivi en octobre. 
Légalement, dès que l’eau des crues aura quitté les quais et après nettoyage, le retour des voitures serait possible. 

Mais l'entourage d'Anne Hidalgo a poussé la maire à dénoncer le blocage par le tribunal d’une décision "d’ouverture aux piétons et aux cyclistes, un jour de pollution de surcroît", lors d’un point presse convoqué en urgence
Sur le plan juridique, "nous allons prendre sans attendre un nouvel arrêté". Pour la maire, le "Parc Rives de Seine", dénomination municipale des 7 kilomètres, a été décidé "avec le soutien de l’Etat après un an et demi de concertation". 

L'une des bases de l’annulation est une erreur dans le choix du texte de loi sur lequel se fondait l’arrêté. 
"Nos juristes contestent la vision du tribunal administratif et nous sommes sur un problème mineur de droit", argumente Bruno Julliard, premier adjoint à la maire. Au-delà de ces questions de droit, la mairie entend contre attaquer sur le fond. 
Hidalgo instrumentalise la Commission européenne qui vient de pointer la France sur la faiblesse de sa lutte contre la dégradation de la qualité de l’air. "Alors que notre pays se voit reprocher par l’Union européenne de ne pas agir, nous n’allons rien faire ?", polémique-t-elle. 
Comme neuf pays de l’UE, la France "risque plusieurs millions de sanctions", a rajouté Christophe Najdovski, adjoint aux Transports et mauvais génie de la Ville de Paris. 

L'opposition républicaine se félicite de la décision de justice

Région et groupe LR du conseil de Paris se sont en effet associés aux recours.
 

La présidente LR de la région, Valérie Pécresse, qui désapprouve cette piétonnisation, écrit dans un communiqué que "la ville de Paris est désormais contrainte de reprendre toute la procédure avec une nouvelle enquête publique"
"L’aménagement tel qu’il avait été projeté ne peut se poursuivre", a affirmé de son côté la préfecture de police dans un communiqué. 

C'est la responsabilité de la gauche de ramener les voitures sur les berges
Présidente du groupe LR au conseil de Paris, Florence Berthout, appelle la mairie de gauche à tirer les conséquences de ses actes. "C’est à la maire d’assumer d’avoir mis une pagaille pareille". Elle ne dit pas "qu’il faut rouvrir les berges pour les dix ans à venir". 
Le reproche de la droite porte sur cette "fermeture non accompagnée" de concertation. En continuant d'affirmer que "la droite veut faire revenir les voitures sur les voies sur berges," Anne Hidalgo polémique sur une base fausse.