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jeudi 20 juin 2019

Présidence de la commission européenne : le conflit Macron-Merkel fait échouer les négociations

La succession de Juncker est dans l'impasse

Merkel et Macron ne dissimulent pas leur différend

Rire jaune de Macron face à Merkel ce 20 juin 2019 à Bruxelles

Macon s'oppose notamment à Angela Merkel sur le choix du nouveau président de la commission européenne et les dirigeants des pays européennes ne sont donc pas parvenus à trouver un remplaçant à Jean-Claude Juncker. "Il n'y a eu de majorité sur aucun candidat," a admis le président du Conseil Donald Tusk.  

Les maigres espoirs de parvenir à une solution avaient été douchés par Donald Tusk à l'issue d'un entretien avec le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel. "Hier, j'étais prudemment optimiste. Aujourd'hui, je suis davantage prudent qu'optimiste", avait-il annoncé sur son compte Twitter après sa rencontre avec les deux dirigeants.

En effet, Macron a fait  obstacle à la nomination du postulant soutenu par Angela Merkel, l'Allemand Manfred Weber, 46 ans, candidat désigné par le Parti Populaire Européen (droite). 
Le sommet s'était ouvert avec un camouflet infligé à Angela Merkel : l'annonce par les chefs des groupes Socialiste et centriste Renew Europe au Parlement européen qu'ils ne soutiendraient pas la candidature de Manfred Weber en cas de vote, signifiant la fin de ses espoirs de réunir une majorité pour pouvoir présider la Commission européenne.
'Renew Europe' s'est constitué en juin 2019 pour étendre le groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE) aux partis qui refusent la mention du libéralisme dans leur nom, notamment La République en marche, le parti du président français et ex-banquier.
VOIR et ENTENDRE Amélie de Montchalin, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, dans l'émission Bourdin direct sur BFMTV et RMC, dès ce mercredi matin, en l'absence du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian :

"Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec," raconte Macron 

Le président français s'est dit satisfait de ce lâchage et du résultat du sommet. "Je n'ai pas le sentiment d'avoir vécu un échec", a-t-il déclaré. "Les noms des trois 'spitzen kandidaten' (prétendants des partis) ont été écartés. Ils ont été testés par Donald Tusk, qui a considéré qu'il n'y avait pas de majorité sur ces trois noms", a-t-il accusé.

Angela Merkel a pris acte de ce blocage. 
"Je vais consulter nos partis (membres du PPE) après le constat dressé par Donald Tusk, parce que les présidents des groupes socialiste et RE (Renew Europe) ont dit qu'ils ne pouvaient pas soutenir Manfred Weber", a-t-elle annoncé.


Les deux autres prétendants sont le Néerlandais Frans Timmermans pour les Socialistes et la Danoise Margrethe Vestager pour les Libéraux-centristes de Renew Europe. 

Les déclarations des responsables du PPE montraient une irritation contre le mauvais coup porté contre leur prétendant. "La prise de position des chefs des groupes Libéraux et Socialiste a été prise à Paris et à Madrid", ont-ils révélé, pointant Macron et le socialiste Pedro Sánchez. Le constat d'échec a été établi après quatre heures de discussions.

Les dirigeants européens ont engagé leurs discussions sur les nominations après ce premier échec, mais c'est avec une discussion sur le budget de la zone euro qu'ils poursuivront leur sommet vendredi.

L'élu qui succédera le 1er novembre au Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, devra obtenir le soutien de 21 des 28 dirigeants européens et rallier une majorité d'au moins 376 voix au Parlement. 
"Il n'est pas très facile de me remplacer," raille le sortant

"J'ai constaté avec un certain plaisir, amusement, oui bonheur, qu'il n'est pas très facile de me remplacer", a ironisé Jean-Claude Juncker. Le président de l'exécutif européen est en fonction jusqu'au 31 octobre minuit. Un accord sur le nom de son successeur doit être trouvé avant le 2 juillet, jour de la session inaugurale du nouveau Parlement au cours de laquelle il doit élire son président.
"Il faut trouver rapidement un accord, car nous devons avoir une Commission européenne opérationnelle pour gérer le Brexit, surtout si Boris Johnson devient Premier ministre du Royaume-Uni", a insisté un diplomate "de haut rang", mais qui n'a pas le courage d'assumer ses propos. 
Les discussions doivent se poursuivre en marge du sommet du G20 à Osaka les 28 et 29 juin, a indiqué Jean-Claude Juncker.

Un sommet de crise aura lieu le 30 juin après l'échec des négociations.
La personnalité consensuelle qui fera l'unanimité pour la présidence de la Commission jeudi 20 juin  reste à trouver. "Nous nous retrouverons le 30 juin. Je vais poursuivre les consultations", a annoncé dans la nuit de jeudi à vendredi le président du Conseil Donald Tusk à l'issue de la première journée du sommet.

vendredi 13 mars 2015

La nomination de Harlem Désir au gouvernement: un "emploi fictif" ?

Un placard doré pour un incapable à Paris comme à Bruxelles et Strasbourg

L'absentéisme persistant d'Harlem Désir au Parlement européen

Désir escorte Hollande
Le bac +3comme B. Hamon, à 29 ans..., Jean-Philippe Désir est un boulet. Comme d'autres socialistes, il n'est pas moins inconsistant au gouvernement qu'à l'Europe.

Hollande a utilisé son gouvernement comme niche à quantité d'individus transparents et incapables: diplômés, comme Fleur Pellerin, George Pau-Langevin et Patrick Kanner, ou non, comme Myriam El Khomri et Annick Girardin, deux femmes pour faire nombre dans la parité. Ils végètent sous les ors de la République, sans aucune obligation de rendement. Croyez-vous en effet que le commerce extérieur est aidé par deux bras gauches, d'une part l'énarque Matthias Fekl, secrétaire d’État, et d'autre part Carole Delga, également secrétaire d'État? Qui sait aussi que le secrétaire d'État chargé des Sports est Thierry Braillard ? Ou que Valls a affublé Fleur Pellerin d'une secrétaire d'État chargée du Développement et de la Francophonie, du nom d'Annick Girardin? C'est ainsi que la langue française recule et que le pouvoir socialiste présente les langues étrangères comme meilleures à notre culture et à notre souveraineté... (lien PaSiDupesToutes ces bouches à nourrir n'ont-elles donc trouvé nulle part ailleurs à s'employer?


Contesté à la tête du PS pour son inefficacité -hormis l'invective-,
Harlem Désir a pourtant été nommé secrétaire d'État chargé des Affaires européennes, en dépit de son manque notoire d'investissement à Bruxelles et Strasbourg. Puisqu'il fallait bien l'écarter, l'Inspection générale des Affaires sociales n'aurait -t-elle pu servir de refuge en jouant sa fonction habituelle de reclassement: à l'IGAS, il aurait retrouvé les vieilles gloires du syndicalisme ou de la politique, les anciens seconds rôles, utilités usées de la gauche.

Laïc et anti-clérical, était-il à sa place?
Le nouveau secrétaire d'État chargé des Affaires européennes trouvait-il l'Europe ennuyeuse et l'exécutif correspond-t-il mieux à ses compétences? La présence de ce fils d'Antillais communiste et anticolonialiste n'est-elle pas redondante avec celles  de la Guyanaise Christiane Taubira, outre celle de George Pau-Langevin 
La question se pose pour celui qui "occupait" nominalement le siège de député européen d'Ile-de-France. Un exemple peu reluisant des scrutins de liste qui imposent de choisir des charrettes d'élus. D'autant qu'en 2011, le montant des indemnités d'eurodéputé s'élève à 7.956,87 € brut par mois, soit 6.200,72 € net, axquels s'ajoutent l'indemnité de frais généraux de 4 299 € par mois et l'indemnité journalière de subsistance de 304 € par jour de présence. Ces encaissements par des absentéistes ne sont-ils donc pas assimilables à des détournements de fonds publics?

Or, selon le site votewatch.eu, qui recense l'assiduité des parlementaires européens, Harlem Désir n'a participé qu'à 50,15% des votes de l'assemblée européenne (752e sur 766). Il a posé 14 questions parlementaires (601ème) et n'a amendé que 12 rapports (660e). Seuls points positifs: il a réalisé 26 propositions de résolutions (212ème) et rédigé une déclaration écrite (263ème), à moins que le travail n'ait été en réalité fourni par ses assistants.
A titre de comparaison, l'UMP Rachida Dati, un temps présentée par un anonyme (repris en choeur et en boucle, notamment par Le Point) d'être la "touriste en chef de l'UMP", a participé à 84.38% des votes à Strasbourg, contre 69.46% de Jean-Luc Mélenchon, 684e... R. Dati se situe en fait à la 473e place sur 766. L'ex-ministre a posé 66 questions parlementaires (241e), amendé 61 rapports (379e).

VOIR et ENTENDRE pourquoi la nomination de Désir est une "offense à l'Europe":

Il n'empêche que Le Monde, qui passe pour sérieux et bien informé, écrit que "Harlem Désir connaît les dossiers communautaires pour siéger au Parlement de Bruxelles depuis 1999."  Il fallait oser et le journal de Pierre Bergé l'a fait...

Certains manient donc la poudre aux yeux et font valoir que le socialiste Désir aurait accouché d'un rapport (sur la "responsabilité sociale des entreprises dans les accords commerciaux internationaux"), tandis que l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy n'en a rédigé aucun. Mais entre rédiger et signer il y a une marge...
A noter au passage qu'un parlementaire qui participe à moins de 50% des votes, ne touche plus ses indemnités. Ce qui pousse certains d'entre eux à ne venir que pour voter et à ne jamais s'investir dans les travaux de l'euro-parlement autrement que par des "nègres".

Harlem Désir est aussi absent comme sous-ministre que comme eurodéputé

2012, aux Antilles
Premier secrétaire délégué du Parti socialiste sans avoir jamais été l'élu d'aucune circonscription, Désir n'est pas non devenu eurodéputé  sur son nom propre. Pareillement, ce roi de l'insulte est devenu secrétaire d'État - à la suite d'une autre lumière noire, Thierry Repentin - par la volonté du prince et non pas du peuple. Et pour faire quoi ? s'interrogent, comme les autres, les désespérés du socialisme.

Désir n'a jamais réussi à s'imposer à la tête du PS ni à trouver la juste distance par rapport au gouvernement: un véritable fiasco. Juste un exemple: l'affaire Léonarda, en octobre 2013, lorsqu'il a défendu la position strictement inverse de celle de François Hollande juste après l'intervention télévisée du chef de l'Etat. Ce qui n'a pas empêché le parano de poser à plusieurs reprises comme le "bouc émissaire" des "couacs" du gouvernement. Où, dans le sillage de Manuel Valls, il a accepté d'entrer !

Désir, secrétaire d'État aux Affaires européennes, n'a pas lancé de campagne d'information civique pour les élections européennes du 25 mai 2014.
Parlement britannique, février 2012
Tous les gouvernements le font pour les autres scrutins. Pas lui. Il a compté sur la page Internet du site du gouvernement, réalisée en partenariat avec Toute l'Europe et accessible via l'url ouijevote.eu, ainsi que l'édition d'un million et demi de dépliants 'Elections européennes: pourquoi voter le 25 mai 2014?' des plaquettes aux maires, présidents de conseils généraux et régionaux, à la disposition des citoyens, et un soutien à la campagne de sensibilisation au vote menée par le Parlement européen.



Depuis, plus rien. Il n'accompagnait pas la politique du gouvernement, il accompagne désormais la personne du président.

Désir, escort boy de Hollande en voyage
L'ex-militant de SOS Racisme téléguidé par le président Mitterrand est désormais placé sous la tutelle de l'Elysée, puisque Matignon a été amputé du Secrétariat général des affaires européennes (SGAE), l'organisme chargé de la coordination interministérielle sur les questions communautaires. Une vraie "petite révolution" confirmée par Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement. Par cette mesure et la nomination d'une potiche au sous-secrétariat, l'Elysée n'a plus à rendre compte de son action devant le Parlement: ce qui signifie qu'il a toute latitude pour signer un TTIP (Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement, en français), sans aucun contrôle, dans le dos des Français.

Qui, le 14 avril 2012, a dit: "Je n'aurai pas autour de moi des personnes jugées et condamnées" ? François Hollande: une promesse de campagne qui s'inscrivait dans son engagement pour une "République exemplaire".
Or, si Jean-Marie Le Guen a été mis en examen dans l'affaire de la MNEF pour un emploi présumé fictif, il a bénéficié d'un non-lieu pour insuffisance de charges, mais, en plus de Ségolène Royal (Rennes, 2008: licenciements abusifs), le ministre Arnaud Montebourg (2012, pour injures publiques aux anciens patrons de SeaFrance) ou Christiane Taubira (poursuivie aux prud'hommes en 2004 par son ancienne assistante parlementaire), Harlem Désir. Entre 1986 et 1987, alors que l'actuel secrétaire d'Etat aux Affaires européennes était président de SOS Racisme, il percevait 10.500 francs (1.600 euros) de rémunération mensuelle venant d'une autre association : l'Association régionale pour la formation et l'éducation des... migrants. C'était un emploi fictif, mais la condamnation, tombée en 1998, était bien réelle : 18 mois de prison avec sursis et 30.000 francs d'amende pour recel d'abus de bien sociaux.
A la suite du président Mitterrand, Hollande pratique la sanction-promotion.

mardi 27 mai 2014

Délit de faciès: Harlem Désir indésirable à une réunion de l'Elysée

Désir a dû aller se gratter

Sa présence n'est pas souhaitée 
à une réunion entre François Hollande et le ministre allemand des Affaires étrangères, a expliqué un huissier au secrétaire d'État chargé des Affaires européennes. Le ministère dément la révélation du Canard Enchaîné.
L'ancien premier secrétaire du PS recasé au secrétariat d'État chargé des Affaires européennes, Harlem Désir, n'est pas le bienvenu partout, notamment à l'Elysée, et le racisme n'expliquerait pas tout. 
Ainsi, une réunion préparatoire à la visite du ministre des Affaires étrangères allemand, Franck-Walter Steinmeier, invité du conseil des ministres, a-t-elle pu se passer de sa présence le 14 mai dernier.

Un huissier aurait refoulé Harlem Désir de l'Elysée  

"Oui, monsieur le ministre, nous vous avons reconnu, mais nous avons reçu des instructions: cette réunion se tient sans vous", s'est vu répondre le ministre. Seul Laurent Fabius, le ministre de tutelle d'Harlem Désir, aurait été autorisé à assister à l'entrevue, explique Le Canard Enchainé

Des informations démenties par la responsable de la communication du secrétaire d'État 


L'ancien premier secrétaire coopté du PS limogé pour incompétence vient d'être recasé aux Affaires européennes
Le scrutin du 25 mai est venu l'accabler un peu plus à l'occasion. Il a de nouveau été l'objet de nombreuses critiques. Lundi, il a nié avoir été "débarqué" du PS, où François Hollande ne le jugeait pourtant "pas à la hauteur". "On a dû considérer que mon expérience européenne, les contacts que j'avais (...) pouvaient être un atout pour défendre nos positions sur l'Europe", s'était-il pris à imaginer un instant à haute voix sur BFM-TV et RMC.

mercredi 9 avril 2014

Incapable au PS, Désir sera assez bon pour les Affaires européennes...

Le PS n'a-t-il pas plus de respect de l'Union européenne ? 

Une marque de mépris au moment où Bercy quémande un nouveau délai
Coup de kärcher au PS 
Un grand nettoyage de printemps ! Après le gouvernement et le cabinet de l'Elysée, François Hollande, qui a nommé Manuel Valls premier ministre, a remanié le gouvernement, remplacé Pierre-René Lemas par un intime, Jean-Pierre Jouyet, au secrétariat général de l'Elysée, et a également changé la direction du Parti socialiste. Pour remplacer le premier secrétaire coopté, Harlem Désir, la chose de François Mitterrand à la tête de SOS Racisme, l'hypothèse de l'apparatchik Jean-Christophe Cambadélis est sérieusement envisagée au sommet de l'Etat, depuis que Désir est nommé secrétaire d'Etat aux affaires européennes et remplacé par intérim à Solférino par le député de Paris, dans l'attente d'une régularisation par les instances du PS. Bien que ce bourgeois qui vit de ses rentes n'ait jamais rien fait de ses dix doigts, il pourrait servir de gage à la gauche du PS!

Le Monde titrait: "Harlem Désir menacé à la tête du PS"

Qualifié d'inutile et inaudible au lendemain de la défaite des municipales, Harlem Désir devait déjà être exfiltré par Jean-Marc Ayrault avant même le verdict des urnes. Désir était en effet apparu plus bête et méchant que agressif ou pugnace et s'était retrouvé de plus en plus isolé au fil des mois. Mardi 8 avril, toujours très clairvoyant, il déclarait encore au Monde : "Je suis le premier secrétaire du Parti socialiste et je le reste." Mais "Harlem a compris qu'il n'avait pas le choix : soit il sortait maintenant avec un éventuel parachute doré, soit c'était après les élections européennes avec du goudron et des plumes", expliquait un cadre socialiste.

Il serait donc remplacé par Jean-Christophe Cambadélis, déjà candidat au poste en 2012, au détriment du numéro deux statutaire du parti, le député fabiusien Guillaume Bachelay et bien qu'Emmanuel Maurel, le leader de l'aile gauche du Parti socialiste, déjà en course contre Désir à Toulouse, pouvait lui aussi prétendre au poste.

La désignation de Cambadélis serait un signe envoyé par l'exécutif aux amis de Martine Aubry, mal servis en postes dans le nouveau gouvernement. Proche de la maire de Lille mais " hollando-compatible", l'ex-trotskiste n'a pas pris le risque de signer l'appel des 87 élus frondeurs socialistes (lien Le Monde) pourtant signé par le député (Hauts-de-Seine) signataire Jean-Marc Germain, conjoint d'Anne Hidalgo, maire de Paris, et ratifié par plusieurs aubristes exigeant un "contrat de majorité" avec Matignon.

Parachutage infâmant aux Affaires européennes

Que faire de ce boulet de premier plan ? 
L’eurodéputé socialiste n’a qu'une très faible légitimité pour occuper les fonctions, mais Hollande l'a pourtant affecté au Secrétariat d’Etat aux Affaires européennes. Il n'y avait en fait pas de pire signal qu’un limogeage politique. Encore une occasion manquée pour un poste qui est décidément toujours aussi peu recherché et rempli par le bras cassé du moment ou un anonyme, tel son prédécesseur, Thierry Repentin, qui n'a pas marqué la fonction.

Bercy se contentera-t-il d'un Désir, notamment depuis la crise de l’euro. 

Député européen, Harlem Désir n’a pas manifesté un intérêt particulier pour la chose communautaire à Bruxelles ou à Strasbourg où il brillait par ses absences.  Selon l’ONG VoteWatchEurope, qui suit le travail des élus, le nouveau secrétaire d’Etat est plutôt un cancre dans l’hémicycle. Il se classe au 752e rang sur 766 députés pour son assiduité lors des votes, avec une participation à seulement 48,69% d'entre eux. Moins d’un sur deux. Et ses collègues étrangers sourient quand on demande son niveau en anglais, allemand ou espagnol…

De plus, la France en est quand même à son dixième secrétaire d’Etat aux affaires européennes en dix ans, quand l’Allemagne en a eu moins de deux fois moins sur la période. Et avec des profils moins iconoclastes que côté français, où Hollande récidive après l'envoi d'un expert des HLMThierry Repentin

Manuel Valls aurait donné un signal positif s’il avait nommé un vrai connaisseur de l’Europe. Par exemple, le député socialiste franco-allemand Matthias Fekl, trentenaire dynamique et enthousiaste, totalement bilingue, qui a vécu dans les deux pays, est allé à l’école dans les deux systèmes et qui a un sacré réseau à Berlin. Il aurait été le premier ministre franco-allemand dont on a si souvent parlé dans les sommets européens. Faute de quoi nous avons un ex-Premier secrétaire déplumé !

"Recasage", "scandale", souligne Le Nouvel Observateur

Yves Jégo, député et président de l'UDI par intérim,  ironise  sur cette nomination: "Comment peut-on [...] comprendre que celui qui a notamment perdu les élections municipales pour le PS se voie ainsi clairement recasé au gouvernement afin de libérer le poste de premier secrétaire du PS ?"

L'altermondialiste Yannick Jadot (EELV) y voit lui de petits arrangements qui l'irritent : "L'Europe otage de la petite politique des premiers secrétaires du PS. Triste féodalisme socialiste".

Pour Florian Philippot, vice-président du FN, c'est une "promotion" inacceptable : "La séquence 'gouvernement de combat' se conclut donc sur la promotion-sanction de Harlem Désir au gouvernement... Tout ça pour ça ! Oust !"

L'ex-PS Pierre Larrouturou dénonce pour sa part un "total scandale", tandis que la sénatrice UDI Chantal Jouanno parle d'une "vraie provocation", pointant son absentéisme à Bruxelles. "L'indésirable du PS, absent du Parlement européen en charge des Affaires européennes", écrit-elle.


Le Parti communiste épingle de son côté le "jeu de chaises musicales bien peu reluisant" de François Hollande, qui préparerait "le dynamitage du PS".
"L'exfiltration calamiteuse d'Harlem Désir du poste de Premier secrétaire, son remplacement dirigé depuis l'Elysée [au mépris des engagements de "Moi, président" meilleur que les autres] sont autant de signes de l'entreprise de refonte du PS à laquelle se livre actuellement le président de la République", écrit-il.

Même le collègue d'Harlem Désir Christian Eckert, secrétaire d'Etat au Budget, finit par le tacler : "Je crains qu'il poursuive la politique qui est conduite aujourd'hui par le gouvernement, qui est une politique dans l'erreur", a-t-il dit sur LCI.

Au sein du PS, les membres de la gauche forte ont dénoncé des pratiques "pas acceptables", le nom du futur Premier secrétaire du parti ayant filtré avant même la nomination d'Harlem Désir à l'exécutif. Ils demandent un vote interne, mettant en avant la tradition de "démocratie" du Parti socialiste.
VOIR et ENTENDRE la bronca à gauche:

Question de dignité: pourquoi Harlem Désir ne renonce-t-il pas ?

Conservera-t-il aussi la tête de liste en Ile-de-France aux élections européennes du 25 mai ? 
 Selon plusieurs sources, la plus grande incertitude persiste. Là aussi, il pourrait être remplacé par Vincent Peillon. L'ancien ministre de l'éducation nationale, jusqu'à présent tête de liste aux européennes dans la circonscription du Sud-Est, pourrait être envoyé dans la région parisienne. "Une telle opération est une farce, estime un dirigeant du PS. D'un côté, Harlem accepte d'être humilié pour un plat de lentilles ; de l'autre, Hollande et Valls récompensent l'échec en lui disant : "Tu as tellement démérité au PS que l'on te nomme au gouvernement de combat !"
"Comment un tel changement pourrait-il être accueilli par les militants du PS ?" Et les électeurs!

mardi 30 avril 2013

Montebourg prend l'Europe pour une arène sanglante

Cazeneuve réclame les oreilles et la queue

Arnaud Montebourg relance la "tension amicale" avec l'Allemagne

L'Internationale socialiste fait flèche de tout bois contre la chancelière sortante

Montebourg, tout nu
dans son combat contre l'Allemagne
Première femme à assumer la direction du gouvernement allemand, Angela Merkel est.chancelière fédérale depuis 2005. Réélue présidente fédérale de la CDU (Union chrétienne-démocrate) d’Allemagne pour la septième fois en décembre 2012, avec 97,9 % des suffrages, elle est candidate à un troisième mandat. La coalition du centre-droit (CDU) et des libéraux du FDP au pouvoir est un obstacle au retour du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD). Or, les élections fédérales allemandes de 2013 auront lieu le 22 septembre 2013. Le Parti socialiste français est donc d'ores et déjà entré en campagne au côté du SPD. Aussi les socialistes se livrent-il à une attaque en règle de l'Allemagne. Leur angle d'attaque est la politique de rigueur budgétaire de l'Union européenne et de l'Allemagne. 

Le président Hollande a ouvert les hostilités avec l'Allemagne, évoquant une "tension amicale". 
Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui avait repris la balle au bond, qualifiant Angela Merkel de "chancelière de l’austérité". Benoît Hamon (sous-ministre de l'Economie sociale et solidaire), représentant de la gauche du PS, a insisté dans un entretien à un journal britannique pour "en finir avec les politiques d’austérité en Europe". Jugeant les propos de Claude Bartolone, frappées au coin "du bon sens de la gauche", Razzye Hammadi, député PS proche de Benoît Hamon, s’est dit "abasourdi" par le "hold-up intellectuel consistant à dire qu’on ne doit pas être dans la confrontation contre ce que représente Angela Merkel".
Un projet de texte du Parti socialiste dirigé par Jean-Christophe Cambadélis critiqua alors Berlin. "Le Parti socialiste veut la réorientation de l’Europe et ne cédera pas aux postures hypocrites et surjouées", a pour sa part averti le secrétaire national du PS chargé des questions européennes.

La tension n'est pas encore retombée qu'Arnaud Montebourg est revenu à la charge dans Le Point.
"Il faut ouvrir les hostilités avec l'Union européenne", dit le ministre du Redressement productif cité par l'hebdomadaire. "Moi, je conseillerais au président de la République de faire une tournée européenne fracassante", ajoute-t-il. "Il faut toréer l'Union européenne."

Le ministre français du Budget a tancé mardi son collègue du Redressement productif 

Selon Bernard Cazeneuve, les détracteurs de l'Allemagne et de l'Union européenne au sein de la majorité de gauche en France, se trompent de cible.
Interrogé par Radio Classique, il a estimé que les agresseurs socialistes doivent changer de vocabulaire s'ils veulent être entendus en Europe.
"Je dis à Arnaud Montebourg (...) que ce type de propos ne sont pas des propos qui aident à la réorientation de l'Europe", a déclaré l'ancien ministre   des Affaires européennes.

Il a également critiqué, sans le nommer, Claude Bartolone, qui appelait la semaine dernière dans Le Monde à la "confrontation" avec l'Allemagne: "On n'a pas besoin pour être à gauche de vouloir la confrontation avec l'Allemagne." Il a au contraire plaidé pour une relation franco-allemande "refondée autour d'un agenda porteur d'avenir".

La France souhaite certes une modification de la politique européenne, a-t-il expliqué: une accélération de la mise en oeuvre de l'union bancaire, davantage d'initiatives en faveur des investissements structurants et améliorant la compétitivité, une intensification de la lutte contre les paradis fiscaux ... Mais "nous n'avons pas besoin pour faire tout cela d'une confrontation avec l'Allemagne, nous avons besoin au contraire avec l'Allemagne d'initiatives communes", a insisté Bernard Cazeneuve, qui a cité la politique énergétique.
Or, le vocabulaire utilisé par des responsables français comme Arnaud Montebourg ou Claude Bartolone "aboutit à l'exact contraire de ce à quoi on prétend", a-t-il insisté. "La réorientation de l'Europe se fait dans un climat de confiance, elle se fait dans la crédibilité."

Pour être crédible, la France doit tenir ses engagements en matière de finances publiques et de réformes structurelles, a ajouté le ministre du Budget.
S'il se dit contre un gouvernement "où il n'y aurait que des ministres disant la même chose, sur le même ton", il n'en a pas moins critiqué ceux qui, récemment, ont paru remettre en cause cette politique, comme la ministre radicale des Verts (EELV) du Logement, Cécile Duflot, son collègue de l'Economie solidaire, Benoît Hamon, et Arnaud Montebourg.

Le débat opposant rigueur et croissance est un "faux débat", a-t-il encore déclaré. "Donc il y a dans tout cela beaucoup de posture, parfois de manifestations narcissiques"...


Et de faire la leçon aux vaniteux du gouvernement
"Lorsqu'on est investi d'une responsabilité ministérielle dans un contexte de crise (...) il ne serait pas mauvais que nos petites personnes s'effacent parfois devant la mission qui nous a été confiée", a-t-il ajouté.


Invité mardi matin de France Info après s'être entretenu lundi soir avec François Hollande,
le président allemand du Parlement européen a dénoncé les attaques visant la chancelière allemande. "Elle n'est pas seule à décider", a fait valoir Martin Schulz.

ENTENDRE le président du Parlement européen (cliquer sur "Entendre" si le podcast ne fonctionne pas): 

Rappel de Martin Schulz aux pseudo-démocrates du PS
"Autour de la table à Bruxelles, il n'y a pas que la chancelière de la République fédérale. Ils sont 27 qui votent à l'unanimité"
Les partis "ne sont pas, heureusement, des cadres staliniens"...