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jeudi 13 juin 2019

Jean Arthuis (LREM) répond sèchement à la méchanceté de Nathalie Loiseau

Traité d’"homme aigri" par la tête de liste sexiste LREM aux européennes, Jean Arthuis (LREM rallié) lui répond sèchement

Loiseau, coucou LREM du parlement de Strasbourg
Résultat de recherche d'images pour "Jean Arthuis et Nathalie Loiseau"
I believe I can fly...
La néo-eurodéputée s’en est prise à plusieurs membres de l’ALDE lors d'un point presse "off" à Bruxelles, alors même que la tête de linotte brigue la présidence du groupe des libéraux au Parlement européen. Preuve que les électeurs de LREM voteraient même pour un tabouret à un pied.

Pour la délégation LREM à Bruxelles, Loiseau est un caillou dans la chaussure. 
Le 5 juin, Nathalie Loiseau, ex-tête de liste du mouvement présidentiel aux élections européennes, organisait un point presse en "off" pour quelques journalistes français. Durant son heure de prise de parole, l’eurodéputée fraîchement élue a vivement égratigné la plupart des dirigeants européens avec qui elle est pourtant censée s’allier au Parlement.

A  entendre l’ancienne ministre des Affaires européennes du gouvernement Philippe, l’ancien premier ministre belge et actuel président de l’ALDE, Guy Verhofstadt, aurait des "frustrations rentrées depuis quinze ans". 

Quant à sa collègue néerlandaise Sophie in ’t Veld (parti centriste Démocrates 66), elle aurait "perdu toutes les batailles qu’elle a menées"

Enfin, pour la "romanichelle" de l'ENA, Manfred Weber, PPE, est pour sa part un "ectoplasme" qui n’a "jamais rien réussi", mais est pourtant pressenti pour la présidence de la Commission.

La macronie essaie de faire taire Loiseau

Dans sa diatribe, Nathalie Loiseau a également attaqué l’eurodéputé LREM sortant Jean Arthuis, premier député européen à soutenir Emmanuel Macron. L’ancienne directrice de l’ENA présenta pourtant cet ancien ministre de l'Economie et des Finances comme un "homme totalement aigri". 

A cette agression venue de son propre camp politique, Jean Arthuis - ancien soutien de Bayrou en 2007 - a  répliqué à sa collègue avec ironie. "Je salue l’intelligence politique de Nathalie Loiseau et la sincérité de ses démentis. Entrée prometteuse au Parlement européen", a-t-il lâché sur Twitter lundi soir. 
En langage non-diplomatique, une tourte faisandée...

Le comportement de cette protégée d'Alain Juppé - qui lui confia la direction générale de l'administration du ministère des Affaires étrangères en 2011 - jette le discrédit sur l'ensemble de ses affidés, de Fabienne Keller ou Gilles Boyer à Frédérique Lefebvre ou Jean-Pierre Raffarin, en passant par Edouard Philippe.

lundi 30 mai 2016

Libération, repaire de journalistes arrogants qui méprisent les acteurs politiques et leurs lecteurs

Pluralisme et opposition défrisent les militants socialo-bobos de ce journal

"Le Figaro" comprend de travers les conclusions du FMI sur les causes du chômage (26 mai 2016)
Citant un rapport du FMI, le journal s'est emballé, selon Libération, qui lui explique que "neuf chômeurs français sur dix n’ont aucune chance de retrouver un emploi" du fait de leur profil inadapté. "Contaminant du même coup d'autres media", dont le magazine Le Point et la chaîne de radio Europe 1, estime le journal des hommes d'affaires Bruno Ledoux -propriétaire du siège du journal Libération et du Nouvel Economiste - et Patrick Drahi — président-fondateur du consortium Altice (SFR-Numericable) basé au ...Luxembourg et propriétaire du groupe L’Express, L’Expansion, notamment.
Tout cela pour admettre au final que "la formulation du Figaro («sur un taux de chômage total de 10% de la population, 9% correspondent à des chômeurs "structurels"») est de fait ambigüe." Libération fait la leçon tout en concédant que "la note du Fonds [FMI] mentionnée par le journal ne permet pas de trancher puisqu'elle ne donne aucun chiffre." Libération n'a-t-il pas pourtant tranché contre ses rivaux ?
Selon l'expert concerné du FMI, les 9% cités par le Figaro correspondent à un indicateur, le Nairu, pour Non-Accelerating Inflation Rate of Unemployment, (que Libération préfère ne pas traduire par "taux de chômage non accélérateur d'inflation", c'est-à-dire correspondant à un taux d'inflation constant), lequel est souvent considéré comme équivalent au taux de chômage structurel : en gros, il existe en France un chômage qui ne dépend pas de la conjoncture et que le FMI estime en effet à 9%.
Ce qui importe, c'est ce que pensent les Français de l'intox du gouvernement et non pas les tentatives de Libération (mais aussi de France Info, service public, notamment).

"Non, la hausse des radiations n'explique pas la baisse du chômage" (28 mai 2016)

Le journal militant conteste la déclaration d'Eric Ciotti : "Il y a des doutes [sur la baisse du chômage], on a vu qu’il y a une augmentation très forte des radiations : plus 8 % sur les listes de Pôle Emploi." D'entrée de jeu, sa journaliste, Pauline Moullot, fournit son commentaire avant de donner les faits. "L’annonce d'une forte diminution du nombre de demandeurs d'emplois en mars laisse l’opposition sceptique. Elle dénonce une baisse "en trompe l’œil" et, selon la militante, confond radiation administrative et défaut d’actualisation.




Mais Olivier Marleix ne sait pas de quoi il parle, puisqu'il est élu Les Républicains et diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (1992), ainsi que titulaire d'un DEA de droit public ...
Dans le même camp, Eric Ciotti dénonce sur Radio Classique : "Il y a des doutes, on a vu qu’il y a une augmentation très forte des radiations : plus 8 % sur les listes de Pôle Emploi." Luc Chatel renchérit mercredi sur France Info : "Ce que je crains, c’est que ce soit une baisse en trompe l’œil. Tous ceux qui décortiquent ces résultats depuis hier soir montrent qu’il y a un impact par exemple du nombre de radiations, du nombre de stages."
De son bureau, Mlle Moullot leur reproche (sauf à Olivier Marleix, "rendons-lui justice sur ce point", condescend-elle) de ne pas différencier "radiation administrative" et "défaut d’actualisation", un distinguo ennuyeux sur une radio où le temps est compté.

Or, les désinscriptions ont bel et bien augmenté de 8 % et même 8,3 % exactement, soit une hausse est de 9,3 % sur un an. 
La demoiselle Moullot tente de minimiser l'importance des défauts d’actualisation, assurant que cette hausse n’est pas "massive", au regard des autres motifs de sortie des listes, et Eric Ciotti ne parle que d'une augmentation "très forte".

Ce que la journaliste partisane ne peut nier, c'est l’ augmentation des stages. Plus de 49.000 personnes sont sorties des catégories A, B et C car elles sont entrées en formation professionnelle. Elles étaient 45.000 en décembre. Sur trois mois, le nombre de personnes non comptabilisées car en formation a augmenté de 9,3 %. Sur un an, cette hausse s’élève à 10,6 %.
A cette désinformatrice militante, spécialiste auto-proclamée de la désintox, il est donc conseillé une cure de détox idéologique...  
"Loi travail : 2 000 euros de moins pour un routier, l'argument périmé de Martinez" (30 mai 2016)

L'illustration choisie par Philippe Martinez – les conséquences sur un chauffeur routier – est "contestable pour deux raisons", annonce Libération. La première est que la somme apparaît un poil gonflée. FO avait fait ses calculs et évoquait une perte comprise entre 312 euros pour un chauffeur effectuant 169 heures mensuelles et 2 250 euros pour un chauffeur effectuant 220 heures mensuelles. Jerôme Vérité, secrétaire général de la CGT des transports, ayant, lui, chiffré le manque à gagner annuel à 1 300 euros pour un chauffeur faisant 200 heures. Généraliser la somme de 2 000 euros à l'ensemble des salariés du secteur est un peu caricatural.
Autre raison: ces estimations étaient d'actualité dans le projet d'origine de la loi Valls, dite El Khomri. Or, les routiers ont manifesté contre et, après une semaine de blocages, ils ont obtenu son retrait du champ de la future loi… Jusqu'à une dizaine de jours, le 20 mai, ils étaient encore concernés par l'application de la mesure qui prévoyait des heures supplémentaires de routiers payées à 25%, au-delà d'un certain volume.

Libération finasse pour passer à la trappe le sort que réservait cette loi aux routiers - et encore aux autres secteurs économiques- sans les revendications et les blocages des routes par les transporteurs. Il faudrait le dire à Libération. FO et CGT se sont d'ailleurs félicités dans un communiqué commun que le gouvernement ait "lâché sur les heures supplémentaires du TRM [transport routier de marchandise]". 
Martinez voulait souligner le rôle des syndicats dans le bras de fer actuel.

"
Non, la loi travail n'introduit pas le communautarisme dans l'entreprise" (30 mai 2016)

Libération peut d'ores et déjà l'affirmer. Ne serait-ce que pour contredire le secrétaire général du Front national: L'eurodéputé "Nicolas Bay, n'a toujours pas compris que la nouvelle législation n'apporte rien de nouveau sur le sujet," assure le journal socialiste. Sa jeune journaliste Pauline Moullot (qui a fait ses "classes" à l’AFP de juin 2013 à décembre 2014, avant de rejoindre Libération en août 2015 et de cumuler en travaillant pour Reporterre, "en empathie avec les mouvements écologiste, altermondialiste, et alternatif.") a une expérience considérable qui l'autorise à ajouter avec condescendance: "On lui explique" (au conseiller municipal et régional)...
"Nicolas Bay répète son opposition à la loi travail en fondant son argumentaire sur une ineptie"(sic). Premier reproche à Nicolas Bay: il se réfère à l’un des 61 principes de la commission Badinter sur la liberté religieuse. Ce n'est pas son droit ! D'autant que, selon ce principe, énoncé par l'ancien Garde des Sceaux de Mitterrand, "la liberté du salarié de manifester ses convictions, y compris religieuses, ne peut connaître de restrictions que si elles sont justifiées par l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ou par les nécessités du bon fonctionnement de l’entreprise et si elles sont proportionnées au but recherché."
Paradoxalement, Libération oppose au "plusieurs articles du code du travail, 132-1, 1133-1 et 1321-3 assurent la transposition des dispositions européennes sur les discriminations sur le lieu de travail et citent les convictions religieuses comme l’un des quatorze motifs de discrimination à l’encontre du salarié." Il n'est pas garanti que ces articles ne soient pas eux aussi "périmés" dans le texte final qui sera adopté, sans vote et contre le Parlement, par la force de l'article 49.3.

Libération aurait tellement à faire avec les seules déclaration de Stéphane Le Foll, pourtant porte-parole irascible du gouvernement, qu'il semble avoir renoncé.
PaSiDUPES signale à sa vigilance l'un des mensonges du ministre intermittent de l'Agriculture: lire le blog "Loi Travail - schizophrénie de l'exécutif : Sapin et Valls se contredisent sur une possible modification de l'article 2

jeudi 19 février 2015

Un chauffeur de taxi révèle des célébrités, people et politiques, au naturel

Quand la lèpre n'apparaît pas en façade

Hors du champ des caméras, ils peuvent être odieux

Toufik Abou-Haydar conduit son taxi pari­sien. Il est de l'espèce en voie de disparition sensible à un regard bienveillant ou rêveur croisé dans le rétroviseur et du genre à vous tendre un mouchoir en papier si vous reniflez et à vous demander si la radio ne vous dérange pas. Peut-être même descend-il de son véhicule pour porter une main secourable au chargement du bagage. Depuis vingt-cinq ans,  à l'occasion, il trans­porte des célé­bri­tés. S’il garde un bon souve­nir de la plupart, d’autres en revanche l’ont beau­coup déçu par leur compor­te­ment, raconte Le Parisien qui remet quelques pendules à l'heure à l'heure des conflits corporatifs entre compagnies. 

Ce chauffeur de taxi est-il une balance ou un travailleur offensé ? La banquette de son taxi en a vu des clients qui font regretter d'avoir à se lever le matin pour gagner sa vie. Dans "Confi­dences passa­gères", le chauf­feur de 50 ans, un Libanais instruit, raconte vingt-cinq années de rencontres dans Paris avec des vedettes et de parfaits inconnus et partage des anecdotes savoureuses ou édifiantes.

Le chauf­feur n'a pas oublié sa rencontre avec la comique Anne Rouma­noff : "Je suis désolé de le dire, mais elle a été abso­lu­ment odieuse. Telle­ment odieuse que le pour­boire qu'elle m'a jeté sur le siège passa­ger, je l'ai donné aussi sec à un clochard. Ça me brûlait les doigts.
Ce qui reste tout de même moins "grave" qu’Amanda Lear, qui selon Toufik Abou-Haydar n’a tout simple­ment claqué la porte sans payer la course ! 

Croiser un responsable politique hors caméra peut aussi laisser un souvenir cuisant, comme ceux avec Harlem Désir ou encore Rama Yade, telle­ment coupés du monde qu’ils n’ont même pas le temps de dire "bonjour" et "au revoir".

Mais ce chauf­feur de taxi partage aussi de beaux moments d’émo­tion ou de poésie avec des clients célèbres, comme lors de sa rencontre avec le coutu­rier Jean-Charles de Castel­bajac qui lui offrit un dessi­n de petits anges de son carnet de croquis, pour lui "porter chance". 

Cepen­dant le passa­ger qui a le plus marqué Toufik Abou-Haydar, c’est Guillaume Depar­dieu, qu’il a souvent trans­porté dans son taxi. Il s’est remé­moré la nuit où le fils de Gérard Depar­dieu "a voulu conduire le taxi, vrai­ment, il a insisté pour que je le laisse conduire le taxi en me disant "Moi si j’avais pas fait ce métier de comé­dien, j’au­rais fait le taxi. Parce que j’adore." […] Je trou­vais ça amusant. Il était toujours drôle, sympa et amusant. C’était un monsieur. " Les petits moments dont on se souvient sont souvent laissés par ceux que la vie n'a pas épargnés.

Les histoires les plus folles, il les a vécues avec des inconnus.
 
Le passager ivre mort impossible à réveiller, celui qui fait une crise d'épilepsie... Le client timide qui paye pour faire monter un bouquet de fleurs à une jeune femme. Une épouse trompée qui le fait poireauter des heures devant un immeuble d'où elle suppose - à juste titre - que son mari va sortir. Une prostituée obèse qui s'épanche et tente sa chance... Ou ce vieil amoureux qui lui fait faire un Paris-Brest aller-retour pour retrouver une idylle de jeunesse. 
Il raconte aussi une réalité qui ne fait l'objet d'aucun chapitre : l'immense solitude du chauffeur de taxi. Qu'il se retrouve perdu, sous des trombes d'eau, en forêt de Rambouillet avec son GPS en panne. Ou qu'il dépose un client à la limite de la Normandie et décide sur un coup de tête de garer sa voiture au bord d'un grand champ de maïs, pour s'allonger entre les épis et rêver en pensant au Liban. "Les chauffeurs de taxi sont presque tous des immigrés qui ont fui la guerre, la pauvreté, ou les deux," sourit-il avec mélancolie.

Le petit monde fermé des taxis est en surchauffe

Difficile de trouver un taxi dans Paris?
Le groupe G7 n'en a cure: il règne en maître sur l'Ile-de-France. 
Ce groupe quasi monopolistique est constitué d'une dizaine de sociétés actives dans les métiers de la mobilité (central radio taxi, services aux taxis, location de véhicules), du stockage (archivage, self-stockage, self-stockage mobile), des logiciels spécialisés (SSII) et de la relation clients (centres d’appels). Fondée en 1905, sa filiale la plus ancienne s'est notamment illustrée lors de l'épisode des Taxis de la Marne en 1914 et les Taxis G7 sont aujourd'hui plus de 6 500 en région parisienne.

En 1960, la société-mère a été rachetée par un certain André Rousselet
, un proche de François Mitterrand. Il en a fait le Groupe G7, aujourd'hui présidé et dirigé par Nicolas Rousselet depuis 1996, une entreprise en forte croissance dans son cœur de métier historique et fructueusement diversifiée. 
Avec sa double casquette de loueur et de radio, Taxis G7 est le numéro 1 mondial du taxi avec 16 millions de courses en 2011, 7.400 taxis affiliés à Paris et en province. En 2010, le Groupe a passé le cap du demi-milliard d’euros de volume d’activités.

Une compagnie aussi puissante que la G7 voit d'un mauvais oeil l'arrivée de nouveaux, tel l'américain Uber qui a noté la pénurie de taxis dans la région parisienne et dérégule le marché de l'emploi dans le secteur. S'agissant de taxis, le gouvernement bloque le système; s'agissant des professions réglementées (notaires ou huissiers et pharmacies), il veut faciliter les ouvertures d'officines... 
Alors qu'il est politiquement incorrect de réagir à l'entrée de la main d'oeuvre étrangère sur le marché perturbé par la crise économique, le gouvernement agite les bras armés de la presse contre une société de service de voiture de tourisme avec chauffeur (VTC, estimés à 30.000, au total) et réservable depuis un smartphone, Uber, qui permet de commandez un taxi, un chauffeur privé ou un covoiturage depuis un téléphone portable et connaît une vogue incontestable et correspond donc à une demande des usagers. Bien que collectivité publique, la Mairie de Paris vient pourtant de prendre parti et d'entrer dans le conflit en créant une application mobile destinée à soutenir les professionnels historiques du transport dans la capitale.


Pourquoi Anne Hidalgo se porte-t-elle aux côtés des taxis G7 ?
A Karl Zéro, le député-maire EELV de Bègles, 
Noël Mamère, a affirmé circuler écolo à vélo
La libéralisation du secteur des véhicules de tourisme avec chauffeur, début 2010, et la prolifération d'offres innovantes obligent donc la profession à se réinventer. Pour se déplacer, les Parisiens n'ont en effet jamais eu autant de solutions. Au volant d'Autolib', à l'arrière d'une moto, sur la banquette d'un véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC) ou même calé au fond d'une carriole tirée par un vélo ou un scooter, il y en a pour tous les goûts -malgré les couloirs d'autobus et sans parler de la suppression prévue des voies sur berges, qui l'inquiète au plus haut point. Le nombre de taxis circulant à Paris atteint 19.500. "Il n'y en avait que 14.900 en 2008", rappelle Nicolas Rousselet, qui est à la fois président des taxis G7 et de l'Unit (Union nationale des industries du taxi).

Pour contrer Uber, notamment, le groupe G7 va lancer dans "les prochaines semaines" des taxis collectifs dits "WeCab", présenté par son Pdg comme un "remède anti-crise". Le service sera d'abord exclusivement dédié aux courses vers les aéroports parisiens (Roissy, Orly). Concrètement, on va regrouper les clients qui veulent se rendre dans les aéroports à un prix 35% à 40% inférieur à celui d'une course, avec trois arrêts maximum".

André Rousselet, le père de Nicolas, était sous-préfet quand il devint chef de cabinet de François Mitterrand, ministre de l'Intérieur du gouvernement Mendès France 1954-1955), puis au ministère de la justice, sous le gouvernement Guy Mollet. À l'arrivée du général de Gaulle, il devient propriétaire de la G7, qu'il développa en groupe G7. A partir de 1965, à chaque campagne présidentielle de François Mitterrand, il se chargea de rassembler les financements nécessaires à son organisation et siégea à l'Assemblée nationale jusqu'en 1968. 
En 1981, après une année à l'Élysée en tant que directeur de cabinet, il obtint la direction de Havas, multinationale française de conseil en communication et agence de publicité. André Rousselet a aussi été l'exécuteur testamentaire de François Mitterrand.
En novembre 1984, le président François Mitterrand lui confie la fondation de Canal+, chaîne privée de télévision, concurrente du service public. Première chaîne à péage du paysage audiovisuel français, elle s'impose pourtant facilement par son ton et à la faveur du courant de libération de la bande FM et la multiplication des radios libres, à côté de Radio France.
Toute "frondeuse" qu'elle soit, Anne Hidalgo entretient les liens anciens entre la G7, Canal+ (et i-télé ou D8) et le PS.


dimanche 24 février 2013

Nouveau scandale alimentaire: il y a du porc dans le DSK

Le Monde se penche sur le bout de surimi des hommes de pouvoir 

La couverture de Time après l'arrestation de DSK. Déjà le porc a mauvaise presse.

"C’est parce que tu étais un porc que je suis tombée amoureuse de toi."

"Cela a été l’expérience la plus poétique, la plus dense, la plus cruelle, la plus belle, la plus puissante de ma vie ». [Les enfants, allez vous coucher] Pour avoir écrit ces lignes dans un ouvrage qui fait scandale, « Belle et bête » (Stock), présenté en bonnes feuilles dans Le Nouvel Observateur de jeudi, la philosophe Marcela Iacub se retrouve au pilori des médias. L’Express, outragé, n’hésite pas à écrire le 21 février : « Marcela Iacub, folle d’un «cochon » a donc écrit un livre de « truie ».» Beaucoup de journaux lui reprochent d’avoir jeté sa vie sexuelle en pâture pour se faire de l’argent - les mêmes qui encensaient les confidences de l'autofiction. DSK lui-même, dans une lettre ouverte auNouvel Observateur, parle d’« une atteinte méprisable à ma vie privée et à la dignité humaine », et reproche à l’écrivaine de l’avoir « séduit », pour tout déballer ensuite (l'homme a donc du sentiment).

Que nous dit Marcela Iacub qui fait tant de bruit ? 
Il y a du porc en DSK, comme du cheval dans les beafsteaks des grandes surfaces. Ce n'est pas un scoop. C’est parfois évoqué sur un ton de midinette - de «sainte » écrit-elle (certains extraits rappellent les émois effarouchés de l’héroïne de l'harlequinade « Cinquante nuances de Grey » devant son cruel amant). Des journalistes disent qu'il s'agit d'un non-événement. C'est vrai. Ces confidences érotiques, qui font parfois penser au film de Patrice Leconte «Ridicule» (ces récits à la fois dramatiques et futiles des moeurs des puissants avant la Grande Révolution), semblent bien dérisoires en ces temps de grave crise sociale et de chômage chronique - un tel décalage de préoccupations entre les élites médiatiques et le peuple est révélateur de l'époque (annonçant sans doute de puissantes frictions). Cependant, si leNouvel Observateur se vend comme des petits pains, ceci expliquant sans doute cela, Marcela Iacub dit deux ou trois choses intéressantes sur les paradoxes de l'amour, la sexualité et sur le droit démocratique (elle est juriste).

La philosophe avoue d'emblée : « Tu étais égoïste, tu étais brutal et tu n’avais aucune culture. Et j’étais folle de toi ». [De quoi épater le bourgeois !] Elle nous raconte là une vieille histoire. Elle n’est pas la première, ni la dernière, à aimer une brute. Tant d’autres femmes l’ont fait avant elle, l’ont écrit, regretté, adoré, chanté. Souvenons-nous de Billie Holiday (puis d'Edith Piaf), saisi par le blues de l’amour fatal dans « It’s my man » : «Has he two or three girls. That he likes as well as me. But I love him. I don't know why I should. He isn't true. He beats me, too. What can I do ? It’s my man». [Il fallait comprendre que ce n'était pas de la littérature] Marcela Iacub nous rejoue cette partition, sur le mode de l'auto-fiction. Elle le reconnaît, l’animal sexuel DSK l'a bouleversée, violentée, elle a voulu comprendre cette fascination en écrivant le livre. Car, dit- elle, pour l'écrivain seule l’écriture pense, creuse la falaise. [Il n'est plus possible de fantasmer sur une chanson: aujourd'hui, les textes éclaboussent les berges de nos rues et les flaneurs plongent de gré ou de force dans le sturpe;  les enfants en restent tout songeurs...]


Après les déclarations
contradictoires de Me N. Diallo.
"La bonne de DSK, une pute"
Nous savons tous ce qui se joue de joie et de plaisir trouble dans des relations de tension entre les sexes et de masochisme amoureux (s’il faut parler avec ces catégories). Nombre d'écrivains, Barbey d’Aurevilly, Villiers de l’Isle d’Adam, Swinburne ont décrit ces tourments noirs, la part sombre et jouissive de la passion - sans oublier Baudelaire, qui écrit dans « Fusées » : « L’homme et la femme savent de naissance que dans le mal réside toute volupté. » Marcela Iacub nous redit cette vérité trouble - toujours dérangeante, qui a tant inquiété les féministes. Elle a aimé que DSK soit «un chien», de ces clébards qui aiment « toutes les chiennes en chaleur sans distinction ». Elle a aimé être sa chienne, comme certaines femmes disent dans un lit parfois (et comme chante Léo Ferré dans « Le chien » ). Elle a aimé qu’il lèche son mascara, qu’il soit dégoûtant (d’aucunes diraient : «qu’il soit un bon coup » ?). 


Ce n’est pas un scoop de rappeler qu’il y a de l’animal et de la brutalité dans le sexe, chez l’homme et la femme qui roulent sur un matelas, ni que DSK comme d’autres soit « mi homme-mi cochon », mais le plus surprenant est que Marcela Iacub soit attaquée parce qu’elle défend cette vérité compliquée, tourne autour, la réfléchit - «on sait que la plupart des humains n'aiment le sexe que dans certaines conditions. Qu'ils cherchent que l'objet de leurs désirs ait des beautés qui rachètent un acte qui peut être dégoûtant autrement» -, qu'elle la répète depuis l’affaire du Sofitel, comme dans son essai «Une société de violeurs ? » (Fayard, 2012). Pour elle, la plupart des médias, en France et plus encore aux Etats-Unis, tout comme une partie des féministes et des intellectuels ont fait preuve d’un acharnement bien-pensant contre l’homme politique déchu en condamnant sa vie sexuelle débridée, ses parties carrées ( « La double vie effarante de DSK » titrait L'Express en septembre 2012), en l’assasinant au fond de l’ambulance, ou encore en le traitant de « malade » (comme Michel Onfray), alors, rappelle-t-elle, qu’à ce jour aucune condamnation pour viol n’a été retenue contre lui - le doute ne profite pas au cochon.



Bien sûr, l’éthique politique peut reprocher au politicien à un poste de responsabilité de ne penser qu'à ça et de se mouiller avec des souteneurs - avec le risque de conflit d'intérêt et de dépendance au chantage que cela implique -, mais dès lors qu’il est retiré des affaires ? Doit-on reprocher, demande Marcela Iacub, à l’homme redevenu un quidam de découcher, fréquenter des prostituées ou de participer à des orgies ? Ne faut-il pas dans une société démocratique, laisser aux hommes le droit de mener leur vie cochonne « sans qu’un juge leur demande des comptes » ? [La réponse est dans la question, mais est-ce le sentiment de l'épouse, Anne Sinclair, en l'espèce ?] Sans qu’une loi condamne les clients des prostituées, comme le veulent les féministes socialistes. Sans qu’on les traite comme des cas pathologiques ? Sans qu'on parle de violence faite aux femmes quand le désir devient féroce (« Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny. Moi j'aime l'amour qui fait boum ! » chantait Magali Noël). Quand elle défend ce droit à la part maudite de chacun, tout comme quand elle refuse qu'on victimise les prostituées indépendantes, Marcela Iacub fait preuve d'un certain courage - elle interpelle le moralisme ambiant. Là voilà partout décriée. 

Depuis quelques années, on entend beaucoup que la nouvelle maladie d’époque serait la dépendance sexuelle. En novembre 2011, le siteNewsweek-Daily Beast parlait d’une véritable «épidémie » dans le monde occidental. Grâce aux tabloïds, nous connaissons toutes les célébrités atteintes, Michael Douglas, Tiger Woods, David Duchovny… et DSK. Tous des porcs - des dépendants. Aux Etats-Unis, une société de thérapeutes estimait fin 2011 que 3 à 5% de la population est atteinte, soit 9 millions de gens - cela fait beaucoup, va-t-il falloir mettre des policiers et des caméras à tous les carrefours ? Les symptômes ? Chercher sans cesse des nouveaux partenaires. Éprouver une envie permanente de plaisir sexuel. Regarder beaucoup de pornographie sur Internet (où elle d'accès libre et gratuit). Fréquenter des personnes faciles et des prostituées. Ne jamais s’arrêter, quitte à mettre en danger sa famille ou sa réputation. Ce «trouble hypersexuel» et cette «nymphomanie» hypermodernes viendraient de la combinaison fatale de la sexualisation des tenues féminines (on sait que cette critique a jeté des "sluts walks", des "marches de salopes" revendiquées dans 150 villes autour du monde), la prolifération des « escorts» indépendantes, l’accès libre aux sites pornos et l’effondrement des valeurs familiales.


Tout comme Marcela Iacub, un psychologue clinicien américain, David J. Ley, a dénoncé cette " imposture" et cet excès de pudibonderie dans son essai « Le mythe de la dépendance sexuelle » (ed. Rowman, Mars 2012). Selon lui, la prétendue addiction sexuelle a existé de tout temps, mais elle est devenue un fromage pour les milliers de psys qui la repèrent et la traitent, souvent à prix d’or (5000 $ par jour pour Tiger Woods). Ce sont certains d'entre eux, organisés en lobby, qui publient des statistiques fantaisistes visant à transformer tout époux volage, femme « adultère » ou client de prostituée en « malade », confondant à dessein l'impulsion du désir et la quête érotique - le dionysiaque dans l'homme - avec la compulsion sexuelle incontrôlée. Ils développent une pernicieuse entreprise de moralisme conjugal pour faire valoir leur profession, essaimer des sentiments de honte (comme si la honte pouvait fonder une morale), amplement relayée par les médias people dénonçant les frasques des personnalités - n'oublions pas qu'aux Etat-Unis, un écart de conduite conjugal est fatal au politicien. 


Ces psys, selon David J.Ley, s'appuient sur un concept vague de dépendance sexuelle, non reconnu en psychiatrie clinique. Dans les faits, remarque-t-il, aucun « dépendant sexuel » n’est encore mort d’une overdose de sexe. Quant à la corrélation entre le visionnage de pornographie et le viol, après maintes recherches, sur des années, elle n’est toujours pas avérée - des études faites auprès de 688 jeunes couples Danois, femmes et hommes, menées en 2008 par le sociologue Neil Malamuth montrent même que la pornographie contribue souvent à une vie sexuelle plus inventive*. Finalement, pour David J.Ley, ces psychologues refusent d’admettre le libre-arbitre d’une vie libertine, tout comme la réalité des plaisirs hors-mariage, les associant bien rapidement à des phénomènes compulsifs, auto-destructeurs ou asociaux. Laissons un psychanalyste français plus subtil le mot de la fin, Samuel Lepastier, qui déclarait dans Elle le 22 février, à propos de la sombre popularité de DSK : « Il existe en chacun de nous une part de désir sauvage, d’animalité refoulée en permanence. Un homme célèbre comme DSK, accusé de toutes les turpitudes, nous permet de projeter sur lui notre part d’ombre. C’est la logique du bouc émissaire. On lui fait endosser des désirs, des fantasmes qu’on n’ose pas s’avouer à soi-même. »

* http://link.springer.com/article/10.1007%2Fs10508-007-9212-1