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lundi 30 mars 2020

Municipales: Macron ne décide plus de rien, suggère Bayrou

"Macron voulait reporter le scrutin," assure le maire de Pau

Qui décide à l'Elysée ? Les oppositions ?

Le passage à l'heure d'été serait donc fatal au "maître des horloges" : alors que le 1er tour s'est tenu malgré l'épidémie de coronavirus et que la décision du président est lourde de conséquences en vies humaines, le maire de Pau assure que le "chef de guerre" s'est laissé dicter sa conduite par l'opposition, en dépit des mesures de confinement décrétées par le premier ministre. 

Deux semaines après les municipales qui ont contribué à la propagation du virus, le maintien du premier tour des élections municipales malgré l’épidémie de coronavirus continue de susciter l'indignation, puisque que nombre d’assesseurs ont été testés positifs au Covid-19 et que plusieurs responsables politiques dénoncent un scandale.

Bayrou a mis le temps, mais il a mûri la contre-offensive

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Dans Le Figaro de ce lundi 30 mars, le président du MoDem François Bayrou tente de maquiller les faits. Le mis en examen continue de sévir, malgré des faits de "complicité de détournement de fonds publics" dans l’affaire des assistants parlementaires européens du parti centriste. Il ne craint pas d'affirmer que l’option du report avait non seulement sa préférence, mais aussi celle d’Emmanuel Macron. Que ne l'a-t-il clamé plus tôt, et surtout avant la prise de décision de Macron qui a envoyé des Français au casse-pipe

Le Monsieur Propre jauni se donne le beau rôle. 
"Dès lors qu’on devait fermer les écoles, puis les bars et les restaurants, il était évident pour moi que la conclusion logique et immédiate ne pouvait être que le report des élections.
"C’était précisément l’avis du président de la République”, assure celui qui sonde les reins et les coeurs

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Macron a eu ceux que
le LBD 40 de Castaner a manqués
Et l'aigri qui a foiré tout ce qu'il a tenté de pointer les pressions exercées sur l’exécutif: “les oppositions ont poussé de hauts cris en criant [ce ministre de l'Education souille l'image de l'agrégation de lettres] au déni de démocratie. Le consensus nécessaire est devenu impossible et la décision n’a pas été prise”. Le chef de guerre n'en impose plus qu'à ses godillots de l'Assemblée. 

Sans consensus politique sur le sujet, tout utilisateur de l'article 49;3 et des ordonnances qu'il soit, Jupiter ne pouvait obtenir l’union nationale qu’il appelait de ses voeux, alors que celle-ci s'est depuis concentrée sur le Covid-19. 

Le matin même, "devant les responsables politiques du pays”, Macron n'avait pas envisagé le maintien, explique Larcher, du fait, précise-t-il que "le stade 3 n’est alors pas d’actualité".  

Le tordu-de-Pau ne rappelle pas que, le même soir, l'exécutif avait viré casaque et que le maintien devenait incohérent:  “Samedi soir, la situation change: intervention du premier ministre, confirmation du stade 3 avec ses restrictions”. 

lundi 16 décembre 2019

Corinne Lepage va déposer plainte contre Bayrou pour "dénonciation calomnieuse"

L'ancien garde des Sceaux de Macron sous le coup de nouvelles poursuites en justice?

L'ex-ministre de l'Environnement de son ami Juppé s'apprête à déposer plainte contre François Bayrou pour "dénonciation calomnieuse"


Les malheurs du MoDem s'aggravent depuis l'affaire des emplois fictifs présumés de ses assistants d'eurodéputés. 
L'entourage de Monsieur Propre dénonce "un coup de communication médiatique" et aussi une plainte non-fondée, les propos dénoncés par Mme Lepage ayant été tenus confidentiellement devant les enquêteurs, dans le cadre des droits de la défense.

Entendu en septembre par la police sur cette affaire d'assistants détournés de leur fonction officielle, le président du MoDem a détourné l'attention en accusant Corinne Lepage de tentative pour "escroquer" les maires des communes bretonnes touchées par la marée noire de l'Amoco Cadiz en 1978. a-t-elle indiqué dimanche.  

Or, "des décisions de justice montrent le contraire. Il m'impute des faits calomnieux, alors que je suis une femme d'une totale probité", réplique l'avocate Corinne Lepage.
En 1996, la cour d'Appel de Versailles lui avait ordonné de rembourser 4,8 millions de francs d'honoraires aux communes bretonnes, mais C. Lepage avait obtenu finalement gain de cause auprès de la justice.

Le conflit personnel entre ces deux politiciens et anciens alliés est au coeur de l'affaire des assistants d'eurodéputés du MoDem

Ce qui vaut à Bayrou sa mise en examen début décembre à Paris pour "complicité de détournement de fonds publics".


Ex-eurodéputée en rupture avec le MoDem,
Corinne Lepage avait affirmé dans un livre de 2014 que le parti de Bayrou avait "exigé" d'elle de mettre un de ses assistants parlementaires européens à disposition du parti centriste, ce qu'elle avait refusé et ce que le MoDem dément.

Témoin clé de l'accusation dans cette affaire, elle a réitéré ces propos en juin 2017 et juin 2019 devant les enquêteurs, toujours à la recherche du document qu'elle assure avoir refusé de signer.

Pour la défense du MoDem, le seul engagement pris par C. Lepage, et respecté pendant deux ans jusqu'à leur rupture, était celui de contribuer à la dotation de la délégation française du parti centriste européen, l'ALDE.

Interrogé en septembre sur leurs versions contradictoires, Bayrou a mis en avant leur conflit personnel, évoquant notamment le contentieux d'honoraires qui était né entre l'avocate et des maires bretons proches de lui.

Ce contentieux avait contrecarré le souhait de C. Lepage de se présenter dans l'Ouest aux Européennes de 2009, selon plusieurs affidés du MoDem interrogés par les enquêteurs. Elle avait finalement été candidate et élue dans les circonscriptions du Nord.

lundi 2 décembre 2019

Sylvie Goulard, MoDem, mise en examen ce jour pour "détournement de fonds publics"

Une ex-ministre des Armées de Macron, démissionnaire et, désormais, mise en examen 

L'ex-eurodéputée MoDem est inquiétée à son tour
 pour des emplois présumés fictifs d'assistants de députés européens
Goulard avait été pressentie pour être premier ministre
à la place de Philippe



L'élue du parti vertueux parti centriste de Bayrou (2009-2017) - que Macron a bombardée sous-gouverneure de la Banque de France - est  mise en examen dans une enquête pour "détournement de fonds publics" qui lui a déjà valu le rejet de sa candidature par la nouvelle Commission européenneLa nouvelle est tombée ce lundi 2 décembre, une semaine après celles de l’ancien ministre de la Justice et ex-trésorier du MoDem, Michel Mercier, et du directeur financier du parti, Alexandre Nardella.

L’éphémère ministre des Armées de Macron au gouvernement d’Edouard Philippe,  est soupçonnée par la justice française d’avoir participé à un système mis en place par François Bayrou et consistant à faire rémunérer des salariés du MoDem par le Parlement européen comme assistants alors qu’ils n’exerçaient aucune fonction à  Strasbourg, mais étaient utilisés par le parti à Paris.

Une méthode permettant ainsi au MoDem de soulager ses finances en berne. Selon un rapport des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCCLIFF), le parti centriste aurait mis en place une "institutionnalisation du prêt d’assistants parlementaires".

Déjà interrogée le 10 septembre par la police judiciaire, Sylvie Goulard avait rencontré certaines difficultés à expliquer la nature du travail effectué par son assistant parlementaire Stéphane Thérou, actuellement directeur de cabinet de François Bayrou à la mairie de Pau. 

En avril dernier, des policiers ont perquisitionné le domicile palois de Stéphane Thérou. Le maire de Pau et président du MoDem François Bayrou a précisé que S. Thérou avait travaillé comme assistant au Parlement européen "du général Philippe Morillon (...) et pour l'eurodéputée Sylvie Goulard.".

Après une enquête préliminaire du Parquet de Paris en mars 2017, visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, puis une enquête visant spécifiquement le MoDem, une information judiciaire contre X, confiée à des juges d'instruction parisiens avait été ouverte en juillet 2017 pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".
La justice cherche à savoir si des collaborateurs d'eurodéputés ont été rémunérés par des fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient affectés à des tâches pour le MoDem.

Une quinzaine de personnes convoquées

Dans le cadre d’une procédure similaire de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), S. Goulard, candidate malheureuse de la France à la Commission européenne, avait dû rembourser 45.000 euros, 5.625 euros mensuels : la somme correspondait à huit mois de salaire d’un de ses assistants, pour lequel elle n’avait pas pu fournir "de preuve de travail".

Le Parlement européen a depuis sommé deux anciens eurodéputés du MoDem, de lui rembourser plusieurs milliers d’euros dans le cadre d’une procédure administrative sur l’emploi présumé fictif de leurs assistants. Jean-Luc Bennhamias, ancien des Verts élu sous l’étiquette du MoDem entre 2009 et 2014, devra rembourser environ 45.000 euros, pour l’emploi de deux assistants à temps partiel. Nathalie Griesbeck, eurodéputée centriste de 2004 à 2019, devra, quant à elle, payer "environ 100.000 euros".

L’enquête de la justice française avait conduit à la démission de Sylvie Goulard du gouvernement composé par Macronen juin 2017, suivie par celle de Marielle de Sarnez et de l’ancien garde des sceaux François Bayrou qui s’apprêtait à porter le projet de loi sur la... moralisation de la vie publique.

Les interrogatoires doivent se poursuivre jusqu’au 6 décembre, date à laquelle le président du MoDem, François Bayrou, est attendu dans le bureau de la juge d’instruction du pôle financier Charlotte Bilger. Au total, une quinzaine de personnes – eurodéputés, assistants parlementaires et cadres du parti – ont été convoquées.

Bayrou a assuré jeudi qu’il ne démissionnera pas de la mairie de Pau s’il était mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés de son parti, pas plus que Goulard ne démissionne de la Banque de France. "Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française", avait-t-il également relativisé dans un amalgame indécent lors d'un entretien avec RMC. 
Selon la version qu'il donne de l'organisation du financement occulte de son parti, les collaborateurs travaillaient "à temps partiel" pour le MoDem et "étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l’autre faction du temps par notre mouvement". "Qu’est-ce qu’il y a de répréhensible à ça ?"
Le tribunal jugera "en toute indépendance" quand il aura face à lui son ancien ministre de la Justice.

vendredi 22 novembre 2019

Michel Mercier, ancien garde des Sceaux, mis en examen

Rebondissement dans l'affaire des emplois fictifs présumés d'assistants d'eurodéputés MoDem 

Michel Mercier n'a jamais été élu au Parlement européen mais a occupé le poste de trésorier du MoDem jusqu'en 2009

Illustration.
Chargés de l'enquête sur des emplois présumés fictifs des assistants d'eurodéputés du MoDem, les juges d'instruction veulent établir la part des responsabilités et l'ont mis en examen mercredi pour "complicité de détournement de fonds publics", a précisé une source judiciaire ce vendredi.
 
L'ancien ministre de la Justice (2010-2012) est mis en cause pour avoir occupé la fonction de "tiers payant" qui consistait à payer les salaires des assistants des eurodéputés.

"On ne jugeait pas du travail, on n'avait pas autorité sur les salariés, avait-il fait valoir auprès des enquêteurs de l'office anti-corruption à Nanterre (OCLCIFF), un service de la Direction centrale de la Police judiciaire, expliquant le 9 juillet qu' "on était uniquement payeurs, c'est tout".

Au total, les juges du pôle financier du Tribunal de Paris ont convoqué une quinzaine de personnes, dont des eurodéputés et des cadres du parti, en vue de leur mise en examen.

Les auditions, dirigées par la juge Charlotte Bilger, ont débuté le 15 novembre avec une première mise en examen : le directeur financier du MoDem Alexandre Nardella, accusé de "complicité de détournement de fonds publics" et de "recel".

Les interrogatoires vont se poursuivre jusqu'au 6 décembre, date à laquelle le président du MoDem, François Bayrou, est attendu au tribunal de Paris.
Marielle de Sarnez, députée européenne de 1999 à 2017 et numéro deux du parti centriste, et Sylvie Goulard, députée de 2009 à 2017 et actuellement sous-gouverneure de la Banque de France, doivent être auditionnées début décembre.

Les magistrats cherchent à déterminer si des collaborateurs parlementaires ont été rémunérés par les fonds du Parlement européen alors qu'ils étaient en réalité affectés à d'autres tâches pour le parti centriste.

L'ouverture d'une enquête préliminaire du Parquet de Paris, en juin 2017, avait entraîné la démission du vertueux François Bayrou - donneur patenté de leçons - du poste de ministre de la Justice, lui aussi, de même que celles de Marielle de Sarnez du poste de ministre des Affaires européennes et de Sylvie Goulard du poste de ministre des Armées.

Michel Mercier, 72 ans, est mis en cause depuis 2017 dans une autre affaire d'emploi présumé fictif.
Celle-là concerne cette fois l'emploi de l'une de ses filles et de son épouse. L'enquête préliminaire est toujours aux mains du parquet national financier (PNF).

lundi 17 septembre 2018

Anti-parlementarisme : les sénateurs LREM boycottent la commission d’enquête sénatoriale

Affaire Benalla : un ancien chef des Armées, Alain Richard, sonne la retraite

Affaire Benalla : comme des moutons, les sénateurs LREM boycottent la commission d’enquête 



Le sénateur du Val-d’Oise Alain Richard (photo) a donné le signal et l'ex-socialiste a été suivi comme un seul homme par l’élu de Seine-et-Marne, Alain de Belenet, ainsi que par le vice-président du Sénat, Thani Mohamed Soilihi

Les trois représentants du parti d’Emmanuel Macron à la Commission d’enquête sénatoriale ne veulent pas être mieux informés sur le rôle de Benalla auprès de Macron et ils ne participeront pas son audition au Sénat.
Les trois sénateurs ont obtempéré à la suite du petit coup de fil d’Emmanuel Macron au président de la chambre haute. La cloison séparant les pouvoirs n'est pas très étanche au sommet de l'Etat...

Les critiques de la droite et le rappel au respect des institutions lancé par l’allié François Bayrou n’ont pas stoppé le parti du président dans sa fuite. Les trois pleutres ont confirmé ce dimanche qu'ils ne prendront aucune part active à la commission d’enquête sur " l’affaire Benalla ". Ce boycottage de l’audition de l’ancien chargé de mission du président est une dérobade que l'opposition n'avait évidemment pas pratiquée. Dans la majorité présidentielle, la démission de Frédérique Dumas (députée LREM) condamne ce refus d'assumer des responsabilités constitutionnelles.

Selon Alain Richard, 73 ans, après certains ministres, petit doigt sur la couture du pantalon, tels Casanier et Belloubet, et les élus de la majorité, le Sénat empiéterait sur la procédure judiciaire - puisque Alexandre Benalla est mis en examen pour violences - et ne respecterait pas la séparation des pouvoirs.

Mais, l'ancien ministre de la Défense (1997-2002) de Jospin joue au petit soldat et livre ainsi un combat de trop. La constitution autorise en effet le Sénat à organiser une commission d'enquête pour obtenir des informations complémentaires sur les faits pour lesquels une enquête judiciaire n'est pas ouverte. C'est donc un mauvais procès d'intention que conduit LREM en développant la thèse d'un empiétement du législatif sur le judiciaire, et ce, à seule fin d'empêcher que toute la lumière soit faite.

Les sénateurs des autres partis, eux, sont déterminés à éclaircir les zones d’ombre qui entourent encore cette affaire devenue d’Etat. Que faisait le chargé de mission en casque et brassard de police ce jour de manifestation du 1er mai ? Pourquoi personne ne l’a empêché d’intervenir et de brutaliser des manifestants ? Comment se fait-il qu’il possède un permis de port d’armes alors que l’Elysée assure qu’il n’assurait pas de " mission de police " ? D’ailleurs, quel rôle jouait-il vraiment au palais avant d’en être licencié en juillet ? Les trois compères ne veulent pas savoir...

Benalla "nimbé de l’aura de l’Elysée " en l'absence du président en Nouvelle-Calédonie

Alexandre Benalla pourra effectivement ne pas répondre aux questions qui concerneraient directement la scène de violence filmée qui a révélé l’affaire, mais il sera présent pour expliquer quelles étaient ses fonctions réelles auprès du président, sur l’effectivité de la sanction prononcée à son encontre après les violences ou encore sur les largesses supposées qui lui ont été accordées après l’épisode du 1er mai.

"Qui est ce bagagiste, comme l’a dit M. Castaner, cette petite frappe, M. Benalla, pour qu’il puisse bénéficier du soutien de tout l’appareil d’Etat ? " s’était notamment étonné le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau. 
La veille, Alexandre Benalla avait insulté les parlementaires en expliquant n’avoir "aucun respect " pour eux. C’est "un jeune homme de 26 ans, nimbé de l’aura de l’Elysée, (qui) a cru qu’il pouvait se moquer des règles et des usages", avait alors commenté François Bayrou, partenaire de 'La République en marche' dans la majorité.

Un boycottage partiel au prétexte fallacieux de la séparation des pouvoirs

Bien que le principe de séparation des pouvoirs n'ait pas été malmené par la Commission d'enquête des députés, l'exécutif fait campagne pour tenter de discréditer les sénateurs en trompant le jugement des Français avec des a priori sur un risque que pourrait lui faire courir la Chambre haute.

Pour les sénateurs LREM, il ne s’agit d'ailleurs pas de boycotter totalement la commission à laquelle ils ont jusque-là participé. "J’ai été assidu à cette commission, je trouvais qu’il y avait un travail d’analyse à faire, notamment sur les déplacements de fonction," a admis le jospiniste Richard.
Il s'agit donc bien de jeter la suspicion sur les sénateurs.  "Mais je ne crois pas du tout que l’audition d’Alexandre Benalla soit utile d’un point de vue institutionnel ", a nié l’ancien ministre socialiste Alain Richard, sénateur du Val d’Oise, sur BFM TV. 

Et de feindre un risque que les vieux sages de la Chambre haute d’empiéter sur la justice : "J’ai rappelé à mes collègues qu’il serait quasiment impossible de ne pas concentrer la moitié ou les trois quarts du débat sur un sujet qui est devant une instruction judiciaire, ce qui est un détournement de mission […] Je ne crois pas que par cette audition nous donnions le meilleur exemple", a-t-il encore jugé. Malgré le précédent respectueux de la Constitution à l'Assemblée : Richard, comme Benalla, n'a-t-il "aucun respect pour les sénateurs" dont il est.

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Alain Richard a par ailleurs été suivi d’un autre élu LREM francilien, le sénateur de Seine-et-Marne Alain de Belenet, un avocat, photo de gauche, ainsi que l’élu de Mayotte, vice-président du Sénat, Thani Mohamed Soilihi, photo de droite, un autre avocat inscrit sous l'étiquette divers gauche et membre de la commission des lois...

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Bien qu'il ne siège pas à la commission mais aurait pu y assister en tant que chef de file des sénateurs En Marche!, François Patriat, 75 ans, a fait l'annonce qu’il ne fera pas usage de son droit, pour les mêmes raisons que les trois autres sénateurs, souligne la volonté d'entrave du travail parlementaire par les quatre élus.

Quant à Alexandre Benalla, il étudie " tous les recours possibles " pour éviter de devoir honorer sa convocation au 19 septembre.

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mercredi 12 septembre 2018

Les députés MoDem peinent à marcher dans les pas de l'exécutif

Les centristes macroniens craignent de faire les frais de la politique de Macron dans leurs circonscriptions

En dépit des signaux de détresser adressés par ses troupes, François Bayrou reste fidèle au chef de l'Etat

Le groupe MoDem à l’Assemblée nationale continue de s'assurer de la protection de la majorité présidentielle LREM à l'Assemblée mais, sur le terrain, ils commencent à prendre la mesure des couleuvres avalées. Or, en cette nouvelle rentrée parlementaire, l'approche des Européennes crispe l'alliance. 

Les députés, fidèles au chef de file MoDem, commencent à en avoir assez d'essuyer les critiques des électeurs plus que mécontents dans les circonscription. "Nos mandats sont fragiles. Nous le savons. Alors quand on entend "on ne vous a pas élus pour cette politique", ben, ça fait réfléchir. Et personnellement je ne m’y retrouve d’autant moins qu’on ne nous écoute pas", gronde un député MoDem, harcelé par les retraités, les chômeurs et autres précaires de son département.

Les élus MoDem font remonter au sommet le sentiment grandissant d’être pris "pour de la roupie de sansonnet". Au cœur de leurs récriminations contre le Président et son gouvernement, le manque d’une politique sociale clairement affichée. "Bien évidemment que le compte n’y est pas en matière sociale en cette rentrée", s'irrite Bruno Fuchs, député apparenté MoDem du Haut-Rhin pointant  du doigt les déclarations du premier ministre sur la non-indexation des retraites sur le coût de la vie et les menaces pesants sur la politique familiale.

"Nous ne sommes clairement pas assez entendus. Le volet social et humaniste que nous défendons n’est pas assez pris en compte par le gouvernement. Il faut que nous soyons plus revendicatifs, que nous montrions plus ce que nous sommes et que nous exprimions plus clairement nos convictions", tempête, à l’unisson avec son collègue, Richard Ramos, le député MoDem du Loiret. "ON ne nous a pas entendus quand nous avons dit que le plafond du montant des retraites pour l’augmentation de la CSG était trop bas", conteste-t-il. Le plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté qui doit être présenté jeudi sera-t-il de nature à apaiser leurs états d’âme, quand on sait que les promesses sont revues à la baisse ?

Les juppéistes ne manifestent pas les mêmes impatiences

En décembre 2017, François Bayrou exhortait déjà le gouvernement à marcher sur ses deux jambes lors du congrès du MoDem. En cause, le volet économique et surtout le volet social. 

Des critiques exprimées une nouvelle fois un semestre plus tard lors d’un conseil national du MoDem, en juin dernier. Devant ses troupes clairsemées, l'ancien ministre d'Edouard Philippe s’en était pris sans ménagement à la politique de Macron. Des amertumes réservées au huis-clos de la rue de l’Université, siège du MoDem.

Début septembre, les députés les plus libres ont demandé à leur chef de file de monter cette fois publiquement au créneau. "Il faut qu’il s’exprime et fortement", souhaite anonymement l’un d’entre eux. Pour le moment, le démissionné du gouvernement s’est contenté d’un entretien avec le quotidien de sa région pour annoncer qu’il ne serait pas tête de liste aux prochaines européennes : le sujet de ses ambitions personnelles reste sa priorité.

"Tout ce qu’il a à dire, il le dira lors de l’université de rentrée du MoDem [qui se tiendra à Guidel dans le Morbihan du 21 au 23 septembre]", précise de son côté Marielle de Sarneznuméro 2 du MoDem et  présidente -par protection- de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. 
"Nous sommes pleinement à l’aise dans cette majorité, assure Richard Ramos, très lucide sur sa dépendance à LREM, sans addiction, et nous souhaitons tous qu’elle réussisse"
"Nous serons très attentifs à ce que les efforts demandés ne pèsent pas sur les plus fragiles déjà lourdement mis à contribution et nous serons tous d’accord pour nous opposer à la fin du repos dominical", nuance, en bon démocrate chrétien, Jean-Noël Barrot, porte-parole du Modem et député des Yvelines.

Les élus MoDem se plaignent d'être classés parmi les "gens qui ne sont rien" 

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Au bord de la fronde, les députés MoDem commencent à exprimer leur ras-le-bol de ne pas être entendus. Leur décision de présenter leur propre candidat - pour la forme- à la présidence du perchoir en est le symbole. Officiellement, il s’agit pour Marielle de Sarnez de "montrer que nous sommes présents. Ce n’est pas une candidature contre Ferrand, insiste-t-elle. Le MoDem exprime sa sensibilité et sa volonté de voir le Parlement exister dans la plénitude de ses pouvoirs". C’est la raison pour laquelle la candidature de la benjamine du groupe Sarah El Haïry, députée de Loire-Atlantique, a été avancée - le groupe devait en débattre dans la soirée de mardi. Une candidature alternative leur éviterait de voter pour Richard Ferrand, le patron du groupe LREM qui n’est pas le meilleur exemple de la "république exemplaire" défendue par Macron et Bayrou.

Dès le début de l’affaire Benalla, l'ex-député des Pyrénées atlantiques n'a pas hésité à écorner son image de "monsieur propre", pourtant déjà souillée par l'affaire d'emplois fictifs européens : François Bayrou aime d'autant plus l'UE que le Parlement européen rapporte à son parti... Sa surenchère de loyauté à l’endroit du chef de l’Etat utilisa les mêmes éléments de langage pour expliquer que le Benallagate ne serait en rien d’une affaire d’Etat mais juste d’un simple fait divers. 

Les élus MoDem ne peuvent ignorer que Bayrou est un inconditionnel de Macron. "Nous avons montré qu’en cas de coup dur, nous étions derrière le président de la République et que nous ne lâchions pas. Même si cela posait problème et questionnait beaucoup d’entre nous. 
"Maintenant que nous avons fait preuve de notre loyauté, il ne faudrait pas qu’il oublie de nous entendre, lance le marchand de tapis de l'ancien monde. Nous entrons maintenant dans une phase beaucoup plus politique avec lui", confirme un des députés MoDem parmi les plus entendus, mais qui préfère garder l'anonymat. 
Or, dans le logiciel macronien, la loyauté n'est pas une vertu qui serait récompensée en retour. En revanche, toute désertion est payée cash.