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dimanche 28 juillet 2019

Municipale à Nice : LREM mise sur Estrosi pour faire main basse sur la ville

D'une pierre deux coups: détournement et accaparement

Un pari sur l'avenir

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Les responsables et les militants LREM de Nice veulent voir un candidat de leur camp affronter Christian Estrosi aux municipales 2020. Or, jusqu'ici, les militants et responsables niçois ne voulaient pas laisser le champ libre à Christian Estrosi et ses concurrents potentiels, de Philippe Vardon à Eric Ciotti, à la mairie de Nice. Il y a quelques jours encore, tous souhaitaient un candidat estampillé LREM aux élections municipales 2020. Et c’est le député Cédric Roussel qui est le mieux placer pour se lancer. 
Si candidat il doit y avoir, c’est Cédric Roussel qui est le mieux placé : "C’est la seule personne qui, dans les réunions internes, a montré qu’il prendrait ses responsabilités. Il a la légitimité, car il est Niçois, il est élu à Nice et il a l’ADN, affirme le militant LREM Khaled Ben Abderrahmane; ce n’est pas un pro de la politique."

Pourtant, présenter un candidat face à Christian Estrosi n’est pas la stratégie adoptée jusqu’à présent à Nice. Lors des élections législatives, Marine Brenier alors très proche du maire LR de Nice, n’avait pas eu à faire face à un marcheur: LREM avait décidé de ne pas opposer de candidat à la jeune députée sortante. Mais c'était il y a deux ans, trois en mars prochain. 
Et depuis plusieurs mois, Christian Estrosi a adopté une attitude "Macron-compatible", se montrant proche de plusieurs ministres et de la politique du gouvernement.
Cédric Roussel osera-t-il se déclarer avant la fin de la semaine. "On souhaite avoir un candidat, affirme Enis Sliti, référent LREM dans les Alpes-Maritimes. Pour trois raisons : une volonté très forte des Niçois de changer leur quotidien, la proposition d’un projet progressif pour Nice et la présence sur un plan politique."  

C’est la commission nationale de l’investiture qui se prononcera depuis Paris. 
Celle-ci s’appuie sur l’avis d’une instance : le comité politique constitué de parlementaires, du responsable LREM, Enis Sliti, donc, et du référent jeune dans les Alpes-Maritimes. "Cet organisme donne des préconisations et oriente la stratégie auprès de la commission d’investiture, indique-t-il. Ce qui a été décidé à l’unanimité, c’est de présenter une liste à Nice."

Mais, après s'être entretenu il y a dix jours avec Christian Estrosi dans les bureaux parisiens de l'ancien ministre, Stanislas Guerini a visiblement opté pour la main tendue. Cette main tendue n'a rien à offrir, pas même une dynamique, alors mercredi à midi, le délégué général de La République en marche Stanislas Guerini et son numéro deux, Pierre Person, ont réuni les principaux cadres LREM des Alpes-Maritimes pour tenter de mettre un pied dans la porte entrebaillée de Nice, alors que les macroniens locaux sont plus divisés que jamais sur la stratégie : s'allier avec le maire-sortant (Les Républicains) Christian Estrosi ou partir à l'aventure en présentant une liste autonome ? "Nous avons trois députés dans les Alpes-Maritimes et trois positions différentes", se désole un participant à la réunion pour résumer la salade niçoise. 

Le temps presse et l'heure est au dialogue entre LREM et Estrosi

Frédérique Vidal a été chargée d'une mission officieuse de médiation avec le maire de Nice : l'agenda de la ministre de l'Enseignement supérieur n'est pas surchargé et lNiçoise et présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis jusqu'en 2017 connaît bien l'homme.

Estrosi incarne-t-il le renouvellement annoncé par Macron ?
"Non seulement les militants ne comprendraient pas s’il n’y avait pas de candidat En Marche, mais ils seraient très déçus d’adouber quelqu’un élu depuis longtemps. Le renouvellement n’est pas Estrosi, estime Khaled Ben Abderrahmane, dont l'ADN est niçois. Il est Macron-compatible. Mais il est aussi Le Pen-compatible et Mélenchon-compatible à partir du moment où il sauvegarde ses intérêts," assure le militant.
Khaled Ben Abderrahman est le premier à avoir représenté LREM à Nice et il a été candidat aux législatives à Antibes. "La majorité des gens qui ont rejoint En marche, c’est pour répondre à une promesse : le renouvellement des pratiques, des usages, des personnalités, martèle-t-il. La démocratie souffre d’un système qui est l’installation de barons. On en a un ici."

Résultat de recherche d'images pour "Cedric Roussel"Avec d’autres marcheurs, Ben Abderrahmane a signé une tribune fin juin alertant sur la "prise en otage" de la ville "au nom de calculs politiciens entre amis". Cédric Roussel, premier candidat déclaré pour obtenir l’investiture LREM à Nice, est sur cette ligne : "Si on ne juge que sur les faits, on ne peut pas dire qu’[Estrosi] soit Macron-compatible . De l’expérience sur mon territoire, je n’ai vu et constaté aucune coconstruction", estime le député LREM des Alpes-Maritimes, un conseiller en gestion de patrimoine, qui exclut toute entente avec le maire sortant.

La peur du RN est un resort stratégique inépuisable
Les cadres parisiens du parti présidentiel ne voient pas d’un bon œil la création d’une liste En Marche et penchent pour une alliance avec Estrosi dès le premier tour, pour ne pas voir le Rassemblement national de Philippe Vardon remporter la ville. Dans ce cas-là, Cédric Roussel pourrait mener, s’il se lance, une candidature autonome, sans l’étiquette du parti présidentiel : ça s'appelle une candidature dissidente et LREM ne peut se la permettre. 
La décision sur cette investiture est attendue pour la fin de l’été.

Et si Eric Ciotti obtient l’investiture du parti Les Républicains ?

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Alors LR pourrait précipiter les décisions : le maire de Nice, pas encore candidat mais déjà en campagne, pourrait tendre la main à la LREM, au grand dam des marcheurs locaux qui pourraient manifester leur colère en se réfigiant dans l'abstention.

LR ou LREM, le choix cornélien d'Estrosi 
Comme ses collègues qui finalisent des fins de travaux en masse à la veille des élections, Christian Estrosi est sur tous les fronts. Fin juin, c’est le tunnel de la ligne 2 du tram qui était mis en service à grand renfort de vidéos, photos et hashtags #ILoveNice postés sur les réseaux sociaux. Une semaine plus tard, au tour de "l’Office municipal niçois des seniors" d’ouvrir ses portes. Dans une ville où les plus de 65 ans représentent près d’un tiers de la population, le maire en place depuis 2008 y a annoncé une nouvelle mesure : "la baisse du coût de l’abonnement" des transports en commun annuel de 111 euros pour les seniors. De quoi séduire tout un électorat. Preuve qu'il prépare l'annonce officielle de sa candidature ? 

En mauvaise posture aux Régionales, Castaner s'était désisté pour Estrosi.
En 2015, la liste que conduisait le maire de Forcalquier avait totalisé 16,6 % au premier tour (contre 40,6 % pour celle du Front national (actuel RN) et 26,5 % pour celle des Républicains (LR). Castaner décida de jeter l'éponge, pour faire barrage au FN et ce choix favorisa la victoire de Christian Estrosi, mais aussi la disparition du PS du Conseil régional. Le maire de Nice remporta le second tour avec 54,78 % des voix, tandis que la liste FN conduite par Marion Maréchal réalisait le meilleur score jamais obtenu par le FN dans une région (45,22 %).
En mai 2017, il annonça qu'il démissionnait de la présidence du Conseil régional et reprenait la mairie de Nice, tandis que le Mauricien Renaud Muselier (LR) accédait à la présidence de la région PACA.

La priorité d'Estrosi, c’est "sa" ville. 
En mai 2017, il choisit de quitter la présidence de la région Sud (ex-Provence-Alpes-Côte-d’Azur) pour retrouver Nice. Lorsque le poste de ministre de l’Intérieur est devenu libre en octobre 2018 après le retour à Lyon de Gérard Collomb, il a indiqué n’être "absolument pas" intéressé par un come-back en politique nationale, fût-ce Place Beauvau : "J’ai fait le choix de ma ville, affirmait-il alors. Je m’y consacrerai. […] J’ai choisi Nice et je resterai à Nice."

Six mois plus tard, les cartes politiques ont été battues. 
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Briguer un troisième mandat, mais avec quelles alliances. Si Eric Ciotti confirme sa volonté d’être maire de Nice, sachant que le président du Département n'a pas varié, qui des deux leaders de la droite azuréenne obtiendra l’étiquette LR, dont la commission nationale d’investiture a repoussé son verdict à l’automne ? "Estrosi est un maire sortant. Il est membre fondateur et toujours adhérent. Ce serait logique et cohérent qu’il obtienne l’investiture LR, juge Pierre-Paul Léonelli, adjoint à la ville de Nice et président des Amis du maire. Il est essentiel d’avoir un candidat clair et défini"... Mais cette clarté-là n'est pas celle de l'eau de roche...
Mais si Ciotti, qui ne navigue pas en eaux troubles, obtient l'investiture LR, Estrosi pourrait-il envisager de toper avec LREM et être de ces maires de droite avec qui le parti présidentiel ferait affaire en mars ? Depuis 2017, Estrosi fait partie de ces LR qui traînent comme une casserole un profil "Macron-compatible". Et si on considère que LR a reçu une claque aux Européennes , Estrosi en a pris sa part du fait de son soutien public à la tête de liste François-Xavier Bellamy. 
Le maire de Nice a pris la précaution de se déclarer prêt à "rompre avec l’idée de faire route tout seul"... et enclin à former "des coalitions" avec la majorité. On peut donc en conclure qu'il n'oeuvre pas pour sa candidature personnelle, mais en faveur d'une alliance. Même si les dirigeants de LREM se sont promis de faire payer à ces maires de droite leur soutien à Bellamy, voir Estrosi battu par Ciotti ne serait pas dans l'intérêt du parti du président qui veut rafler les grandes villes

Faire battre Ciotti par tous les moyens?
La commission nationale d’investiture pourrait donc trouver avantage à aider le fluctuant Niçois… au grand dam des godillots locaux. Cette alliance est "impossible, inconcevable, illogique, irrationnelle", énumère Khaled ben Abderrahmane : "Travailler avec Estrosi sur un projet parce qu’il est en place, je ne vais pas dire non. Mais aller avec lui quand il se présente, ce n’est pas possible."
Avec d’autres marcheurs, Ben Abderrahmane a signé une tribune fin juin alertant sur la «prise en otage» de la ville «au nom de calculs politiciens entre amis». Cédric Roussel, premier candidat déclaré pour obtenir l’investiture LREM à Nice, est sur cette ligne : «Si on ne juge que sur les faits, on ne peut pas dire qu’[Estrosi] soit Macron-compatible . De l’expérience sur mon territoire, je n’ai vu et constaté aucune coconstruction», estime le député des Alpes-Maritimes, qui exclut toute entente avec le maire sortant.
L’alliance pourrait se lier à l’intérieur même du clan Estrosi. Dans sa majorité, l’édile compte au moins deux marcheurs : Philippe Soussi et Joëlle Martinaux. La seconde vient de faire part de sa candidature à l’investiture LREM. Si Estrosi l’a sanctionnée en lui retirant sa délégation municipale, certains marcheurs y voient une manœuvre pour permettre à son adjointe d’obtenir l’investiture LREM au premier tour… pour mieux s’allier avec elle lorsque viendra le second.
Mathilde Frénois Correspondante à Nice

mercredi 12 septembre 2018

Les députés MoDem peinent à marcher dans les pas de l'exécutif

Les centristes macroniens craignent de faire les frais de la politique de Macron dans leurs circonscriptions

En dépit des signaux de détresser adressés par ses troupes, François Bayrou reste fidèle au chef de l'Etat

Le groupe MoDem à l’Assemblée nationale continue de s'assurer de la protection de la majorité présidentielle LREM à l'Assemblée mais, sur le terrain, ils commencent à prendre la mesure des couleuvres avalées. Or, en cette nouvelle rentrée parlementaire, l'approche des Européennes crispe l'alliance. 

Les députés, fidèles au chef de file MoDem, commencent à en avoir assez d'essuyer les critiques des électeurs plus que mécontents dans les circonscription. "Nos mandats sont fragiles. Nous le savons. Alors quand on entend "on ne vous a pas élus pour cette politique", ben, ça fait réfléchir. Et personnellement je ne m’y retrouve d’autant moins qu’on ne nous écoute pas", gronde un député MoDem, harcelé par les retraités, les chômeurs et autres précaires de son département.

Les élus MoDem font remonter au sommet le sentiment grandissant d’être pris "pour de la roupie de sansonnet". Au cœur de leurs récriminations contre le Président et son gouvernement, le manque d’une politique sociale clairement affichée. "Bien évidemment que le compte n’y est pas en matière sociale en cette rentrée", s'irrite Bruno Fuchs, député apparenté MoDem du Haut-Rhin pointant  du doigt les déclarations du premier ministre sur la non-indexation des retraites sur le coût de la vie et les menaces pesants sur la politique familiale.

"Nous ne sommes clairement pas assez entendus. Le volet social et humaniste que nous défendons n’est pas assez pris en compte par le gouvernement. Il faut que nous soyons plus revendicatifs, que nous montrions plus ce que nous sommes et que nous exprimions plus clairement nos convictions", tempête, à l’unisson avec son collègue, Richard Ramos, le député MoDem du Loiret. "ON ne nous a pas entendus quand nous avons dit que le plafond du montant des retraites pour l’augmentation de la CSG était trop bas", conteste-t-il. Le plan gouvernemental de lutte contre la pauvreté qui doit être présenté jeudi sera-t-il de nature à apaiser leurs états d’âme, quand on sait que les promesses sont revues à la baisse ?

Les juppéistes ne manifestent pas les mêmes impatiences

En décembre 2017, François Bayrou exhortait déjà le gouvernement à marcher sur ses deux jambes lors du congrès du MoDem. En cause, le volet économique et surtout le volet social. 

Des critiques exprimées une nouvelle fois un semestre plus tard lors d’un conseil national du MoDem, en juin dernier. Devant ses troupes clairsemées, l'ancien ministre d'Edouard Philippe s’en était pris sans ménagement à la politique de Macron. Des amertumes réservées au huis-clos de la rue de l’Université, siège du MoDem.

Début septembre, les députés les plus libres ont demandé à leur chef de file de monter cette fois publiquement au créneau. "Il faut qu’il s’exprime et fortement", souhaite anonymement l’un d’entre eux. Pour le moment, le démissionné du gouvernement s’est contenté d’un entretien avec le quotidien de sa région pour annoncer qu’il ne serait pas tête de liste aux prochaines européennes : le sujet de ses ambitions personnelles reste sa priorité.

"Tout ce qu’il a à dire, il le dira lors de l’université de rentrée du MoDem [qui se tiendra à Guidel dans le Morbihan du 21 au 23 septembre]", précise de son côté Marielle de Sarneznuméro 2 du MoDem et  présidente -par protection- de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. 
"Nous sommes pleinement à l’aise dans cette majorité, assure Richard Ramos, très lucide sur sa dépendance à LREM, sans addiction, et nous souhaitons tous qu’elle réussisse"
"Nous serons très attentifs à ce que les efforts demandés ne pèsent pas sur les plus fragiles déjà lourdement mis à contribution et nous serons tous d’accord pour nous opposer à la fin du repos dominical", nuance, en bon démocrate chrétien, Jean-Noël Barrot, porte-parole du Modem et député des Yvelines.

Les élus MoDem se plaignent d'être classés parmi les "gens qui ne sont rien" 

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Au bord de la fronde, les députés MoDem commencent à exprimer leur ras-le-bol de ne pas être entendus. Leur décision de présenter leur propre candidat - pour la forme- à la présidence du perchoir en est le symbole. Officiellement, il s’agit pour Marielle de Sarnez de "montrer que nous sommes présents. Ce n’est pas une candidature contre Ferrand, insiste-t-elle. Le MoDem exprime sa sensibilité et sa volonté de voir le Parlement exister dans la plénitude de ses pouvoirs". C’est la raison pour laquelle la candidature de la benjamine du groupe Sarah El Haïry, députée de Loire-Atlantique, a été avancée - le groupe devait en débattre dans la soirée de mardi. Une candidature alternative leur éviterait de voter pour Richard Ferrand, le patron du groupe LREM qui n’est pas le meilleur exemple de la "république exemplaire" défendue par Macron et Bayrou.

Dès le début de l’affaire Benalla, l'ex-député des Pyrénées atlantiques n'a pas hésité à écorner son image de "monsieur propre", pourtant déjà souillée par l'affaire d'emplois fictifs européens : François Bayrou aime d'autant plus l'UE que le Parlement européen rapporte à son parti... Sa surenchère de loyauté à l’endroit du chef de l’Etat utilisa les mêmes éléments de langage pour expliquer que le Benallagate ne serait en rien d’une affaire d’Etat mais juste d’un simple fait divers. 

Les élus MoDem ne peuvent ignorer que Bayrou est un inconditionnel de Macron. "Nous avons montré qu’en cas de coup dur, nous étions derrière le président de la République et que nous ne lâchions pas. Même si cela posait problème et questionnait beaucoup d’entre nous. 
"Maintenant que nous avons fait preuve de notre loyauté, il ne faudrait pas qu’il oublie de nous entendre, lance le marchand de tapis de l'ancien monde. Nous entrons maintenant dans une phase beaucoup plus politique avec lui", confirme un des députés MoDem parmi les plus entendus, mais qui préfère garder l'anonymat. 
Or, dans le logiciel macronien, la loyauté n'est pas une vertu qui serait récompensée en retour. En revanche, toute désertion est payée cash.

vendredi 17 novembre 2017

LR : les petits candidats s'acharnent sur Wauquiez, avec la complicité des media

Les courants opposés à Wauquiez ont désigné des candidats inconnus, sans expérience, ni envergure

Calan et Portelli ne valent pas un clou selon leurs propres soutiens

Calan, un jeune vieux sorti de nulle part

Sans aucune notoriété, Maël de Calan, 36 ans, a ses parrainages, au moins 2.347 adhérents et de treize parlementaires, et sera candidat à la présidence de Les Républicains, par la grâce de son parrain, Alain Juppé. Dans un entretien avec Les Échos (groupe LVMH de Bernard Arnault), il avait fait l'annonce officielle d'"un peu plus d'une vingtaine" de signatures de parlementaires... 

Contre Wauquiez, ancien ministre et président de région Auvergne-Rhône-Alpes, Calan va au casse-pipe. Dirigeant du développement d'une start-up de biotechnologie à Roscoff, où se situe le château familial (à Sibiril, commune du Haut-Léon), il est le fils de Dominique de La Lande de Calan qui est connu pour avoir été le numéro 2 de l'UIMM, la plus importante branche du MEDEF, dont il dut démissionner en 2008 suite à une condamnation dans l'affaire des 16 millions d'euros retirés en liquide.
En 2012, durant la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, il travaillait alors dans le groupe d'experts chargés des notes économiques en 2012. Mais ce conseiller municipal de Roscoff et aussi conseiller départemental du Finistère mise sur Juppé à la primaire de 2016: il est membre de l'équipe dédiée à l'élaboration du projet présidentiel du maire de Bordeaux. "Réfléchir, produire des idées, des propositions, c'est mon ADN", déclare-t-il modestement. 
En septembre 2017, Alain Juppé le signala comme une valeur montante: "Maël de Calan incarne bien le type de profil qu'il faut encourager", avait-il dit à Sud Ouest. Aujourd'hui, le septuagénaire doit rester en retrait, mais n'hésite pas à intervenir et Maël de Calan à se situer dans sa lignée, revendiquant une "filiation juppéiste très prononcée".
Sa candidature est toutefois loin de faire l'unanimité. "Personne ne trouve ça bien qu'il y aille, à part lui et ses quatre copains", tacle un élu constructif.
Autre ambiguïté, Calan souhaite se laisser porter par la vague macronienne. "Je suis Macron-compatible", répétait-il dans sa circonscription. Il s'en expliquait à "l'Obs" :"Je suis de droite, mais d'une droite modérée qui adhère à plusieurs propositions que porte Macron, notamment en matière économique. Je voterai les mesures qui iront dans le bon sens."
Un positionnement cohérent avec ses ambitions. Lors du congrès de l'UMP, en 2012, il déposa avec quelques autres une motion, la Boîte à idées, qui obtenait les parrainages d'Edouard Philippe, Bruno Le Maire ou Thierry Solère, désormais ministres d'Emmanuel Macron ou députés "constructifs". Assez pour l'exclure.
Il n'a certes pas suivi les Constructifs, mais il s'oppose à leur exclusion et appelle à l'inverse à "tout faire pour qu'ils reviennent et réunifier la grande maison". Ce n'est pas un sous-marin de Macron, mais une corvette.

Il n'a pas d'autre fonction que de nuire à Wauquiez.
Le candidat se défend de vouloir participer à un "tout sauf Wauquiez". Pourtant, s'il n'est "candidat contre personne", il déclara sans ambiguïté, mardi matin 5 septembre sur France 2 :"Il y a clairement deux lignes différentes incarnées dans ce congrès: une ligne très clivante sur la forme et très dure sur le fond, qui est portée par Laurent, et une ligne plus crédible sur la forme et plus ouverte sur le fond, qui est la ligne historique de la droite française qui, à mon sens, est majoritaire dans notre électorat et qui est la seule à pouvoir nous faire gagner les futures échéances électorales", a-t-il affirmé.
Pour se donner une assise, Maël de Calan prétend appuyer sa candidature sur "un collectif de nouveaux visages d'élus", une génération nouvelle qui a émergé à la faveur des victoires de la droite aux municipales de 2014, mais dont les composantes restent à identifier. Il s'agit, explique-t-il, "d'élus qui ont fait des choix différents à la primaire, qui incarnent toutes les sensibilités du parti mais qui se réunissent sur deux messages essentiels : d'abord la volonté de faire de la politique très différemment, de manière plus fraîche, en se débarrassant du cynisme, du sectarisme, de la mauvaise foi, et ensuite en portant sur le fond les couleurs d'une droite ouverte et équilibrée". S'il a des proches, ce sont plutôt des suiveurs du septuagénaire. On pense ainsi à l'ex-maire de la ville de Boulogne-Billancourt et proche de Thierry Solère, Pierre-Mathieu Duhamel, 61 ans, auprès duquel il participait aux travaux de l'Institut Montaigne, un think-tank libéral, rapporte le quotidien "La Croix".
Le candidat se définit comme un "chrétien engagé en politique", un libéral et un "conservateur prudent sur les questions sociétales, sans en faire l'alpha et l'oméga d'un engagement politique".

Florence Portelli, autre figurante
Florence Portelli, maire LR, est candidate à la présidence du parti.
A 39 ans et connue des seuls initiés, elle brigue néanmoins le plus haut poste des Républicains, face à Laurent Wauquiez, grand favori. Maire de Taverny (Val d'Oise), porte-parole de François Fillon lors de la campagne présidentielle, Florence Portelli pose sa candidature "pour que la droite recouvre sa fierté" : "Je veux redonner aux militants la place qui devrait être la leur dans ce parti", explique-t-elle. Un projet qui passe par "une refondation, un fonctionnement démocratisé, un changement radical de statuts et la clarification de la ligne idéologique du parti", selon elle. 
Détentrice d'une maîtrise de droit public et d'un diplôme de l'institut de criminologie, Florence Portelli est la fille de Hugues Portelli, sénateur du Val d'Oise et maire d'Ermont. Très tôt, elle est sensibilisée à la politique : "A l’époque, mon père n’était pas enclin du tout à avoir un mandat, mais c’était un intellectuel qui fréquentait les politiques pour leur proposer des idées", expliquait-elle à La Gazette du Val d'Oise en 2014, au lendemain de son élection de maire. C'est sa fascination pour Philippe Séguin qui la pousse à franchir le pas : "Quand j’ai eu l’âge légal, je suis entrée au RPR, pour le mouvement séguiniste, le gaullisme social, c’est à dire l’aile gauche."
Soutien de François Fillon en 2012 lors de la campagne pour la présidence de l'UMP, elle est rapidement repérée par l'ancien premier ministre. Elle lui demande alors d'appuyer sa candidature à l'élection municipale de Taverny en 2014 : "Cela a boosté ma candidature, je voulais être crédible", explique-t-elle dans les colonnes de l'hebdomadaire. Après avoir pris la mairie de Taverny à un DVG en 2014, elle accède au Conseil régionale d'Ile-de-France en 2015, elle accède à la fonction de porte-parole de François Fillon lors de la campagne à l'élection présidentielle de 2017. 
Florence Portelli évoque ses passions culturelles, du cinéma italien à la littérature française, en passant par la musique classique, la pop ou encore sa pratique du piano depuis l'âge de 6 ans. "Je suis allée voir Sarkozy et lui ai dit 'la culture, c’est n’importe quoi dans ce parti'". Car Florence Portelli n'a pas peur de dire les choses, comme elle l'a prouvé en s'attaquant aux Constructifs, groupe parlementaire constitué par une poignée de Républicains, essentiellement juppéistes revanchards.
Dans Le Figaro, elle estime que LR s'est divisé en "deux catégories: ceux qui sont déjà partis chez Macron et ceux qui, de bonne foi, ont cru que c'était un moyen de réformer la droite. Ils se sont trompés et je les invite à revenir au bercail". Et d'insister: "Les autres, qui ont rejoint le gouvernement ou soutenu En Marche ! se sont exclus d'eux-mêmes. Ils ne sont plus dans notre parti politique." Une franchise qui l'aidera à s'imposer ? Réponse les 10 et 17 décembre, dates de l'élection à la présidence des Républicains.

Laurent Wauquiez porte "la flamme" contre Emmanuel Macron, alias Dark Vador

Laurent Wauquiez aime filer la métaphore galactique, évoquant Luke Skywalker. Dans Le Parisien Week-end, le favori dans la course à la présidence des Républicains (LR) compare Emmanuel Macron à Dark Vador et les membres de son parti aux gentils Rebelles de la résistance dans Star Wars.
Il y a un très méchant Dark Vador qui essaie d'étouffer tout espoir dans la galaxie. Mais une flamme renaît qui va permettre de battre le méchant empire En Marche. Et cette flamme, c'est celle que je porte", déclare le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. "On voit très bien qu'il y a une volonté assez hégémonique d'En Marche d'étendre une espèce d'Empire galactique sur la totalité de la politique française. Eh bien, il y a un petit noyau de rebelles qui portent la voix de l'opposition".
En juin, il confiait déjà au Figaro : "On part de rien, tout semble mort, mais toute forme d'espoir n'est pas perdue. Quelque part, au fond de la galaxie, survit un petit camp irréductible!" D'autres lui retourne la comparaison mais en l'inversant : "Comme Dark Vador, il est passé du côté obscur. Et Patrick Buisson est son sabre laser", aurait récemment lancé dans Le Parisien un ancien élu juppéiste qui préfère cacher son identité du côté de la force obscure.

Wauquiez a déjà été président des Républicains, assurant l'intérim d'août à novembre 2016. Le 19 juin 2007, à 32 ans, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre et porte-parole du gouvernement dans le second gouvernement Fillon, en remplacement de Christine Albanel, avec l'intention revendiquée de moderniser la communication gouvernementale et de "rester un citoyen comme les autres". Lors des élections municipales de 2008, il prend la ville du Puy-en-Velay à la gauche.
Le 18 mars 2008, il est nommé secrétaire d'État chargé de l'Emploi auprès de Christine Lagarde, ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi. Ses premiers chantiers sont alors la réforme de l'assurance chômage, le nouveau service public de l'emploi, le plan pour l'emploi des seniors et la réforme de la formation professionnelle.
En 2010, Laurent Wauquiez lance 'La Droite sociale', un club de réflexion qui rassemble une cinquantaine de parlementaires et qui a pour double ambition de faire entendre la sensibilité sociale au sein de la droite et de remettre les classes moyennes au centre des politiques publiques.
Le 14 novembre 2010, il devient ministre auprès de la ministre d'État, ministre des Affaires étrangères et européennes, Michèle Alliot-Marie, chargé des Affaires européennes, dans le cadre de la formation du gouvernement Fillon III, ainsi que le nouveau benjamin du gouvernement.
En juin 2011, il est nommé ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, succédant à Valérie Pécresse.
En décembre 2015, il est élu président de la région Auvergne-Rhône-Alpes contre la liste de gauche menée par le président socialiste sortant, (pendant près de 12 ans), Jean-Jack Queyranne, ancien ministre de Jospin.

L'élection à la présidence des Républicains est prévue le 10 décembre, avec un second tour éventuel le 17 décembre. Trois candidats sont en lice,  Florence Portelli, Maël de Calan et Laurent Wauquiez