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lundi 17 septembre 2018

Anti-parlementarisme : les sénateurs LREM boycottent la commission d’enquête sénatoriale

Affaire Benalla : un ancien chef des Armées, Alain Richard, sonne la retraite

Affaire Benalla : comme des moutons, les sénateurs LREM boycottent la commission d’enquête 



Le sénateur du Val-d’Oise Alain Richard (photo) a donné le signal et l'ex-socialiste a été suivi comme un seul homme par l’élu de Seine-et-Marne, Alain de Belenet, ainsi que par le vice-président du Sénat, Thani Mohamed Soilihi

Les trois représentants du parti d’Emmanuel Macron à la Commission d’enquête sénatoriale ne veulent pas être mieux informés sur le rôle de Benalla auprès de Macron et ils ne participeront pas son audition au Sénat.
Les trois sénateurs ont obtempéré à la suite du petit coup de fil d’Emmanuel Macron au président de la chambre haute. La cloison séparant les pouvoirs n'est pas très étanche au sommet de l'Etat...

Les critiques de la droite et le rappel au respect des institutions lancé par l’allié François Bayrou n’ont pas stoppé le parti du président dans sa fuite. Les trois pleutres ont confirmé ce dimanche qu'ils ne prendront aucune part active à la commission d’enquête sur " l’affaire Benalla ". Ce boycottage de l’audition de l’ancien chargé de mission du président est une dérobade que l'opposition n'avait évidemment pas pratiquée. Dans la majorité présidentielle, la démission de Frédérique Dumas (députée LREM) condamne ce refus d'assumer des responsabilités constitutionnelles.

Selon Alain Richard, 73 ans, après certains ministres, petit doigt sur la couture du pantalon, tels Casanier et Belloubet, et les élus de la majorité, le Sénat empiéterait sur la procédure judiciaire - puisque Alexandre Benalla est mis en examen pour violences - et ne respecterait pas la séparation des pouvoirs.

Mais, l'ancien ministre de la Défense (1997-2002) de Jospin joue au petit soldat et livre ainsi un combat de trop. La constitution autorise en effet le Sénat à organiser une commission d'enquête pour obtenir des informations complémentaires sur les faits pour lesquels une enquête judiciaire n'est pas ouverte. C'est donc un mauvais procès d'intention que conduit LREM en développant la thèse d'un empiétement du législatif sur le judiciaire, et ce, à seule fin d'empêcher que toute la lumière soit faite.

Les sénateurs des autres partis, eux, sont déterminés à éclaircir les zones d’ombre qui entourent encore cette affaire devenue d’Etat. Que faisait le chargé de mission en casque et brassard de police ce jour de manifestation du 1er mai ? Pourquoi personne ne l’a empêché d’intervenir et de brutaliser des manifestants ? Comment se fait-il qu’il possède un permis de port d’armes alors que l’Elysée assure qu’il n’assurait pas de " mission de police " ? D’ailleurs, quel rôle jouait-il vraiment au palais avant d’en être licencié en juillet ? Les trois compères ne veulent pas savoir...

Benalla "nimbé de l’aura de l’Elysée " en l'absence du président en Nouvelle-Calédonie

Alexandre Benalla pourra effectivement ne pas répondre aux questions qui concerneraient directement la scène de violence filmée qui a révélé l’affaire, mais il sera présent pour expliquer quelles étaient ses fonctions réelles auprès du président, sur l’effectivité de la sanction prononcée à son encontre après les violences ou encore sur les largesses supposées qui lui ont été accordées après l’épisode du 1er mai.

"Qui est ce bagagiste, comme l’a dit M. Castaner, cette petite frappe, M. Benalla, pour qu’il puisse bénéficier du soutien de tout l’appareil d’Etat ? " s’était notamment étonné le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau. 
La veille, Alexandre Benalla avait insulté les parlementaires en expliquant n’avoir "aucun respect " pour eux. C’est "un jeune homme de 26 ans, nimbé de l’aura de l’Elysée, (qui) a cru qu’il pouvait se moquer des règles et des usages", avait alors commenté François Bayrou, partenaire de 'La République en marche' dans la majorité.

Un boycottage partiel au prétexte fallacieux de la séparation des pouvoirs

Bien que le principe de séparation des pouvoirs n'ait pas été malmené par la Commission d'enquête des députés, l'exécutif fait campagne pour tenter de discréditer les sénateurs en trompant le jugement des Français avec des a priori sur un risque que pourrait lui faire courir la Chambre haute.

Pour les sénateurs LREM, il ne s’agit d'ailleurs pas de boycotter totalement la commission à laquelle ils ont jusque-là participé. "J’ai été assidu à cette commission, je trouvais qu’il y avait un travail d’analyse à faire, notamment sur les déplacements de fonction," a admis le jospiniste Richard.
Il s'agit donc bien de jeter la suspicion sur les sénateurs.  "Mais je ne crois pas du tout que l’audition d’Alexandre Benalla soit utile d’un point de vue institutionnel ", a nié l’ancien ministre socialiste Alain Richard, sénateur du Val d’Oise, sur BFM TV. 

Et de feindre un risque que les vieux sages de la Chambre haute d’empiéter sur la justice : "J’ai rappelé à mes collègues qu’il serait quasiment impossible de ne pas concentrer la moitié ou les trois quarts du débat sur un sujet qui est devant une instruction judiciaire, ce qui est un détournement de mission […] Je ne crois pas que par cette audition nous donnions le meilleur exemple", a-t-il encore jugé. Malgré le précédent respectueux de la Constitution à l'Assemblée : Richard, comme Benalla, n'a-t-il "aucun respect pour les sénateurs" dont il est.

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Alain Richard a par ailleurs été suivi d’un autre élu LREM francilien, le sénateur de Seine-et-Marne Alain de Belenet, un avocat, photo de gauche, ainsi que l’élu de Mayotte, vice-président du Sénat, Thani Mohamed Soilihi, photo de droite, un autre avocat inscrit sous l'étiquette divers gauche et membre de la commission des lois...

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Bien qu'il ne siège pas à la commission mais aurait pu y assister en tant que chef de file des sénateurs En Marche!, François Patriat, 75 ans, a fait l'annonce qu’il ne fera pas usage de son droit, pour les mêmes raisons que les trois autres sénateurs, souligne la volonté d'entrave du travail parlementaire par les quatre élus.

Quant à Alexandre Benalla, il étudie " tous les recours possibles " pour éviter de devoir honorer sa convocation au 19 septembre.

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