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jeudi 27 septembre 2018

Selfie avec Benalla, arme au poing : la serveuse parle

Le garde du corps du candidat Macron en campagne était armé dans un espace public privatisé 

"Je pense que c'était pour lui quelque chose de drôle".

Benalla était armé lors de sa protection rapprochée du candidat Macron
En début de semaine, Mediapart avait diffusé un selfie d'Alexandre Benalla arme à la main dans un restaurant de Poitiers, pendant la campagne de Macron dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle, alors que ce proche du candidat n'avait pas encore l'autorisation de porter une arme en dehors du QG de campagne d'Emmanuel Macron.
Mercredi 26 septembre, Mediapart a retrouvé la jeune serveuse qui a demandé ce selfie. Celle-ci a raconté sa version de l'histoire au site d'investigation.

"On nous avait demandé de privatiser le restaurant, raconte Laura, à visage découvert dans une vidéo publiée par Mediapart. C'est Emmanuel Macron, ses élus et ses gardes qui devaient venir. C'est moi qui me suis occupée des gardes et policiers. Macron et ses élus étaient dans une salle à côté."

"Quand ils ont commencé à partir, les gardes ont suivi derrière. C'est là que j'ai demandé la photo, avec les vigiles d'abord, puis avec Macron. Quand la photo a été prise avec Benalla, je me souviens avoir vu Macron en face de moi à 1,50 m. Je pense que personne n'a vu l'arme être sortie [une tournure de phrase qu'on peine à attribuer à la jeune serveuse : ses propos ont-ils été calibrés ?]. On était beaucoup, dans un tout petit hall, une quarantaine de personnes", ajoute la jeune serveuse du restaurant poitevin.

Elle rapporte aussi les quelques mots échangés avec Alexandre Benalla après ce selfie: "Juste après le selfie, Alexandre Benalla m'a précisé, en me regardant, qu'il fallait que je reprenne le temps après mon service de regarder la photo. On sentait que ce n'était pas une blague, mais c'était aussi avec un sourire, donc je pense que c'était pour lui quelque chose de drôle."

Ouverture d'une enquête préliminaire 

Mardi, le Parquet de Poitiers a ouvert une "enquête préliminaire" après la publication du selfie. L'enquête sur l'ancien garde du corps devenu chargé de mission de l'Elysée a été confiée par le procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux, à la sûreté départementale, précisant que le magistrat avait estimé que les faits relatés par Mediapart sont "susceptibles de recevoir une qualification pénale".

Dans un entretien avec Le Monde, le 26 juillet 2018, Alexandre Benalla avait donné des précisions sur le port d'arme qui lui aurait été accordé par "on"... Il avait expliqué s'être vu refuser une première demande par le ministère de l'Intérieur en 2016, année où il était déjà au service du candidat Macron, mais qu'il reçut finalement une autorisation de la préfecture de police, mais valable "dans le QG (d'En Marche) uniquement".

Et ce n'est qu'après l'élection d'Emmanuel Macron, une fois à l'Elysée, donc après cette date du 28 avril 2017 et le selfie avec le pistolet dégainé dans le restaurant poitevin, que, "considérant que (sa) fonction est exposée, on (l)'autorise [pourtant] à acquérir un Glock et à le détenir dans l'exercice de (sa) mission".

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