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mercredi 12 septembre 2018

Affaire Benalla : attaque frontale de l'exécutif contre le législatif, avec pressions sur la presse

Le porte-parole du gouvernement accuse le président de la commission d'enquête sénatoriale

Benjamin Griveaux a lancé une offensive ad hominem visant le président de la commission d'enquête sénatoriale  

Alors que les auditions devaient commencer dans les minutes qui suivaient, Benjamin Griveaux, hautain et sarcastique sur France Info ce matin, a jugé que Philippe Bas aurait "plus à gagner" en parlant plutôt des questions "d'éducation ou de santé".

Nonobstant les grincements de Griveaux, Redoine Alexandre Benalla sera bien entendu par la commission d'enquête du Sénat. Après avoir rejeté d'un revers de main sa convocation dans un premier temps, l'ex-proche collaborateur de Macron a fini par accepter, tout en fustigeant les sénateurs, notamment Philippe Bas qui avait évoqué le droit du Sénat d''envoyer un huissier pour venir le chercher, à l'instar du président Macron qui, devant ses partisans à la Maison de l'Amérique latine, avait lui-même lancé le défi le concernant de "venir le chercher"... 

Sur la chaîne publique, mercredi 12 septembre, Benjamin Griveaux, le porte-parole de l'exécutif a défié le pouvoir législatif, ajoutant avec arrogance " mais je crois qu'il ne gagnera pas".

Le gouvernement conteste le choix du président de commission remis en question 

Le porte-parole a affirmé que le gouvernement regrette "qu'au Sénat [où le parti du président n'a pas la majorité], la commission d'enquête parlementaire ne soit pas présidée par quelqu'un qui puisse venir de La République en marche"! Comme à l'Assemblée ... 

Benjamin Griveaux a cité l'exemple de la commission d'enquête de l'Assemblée nationale où il y "avait une personnalité de La République en marche et une personnalité des Républicains. Cela se faisait de manière bipartisanne et neutre." Le député Les Républicains, Guillaume Larrivé, en a été le corapporteur avec Yaël Braun-Pivet (LREM) mais il a préféré démissionner plutôt que de cautionner les méthodes de sa collègue, laquelle a été barrée par Macron dans sa course au perchoir. "Au Sénat, ce n'est pas le cas. Ce n'est que l'opposition. On aurait pu imaginer que François Patriat, par exemple, aurait pu y siéger. Ça n'a pas été le choix du Sénat, je le regrette." 
Le totalitaire LREM regrette-t-il pareillement que la tradition de l'attribution du poste de président de la Commission des finances n'ait pas été dans un premier temps respectée au profit du principal parti d'opposition ?

L'audition d'Alexandre Benalla, "c'est un exercice de dentelle que va devoir faire cette commission," pour ne pas court-circuiter le pouvoir judiciaire, selon le représentant du gouvernement. "S'il n'empiète pas sur l'enquête et sur la procédure judiciaire en cours, il n'y a rien de problématique, mais au cours des auditions précédentes, on a quand même flirté régulièrement avec cette journée du 1er-Mai, qui amène à cette affaire Benalla", a jugé le porte-parole du gouvernement. 
Fournit-il ainsi la raison pour laquelle Yaël Braun-Pivet a été contrainte par l'Elysée de retirer sa candidature, au profit d'un homme, Richard Ferrand, qui railla ses détracteurs en s'excusant de "ne pas être une dame"?

Arguant de la "séparation des pouvoirs", qu'en prenant part au débat dans les media il ne respecte pas, le représentant du gouvernement a justifié la décision de l'Elysée de ne pas transmettre la fiche de paie de Benalla, "de la même manière que l'exécutif ne s'immisce pas dans les budgets du Sénat ou de l'Assemblée," a-t-il affirmé, dans un conteste de majorité pléthorique et hégémonique.

Le gouvernement demande que cessent les rappels aux violences commises par le collaborateur du président.
Son porte-parole a incité la presse à "bientôt" tourner cette page. "Ma conviction c'est que presque tout a été dit sur cette affaire, les Français m'en ont peu parlé cet été", conclut Benjamin Griveaux. 
Les media sont aussi sous la menace de sanctions : les foudres de Jupiter pourraient frapper...

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