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lundi 2 décembre 2019

Sylvie Goulard, MoDem, mise en examen ce jour pour "détournement de fonds publics"

Une ex-ministre des Armées de Macron, démissionnaire et, désormais, mise en examen 

L'ex-eurodéputée MoDem est inquiétée à son tour
 pour des emplois présumés fictifs d'assistants de députés européens
Goulard avait été pressentie pour être premier ministre
à la place de Philippe



L'élue du parti vertueux parti centriste de Bayrou (2009-2017) - que Macron a bombardée sous-gouverneure de la Banque de France - est  mise en examen dans une enquête pour "détournement de fonds publics" qui lui a déjà valu le rejet de sa candidature par la nouvelle Commission européenneLa nouvelle est tombée ce lundi 2 décembre, une semaine après celles de l’ancien ministre de la Justice et ex-trésorier du MoDem, Michel Mercier, et du directeur financier du parti, Alexandre Nardella.

L’éphémère ministre des Armées de Macron au gouvernement d’Edouard Philippe,  est soupçonnée par la justice française d’avoir participé à un système mis en place par François Bayrou et consistant à faire rémunérer des salariés du MoDem par le Parlement européen comme assistants alors qu’ils n’exerçaient aucune fonction à  Strasbourg, mais étaient utilisés par le parti à Paris.

Une méthode permettant ainsi au MoDem de soulager ses finances en berne. Selon un rapport des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCCLIFF), le parti centriste aurait mis en place une "institutionnalisation du prêt d’assistants parlementaires".

Déjà interrogée le 10 septembre par la police judiciaire, Sylvie Goulard avait rencontré certaines difficultés à expliquer la nature du travail effectué par son assistant parlementaire Stéphane Thérou, actuellement directeur de cabinet de François Bayrou à la mairie de Pau. 

En avril dernier, des policiers ont perquisitionné le domicile palois de Stéphane Thérou. Le maire de Pau et président du MoDem François Bayrou a précisé que S. Thérou avait travaillé comme assistant au Parlement européen "du général Philippe Morillon (...) et pour l'eurodéputée Sylvie Goulard.".

Après une enquête préliminaire du Parquet de Paris en mars 2017, visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, puis une enquête visant spécifiquement le MoDem, une information judiciaire contre X, confiée à des juges d'instruction parisiens avait été ouverte en juillet 2017 pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".
La justice cherche à savoir si des collaborateurs d'eurodéputés ont été rémunérés par des fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient affectés à des tâches pour le MoDem.

Une quinzaine de personnes convoquées

Dans le cadre d’une procédure similaire de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), S. Goulard, candidate malheureuse de la France à la Commission européenne, avait dû rembourser 45.000 euros, 5.625 euros mensuels : la somme correspondait à huit mois de salaire d’un de ses assistants, pour lequel elle n’avait pas pu fournir "de preuve de travail".

Le Parlement européen a depuis sommé deux anciens eurodéputés du MoDem, de lui rembourser plusieurs milliers d’euros dans le cadre d’une procédure administrative sur l’emploi présumé fictif de leurs assistants. Jean-Luc Bennhamias, ancien des Verts élu sous l’étiquette du MoDem entre 2009 et 2014, devra rembourser environ 45.000 euros, pour l’emploi de deux assistants à temps partiel. Nathalie Griesbeck, eurodéputée centriste de 2004 à 2019, devra, quant à elle, payer "environ 100.000 euros".

L’enquête de la justice française avait conduit à la démission de Sylvie Goulard du gouvernement composé par Macronen juin 2017, suivie par celle de Marielle de Sarnez et de l’ancien garde des sceaux François Bayrou qui s’apprêtait à porter le projet de loi sur la... moralisation de la vie publique.

Les interrogatoires doivent se poursuivre jusqu’au 6 décembre, date à laquelle le président du MoDem, François Bayrou, est attendu dans le bureau de la juge d’instruction du pôle financier Charlotte Bilger. Au total, une quinzaine de personnes – eurodéputés, assistants parlementaires et cadres du parti – ont été convoquées.

Bayrou a assuré jeudi qu’il ne démissionnera pas de la mairie de Pau s’il était mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés de son parti, pas plus que Goulard ne démissionne de la Banque de France. "Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française", avait-t-il également relativisé dans un amalgame indécent lors d'un entretien avec RMC. 
Selon la version qu'il donne de l'organisation du financement occulte de son parti, les collaborateurs travaillaient "à temps partiel" pour le MoDem et "étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l’autre faction du temps par notre mouvement". "Qu’est-ce qu’il y a de répréhensible à ça ?"
Le tribunal jugera "en toute indépendance" quand il aura face à lui son ancien ministre de la Justice.

dimanche 6 octobre 2019

Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?

La porte-parole de LREM aurait bénéficié de 6.000 euros pour seulement deux réunions communautaires

L'argent facile peut-il être propre et moral ?

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Elle paie bien la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines : elle est située dans les Yvelines, département de l'ex-député PS Benoît Hamon (2014-2017) et de Valérie Pécresse ou de  Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste, LREM depuis 2017, présidente de la commission des Lois à l'Assemblée, qui assura la présidence de la commission d'enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, du nom du très trouble chargé de mission de Macron. 
Elue de Magny-les-Hameaux (Yvelines, où tous les députés, sauf un LR, appartiennent à la majorité présidentielle) et porte-parole du parti présidentiel, Aurore Bergé, a encaissé 6.000 euros, rien que pour avoir fait acte de présence aux réunions du conseil communautaire de Saint-Quentin, assemblée chargée d'administrer les affaires de l'intercommunalité, alors qu’elle ne s’y est rendu que deux fois depuis son élection en 2017, selon les récentes révélations du Canard enchaîné.

La loi de moralisation de la vie publique, promesse de campagne de Macron et cheval de bataille de son allié François Bayrou, MoDem, est lettre morte
La moralisation de la vie publique évite le niveau territorial comme nuage de Tchernobyl contournant la France. 
En août 2017, les députés ont voté, à une large majorité (412 voix contre 74), la loi de moralisation de la vie publique. Elle interdit les emplois familiaux, supprime les réserves parlementaire et ministérielle, adopte un nouveau régime pour les frais de mandat parlementaire et met fin aux compléments de rémunération dont bénéficient certains parlementaires siégeant en cette qualité au sein de certains organismes publics ou parapublics. En même temps qu'elles se plaignent de l'insuffisance des dotations allouées aux collectivités territoriales en compensation des transferts de compétences de l'Etat, ces mêmes collectivités ont des largesses insoupçonnées pour leurs élu(e)s, se redistribuant généreusement l'impôt entre eux.

Depuis son élection au palais Bourbon en juin 2017, la députée et porte-parole du parti présidentiel LREM n’a siégé 
que deux fois au conseil communautaire de Saint-Quentin, mais Aurore Bergé n'a pas refusé les 6.067 euros d’indemnités, révèle le journal anarchiste dans son édition du 2 octobre. "Depuis […] juin 2017, Aurore Bergé ne s’est rendue qu’à deux séances – sur 19 ! – du conseil communautaire de Saint-Quentin".
Vu la fréquence de ses visites et la somme totale reçue, le coût d’une seule séance peut être évalué à 3.033.50 euros.

Et Bergé-la-vertueuse cumule plusieurs fonctions électives.
Outre celle de conseillère communautaire à Saint-Quentin-en-Yvelines, LR, elle est aussi députée des Yvelines en mission auprès du ministère de la Culture occupé par une potiche, Franck Riester, et la conseillère municipale de Magny-les-Hameux, dans le même département.  
Membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre de 2016, en passant par ses soutiens à Sarkozy, puis Fillon, Bergé a rejoint Macron en février 2017.

L'activité débridée d'Aurore Bergé en irrite plus d'un.
La député LRM Claire O'Petit est de ceux-là. Jusqu'à peu, elle ne semblait pas du tout apprécier l'omniprésence d'Aurore Bergé, opportuniste sans complexes et lèche-bottes de tous les pouvoirs successifs. Elle a ainsi déploré la souplesse politique et le don d'ubiquité de la "gamine de 25 ans" (en fait une trentenaire déjà beaucoup vue depuis de nombreuses années): "Je n'ai pas besoin que l'on parle de moi dans les médias ni d'avoir un attaché de presse comme certains députés le font pour passer à l'antenne, gronda la sexagénaire. Je voudrais bien savoir comment ils justifient les 2.000 ou 3.000 euros qu'ils dépensent dans leurs frais, uniquement pour pouvoir s'entendre à la radio", avait dénoncé O'Petit lors d'un entretien avec "l'Impartial". Alors sa jeune collègue des Yvelines n'avait pas hésité à comparer O'Petit aux frondeurs du quinquennat de François Hollande, après les critiques de son aînée à l'encontre de Richard Ferrand et de sa gestion du groupe LREM au Palais-Bourbon. "Je vais me la faire", avait lancé dans "Society" l'ancienne "Grande Gueule" de RTL à l'adresse de sa benjamine. Depuis, O'Petit sait - grâce au Canard enchaîné - quel est le puits sans fond où puise Bergé pour prévenir toute rupture de stock en cirage et brosses à reluire  et Gabriel Attal a assuré que les deux femmes se sont rabibochées.

VOIR et ENTENDRE 
Aurore Bergé (LREM), une fille d'intermittents du spectacle (son père double des voix d'acteurs et sa mère, Dominique Dumont, prête sa voix à Katherine Kelly Lang dans la série Amour, Gloire et Beauté), capable d'affirmer  : "On peut demander un effort aux retraités. Ils sont capables de le faire !" 

"Il n'y a pas d'argent magique", assure-t-elle.

jeudi 12 septembre 2019

Richard Ferrand (LREM), mis en examen pour "prise illégale d'intérêts"

L'affaire des Mutuelles de Bretagne rebondit, mettant le quatrième personnage de l'Etat en difficultés

En 'république des copains', la "moralisation de la vie publique" ne passe pas par les amis du président  

Résultat de recherche d'images pour "macron ferrand"En termes d'exemplarité, ça va mal pour la majorité présidentielle, mais gageons que l'ami du président sera blanchi, comme la police par l'IGPN ou l'ex-ministre démissionnaire de la Transition écologique, F. de Rugy, par deux rapports d'enquête - de l'Assemblée et de Matignon - sur ses "dîners fastueux"... 

D
ans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre à Lille (Nord), le président LREM de l'Assemblée nationale a été
mis en examen, pour "prise illégale d'intérêts", dans l'affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne. Il a été entendu par trois juges d'instruction lors d'un "interrogatoire de première comparution" au tribunal de grande instance de Lille, où l'affaire a dû être dépaysée.
C'est en mai 2017 que celui qui vient tout juste d'être nommé ministre de la Cohésion des territoires est mis en cause par le Canard Enchaîné, en 2011, pour des "tractations immobilières" (RTL) impliquant sa compagne.
Les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, souhaitant louer des locaux commerciaux à Brest, avaient choisi, entre trois propositions, celle d'une société immobilière appartenant à sa compagne, dont le nom  - Sandrine Doucen - n'apparaissait pas. En plus d'une rénovation complète des locaux payée 184.000 euros par la mutuelle, la SCI de sa maîtresse a vu la valeur de ses parts "multipliée par 3.000" six ans plus tard, écrivait le Canard. Richard Ferrand assure qu'il s'agissait de "la meilleure offre".
La première enquête avait été classée sans suite, à... Brest.
Le 1er juin 2017, le procureur de la République de Brest annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire. L'association Anticor adresse de son côté au parquet de Brest une plainte contre X pour abus de confiance. Une perquisition est alors menée dans les locaux des Mutuelles de Bretagne.

Mais dès octobre de la même année,
le Parquet classe l'enquête sans suite. Le procureur - dépendant du ministère de la Justice occupé par Nicole Belloubet - invoque notamment la prescription de l'action publique s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts. "Les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie" ne sont elles "pas constituées, faute d'un préjudice avéré", dit-il.
Le 9 novembre,
Anticor porte une nouvelle fois plainte, mais à Paris, pour prise illégale d'intérêt et recel, avec constitution de partie civile. 

L'ami du président se déclare alors "serein".
C'est dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la suite de cette plainte que Richard Ferrand a été entendu ce 12 septembre, puis mis en examen. Le président de l'Assemblée nationale assure avoir pris "acte de cette mesure procédurale [la macronie insistera en boucle sur cet aspect] qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier". Dans un communiqué publié aussitôt dans la nuit, comme si il était prévenu, il dit rester "serein sur l'issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l'ensemble des griefs de la première plainte" en octobre 2017, "d'autant plus qu'aucun élément nouveau n'a été versé à ce dossier dans lequel il n'y a ni préjudice ni victime".
Il assure pour conclure qu'il ne compte pas céder sa place au perchoir. 

La macronie serre les rangs 


Résultat de recherche d'images pour "république des copains"Alors qu'il l'avait déjà soutenu au moment de la révélation de l'affaire en 2017, Macron a renouvelé sa confiance à Richard Ferrand, jeudi. 
Plus tôt dans la matinée, le président du group La République en marche (LREM) à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, s'y est collé, en bon petit soldat, avait également, déclarant sur franceinfo : "Je ne doute pas que l'examen des faits démontrera son intégrité."

"Une instruction n'est pas une condamnation", déclare Aurore Bergé sur RTL. Et la porte-parole du groupe des députés LREM de décider : "il n'y a aucune raison que l'on oblige Richard Ferrand à démissionner de son poste de président de l'Assemblée Nationale."

Edouard Philippe exprime son "amitié" et son "soutien total" à Richard Ferrand. Le collaborateur de Macron ne pouvait faire moins. Pour ça, Edouard Philippe s'était invité chez ses amis de TF1 ce jeudi soir. Au JT de 20h00, il a tenu à assurer de son soutien Richard Ferrand, mis en examen dans la nuit de mercredi à jeudi pour "prise illégale d'intérêts" dans l'affaire de conflit d'intérêts immobiliers des Mutuelles de Bretagne

"En tant que premier ministre, je ne peux pas m'exprimer sur la décision de justice, pour des raisons liées à la séparation des pouvoirs. Mais en tant qu'Edouard Philippe, permettez-moi de dire que l'amitié est réelle, le soutien total, et [que] j'ai confiance en sa capacité à faire valoir son innocence. Je vais reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon quand il rappelle que la présomption d'innocence dans une démocratie existe. [...] Ces mots ne sont pas des mots vides de sens", a-t-il tenté de convaincre. 
"J'y suis, j'y reste" (général Mac Mahon), assure le mis en examen.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, Richard Ferrand s'est dit "déterminé à poursuivre [sa] mission". 



Anticor ne lâche pas l'affaire : il "doit partir", insiste l'association anti-corruption
Résultat de recherche d'images pour "république des copains"
Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor qui s'est portée partie civile dans ce dossier, a expliqué sur franceinfo : "Pour nous, Richard Ferrand doit partir, en raison de l'équilibre des pouvoirs et de la manière dont les institutions doivent fonctionner". Il a également jugé que "cette mise en examen [va] perturber les institutions".
Jérôme Karsenti souligne aussi les "vicissitudes" de ce dossier, passé d'abord entre les mains d’un parquet de Brest dont il questionne l'indépendance.

Entretien de l'avocat d'Anticor avec France Info:
Franceinfo : Espériez-vous cette mise en examen ?<:b>

Jérôme Karsenti : On l'attendait. Depuis le début de cette affaire, nous pensons qu'une infraction a été commise par Richard Ferrand. Nous avons été heurtés par la décision du procureur de la République de Brest [qui a classé sans suite l'affaire]. Nous avons poursuivi devant le pôle national financier de Paris. Puis ce dossier a été dépaysé à Lille. Il a donc subi des vicissitudes. Et cela se termine, dans un premier temps, par cette mise en examen de Richard Ferrand.

Dans un premier temps, l'affaire avait donc été classée sans suite, pour cause de prescription. Pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui ?

Seul le procureur de la République s'était prononcé en ce sens. Mais le procureur n'est pas une autorité judiciaire indépendante en France. Le procureur est l'agent du ministère public, sous contrôle du pouvoir exécutif, à savoir le garde des Sceaux. Il y a donc une sorte de pudeur morale ou politique du parquet. Et c'est pour cela qu'avait été créé le parquet national financier [PNF], afin de s'occuper des affaires politico-financières avec rigueur et indépendance. Des valeurs acquises par ce parquet national financier. En revanche, quand le parquet de Brest s'occupe de l'affaire et quand on sait l'influence que Richard Ferrand peut avoir sur cette région de Bretagne, on peut se douter que la décision n'a pas été prise en toute indépendance.

Richard Ferrand a affirmé à nouveau qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions. La présomption d'innocence doit-elle lui profiter, comme tout autre citoyen ?

La présomption d'innocence lui profite. La question n'est pas là. La question est de savoir s’il peut exercer ses fonctions avec toute l'indépendance et la sérénité requises. Est-ce que cette mise en examen ne va pas perturber toutes les institutions françaises, surtout lorsque l'on connaît l'importance de l'Assemblée nationale en France ? A Anticor, nous pensons donc que cette mise en examen va perturber les institutions. Et on comprend mal la différence d'interprétation qu'il y a chez Richard Ferrand. Lorsque cette affaire débutait, il avait préféré partir du gouvernement et ne pas prendre le perchoir à l'Assemblée. Et aujourd'hui, alors qu'il est mis en examen, il estimerait qu'il n'y a plus de problème. Cela démontre que cette idée que le gouvernement se faisait de la moralisation de la vie publique semble un peu passée.

Selon vous, il doit donc partir ?

Il doit partir, oui. Et ce en raison de l'équilibre des pouvoirs et de la manière dont les institutions doivent fonctionner.

Dans cette affaire, Richard Ferrand invoque la séparation des pouvoirs. Il estime que le Parlement est indépendant de la justice, et que son sort ne peut donc pas dépendre des juges...

C'est incroyable de penser cela. Depuis Montesquieu, on sait que l'équilibre de pouvoirs réside dans l'exercice des contre-pouvoirs. La justice est un contre-pouvoir efficace face à l'abus des autres pouvoirs, en l'espèce celui du Parlement. Aujourd'hui, la justice avance et elle exerce son rôle de contre-pouvoir.

François Bayrou a démissionné sur une simple information judiciaire. Il n'était pas mis en examen. Faudrait-il qu'il y ait une même règle pour tous les ministres ?

Il devrait y avoir un principe qui s'impose à tous. Faut-il légiférer ? C'est délicat. Mais en tout état de cause, la responsabilité de ceux qui ont des fonctions de représentation démocratique devrait les amener à démissionner quand ils ne peuvent plus exercer leur mandat avec sérénité.


lundi 26 novembre 2018

Les députés ne paieront plus la CSG que sur leur indemnité parlementaire

Les députés paieront la CSG seulement sur leurs frais de mandat parlementaire

Les députés se sont bien protégés : leur CSG n'affecte plus qu'une part minime de leurs ressources de parlementaires

Document 'Le Media pour Tous'
Ils sont tenus de s'acquitter d'une CSG-CRDS d'un montant de 699,35 euros, indique le site de l'Assemblée.

Or, ils se sont voté la suppression de leur CSG sur l'indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) d'un montant de 5.840 euros bruts, à compter du 1er janvier 2018 : article 20 de la loi "pour la confiance dans la vie politique" du 15 septembre 2017 , ex-loi de ...moralisation !
Cette indemnité (IRFM sert à faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice du mandat (loyers de permanence, transports en circonscription) non prises en charges ou remboursées par l'Assemblée Nationale. Alors que l'IRFM était soumise à la CSG (à hauteur de 467 euros par mois), le nouveau système de remboursement sur justificatifs qui la remplace est lui exclu de la base CSG-CRDS.

Ce changement amène une suppression de la cotisation sociale généralisée (CSG) pour les parlementaires dans un contexte où elle devrait augmenter d'1,7 point pour l'ensemble des Français en 2018. Un député y voit là une "exonération d'impôt inexplicable".

"Très franchement, comme beaucoup de députés, j'ai découvert ce point avec l'intervention de Marc Le Fur (jeudi à l'Assemblée nationale)", assure le député la France Insoumise Eric Coquerel, contacté par LCI au sujet de la suppression de la CSG sur les frais de mandat parlementaires. Dans l'ancien système, l'IRFM, les députés touchaient une indemnité de 5.840 € bruts par mois de laquelle étaient déduits 438€ de CSG et 29,20€ de CRDS. Soit 467,20€ mensuels d'impôt sur les frais de mandat.

Le député Les Républicains Marc Le Fur s'est indigné jeudi d'un "tour de passe-passe fiscal"
La prochaine mise en place  du nouveau système de remboursement des frais parlementaires sur présentation de justificatifs (sur la base de factures), répétons-le, met fin à ces prélèvements. Contacté par LCI, le député LR des Côtes-d'Armor s'interroge : "Vous trouvez vraiment normal qu'on applique une exonération d'impôt dans une loi qui serait une loi de moralisation ?"

L'AFP monte au créneau

Quelle mouche à piqué l'agence de presse?
Elle nie farouchement les faits : voyez les énormes caractères qui barrent la révélation du "tour de passe-passe fiscal"...

"Non, les députés n'ont pas voté la suppression de "leur" CSG au moment où ils l'augmentaient pour le reste de la population," nient ces journalistes qui expliquent qu' "ils ont transformé leur manière de se faire rembourser leurs frais de mandat pour plus de transparence" [sic].

D'après un article, déjà vieux (octobre 2017) mais republié vendredi sur les pages Facebook de Lagauchematuer ou "La révolte des Vaches à Lait", il y a eu un "Vote de la suppression de la CSG pour les députés et hausse pour les retraités. Aucun média n’en parle."

"Pour commencer, cette affirmation ne concerne en réalité qu'une partie seulement de l'argent [redondance visant à minorer l'injustice sociale] que touchent les 577 députés pour exercer leur mandat: il s'agit de la partie frais ("frais de mandat") et non de la partie salaire ("indemnité parlementaire"). Sont-elles à parties égales ??

La majorité d'Emmanuel Macron a mis fin en 2017 à l'ancien dispositif pour les frais, l'IRFM pour "indemnité représentative de frais de mandat", critiquée pour son opacité et qui a servi à des députés à se payer des locaux parlementaires, des vacances ou même un téléviseur. C'était pour certains "un revenu complémentaire", "entièrement dans la poche", affirmait en 2016 Charles de Courson (UDI). Si cette disposition d'octobre 2017 assure plus de transparence, pour autant, est-elle plus juste ?

D'un montant de 5.840 euros brut, cette IRFM était soumise à la contribution sociale généralisée (CSG) et à la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS): une fois ces cotisations versées, un député recevait au final 5.373€ net.

Le député LR Marc Le Fur, le 2 décembre 2015 à Saint-Pol de Léon
Lorsque les lois de moralisation ont été adoptées à l'été [hasard du calendrier...] et le dispositif pour le versement des frais de mandat révisé, le vice-président LR de l'Assemblée nationale Marc Le Fur (ci-contre) avait alors manifesté son embarras contre le nouveau dispositif, qu'il dénonçait une "suppression du versement de la CSG", comme le rapportait LCI. Est-ce inexact ?


D'après ces nouvelles règles, en vigueur depuis le 1er janvier à l'Assemblée nationale, les députés disposent désormais d'une "avance sur frais de mandat", non soumise à l'impôt sur le revenu dont le périmètre est fixé dans une liste. Or, ce périmètre exclut aussi 600 euros qui peuvent être dépensés sans justificatifs.

L'AFP est-elle justifiée à se mettre dans tous ses états ?

La transparence et l'encadrement de l'impôt des députés n'est pas du goût des journalistes. Sont-ils concernés ?
Ils le sont indirectement, car le sujet, qui revient sur le tapis depuis octobre dernier, bien que la presse se soit appliquée à ne pas l'ébruiter, est d'une actualité brûlante, lorsque les "Gilets jaunes" peinent à se faire entendre du pouvoir lorsqu'ils se rebellent contre la sur-fiscalisation de tous leurs faits et gestes.
Si les députés ne paient que 699,35€ de CSG et de CRDS sur le coeur de leur rémunération, 7209.74€ bruts d'indemnité parlementaire mensuelle, il y a peut-être de quoi dresser quelques barrages filtrants...

N'en déplaise aux journalistes de l'AFP et d'ailleurs
La moralisation de la vie publique progresserait si les députés supprimaient l'abattement fiscal forfaitaire sur le revenu net des journalistes d'un montant de 7.650 €.
Si les "gilets jaunes" savaient...

mercredi 7 mars 2018

Ministre de Macron, Le Drian aurait pistonné ses petits-enfants : "renouvellement de notre vie publique" ?

Le ministre des Affaires étrangères de Macron aurait obtenu un passe-droit pour ses petits-enfants...

Le socialiste exemplaire se consacre-t-il aux affaires de l'Etat ?

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Larrons en foire, en République des copains et des coquins
Le cabinet du ministre des Affaires étrangères est sur le pont...
Le Cabinet de cet ex-proche et confident de Hollande est intervenu pour permettre l'inscription de deux petits-enfants au lycée français de Barcelone, a révélé mardi 6 mars Mediapart.
Alors que Parcoursup n'était pas encore sorti des cartons et que "les gens" qui aspiraient à une place en université n'avaient pas été tirés au sort restaient sur le carreau, les jeunes boutonneux mais pistonnés de la République socialiste se faisaient parachuter par Papy, 70 ans, au soleil de Catalogne.


Le consul de France à Barcelone aurait contacté le proviseur du prestigieux établissement le 7 juin 2017 pour obtenir l'inscription des deux membres de la famille du ministre, rapporte le site trotskiste d'information. A cette date-là, la limite des dépôts des dossiers est dépassée depuis une semaine. "Peut-être aurez-vous ainsi une oreille plus attentive au plus haut niveau et la joie d'avoir la visite du ministre l'an prochain", lui aurait-il écrit dans un mail, précise Mediapart.

Le proviseur du lycée a nié tout passe-droit

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Macron, gérontophile ?
Contacté par les journalistes du site internet, le fonctionnaire français a assuré qu'il restait des places dans les deux classes concernées. Pourtant, l'établissement, qui accueille 3.000 élèves, refuse des centaines de candidatures chaque année. 
Du côté du cabinet de Jean-Yves Le Drian, on déclare simplement que "le chef d'établissement a été informé par le ministère de l'arrivée des enfants". Royal !

L'exemplaire Blanquer a-t-il fermé les yeux ?
Bien qu' implantés hors du territoire français, les établissements d'enseignement français à l'étranger (EEFE) sont homologués par le ministère français chargé de l'Éducation nationale.

Et si, à défaut de "moralisation de notre vie politique", Macron renouvelait les têtes ?

vendredi 10 novembre 2017

Altice : Patrick Drahi, acheteur compulsif ...à crédit, ne peut plus rembourser

Le vent tourne : SFR, BFM-RMC, le groupe l'Express et Libération dans la tourmente

L'entrepreneur a démissionné le 
directeur général d'
Altice, maison mère de l'opérateur télécoms SFR

L'annonce d'une vaste réorganisation de sa direction n'a pas surpris dans le milieu, jeudi soir. Patrick Drahi tente de reprendre le contrôle du navire en perdition, après les inquiétudes manifestées par les investisseurs.

Le Franco-libanais, fondateur et actionnaire de contrôle d'Altice, n'occupait plus de rôle de premier plan dans l'organigramme de sa holding, mais va devoir prendre la présidence du conseil avec pour objectif de superviser la stratégie du groupe et son exécution, en particulier en France où se concentrent les difficultés.
Michel Combes, en poste chez Altice depuis 2015, est remplacé par le bras droit de Patrick Drahi, Dexter Goei, qui dirigeait jusque-là les activités d'Altice aux Etats-Unis.

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Alain Weill devient incontournable en ajoutant la fonction de PDG de SFR à celle de directeur des activités media d‘Altice, précise Altice dans un communiqué, tandis que le directeur financier Dennis Okhuijsen assume la direction générale d‘Altice en Europe. 
Armando Pereira, le tailleur de coûts de Patrick Drahi, est, quant à lui, désigné directeur des opérations d‘Altice.
"Les nouvelles direction et structure de gouvernance sont conçues pour mieux mettre en place la stratégie d‘Altice, faire en sorte que le management réponde plus clairement de ses actes et améliorer les performances opérationnelles et financières du groupe”, déclare Altice dans un communiqué.

La débâcle financière

Ces annonces sont la conséquence de la chute en bourse du titre Altice, tombé jeudi à son plus bas niveau depuis près de deux ans, signe de l‘inquiétude persistante des investisseurs depuis la publication, vendredi, de résultats trimestriels jugés décevants.
Le titre a perdu 34% depuis vendredi et plus de 54% depuis le 9 juin.

Michel Combes, qui assumait la direction générale d'Altice et de SFR (et Numericable), paie les difficultés du groupe à stopper la fuite de ses abonnés en France en dépit de lourds investissements dans le déploiement du très haut débit et les contenus.
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Selon plusieurs sources, il a également pâti de sa difficulté à trouver sa place dans l'organisation d'Altice et de ses difficultés à s'entendre avec plusieurs pointures du groupe, pour certains compagnons d'aventure de longue date de Patrick Drahi. "Michel Combes ne fait pas partie du petit cercle, ce qui est un problème sachant que c’est un groupe qui fonctionne dans une logique de clan, de famille", raconte-t-on dans l'entourage de Drahi.
La démission du dirigeant, passé précédemment par Alcatel, Vodafone et France Télécom, a été officialisée jeudi, précise Altice dans un communiqué.

Depuis sa prise de contrôle par Altice, SFR, numéro deux du mobile en France, relégué à la troisième place dans le fixe derrière Free (Iliad), a perdu plus de 1,6 million de clients mobile et plus d‘un demi-million d‘abonnés fixes.

Avec le départ de son homme de confiance, l'entrepreneur Patrick Drahi envoie un signal fort, notamment en direction des marchés, de sa prise de conscience de la nécessité de résoudre le problème français.
A la présidence du conseil, Drahi aura pour mission de "déterminer la direction stratégique, opérationnelle, commerciale et technologique du groupe, et son exécution,  en particulier SFR", qui réalisait l'essentiel de chiffre d'affaires en France - tout en étant exilé fiscal au Luxemburg, puis à Amsterdam - précise ainsi le communiqué.
En 2014, alors qu’il étaitt ministre, Montebourg tacla Drahi et des enquêtes fiscales furent diligentées par Bercy."Numericable a une holding au Luxembourg, son entreprise est cotée à la Bourse d’Amsterdam, sa participation personnelle est à Guernesey dans un paradis fiscal de Sa Majesté la reine d’Angleterre, et lui-même est résident suisse ! Il va falloir que M. Drahi rapatrie l’ensemble de ses possessions, biens, à Paris, en France."
Résultat de recherche d'images pour "drahi Macron"Drahi aura pour bras droit Dexter Goei, nouvel homme fort d‘Altice, qu‘il connaît de longue date et avec lequel il a remporté la bataille pour le rachat de SFR face à l‘industriel français Martin Bouygues. Ancien banquier d‘investissement à JP Morgan,puis Morgan Stanley, le dirigeant américain, entré en 2009 chez Altice, a supervisé avec succès la mise en Bourse des cablo-opérateurs Suddenlink (américain) et Cablevision rachetés par Altice aux Etats-Unis.
Il conservera ses fonctions aux Etats-Unis et assumera par ailleurs des fonctions centrales au sein du groupe.

Le tandem devra relever le défi de ramener la stabilité chez SFR, confronté à une valse de ses dirigeants depuis plusieurs années, tout en réussissant son pari de faire revenir ses abonnés grâce à une qualité de réseau restaurée et une offre de contenus enrichie.
En 2016, en autorisant le rachat de SFR, le ministre Macron a fait d’une pierre deux coups. Cette opération se révèle en effet particulièrement juteuse pour le clan Macron, puisque la banque d’affaires qui se charge de cette vente n’est autre que la banque Lazard. La banque Lazard est dirigée en France par Mathieu Pigasse, propriétaire du journal Le Monde et soutien essentiel de la campagne d’Emmanuel Macron. Les banques d’affaires toucheront de l’ordre de 260 millions d’euros de commissions sur ce deal.Si on veut moraliser la vie politique et éviter les conflits d’intérêts, est-il vertueux que le patron d’une banque qui est aussi patron de presse soutienne un candidat dont la décision lui a rapporté autant d’argent ?
Sans compter que SFR est (co-)propriétaire de Libération, du groupe l'Express (L'Express, L'Expansion, L'Étudiant., etc..) et de NextRadioTV créé par Alain Weill. 
Résultat de recherche d'images pour "drahi Macron"Or, celui-ci en est l'actionnaire principal de ce dernier à hauteur de (51 %) et les difficultés de SFR, dont il est actionnaire (49%), pourraient contaminer son groupe, notamment RMC et BFM, soient six chaînes de la TNT. Weill espère retirer les marrons du feu SFR, mais pourrait aussi bien s'y brûler.

Drahi est endetté pour un montant de 50 ...milliards d'euros !
On sait depuis un an, novembre 2016, qu'en deux ans, l'empire de Patrick Drahi, Altice, a doublé sa dette à 49,282 milliards d'euros... C'est, en 2018, quasiment l'enveloppe du premier budget de la Nation (50,6 milliards d'euros, l'Éducation nationale...