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vendredi 18 octobre 2019

Voile islamique : Macron nie la fracture du gouvernement sur la provocation d'une mère accompagnatrice

"Il y a une unité du gouvernement", prétend le chef de l'Etat

Alors que les sensibilités s'opposent dans l'exécutif, le chef de l'exécutif est-il obligé de faire une déclaration mensongère ?

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Les "victimes" ne semblent pas mécontentes de leur coup...

Le pouvoir macronien s'écharpe dans tous les media 
depuis plusieurs jours sur le sujet du port du voile islamique dans l'espace public, mais Macron fuit ses responsabilités en ne prenant pas parti : mieux, il nie même le débat qui oppose sa majorité jusqu'au coeur du gouvernement. En dépit de la laïcité bafouée, le chef de l'Etat a assuré ce jeudi les Français de "l'unité" du gouvernement sur le sujet, une contre-vérité patente.

Depuis plusieurs jours, le débat sur le port du voile agite la France, de la classe politique à la rue et divise la majorité présidentielle. Face à la polémique grandissante depuis que l'élu du Rassemblement national Julien Odoul a signalé la présence d'une mère voilée dans l'enceinte d'une assemblée du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. Elle animait la sortie éducative d'un centre social, de Belfort à Dijon (182 kms et quatre heures de route aller-retour), avec des enfants d'un âge a priori assez peu motivé par une délibération politique d'adultes en séance plénière. L'intention de cette femme engagée apparaît donc militante et certains parlent de provocation prosélyte, voire déstabilisatrice.

Après avoir gardé le silence pendant plusieurs jours, de la même façon qu'il ne s'est pas prononcé sur l'incendie de produits chimiques toxiques à Rouen, il a finalement dénoncé un "raccourci fatal" entre lutte contre le terrorisme et islam, ce qui n'est pas le sujet.

En même temps, Macron appelle à "être intraitable avec le communautarisme" sans "stigmatiser nos concitoyens" : la quadrature du cercle qu'il laisse aux autres sur le terrain, loin de l'Olympe.

Le péroreur a assuré de "l'unité du gouvernement" à ce sujet

"Le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur, le ministre de l'Education nationale et l'ensemble du gouvernement travaillent sur ces sujets ensemble", a-t-il assuré, contre toute évidence, lorsqu'il a été de nouveau interpellé lors d'une apparition publique ce jeudi 17 octobre à Bruxelles pour un sommet européen.

En fait, il n'a fait qu'anticipé la période des voeux
: "Et je souhaite que chacun se rassemble, pas simplement au Parlement, mais dans la société.
Mon rôle, c'est plutôt de rassembler", a-t-il encore babiné, sans pour autant faire avancer les choses. "Ces combats sont sérieux et ils impliquent de ne pas diviser, de ne pas stigmatiser et d'agir ensemble", a-t-il prêché. 
Et de se faire reluire : "J'ai des idées qui sont claires depuis le début, mais je le fais au rythme que je considère comme étant le bon et en évitant de remuer des sujets quand la société civile se divise dessus", s'est-il auto-satisfait, pressé de prendre la parole pour de vrai.

La droite et la gauche s'affrontent au gouvernement et dans la majorité présidentielle 

La macronie entière s'écharpe depuis plusieurs jours sur ce sujet sensible. 
Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a affirmé dimanche que "le voile en soi n'est pas souhaitable dans notre société". Un avis que partagent les ministres de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire et du Budget Gérald Darmanin, issus de la droite républicaine et modérée.

A l'inverse, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye défend une position nettement plus communautariste, dissidente de la pensée officielle.
La Franco-Sénégalaise du gouvernement a jugé "choquante" l'attitude de Julien Odoul : "Qui est-il pour stigmatiser une femme qui accompagne les enfants en sortie scolaire ?", a-t-elle polémiqué, en démagogue populiste, sur France 3 dimanche, occultant totalement son port ostentatoire du foulard islamique.
Pour Macron, Ndiaye fait-elle encore parti de son gouvernement?

Dans la majorité présidentielle, la fracture est similaire
Ainsi l'ex-socialiste Aurélien Taché, qui a senti le vent tourner et a rejoint La République en marche, ne cesse de mener la "fronde".

Q
uant à ldéputée
Aurore Bergé, porte-parole de LREM, elle s'est  déclarée prête à voter une proposition de loi LR sur l'interdiction du voile lors des sorties scolaires. "Je suis cohérente avec des convictions que j'ai toujours eues.", a-t-elle déclaré à LCP. 
Plusieurs députés LREM, dont Coralie Dubost, Cécile Rilhac, Eric Bothorel, Fannette Charvier et Amelia Lakrafi lui ont immédiatement répondu "Not in my name" ("pas en mon nom") sur Twitter.

Il y a le feu à la maison Macron, mais son propriétaire regarde ailleurs en assurant que ça ne sent pas le roussi...

mardi 8 octobre 2019

LREM, soupçonnée de connivence avec le cabinet Occurrence

Comptage des manifestants : le cabinet Occurrence est-il de mèche avec LREM ?

L
e vice-président de la "Manif pour tous" révèle pourquoi la fiabilité du comptage des manifestants par le cabinet Occurrence est suspecte


 Dumont a dénoncé les liens de cette entreprise avec le parti présidentiel. 

Lundi sur franceinfo, il a aligné des éléments qui jettent la suspicion sur l'indépendance de l'entreprise vis-à-vis de La République en marche (LREM) et des  comptages effectués, en dépit de la confiance politique que lui accorde un collectif de media.

Des manifestants opposés à la PMA pour toutes le 6 octobre 2019 à Paris.Après la manifestation dimanche 6 octobre à Paris contre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, ce cabinet d'études - et de conseil - "indépendant" français spécialisé dans l'évaluation de la communication est remis en cause. Il est chargé depuis 2018 par plusieurs dizaines de media mainstream, dont certains appartenant au même groupe, de compter les manifestants : il est censé compter en toute objectivité le nombre de manifestants. 
Or, il suscite l'indignation sur les réseaux sociaux comme dans le public. Lundi 7 octobre par exemple, le vice-président de la Manif pour tous, Albéric Dumont, a avoué sur franceinfo qu'il aimerait "avoir la preuve" de la "soi-disant indépendance de ce cabinet".
Ces accusations ne sont pas nouvelles : elles ressortent régulièrement sur les réseaux sociaux et certains clients de ce cabinet prétendent se livrer à l'exercice schizophrénique de partage du vrai et du faux.

"Aucun lien d’amitié" entre le patron d’Occurrence et Aurore Bergé ?

Le président d’Occurrence, Assaël Adary, est "un ami d’Aurore Bergé, députée La République en marche [LREM] et défenseure acharnée de la 'PMA sans père'", indique Albéric Dumont. Pourtant, tous les deux l'assurent : ils ne se connaissent pas. Le lien d’amitié inavoué entre Assaël Adary et la porte-parole du gouvernement, Aurore Bergé, se fonde sur un tweet publié le 13 mai 2017, en pleine campagne pour les élections législatives. Aurore Bergé n’est à l’époque pas encore élue députée LREM de la 10e circonscription des Yvelines, où elle cumule les fonctions électives lucratives (lien PaSiDupes : Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?).
Pour Assaël Adary, contacté par franceinfo, ce tweet n’est pas un soutien politique, mais "une réponse à un autre tweet qui demandait 'de faire barrage à la suceuse Aurore Bergé'." Ce tweet a depuis été supprimé. Le message d’Assaël Adary était donc selon lui un "tweet de soutien envers une personne agressée et insultée, par ailleurs ancienne étudiante du Celsa, dont je suis président de l’association des diplômés."

Déjà sur ce point, les relations sont ambiguës : "Je n’ai jamais fait le Celsa, j’ai fait Sciences Po Paris, il a dû confondre", s'étonne Aurore Bergé, interrogée par franceinfo. Si la page Wikipédia d’Aurore Bergé indique bien qu’elle a étudié au Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication à La Sorbonne), l’annuaire de l’école ne mentionne en effet aucune Aurore Bergé. "A l'époque, j'aurais mis ma main à couper qu'elle était une ancienne du Celsa, sinon je n'aurais jamais publié ce tweet" (ci-dessus), assure Assaël Adary.
De son côté, Aurore Bergé assure à franceinfo que le patron d’Occurrence n’est "pas un ami" : "Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais rencontré. Je n’ai aucun lien avec Occurrence, ils font leurs comptages sans me demander mon avis !"

Caterina Avanza ne cumule pas des fonctions chez Occurrence et En Marche

L’un des cadres du cabinet Occurrence a-t-il des responsabilités au sein de LREM ? 
C’est ce qu’assure sur franceinfo Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous : "Une certaine Mme Avanza [est] à la fois salariée au QG d’En marche et chargée d’événement au cabinet Occurrence."
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Vérification faite, Caterina Avanza, 38 ans, membre du Parti démocrate italien (un parti politique fourre-tout, classé en général au centre gauche, mais, en fait, une coalition allant de l'ex-parti communiste à la démocratie chrétienne), a bien travaillé pour Occurrence et En Marche !… (ci-contre avec Macron), mais pas à la même période. Comme l’atteste son profil LinkedIn, elle a occupé pendant quatre ans le poste de "chargée d’étude senior" pour Occurrence, de mars 2006 à septembre 2010. Elle a ensuite travaillé pour différentes entreprises, dont l’institut de sondage Ifop. Ce n’est qu’en juin 2017 qu’elle arrive chez En marche, d’abord en charge des consultations citoyennes et des études d'opinion.
Un CV confirmé par Assaël Adary, président d’Occurrence : "C’est complètement fou, on n’a plus aucune relation contractuelle avec elle depuis neuf ans. Son solde de tout compte date de septembre 2010 !"

La directrice générale d’Occurrence a bien applaudi l’élection d’Emmanuel Macron

C’est une critique qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux :
la directrice générale d’Occurrence soutiendrait Emmanuel Macron.
Une nouvelle fois, tout part d’un tweet, aujourd'hui supprimé, qu’elle publie le 7 mai 2017, jour de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Céline Mas, directrice générale du cabinet d'expertise Occurrence à l'époque, se félicite de l'élection d'Emmanuel Macron.  

Cette fois, pas de doute : le soutien politique est explicite. Mais pour Assaël Adary, dont le co-fondateur d'Occurrence a mis fin à ses fonctions opérationnelles en janvier 2016, "chaque collaborateur est libre de ses opinions". Une entreprise ne peut pas selon lui être tenue "politiquement responsable" de ce que font ses collaborateurs. "Il y a par exemple un maire sans étiquette dans notre équipe, peut-être y-a-t-il aussi des 'gilets jaunes', des conseillers municipaux ou des personnes qui ont manifesté dimanche contre la PMA pour toutes, mais je n’en sais rien et je n’ai pas à le savoir." 
Adary est intervenant au Celsa et à Sciences Po Paris. Il est président de l'association des Alumni Celsa Sorbonne Universités et Secrétaire général de l'association Communication & Entreprise. Un homme d'influence est-il nécessairement fiable et vertueux ?


Il indique également que Céline Mas ne travaille plus pour Occurrence depuis août : "Elle a été licenciée pour des motifs professionnels, ce n’est pas lié à ses convictions personnelles."

Une méthodologie de comptage validée par une vingtaine de media

Un employé d'Occurrence préposé au comptage des manifestants,
le 22 mars 2018
Après la manifestation contre l'extension de la PMA dimanche, le fossé entre le chiffre avancé par les organisateurs et celui publié par Occurrence est très large. Les premiers ont comptabilisé huit fois plus de manifestants dans les rues de Paris que les seconds. Pour certains militants, c’est le signe d’une "manipulation" de la part d’Occurrence.
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Parmi les critiques, relayées notamment par le site Boulevard Voltaire, le cabinet Occurrence n’aurait pas compté tous les manifestants, étant donné que le cortège était scindé en deux.
Pour Assaël Adary, au contraire, tout s’est déroulé dans les clous : "Nos équipes étaient pile où il fallait être, au croisement entre les boulevards Raspail et Montparnasse, justement là où les deux cortèges, y compris le cortège de délestage, sont passés."

Au-delà de cet exemple précis, la question de 
la fiabilité du comptage des manifestants est posée, surtout qu’une vingtaine de médias, et même près de 80 si on prend en compte tous les titres de presse régionale, font confiance à Occurrence.
"L’indépendance des chiffres des manifestants vient du fait que j’ai conçu la méthodologie avec des médias de sensibilité différente, du 'Figaro' à Mediapart en passant par franceinfo et 'La Croix'. Mais ce qui est terrible, c’est que cet argument se retourne contre nous, à cause du manque de confiance envers les médias", explique Assaël Adary.
Quid, justement, de cette méthodologie 
"On a des capteurs de la société Eurecam, qui, comme ceux présents dans les aéroports et les musées, comptent les manifestants", détaille le président d’Occurrence. Pour corriger la marge d'erreur, l'entreprise ajuste le chiffre grâce à des micro-comptages de trente secondes réalisés à la main. "Le chiffre final ne passe aucunement par le ministère de l’Intérieur !", soupire-t-il. Il ajoute que des journalistes et des militants sont régulièrement invités à compter avec eux.
La méthode scientifique aurait-elle des failles ? 


jeudi 12 septembre 2019

Richard Ferrand (LREM), mis en examen pour "prise illégale d'intérêts"

L'affaire des Mutuelles de Bretagne rebondit, mettant le quatrième personnage de l'Etat en difficultés

En 'république des copains', la "moralisation de la vie publique" ne passe pas par les amis du président  

Résultat de recherche d'images pour "macron ferrand"En termes d'exemplarité, ça va mal pour la majorité présidentielle, mais gageons que l'ami du président sera blanchi, comme la police par l'IGPN ou l'ex-ministre démissionnaire de la Transition écologique, F. de Rugy, par deux rapports d'enquête - de l'Assemblée et de Matignon - sur ses "dîners fastueux"... 

D
ans la nuit du mercredi 11 au jeudi 12 septembre à Lille (Nord), le président LREM de l'Assemblée nationale a été
mis en examen, pour "prise illégale d'intérêts", dans l'affaire immobilière des Mutuelles de Bretagne. Il a été entendu par trois juges d'instruction lors d'un "interrogatoire de première comparution" au tribunal de grande instance de Lille, où l'affaire a dû être dépaysée.
C'est en mai 2017 que celui qui vient tout juste d'être nommé ministre de la Cohésion des territoires est mis en cause par le Canard Enchaîné, en 2011, pour des "tractations immobilières" (RTL) impliquant sa compagne.
Les Mutuelles de Bretagne, dont Richard Ferrand était alors le directeur général, souhaitant louer des locaux commerciaux à Brest, avaient choisi, entre trois propositions, celle d'une société immobilière appartenant à sa compagne, dont le nom  - Sandrine Doucen - n'apparaissait pas. En plus d'une rénovation complète des locaux payée 184.000 euros par la mutuelle, la SCI de sa maîtresse a vu la valeur de ses parts "multipliée par 3.000" six ans plus tard, écrivait le Canard. Richard Ferrand assure qu'il s'agissait de "la meilleure offre".
La première enquête avait été classée sans suite, à... Brest.
Le 1er juin 2017, le procureur de la République de Brest annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire. L'association Anticor adresse de son côté au parquet de Brest une plainte contre X pour abus de confiance. Une perquisition est alors menée dans les locaux des Mutuelles de Bretagne.

Mais dès octobre de la même année,
le Parquet classe l'enquête sans suite. Le procureur - dépendant du ministère de la Justice occupé par Nicole Belloubet - invoque notamment la prescription de l'action publique s'agissant d'un éventuel délit de prise illégale d'intérêts. "Les infractions d'abus de confiance et d'escroquerie" ne sont elles "pas constituées, faute d'un préjudice avéré", dit-il.
Le 9 novembre,
Anticor porte une nouvelle fois plainte, mais à Paris, pour prise illégale d'intérêt et recel, avec constitution de partie civile. 

L'ami du président se déclare alors "serein".
C'est dans le cadre de l'information judiciaire ouverte en janvier 2018 à la suite de cette plainte que Richard Ferrand a été entendu ce 12 septembre, puis mis en examen. Le président de l'Assemblée nationale assure avoir pris "acte de cette mesure procédurale [la macronie insistera en boucle sur cet aspect] qui va lui permettre de pouvoir se défendre dans ce dossier". Dans un communiqué publié aussitôt dans la nuit, comme si il était prévenu, il dit rester "serein sur l'issue de la procédure, au regard du classement sans suite de l'ensemble des griefs de la première plainte" en octobre 2017, "d'autant plus qu'aucun élément nouveau n'a été versé à ce dossier dans lequel il n'y a ni préjudice ni victime".
Il assure pour conclure qu'il ne compte pas céder sa place au perchoir. 

La macronie serre les rangs 


Résultat de recherche d'images pour "république des copains"Alors qu'il l'avait déjà soutenu au moment de la révélation de l'affaire en 2017, Macron a renouvelé sa confiance à Richard Ferrand, jeudi. 
Plus tôt dans la matinée, le président du group La République en marche (LREM) à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, s'y est collé, en bon petit soldat, avait également, déclarant sur franceinfo : "Je ne doute pas que l'examen des faits démontrera son intégrité."

"Une instruction n'est pas une condamnation", déclare Aurore Bergé sur RTL. Et la porte-parole du groupe des députés LREM de décider : "il n'y a aucune raison que l'on oblige Richard Ferrand à démissionner de son poste de président de l'Assemblée Nationale."

Edouard Philippe exprime son "amitié" et son "soutien total" à Richard Ferrand. Le collaborateur de Macron ne pouvait faire moins. Pour ça, Edouard Philippe s'était invité chez ses amis de TF1 ce jeudi soir. Au JT de 20h00, il a tenu à assurer de son soutien Richard Ferrand, mis en examen dans la nuit de mercredi à jeudi pour "prise illégale d'intérêts" dans l'affaire de conflit d'intérêts immobiliers des Mutuelles de Bretagne

"En tant que premier ministre, je ne peux pas m'exprimer sur la décision de justice, pour des raisons liées à la séparation des pouvoirs. Mais en tant qu'Edouard Philippe, permettez-moi de dire que l'amitié est réelle, le soutien total, et [que] j'ai confiance en sa capacité à faire valoir son innocence. Je vais reprendre les mots de Jean-Luc Mélenchon quand il rappelle que la présomption d'innocence dans une démocratie existe. [...] Ces mots ne sont pas des mots vides de sens", a-t-il tenté de convaincre. 
"J'y suis, j'y reste" (général Mac Mahon), assure le mis en examen.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, Richard Ferrand s'est dit "déterminé à poursuivre [sa] mission". 



Anticor ne lâche pas l'affaire : il "doit partir", insiste l'association anti-corruption
Résultat de recherche d'images pour "république des copains"
Jérôme Karsenti, avocat d'Anticor qui s'est portée partie civile dans ce dossier, a expliqué sur franceinfo : "Pour nous, Richard Ferrand doit partir, en raison de l'équilibre des pouvoirs et de la manière dont les institutions doivent fonctionner". Il a également jugé que "cette mise en examen [va] perturber les institutions".
Jérôme Karsenti souligne aussi les "vicissitudes" de ce dossier, passé d'abord entre les mains d’un parquet de Brest dont il questionne l'indépendance.

Entretien de l'avocat d'Anticor avec France Info:
Franceinfo : Espériez-vous cette mise en examen ?<:b>

Jérôme Karsenti : On l'attendait. Depuis le début de cette affaire, nous pensons qu'une infraction a été commise par Richard Ferrand. Nous avons été heurtés par la décision du procureur de la République de Brest [qui a classé sans suite l'affaire]. Nous avons poursuivi devant le pôle national financier de Paris. Puis ce dossier a été dépaysé à Lille. Il a donc subi des vicissitudes. Et cela se termine, dans un premier temps, par cette mise en examen de Richard Ferrand.

Dans un premier temps, l'affaire avait donc été classée sans suite, pour cause de prescription. Pourquoi ce n'est plus le cas aujourd'hui ?

Seul le procureur de la République s'était prononcé en ce sens. Mais le procureur n'est pas une autorité judiciaire indépendante en France. Le procureur est l'agent du ministère public, sous contrôle du pouvoir exécutif, à savoir le garde des Sceaux. Il y a donc une sorte de pudeur morale ou politique du parquet. Et c'est pour cela qu'avait été créé le parquet national financier [PNF], afin de s'occuper des affaires politico-financières avec rigueur et indépendance. Des valeurs acquises par ce parquet national financier. En revanche, quand le parquet de Brest s'occupe de l'affaire et quand on sait l'influence que Richard Ferrand peut avoir sur cette région de Bretagne, on peut se douter que la décision n'a pas été prise en toute indépendance.

Richard Ferrand a affirmé à nouveau qu'il ne démissionnera pas de ses fonctions. La présomption d'innocence doit-elle lui profiter, comme tout autre citoyen ?

La présomption d'innocence lui profite. La question n'est pas là. La question est de savoir s’il peut exercer ses fonctions avec toute l'indépendance et la sérénité requises. Est-ce que cette mise en examen ne va pas perturber toutes les institutions françaises, surtout lorsque l'on connaît l'importance de l'Assemblée nationale en France ? A Anticor, nous pensons donc que cette mise en examen va perturber les institutions. Et on comprend mal la différence d'interprétation qu'il y a chez Richard Ferrand. Lorsque cette affaire débutait, il avait préféré partir du gouvernement et ne pas prendre le perchoir à l'Assemblée. Et aujourd'hui, alors qu'il est mis en examen, il estimerait qu'il n'y a plus de problème. Cela démontre que cette idée que le gouvernement se faisait de la moralisation de la vie publique semble un peu passée.

Selon vous, il doit donc partir ?

Il doit partir, oui. Et ce en raison de l'équilibre des pouvoirs et de la manière dont les institutions doivent fonctionner.

Dans cette affaire, Richard Ferrand invoque la séparation des pouvoirs. Il estime que le Parlement est indépendant de la justice, et que son sort ne peut donc pas dépendre des juges...

C'est incroyable de penser cela. Depuis Montesquieu, on sait que l'équilibre de pouvoirs réside dans l'exercice des contre-pouvoirs. La justice est un contre-pouvoir efficace face à l'abus des autres pouvoirs, en l'espèce celui du Parlement. Aujourd'hui, la justice avance et elle exerce son rôle de contre-pouvoir.

François Bayrou a démissionné sur une simple information judiciaire. Il n'était pas mis en examen. Faudrait-il qu'il y ait une même règle pour tous les ministres ?

Il devrait y avoir un principe qui s'impose à tous. Faut-il légiférer ? C'est délicat. Mais en tout état de cause, la responsabilité de ceux qui ont des fonctions de représentation démocratique devrait les amener à démissionner quand ils ne peuvent plus exercer leur mandat avec sérénité.


mercredi 19 juin 2019

Ces quotas d'immigration voulus en 2019 par Macron qui les jugeait "impossibles à piloter" en 2017

Le candidat Macron a-t-il pris des engagements sur des sujets dont il ignorait tout ?

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a relancé le débat autour de l'instauration des quotas d'immigration


Macron ouvre la voie à une proposition de Fillon. 
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Dans sa lettre aux Français publiée le 13 janvier 2019, Emmanuel Macron inclut l'immigration parmi les thèmes qui seront abordés lors de son "grand" débat national  - consécutif au mouvement des Gilets jaunes - dans toute la France jusqu'au 31 mars. "Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?" C'est en ces termes qu'il soumettait la question des quotas qui ne figurait pas dans son programme, mais dans celui de la droite, et qui n'a pas été mentionnée par le gouvernement depuis le début du quinquennat.
Cette question, qui reste ouverte, n'est pas anodine. L'idée de faire voter chaque année par le Parlement des quotas d'immigration avait été proposée en 2017 par l'ancien candidat de la droite François Fillon. Elle figure toujours parmi les propositions des Républicains. Lors des débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait d'ailleurs tenté, en juin dernier, de réintroduire le principe des quotas, contre l'avis du gouvernement. La disposition des sénateurs LR proposait que le Parlement conduise chaque année "un débat approfondi, à partir d'un rapport du gouvernement, intégrant toutes les dimensions de la politique nationale d'immigration et d'intégration", et portant "sur les orientations pluriannuelles de la politique d'immigration et d'intégration en présentant des indicateurs chiffrés rendant compte des flux d'entrée, de séjour et d'éloignement".
La proposition de la droite avait été alors fustigée par Jacqueline Gourault, la ministre MoDem de la Cohésion des territoires : "L'introduction de quotas [...] ne résiste pas à un examen de sa faisabilité. Le gouvernement est défavorable à une telle politique".
Un nouveau gage en direction des électeurs de droite ou une mise à nu du président ? Le sujet pourrait être abordé au Parlement à la rentrée, annonce le ministre dans le JDD. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pourtant jugée inefficace cette proposition venue de la droite

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a remis le sujet sur la table , bien que cette proposition ne figure pas dans les projets du candidat Macron sur lesquels lui et la majorité présidentielle ont été élus, puisqu'elle venait à l'origine de la droite LR. François Fillon en avait fait l'un de ses arguments phares durant la campagne présidentielle. Macron cherche-t-il ainsi à rallier cette droite-là ou a-t-il trompé les électeurs sur ses projets profonds ?

S'il exclut d'évoquer des quotas pour le droit d'asile - ce serait "contraire à nos engagements internationaux" -, le ministre de l'Intérieur a jugé que la question pourrait être "posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", sans préciser s'il parlait de regroupement familial, d'immigration économique, des étudiants étrangers faux ou réels, ou encore l'immigration sociale suscitée par les aides consenties par la France et les contribuables français. Elle pourrait notamment être abordée au Parlement en septembre, Edouard Philippe ayant annoncé, la semaine dernière, dans son discours de politique général, la tenue annuelle d'un débat sur l'immigration au parlement - là encore, une idée défendue par François Fillon durant la présidentielle. Ce qui donne à penser que cette simple annonce a pu susciter les ralliements à la majorité présidentielle de maires LR, tels ceux des Hauts-de-Seine subornés par Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, tour à tour UDF, UMP et groupe Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants (2017), exclu des Républicains (LR), le 31 octobre 2017, et aussitôt adhérent à La République en marche (LREM), le 25 novembre 2017.

Christophe Castaner a déjà fait toutefois évoqué un ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, pour souligner qu'il est l'auteur d'un rapport rédigé en 2009 émettant des doutes sur l'instauration d'un dispositif de quotas. 

Une opération de débauchage

Les propos de Christophe Castaner interviennent alors que, la semaine dernière, en cercle restreint, Macron a fait part de ses doutes sur l'efficacité de la loi asile et immigration votée l'an dernier, convaincu par ailleurs que ce thème serait au coeur du prochain scrutin national. 
Le durcissement possible du discours de l'exécutif sur l'immigration est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour certains membres de la majorité, dont certains députés LREM qui avaient déjà "frondé" lors du vote de la loi alors portée par Gérard Collomb et qui viennent de créer un collectif "social-démocrate" - ni "frondeurs", ni "godillots" - au sein de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Deux nouveaux membres, Albane Gaillot et Jean-François Mbaye, viennent encore de rejoindre la vingtaine d'origine.

Il faut dire que l'hypothèse des quotas annuels d'immigration est bien loin de l'ADN initial d'En Marche!. Durant la présidentielle, le programme de Macron n'envisageait pas cette mesure. Dans un entretien avec l'ancienne présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, en mars 2017, il affirmait même ceci : "Je ne crois pas aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter. Déciderions nous, demain, d'avoir un quota de Maliens ou de Sénégalais d'un côté, d'informaticiens, de bouchers de l'autre, comme certains le proposent ? Un tel dispositif serait quasiment impossible à piloter"

Le tournant du Grand débat

Durant les débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait proposé que les quotas soient introduits dans le texte de la majorité. Une proposition alors fustigée par la centriste Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, pour qui "l'introduction de quotas ne résiste pas à un examen de faisabilité", et martelant toujours que "le gouvernement est défavorable à une telle politique". Logiquement, Gourault ne peut pas avaler cette énorme couleuvre et devrait prochainement donner sa démission du gouvernement.

Le tournant s'est opéré en janvier 2019, dans le cadre du Grand débat. Dans la "lettre aux Français" précédant cette séquence liée à la crise des Gilets jaunes, Macron a fait volte-face, évoquant le sujet sous une forme interrogative : "En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?" De fait, le sujet est resté minoritaire dans le cadre du Grand débat, derrière les thèmes plus sociaux abordés par les Français. Pour autant, le résultat du scrutin européen du 26 mai dernier - l'immigration et l'avenir de l'espace Schengen se sont imposés aux candidats - et la perspective des prochaines élections, avec une campagne d'éviction de l'opposition républicaine avec mise en oeuvre de tous les moyens de l'Etat (presse, sondages, etc), concurremment avec une recherche de duel avec un RN diabolisé, ont conduit l'exécutif à réorienter son discours. 

Se faisant, devant les parlementaires, le champion du retournement de veste, Edouard Philippe a estimé qu'il faut avoir "le courage d'affronter le débat sans fausse pudeur"! Un débat qui risque, en premier lieu, de soulever des grondements dans la majorité. 
Lundi matin, sur BFMTV, la députée LREM tout-terrain Aurore Bergé, issue de la droite, s'est dite favorable à des quotas pour l'immigration économique, mais pas pour l'immigration familiale. En se positionnant contre le regroupement familial, Bergé est désormais sur la corde raide...
Idem, sur LCI, pour le député du Val d'Oise Aurélien Taché, un ex-socialiste qui juge qu'il sera "plus efficace d'en débattre au niveau européen" que dans l'enceinte du Parlement national. Va-t-il bientôt rejoindre le Parti socialiste auquel il appartient foncièrement ?

Dans l'opposition, le Rassemblement national s'oppose à toute politique de quotas: le porte-parole du RN Sébastien Chenu préférant, sur LCI, l'arrêt quasi-total de l'immigration légale, a rappelé que son mouvement juge que cela "ne marche pas", la droite devrait logiquement défendre cette proposition qui est sienneLundi matin, Damien Abad se positionne en faveur de la mise en place de quotas. "Oui, je suis pour, affirme-t-il, j’ai d’ailleurs proposé des choses allant dans ce sens l’année dernière. Les Républicains ont déposé des amendements, car je pense que c’est le rôle du parlement de fixer des objectifs annuels et des quotas d’immigration". Mais la majorité présidentielle a toujours rejeté tous les amendements de l'opposition...

vendredi 7 juin 2019

Démission d'une députée La République en Marche, de "honte" et de "déception"

La députée LREM de la Marne aura prévenu les candidats à la collaboration avec Macron

Aina Kuric estime "ne plus y retrouver les raisons" de son engagement avec Macron


Aina Kuric a annoncé ce vendredi son départ de La République en Marche.
Elle quitte le parti du président, pourtant majoritaire, après plusieurs semaines de réflexion. "Adhérente depuis avril 2016, je ne retrouve plus dans ce mouvement les raisons pour lesquelles je me suis engagée", a expliqué dans un communiqué l’élue de la Marne, citant notamment un "manque de confiance aux forces vives" et "un manque de volonté d’être présent sur les territoires"

"J’ai adhéré à En Marche ! pour faire de la politique autrement. Il ne s’agit pas seulement de changer les visages, mais les pratiques. Les alliances de circonstances, ces séduisantes opportunités, ne permettront pas de pérenniser l’outil efficace de 2017", a-t-elle asséné dans un mail interne envoyé à ses collègues députés LREM et dévoilé par l’Opinion.

"Evidemment, je suis pour l’ouverture. Mais nous n’avons pas su écarter ceux qui trahissent nos valeurs communes."

Et de poursuivre : "Ne tombons pas dans le piège de l’appareil, qui envahit l’espace d’innovation créatrice, et qui a fait fuir beaucoup de nos talents face auxquels j’ai honte de reconnaître à quel point ils avaient raison et à quel point je partage leur déception."

Régime de terreur à LREM : elle avait subi des menaces d’exclusion après le vote de la loi asile.
Cette annonce ne surprend pas quiconque sait que cette élue n’avait pas craint de voter contre le projet de loi asile immigration, en juillet dernier, avec Jean-Michel Clément. Pourtant seule députée ciblée, elle avait été menacée d’exclusion par les instances dirigeantes du groupe LREM. Celui-ci avait renoncé, votant finalement le sursis pour la marcheuse. 
La très délicate députée Aurore Bergé, porte-parole du groupe, n'avait pas hésité à blesser les "grondeurs" dans le JDD du 22 avril : "Ce texte a révélé des fragilités dans la majorité, des gens émotionnellement fragiles qui manquent de maturité politique. On a une très large majorité pour ce texte, et quelques agitateurs médiatiquement surexposés et isolés."

Voilà les insoumis de la Macronie!Son collègue Sébastien Nadot avait, quant à lui été exclu du groupe en décembre dernier, après son vote contre le budget 2019.

Une vingtaine de députés a défendu un retour sous conditions à l’impôt sur la fortune, alors que le débat avait été écarté par Emmanuel Macron. D
ans un mail envoyé à ses collègues, le député LREM du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin, a alors annoncé  qu’il quitte le groupe LREM.

L’élue franco-malgache de la Marne hésite à s'affranchir de la tutelle de LREM. Elle précise qu’elle continuera à soutenir Emmanuel Macron et qu’elle resterait apparentée au groupe LREM de l’Assemblée nationale, comptant 306 membres.

Elle a décidé de rester apparentée au groupe majoritaire à l’Assemblée nationale.  Elle précise : "Ce message n’est ni un adieu ni un au revoir car, même non partisan, mon engagement politique reste le même. Comme je l’ai fait depuis le début de mon mandat, je m’exprimerai, lorsque je serai d’accord, ou pas, avec le chemin qu’emprunteront les réformes à venir".

Reste que ses critiques sont révélatrices d’un fonctionnement évoquant celui que subissent les membres de La France Insoumise.
Alors que l'entourage de Mélenchon est la cible de militants qui dénoncent l'autoritarisme de sa garde rapprochée, nombre de membres de la majorité  présidentielle jugent sa direction sectaire et même arrogante. La députée s’était abstenue lors du vote en première lecture du projet de loi asile et immigration porté par Gérard Collomb. Mais Elle faisait aussi partie des 50 abstentionnistes de la majorité lors du vote de la proposition de loi anti-casseurs. 

  • Eric Alauzet
  • Delphine Bagarry
  • Didier Baichère
  • Barbara Bessot Ballot (par délégation)
  • Éric Bothorel (par délégation)
  • Anne-France Brunet
  • Émilie Cariou
  • Jean-François Cesarini
  • Annie Chapelier
  • Fannette Charvier
  • Philippe Chassaing
  • Mireille Clapot
  • Yolaine de Courson
  • Yves Daniel
  • Stella Dupont
  • Paula Forteza
  • Albane Gaillot
  • Florence Granjus
  • Christine Hennion
  • Pierre Henriet
  • Caroline Janvier
  • Hubert Julien-Laferriere (par délégation)
  • Stéphanie Kerbarh
  • Loïc Kervran (par délégation)
  • Sonia Krimi
  • Aina Kuric
  • Fabrice Le Vigoureux
  • Marion Lenne
  • Marie-Ange Magne
  • Jacques Maire
  • Jean François Mbaye
  • Sandrine Mörch
  • Cécile Muschotti
  • Delphine O
  • Matthieu Orphelin
  • Claire Pitollat
  • Barbara Pompili
  • Hugues Renson
  • Cécile Rilhac
  • Laurianne Rossi
  • Nathalie Sarles
  • Denis Sommer
  • Sira Sylla
  • Aurélien Taché
  • Alain Tourret
  • Frédérique Tuffnell
  • Laurence Vanceunebrock-Mialon
  • Patrick Vignal
  • Martine Wonner
  • Jean-Marc Zulesi
































Les 50 abstentionnistes auraient pu choisir de ne pas prendre part au scrutin, comme ils avaient été 99 à le faire lors du vote de la loi asile et immigration en première lecture à l’Assemblée en avril dernier. Mais c’est bien l’abstention qu’ils ont privilégiée (16 n’ont pas pris part au vote) pour chiffrer leur contestation, lui donner un poids politique et envoyer par là même un signal politique à l’exécutif. "Le mérite de cette histoire, c’est qu’au moins, on les identifie", avait mis en garde la députée de l’Essonne Marie Guévenoux, légitimiste. 
Une juppéiste de l'Essonne...