POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est comptage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est comptage. Afficher tous les articles

mardi 8 octobre 2019

LREM, soupçonnée de connivence avec le cabinet Occurrence

Comptage des manifestants : le cabinet Occurrence est-il de mèche avec LREM ?

L
e vice-président de la "Manif pour tous" révèle pourquoi la fiabilité du comptage des manifestants par le cabinet Occurrence est suspecte


 Dumont a dénoncé les liens de cette entreprise avec le parti présidentiel. 

Lundi sur franceinfo, il a aligné des éléments qui jettent la suspicion sur l'indépendance de l'entreprise vis-à-vis de La République en marche (LREM) et des  comptages effectués, en dépit de la confiance politique que lui accorde un collectif de media.

Des manifestants opposés à la PMA pour toutes le 6 octobre 2019 à Paris.Après la manifestation dimanche 6 octobre à Paris contre l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, ce cabinet d'études - et de conseil - "indépendant" français spécialisé dans l'évaluation de la communication est remis en cause. Il est chargé depuis 2018 par plusieurs dizaines de media mainstream, dont certains appartenant au même groupe, de compter les manifestants : il est censé compter en toute objectivité le nombre de manifestants. 
Or, il suscite l'indignation sur les réseaux sociaux comme dans le public. Lundi 7 octobre par exemple, le vice-président de la Manif pour tous, Albéric Dumont, a avoué sur franceinfo qu'il aimerait "avoir la preuve" de la "soi-disant indépendance de ce cabinet".
Ces accusations ne sont pas nouvelles : elles ressortent régulièrement sur les réseaux sociaux et certains clients de ce cabinet prétendent se livrer à l'exercice schizophrénique de partage du vrai et du faux.

"Aucun lien d’amitié" entre le patron d’Occurrence et Aurore Bergé ?

Le président d’Occurrence, Assaël Adary, est "un ami d’Aurore Bergé, députée La République en marche [LREM] et défenseure acharnée de la 'PMA sans père'", indique Albéric Dumont. Pourtant, tous les deux l'assurent : ils ne se connaissent pas. Le lien d’amitié inavoué entre Assaël Adary et la porte-parole du gouvernement, Aurore Bergé, se fonde sur un tweet publié le 13 mai 2017, en pleine campagne pour les élections législatives. Aurore Bergé n’est à l’époque pas encore élue députée LREM de la 10e circonscription des Yvelines, où elle cumule les fonctions électives lucratives (lien PaSiDupes : Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?).
Pour Assaël Adary, contacté par franceinfo, ce tweet n’est pas un soutien politique, mais "une réponse à un autre tweet qui demandait 'de faire barrage à la suceuse Aurore Bergé'." Ce tweet a depuis été supprimé. Le message d’Assaël Adary était donc selon lui un "tweet de soutien envers une personne agressée et insultée, par ailleurs ancienne étudiante du Celsa, dont je suis président de l’association des diplômés."

Déjà sur ce point, les relations sont ambiguës : "Je n’ai jamais fait le Celsa, j’ai fait Sciences Po Paris, il a dû confondre", s'étonne Aurore Bergé, interrogée par franceinfo. Si la page Wikipédia d’Aurore Bergé indique bien qu’elle a étudié au Celsa (Ecole des hautes études en sciences de l'information et de la communication à La Sorbonne), l’annuaire de l’école ne mentionne en effet aucune Aurore Bergé. "A l'époque, j'aurais mis ma main à couper qu'elle était une ancienne du Celsa, sinon je n'aurais jamais publié ce tweet" (ci-dessus), assure Assaël Adary.
De son côté, Aurore Bergé assure à franceinfo que le patron d’Occurrence n’est "pas un ami" : "Je ne le connais pas, je ne l’ai jamais rencontré. Je n’ai aucun lien avec Occurrence, ils font leurs comptages sans me demander mon avis !"

Caterina Avanza ne cumule pas des fonctions chez Occurrence et En Marche

L’un des cadres du cabinet Occurrence a-t-il des responsabilités au sein de LREM ? 
C’est ce qu’assure sur franceinfo Albéric Dumont, vice-président de la Manif pour tous : "Une certaine Mme Avanza [est] à la fois salariée au QG d’En marche et chargée d’événement au cabinet Occurrence."
Résultat de recherche d'images pour "Caterina Avanza"
Vérification faite, Caterina Avanza, 38 ans, membre du Parti démocrate italien (un parti politique fourre-tout, classé en général au centre gauche, mais, en fait, une coalition allant de l'ex-parti communiste à la démocratie chrétienne), a bien travaillé pour Occurrence et En Marche !… (ci-contre avec Macron), mais pas à la même période. Comme l’atteste son profil LinkedIn, elle a occupé pendant quatre ans le poste de "chargée d’étude senior" pour Occurrence, de mars 2006 à septembre 2010. Elle a ensuite travaillé pour différentes entreprises, dont l’institut de sondage Ifop. Ce n’est qu’en juin 2017 qu’elle arrive chez En marche, d’abord en charge des consultations citoyennes et des études d'opinion.
Un CV confirmé par Assaël Adary, président d’Occurrence : "C’est complètement fou, on n’a plus aucune relation contractuelle avec elle depuis neuf ans. Son solde de tout compte date de septembre 2010 !"

La directrice générale d’Occurrence a bien applaudi l’élection d’Emmanuel Macron

C’est une critique qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux :
la directrice générale d’Occurrence soutiendrait Emmanuel Macron.
Une nouvelle fois, tout part d’un tweet, aujourd'hui supprimé, qu’elle publie le 7 mai 2017, jour de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République.

Céline Mas, directrice générale du cabinet d'expertise Occurrence à l'époque, se félicite de l'élection d'Emmanuel Macron.  

Cette fois, pas de doute : le soutien politique est explicite. Mais pour Assaël Adary, dont le co-fondateur d'Occurrence a mis fin à ses fonctions opérationnelles en janvier 2016, "chaque collaborateur est libre de ses opinions". Une entreprise ne peut pas selon lui être tenue "politiquement responsable" de ce que font ses collaborateurs. "Il y a par exemple un maire sans étiquette dans notre équipe, peut-être y-a-t-il aussi des 'gilets jaunes', des conseillers municipaux ou des personnes qui ont manifesté dimanche contre la PMA pour toutes, mais je n’en sais rien et je n’ai pas à le savoir." 
Adary est intervenant au Celsa et à Sciences Po Paris. Il est président de l'association des Alumni Celsa Sorbonne Universités et Secrétaire général de l'association Communication & Entreprise. Un homme d'influence est-il nécessairement fiable et vertueux ?


Il indique également que Céline Mas ne travaille plus pour Occurrence depuis août : "Elle a été licenciée pour des motifs professionnels, ce n’est pas lié à ses convictions personnelles."

Une méthodologie de comptage validée par une vingtaine de media

Un employé d'Occurrence préposé au comptage des manifestants,
le 22 mars 2018
Après la manifestation contre l'extension de la PMA dimanche, le fossé entre le chiffre avancé par les organisateurs et celui publié par Occurrence est très large. Les premiers ont comptabilisé huit fois plus de manifestants dans les rues de Paris que les seconds. Pour certains militants, c’est le signe d’une "manipulation" de la part d’Occurrence.
Résultat de recherche d'images pour "cabinet occurrence"
Parmi les critiques, relayées notamment par le site Boulevard Voltaire, le cabinet Occurrence n’aurait pas compté tous les manifestants, étant donné que le cortège était scindé en deux.
Pour Assaël Adary, au contraire, tout s’est déroulé dans les clous : "Nos équipes étaient pile où il fallait être, au croisement entre les boulevards Raspail et Montparnasse, justement là où les deux cortèges, y compris le cortège de délestage, sont passés."

Au-delà de cet exemple précis, la question de 
la fiabilité du comptage des manifestants est posée, surtout qu’une vingtaine de médias, et même près de 80 si on prend en compte tous les titres de presse régionale, font confiance à Occurrence.
"L’indépendance des chiffres des manifestants vient du fait que j’ai conçu la méthodologie avec des médias de sensibilité différente, du 'Figaro' à Mediapart en passant par franceinfo et 'La Croix'. Mais ce qui est terrible, c’est que cet argument se retourne contre nous, à cause du manque de confiance envers les médias", explique Assaël Adary.
Quid, justement, de cette méthodologie 
"On a des capteurs de la société Eurecam, qui, comme ceux présents dans les aéroports et les musées, comptent les manifestants", détaille le président d’Occurrence. Pour corriger la marge d'erreur, l'entreprise ajuste le chiffre grâce à des micro-comptages de trente secondes réalisés à la main. "Le chiffre final ne passe aucunement par le ministère de l’Intérieur !", soupire-t-il. Il ajoute que des journalistes et des militants sont régulièrement invités à compter avec eux.
La méthode scientifique aurait-elle des failles ? 


lundi 8 avril 2019

Flop de la manif des 'foulards rouges', ce dimanche

 Le rassemblement des 'foulards rouges' ne s'essouffle pas : il a été annulé !

La préfecture de police a-t-elle communiqué ses chiffres de participation ?
19-4-8-foulardsLa presse aux ordres a-t-elle claironné qu'ils n’étaient que quelques dizaines de soutiens à Macron ? Un grand moment de solitude pour l'Elysée. 

Si l’Acte XXI du mouvement social des Gilets jaunes a connu ce samedi un bas de sa mobilisation, les 'foulards rouges' ont fait pire ce dimanche : en fait d'essoufflement, ils étaient sous assistance respiratoire... 

 
La marche du mouvement présidentiel créé en réaction aux Gilets jaunes, prévue à partir de la place de la République de Paris​ n’a ainsi qu’attiré qu'une soixantaine de personnes, selon Mediapart, et a été annulée faute d'un nombre suffisant de manifestants.
Des « foulards rouges » à Paris.
Des 'foulards rouges' à Paris
Peut-être BFMTV, CNews et LCI ont-elles montré ces vues éloquentes, mais doute était-ce dans leurs éditions de nuit...

Un échec qui n’a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux, beaucoup se moquant du faible nombre de participants.

D'autres sont plus sévères
sur les incohérences d'un pouvoir inéquitable :


ou sur le financement : 



D'autres encore ont compilé les tweets insultants des électeurs de Macron, notamment des socialistes et des juppéistes recyclés : 


samedi 6 avril 2019

Gilets jaunes en 21e semaine : 15.000 contrôles préventifs pour "3.500 manifestants à Paris"...

Après plus de quatre mois, les Gilets jaunes sont évidemment moins nombreux, mais ils  résistent bien à la police et à la presse  

Ils étaient toujours plus nombreux que ce qu'en dit le ministre de l'Intérieur
L’image contient peut-être : texte

Pour leur 21e samedi de mobilisation contre les politiques sociale et fiscale du gouvernement, les Gilets jaunes ont enregistré la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement, hormis pendant la trêve des confiseurs, selon le ministère de l'Intérieur, à deux jours du compte-rendu du 'grand débat' national.

L’image contient peut-être : texte
Selon Castaner, dont les chiffres sont contestés chaque semaine par le mouvement (cf. ci-dessus), comme ils le sont lors de mobilisations syndicales, les manifestations ont rassemblé 22.300 personnes en France, dont 3.500 à Paris. Le ministère avait comptabilisé 33.700 participants la semaine dernière, dont 4.000 à Paris.

C'est, selon cette source gouvernementale, le plus faible niveau de participation depuis le premier samedi de revendications, le 17 novembre. 282.000 personnes avaient alors manifesté dans toute la France, un chiffre jamais dépassé.

Sur la page Facebook du "Nombre jaune" qui décompte les manifestants, les "Gilets jaunes ont revendiqué une "première estimation basse" de 73.420 participants en France. Ils étaient 68.110 le 29 décembre 2018, selon le 'Nombre jaune' que l'AFP occulte, sur ordre tacite de l'exécutif, lequel dédaigne les Gilets jaunes : Macron ne les mentionne jamais; ils sont rayés de son vocabulaire. Et de ses décisions ?
Le conseil d'administration de l'AFP est composé majoritairement d'éditeurs de presse, les huit hommes d'affaires possesseurs des principaux organes de presse (par ailleurs subventionnés). Pour garantir son indépendance (sic), la loi exige qu'elle équilibre son budget, après amortissement comptable des investissements, l'AFP ayant de surcroît accès aux marchés financiers pour emprunter.
Le mouvement gagne en maturité

Partout sur le territoire, les manifestations se sont déroulées sans incident majeur.

A Paris, le principal cortège, parti de la place de la République, a rallié l'esplanade du quartier d'affaires de la Défense, à l'ouest. Les manifestants venus dénoncer "l'art de l'optimisation fiscale" se sont rassemblés sur les marches de la Grande arche avant de se disperser, dans le calme, en fin d'après-midi.
"La Défense, c'est le symbole du capitalisme à outrance, le siège des grandes entreprises qui s'en mettent plein les poches sur notre dos et grâce à nous", a résumé Valérie, 50 ans, qui souhaite "un retour de l'ISF", l'impôt sur la fortune. "C'est la fin du système capitaliste. Il est mort. Nous le célébrons", a commenté sur place le chanteur Francis Lalanne, vêtu d'un gilet jaune. Le 18 décembre 2018, se ralliant au mouvement des Gilets jaunes, il lance une liste "rassemblement gilets jaunes" pour les élections européennes de 2019, déclarant : "Il n'y aura pas de tête de liste, on s'en fiche". En mai 2007, il avait annoncé sa candidature aux élections législatives de juin 2007, dans le Bas-Rhin, avec l'investiture du Mouvement écologiste indépendant d'Antoine Waechter. Dix ans plus tard, il se déclara encore candidat aux législatives avec le "mouvement écocitoyen '100 %'".
En chemin, quelques manifestants avaient tenté de descendre sur le périphérique, avant d'être rapidement repoussés à l'aide de tirs de gaz lacrymogène par des forces de l'ordre en surnombre.

Les journalistes de l'AFP, supplétifs du ministère de l'Intérieur ?

D'autres cortèges de "gilets jaunes" ont défilé dans plusieurs villes, comme à NiceForbach ou Nantes, où la manifestation - environ 400 personnes, selon l'AFP, dont la technique de comptage reste un mystère !  - a été dispersée à l'aide de gaz lacrymogène au niveau d'une fête foraine dont les manèges ont momentanément fermé.

A Rouen, où un appel à un rassemblement national avait été lancé, moins d'un millier de personnes a manifesté, mais 
des échauffourées ont éclaté entre CRS et manifestants cagoulés et vêtus de noir, du mobilier urbain a notamment été dégradé.

A Toulouse, où le cortège était moins fourni que les semaines précédentes, l'AFP revendique à nouveau un recensement personnel de 1.200 à 1.500 manifestants, qui ont défilé dans le calme. 

Ils étaient 1.300 à Montpellier, cette fois selon la préfecture, où le cortège a été émaillé d'incidents. 
Ils étaient entre 1.000 et 2.000 à Lille où un différentiel de 1.000 n'interpelle pas l'AFP.

A Bordeaux, les manifestants étaient également moins nombreux que d'habitude, 1.500 selon une source (anonyme) proche du dossier, car c'est un "dossier", lequel n'indique pas à l'AFP que le temps étaient partout extrêmement pluvieux en France... 

A Lyon, quelques centaines de Gilets jaunes ont défilé dans un parcours contenu par les forces de l'ordre, qui ont tiré "quelques gaz lacrymogènes", selon la préfecture. 

A Dijon où des dégradations ont été constatées, "des billes d'acier" ont été tirées sur les forces de l'ordre et des "projectiles" sur le tram, a dit la préfecture. 

En Corrèze, quelque 300 personnes ont manifesté dans le calme sur le barrage hydro-électrique de Bort-les-Orgues, afin de dénoncer ce qu'ils estiment être une possible privatisation des barrages français et "la vente de la France à la découpe".

A Saint-Nazaire enfin, près de Nantes, plusieurs dizaines de délégués se sont retrouvés pour la seconde "Assemblée des assemblées". 
Venus de toute la France, ils y ont envisagé l'élaboration de listes pour les municipales d'ici 2020.

Un autre cortège parisien, au parcours déclaré comme le premier.
Il était composé d'une centaine de personnes, selon l'Agence française de presse, qui ne cite pas la préfecture de police et assume seule ses chiffres contestés: selon une organisatrice, Sophie Tissier, ils étaient quatre fois plus (400 personnes). Il a rejoint dans le calme le bassin de la Villette, au nord-est.

"On veut une démocratie un peu plus ouverte", y explique Thomas Fleury, 28 ans et auto-entrepreneur dans l'immobilier, venu en famille. Pour lui, le grand débat était "une bonne idée de Macron", mais "ça a été mal fait" : "Macron était trop ambigu dans ses réponses".

15.000 contrôles préventifs pour 3.500 manifestants à Paris

Les interdictions de manifester dans un vaste périmètre comprenant le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, au bas de la "plus belle avenue du monde", ainsi que sur les Champs-Elysées et la place de l'Etoile, avaient été reconduites après les violences trois semaines plus tôt.

L'appel à la première des deux manifestations avait été relayé par Eric Drouet, notamment.
L\'un des leaders des \"gilets jaunes\" Éric Drouet, durant une manifestation, le 2 février à Paris.
Eric Drouet se trouvait avec sa mère lorsqu'ils ont été verbalisés,
sur un parcours déclaré 
Or, samedi matin, cette figure des figures du mouvement a été verbalisée pour "participation à une manifestation interdite" à proximité des Champs-Elysées, selon une source policière. Une amende "due à ma notoriété et ma présence sur les Champs", a-t-il souligné sur Facebook.

A 18h30, la Préfecture de police de Paris recensait 43 interpellations, 14.919 contrôles préventifs et neuf verbalisations dans le périmètre interdit, dont deux membres de la famille Drouet.

Lundi est prévu le compte-rendu du grand débat national, sur la base des contributions des citoyens, sur laquelle travaillent depuis des semaines plusieurs organismes mandatés par l'exécutif, mais des entreprises privées.

lundi 21 janvier 2019

"Acte X", les gilets jaunes ont comptabilisé 147.365 manifestants

Les Gilets jaunes publient le détail de leurs relevés : et si l'Intérieur se prêtait à cette transparence ?

Des contestataires ont réalisé ce samedi 19 janvier leur premier comptage national de la participation à "l'acte X" de la mobilisation.

Deux mois après le début de la fronde, le mouvement des Gilets jaunes se structure peu à peu, alors que certaines manifestations sont désormais déclarées et encadrées par des services d'ordre, ce qui a eu pour effet de limiter les dégradations par endroits. 

Comment le chiffrage des Femmes Gilets jaunes est-il pris en compte ?

La mobilisation des femmes avait lieu, pour la deuxième fois, le dimanche suivant celle des autres. Retranché du samedi par la force des choses, leur nombre est-il décompté avec celui de la veille ou est-il négligé ?

Comme le 6 janvier, date de sa première édition, l’appel à une "marche des femmes" a essaimé un peu partout en France. Le 19 janvier, elles étaient 300 à Toulon et 150 à Parisau pied de la Tour Eiffel, avant d’entamer une marche vers la place de la Bastille à la mi-journée. Certaines avaient écrit sur leur gilet "mamans en colère", d’autres étaient venues coiffées du bonnet phrygien de Marianne.
"C’est un beau message de dire que les femmes ont aussi le droit de s’exprimer sur les sujets de société", a commenté Priscillia Ludosky, l’une des principales initiatrices du mouvement des Gilets jaunes, venue soutenir leur marche.
A Bordeaux 120 personnes, encore une fois selon la préfecture, femmes et hommes, ont pris le départ du défilé. "Le dimanche, il y a moins de CRS pour nous trousser", a plaisanté Geneviève Deyres, dit 'Zezette'. 

A Toulouse, environ 130 personnes, dont quelques hommes, ont défilé dans le calme dimanche matin, au lendemain d’un cortège record qui a réuni quelque 10.000 personnes.
Quelque trois cents Gilets jaunes ont manifesté dans le centre-ville de la préfecture du Var ce dimanche dès 13 heures.
Femmes Gilets Jaunes, à Toulon
Les gilets jaunes relèvent le défi de Macron de tenir jusqu'au-delà de son "grand débat national", en mars. 

Vendredi après vendredi, le président mène sa campagne de terrain, en vue des Européennes, mais aussi de l'implantation territoriale de son parti "La République en marche'. Par le biais de ses grands shows rediffusés sur leur longueur par les chaînes d'information en continu, il s'attire les maires consentants (deux cents à chaque fois, sur 600 invités sélectionnés) qui se prêtent à un dialogue dit "national" dont sont pourtant exclus les Gilets jaunes, puis à l'organisation d'échanges encadrés avec la population. 

Cette campagne de propagande hors normes et de collecte de soutiens ruraux financée par l'Etat et les organes de presse aux mains d'hommes d'affaires (Bouygues pour le groupe TF1 et LCI, Vincent Bolloré pour Cnews et Canal+, et Patrick Drahi pour BFMTV) ne réussit pas à enrailler le phénomène contestataire. Le nombre de manifestants fourni par  Samedi après samedi, le ministère de l'Intérieur a présenté des chiffrages de participants dégressifs jusqu'aux fêtes de fin d'année, concluant que le mouvement s'essoufflait, puis s'éteignait. Mais il a rebondit dès le premier samedi de janvier et se maintient depuis. 
La manipulation de l'opinion par les chiffres sortis du chapeau de Castaner et commentés par la presse aux ordres n'a pas démobilisé les contestataires, ni convaincu les Français qui continuent d'approuver majoritairement les actions menées pour la défense de leur pouvoir d'achat et pour plus de justice sociale. 

Un collectif de contestataires avait annoncé dans la semaine la mise en place de leur propre système alternatif de décompte, via une page Facebook appelée "le Nombre jaune".
L’image contient peut-être : 1 personne, texte

Ce dimanche 20 janvier, le groupe a ainsi dénombré "147.365 manifestants (minimum) dans les rues" de France, lors de la mobilisation nationale de ce samedi. Comme c'est le cas lors des mobilisations syndicales, cette estimation est nettement supérieure à celle fournie par le ministère de l'Intérieur  la veille à 20h : les services gouvernementaux n'avaient vu que 84.000 manifestants, chiffre passé à l'écumoire, un chiffre similaire à celui fourni pour l'acte IX de la semaine précédente. Refus d'admettre que le mouvement a repris son envol ?

Ce samedi, mettant déjà à mal les chiffres officiels, la page avait diffusé un premier décompte non-définitif de 86.110 participantsPour procéder au décompte "pragmatique" et "impartial", selon leurs propres mots, d'un mouvement aussi spontané que désorganisé, les organisateurs de la page "le Nombre jaune" se sont appuyés sur plusieurs référents régionaux sur le terrain et des méthodes "artisanales", notamment un système de comptage à l'aide de cailloux ou de bouchons.

Les organisateurs ont également déclaré qu'ils s'appuient sur des "vidéos/photos personnelles" et celles de "témoins directs sur le terrain". Outre les groupes locaux de GJ, ils disent comptabiliser aussi des "articles de presse régionale", des chiffres diffusés par les préfectures et ce "pour réaliser un comptage au plus proche de la réalité".
"Nous avons passé la nuit et la matinée à affiner et recouper tous les chiffres qui nous parvenaient. Lorsqu'il y avait un doute, nous avons pris les valeurs basses pour éviter les exagérations", expliquent les responsables sur la page.

Dans l'après-midi, la page "Le Nombre jaune" a également publié le détail de son décompte, en promettant de rééditer l'expérience samedi prochain.


19 h · 

Comme promis, voici l'album photo (4 pages) du détail ville par ville de notre chiffrage définitif, pour l'Acte X des #GiletsJaunes ce samedi 19 janvier 2019 ! (sources fournies sur notre groupe facebook : https://www.facebook.com/groups/478289132699442/ dans la rubrique "fichiers").

Rappel du total définitif : 147 365 personnes minimum, partout en France.

Comme chaque semaine, si vous constatez que votre ville, village, péage gratuit, rond-point, opération escargot, distribution de tracts, stand sur le marché ou toute autre action du weekend n'est pas recensée ou chiffrée, n'hésitez pas dès samedi prochain à nous envoyer vos chiffres ainsi qu'une source vidéo/photo d'ensemble ou lien presse exploitable !
Nous avons commencé à lister les rassemblements non chiffrés que nous repérions dans la presse locale. Si vous connaissez des Gilets Jaunes dans ces secteurs, passez-leur le mot pour qu'ils nous envoient leur chiffrage pour les prochains Actes ;)

NB : Ce chiffrage est définitif, nous ne ferons aucun ajout. Nous avons tous des obligations personnelles et nous sacrifions déjà un temps conséquent à cette tâche, bénévolement. Mais vous êtes les bienvenus dès samedi prochain pour nous aider à compléter ce tableau, et nous permettre de coller au mieux à la réalité !
Merci de votre compréhension :)