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lundi 25 mai 2020

Avant The Lancet, Le Monde prenait déjà fait et cause pour les mandarins

Dès mars 2020, Le Monde menait la bataille pro-Buzyn-Levy 

"Coronavirus et hydroxychloroquine : le couple Buzyn-Lévy cible de publications mensongères," jugeaient en titre les Décodeurs 
Décodex : des extensions pour vérifier l'info directement dans ...
Quand le 'fact-checking' est détourné de sa mission vertueuse officielle et vire à la défense militante du pouvoir en place
Des messages accusent l’ancienne ministre de la Santé et l’ex-directeur de l’INSERM d’avoir saboté le travail de Didier Raoult et empêché le recours à ce médicament pour lutter contre l’épidémie, attaquaient la fact-checkeuse, Assma Maad, le 27 mars 2020 à 14h08, et encore quarante minutes plus tard. 

"Si tous ces faits sont confirmés, nous allons vers un des plus grands scandales d’Etat que la France ait connus." Sur les réseaux sociaux, des partisans de Didier Raoult, défenseur de l’hydroxychloroquine comme remède à l’épidémie de Covid-19, sont convaincus que si les résultats de son essai clinique ont été froidement accueillis par la communauté scientifique, la "caste médiatique" n’y est pas pour rien. Selon eux, les coupables sont tout trouvés [jugement ironique d'emblée]: l’ancienne ministre de la santé, Agnès Buzyn, et son mari, l’ex-directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy.

Des messages partagés des centaines de milliers de fois accusent la candidate à la Mairie de Paris et son époux d’avoir torpillé les travaux de Didier Raoult et de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection qu’il dirige à Marseille [Ce que fait Le Monde plus haut en évoquant un traitement qui, à la vérité, ne se réduit pas à une molécule, mais est une bi-thérapie incluant un macrolide]Le tout sur fond de soupçons de conflits d’intérêts. Parmi la multitude de publications, nous en avons sélectionné deux, extrêmement virales sur Facebook [Le Monde a déjà planté un décor tendancieux qui pointe "les réseaux sociaux" infames et crée les a priori hostiles du lecteur, avec les mots "partisans", "selon eux", "convaincus", "coupables tout trouvés", "accusent" et "soupçons". Manquent encore les mots "rumeur" ou "complot"].

Ce que disent les rumeurs
Dans un premier texte [qui n'est pas cité et sur lequel il n'est pas donné au lecteur de se faire une opinion personnelle], il est notamment écrit [tournure impersonnelle qui élude l'identité de l'auteur] qu’Yves Lévy aurait inauguré [conditionnel exprimant le doute personnel de la Décodeuse] le laboratoire P4 de Wuhan "d’où le virus est sorti", que celui-ci était en conflit avec Didier Raoult et qu’il a refusé des labels à son établissement, l’IHU de Marseille.

Le deuxième texte vise [terme militaire offensif] à son tour Yves Lévy, mais également Agnès Buzyn qui, "au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses".
[on notera que la décodeuse ne se prononce sur le bien-fondé d'aucun des deux textes: "encore faut-il le prouver", dirait-elle: ils feront l'objet d'un amalgame].

Ces publications ont un but [la journaliste fait l'impasse sur la vérification des faits pour bondir directement aux intentions prêtées:] prouver que Didier Raoult a trouvé avec la chloroquine (il s’agit en réalité de l’hydroxychloroquine, un de ses dérivés) [la nuance est évidemment maîtrisée par le chercheur et l'approximation signalée n'est pas de son fait] le remède pour lutter contre le nouveau coronavirus, et que le couple Yves Lévy-Agnès Buzyn aurait agi [conditionnel de soupçon par la décodeuse] pour le décrédibiliser [Mme Maad fait-elle de l'information lorsqu'elle sonde ainsi les reins et les coeurs d'inconnus?]. Encore faut-il le prouver [ce qui vaut pour elle]. Ici, les techniques sont bien connues [nous sommes tombés sur une "sachante" rangée aux côtés des "savants" officiels]: mêler de vraies informations [lesquelles le sont-elles?] avec des faits détournés [lesquels?], voire inventés [assertion diffamatoire]. Les peurs et incertitudes engendrées par cette épidémie assurent à ces diatribes un succès certain [jugement de journaliste partisane: on attend toujours d'avoir accès à ce que cette dame qualifie de "diatribes", attaques violentes, sans doute à la hauteur de la violence des décès en nombre par incurie des acteurs, ministres et savants].

[Ce long paragraphe de conditionnement du lecteur conduit aux conclusions assénées par la décodeuse :] Yves Lévy était-il en conflit avec Didier Raoult, au point de « retirer leur label aux nouvelles unités de l’IHU de Marseille en 2018 » ?

PLUTÔT VRAI [remarquable "plutôt", du bout des lèvres: voyons donc à qui la faute...]
Yves Lévy est un médecin reconnu [la décodeuse n'a encore pas admis que le professeur Raoult l'est au moins tout autant], spécialiste dans le domaine du VIH [Raoult ne serait donc spécialiste en rien, ni en virologie, ni en épidémiologie]. En 2014, il a pris la tête de l’Inserm [coup de force?]. 
Cette institution est placée sous la cotutelle des ministères de la santé et de la recherche. Lorsque sa femme, Agnès Buzyn, a été nommée ministre de la santé en mai 2017, des soupçons de conflits d’intérêts ont émergé. Dès la prise de fonctions de cette dernière [FAUX: prise de fonction mai 2017; retrait le 30 juillet de l'année suivante], un décret avait été pris [non pas spontanément, mais sous la pression] pour retirer au ministère de la santé la cotutelle de l’Inserm [lequel serait devenu une affaire de famille!]. Mais la situation a continué à créer l’embarras, poussant M. Lévy à retirer en 2018 sa candidature pour un second mandat.
[L’opacité de la procédure de nomination est critiquée par le journal médical The Lancet. Yves Lévy est reconduit comme président de l’INSERM par intérim le 11 juin 2018, alors que son épouse est sa ministre de tutelle. Mais, le 30 juillet 2018, face à l’embarras dans lequel elle plongeait le gouvernement, il retire sa candidature à un second mandat  Le 11 octobre 2018, il est nommé conseiller d'Etat en service extraordinaire, sur proposition de la ministre de la Justice. Selon Le Figaro sa nomination est déjà entachée du soupçon de copinage]Le 24 octobre 2018, à l'Assemblée nationale, le député centriste des Pyrénées-Atlantiques Jean Lassalle (groupe Libertés et territoires, LTdéclare que la ministre de la Santé a fait des "efforts" pour "promouvoir son mari".
Entre Didier Raoult et Yves Lévy, il y a bien eu un différend [pourquoi donc ce "plutôt vrai", si tout est avéré?] L’infectiologue marseillais a été l’un des premiers à dénoncer un possible conflit d’intérêts entre l’Inserm et le ministère de la santé [le professeur Raoult est alors lui-même chercheur de l'INSERM]. Il s’est aussi montré très critique envers l’institution, comme l’explique le journaliste Hervé Vaudoit, auteur de L’IHU Méditérranée Infection [pub confraternelle masquée : élément d'appréciation non négligeable, ce collègue n'est pas un scientifique. Il a été correspondant de Libération dans le Sud-Est pendant près de 20 ans] : "Avec des articles (…) pour déplorer que l’Inserm ait, depuis trente ans, fait sortir la recherche médicale des hôpitaux universitaires, il pouvait difficilement espérer le soutien indéfectible d’Yves Lévy." [La liberté de parole du professeur dérange, mais s'il est établi dans la ville portuaire de Marseille, c'est que c'est une capitale régionale ouverte sur la Méditerranée et lieu cohérent d'observation des maladies tropicales à virus, tel le paludisme].

Le conflit s’est cristallisé autour des statuts et labels de l’IHU de Marseille [fondé par le professeur Raoult après un long combat pour en faire un haut-lieu de recherche et de traitement doté d'une organisation plurielle innovante et originale en France]. Ces instituts hospitalo-universitaires bénéficiaient, depuis leur création en 2010, d’un statut de fondation de coopération scientifique, qui leur accordait une large autonomie et liberté de recherche. Or Yves Lévy plaidait pour l’abandon de ce statut, selon le journaliste Hervé Vaudoit [il s'agissait de centraliser et encadrer, donc de couper les ailes aux IHU]. Quand Mme Buzyn a annoncé vouloir changer ce statut en septembre 2017, l’annonce a provoqué la colère [mot excessif à la mode: "indignation" et "révolte" face à cette tentative totalitaire de récupération par les mandarins parisiens] de M. Raoult, qui s’en est ému dans la presse. Matignon a été contraint d’intervenir.

Autre motif de courroux [justifié par cette deuxième attaque ciblée concertée] en 2018, l’Inserm et le CNRS ont retiré leur label aux unités de recherche de l’IHU de Marseille [Le Monde ne précise pas le(s) prétexte(s) invoqués: l'intérêt des patients est-il que Raoult soit empêché?]. Une conséquence de cette bataille engagée entre les deux hommes, selon le camp Raoult [et le lecteur objectif, en dépit de la sale besogne de la décodeuse]. L’Inserm explique au Monde [entre-soi médiatico-politique] que cette décision n’émanait pas d’Yves Lévy seul [l'époux de Buzyn n'assume pas !]:

"Les projets d’unités de recherche sont évalués par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, puis par les instances d’évaluation de l’Inserm : commissions scientifiques spécialisées et conseil scientifique [peut-on parler de mafia de mandarins?]. Ces dernières émettent un avis sur lequel la direction de l’Inserm se base pour accepter ou non la création ou le renouvellement de l’unité avec un label Inserm. La décision a été prise à la suite du processus décrit" [Macron ne fait pas autrement: il attribue aux autres la responsabilité de ses coups bas].

En outre, la même année, un autre organisme de recherche [mais déjà impliqué précédemment], le CNRS, a également retiré son label aux unités de l’IHU dirigé par M. Raoult [pourquoi l'IHU de Marseille est-il le seul à faire tant d'ombre à Paris ?]. Or, le CNRS n’a jamais été dirigé par M. Lévy [si ce n'est lui, c'est donc son frère, dit le loup à l'agneau...].
Indice politique: les instituts hospitalo-universitaires (IHU) sont des établissements de formation et de recherche médicale créés grâce à la politique d'"investissements d'avenir", initiée par le président de la République, Nicolas Sarkozy, en 2009. Or, les époux Buzyn-Lévy sont socialistes. Yves Lévy a été conseiller spécial pour la santé au cabinet de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, ex-députée (2007-2017)  de l'Isère, comme l'actuel ministre de la Santé, Olivier Véran. 
Yves Lévy a-t-il participé à l’inauguration du laboratoire P4 à Wuhan "d’où le virus est sorti" ?

A NUANCER [!]
Un laboratoire P4 est un établissement de haut confinement consacré à l’étude des micro-organismes "pathogènes de classe 4", c’est-à-dire très dangereux. En Chine, ce centre de recherche, sis [ah ah ah !] à Wuhan, a été conçu en coopération avec la France, au lendemain de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère de 2003 [en clair, on parle ici du SARS impliquant un virus de la famille des coronavirus, connus surtout pour provoquer de simples rhumes, capables de sauter les barrières de l'espèce, passant du bétail à l'homme et acquérant de nouvelles caractéristiques en mutant, et apparu lui aussi en Chine dans la région de Guangdong, celle de Canton et de Shenzhen, centre commerçant frontalier de Hong Kong].

Un accord entre les deux pays a été signé en 2004, afin de développer la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses émergentes. Le projet a été mené en collaboration avec le laboratoire P4 Inserm Jean-Mérieux à Lyon. L’inauguration s’est déroulée le 23 février 2017 en présence du premier ministre d’alors, Bernard Cazeneuve, et d’Yves Lévy, qui faisait partie de la délégation française.

Jusque-là, les publications Facebook [seule indication de sources] disent vrai. Mais elles tombent dans le complotisme [c'était annoncé !] lorsqu’il est écrit que le nouveau coronavirus serait né dans ce centre de recherche chinois, situé à Wuhan, la ville où est apparu le SARS-CoV-2. Les chercheurs du laboratoire P4 de Wuhan ont démenti cette fausse information [d'ordinaire, les Français sont très suspicieux en matière d'information d'origine chinoise] : "Ces rumeurs ont gravement nui à nos chercheurs, en première ligne, et sérieusement perturbé notre mission de recherche pour combattre l’épidémie."

L’Inserm précise d’ailleurs que "es coronavirus sont des agents pathogènes de classe 3 et pas de classe 4 : il n’y a donc pas de nécessité de les étudier dans un laboratoire P4" [sauf en cas de mutation et c'est l'une des caractéristiques de ce coronavirus que l'INSERM ne maîtrise pas non plus...]. Les travaux se poursuivent toujours pour déterminer avec certitude [ambitieuse mission non réalisée depuis 2003] l’origine de ce nouveau virus. Mais comme l’indique l’Institut Pasteur, il est très probablement d’origine animale [la probabilité n'étant pas une certitude].
[Une autre petite nuance échappe à notre décodeuse: Yves Lévy s'est fait peu à peu évincer du laboratoire P4 et, avec sa déchéance de paternité le PDG de l'INSERM a perdu la garde et jusqu'à l'accès à l'information de ce qui s'y passe].
Agnes Buzyn a-t-elle classé la chloroquine dans les substances vénéneuses le 13 janvier, "alors que l’épidémie se répandait en Chine" ?

L’ancienne ministre de la santé est accusée [victime?] d’avoir barré volontairement [personne ne l'"accuse" d'agir "à l'insu de son plein gré" !] l’accès à l’hydroxychloroquine [inscrite sur la liste des médicaments essentiels de l'OMS], "alors que cela fait cinquante ans qu’elle est en vente libre". Les auteurs [anonymés] de ce message s’interrogent : "Comment ne pas voir aussi le conflit d’intérêts avec la décision d’Agnès Buzyn qui, au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses ?"

FAUX
[Pris sur avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, ANSES, affiliée à cinq ministères), de l'environnement et du travail en date du 12 novembre 2019, un arrêté [signé de Jérôme Salomon]a bien été pris le 13 janvier [tout de même!] afin de modifier la liste des substances vénéneuses, des substances aux principes actifs dangereux pour la santé [quel est l'élément nouveau justifiant ce déclassement ?]. [Indiquée en rhumatologie dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus érythémateux disséminé pour ses propriétés anti-inflammatoires et immunomodulatrices], l’hydroxychloroquine est depuis en effet [évidence suspecte sur le motif] "classée sur la liste II" [jusqu'alors listes I et II] [Motif avancé : "principe de précaution dans le cadre d'une procédure antérieure à la pandémie mondiale"]. Vendue sous la marque Plaquenil, le médicament est délivré désormais obligatoirement sur ordonnance. [L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, ANSM, notamment, est chargée de l'exécution de cet arrêté. L'agence est dirigée par un politique, accessoirement docteur en psychiatrie, Dominique Martin, qui a notamment été directeur des programmes à Médecins sans frontières (MSF) et conseiller social auprès du préfet de Paris, puis conseiller technique, de 2001 à 2002, au cabinet de Bernard Kouchner, ministre de la Santé, avant de prendre la tête de la branche des risques professionnels à la Caisse nationale d'assurance-maladie en 2011].

Mais Agnès Buzyn n’a pas agi en pleine épidémie de Covid-19 [la belle affaire!]. Cette décision n’a pas été prise en début d’année, mais quelques mois avant [ce qui change quoi à ce coup de pied de l'âne ? Le classement de la molécule sur les listes I et II datait de 1990, soit près de trente années d'exposition de la population à un produit "toxique" ! ]. L’Agence nationale de sécurité sanitaire avait donné son feu vert à cette nouvelle classification le 12 novembre, quelques semaines avant l’apparition du nouveau coronavirus 
[Buzyn affirme toutefois avoir informé Macron en 2019 et le Canard enchaîné révèle que Laurent Bili, ambassadeur de France à Pékin, a alerté le Quai d’Orsay et l’Elysée dès le mois de décembre 2019 sur les dangers du virus alors signalé à Wuhan, soit plusieurs semaines avant son arrivée en Europe. Or, le ministre des Affaires étrangères n’a organisé le rapatriement des ressortissants français que fin janvier.].

Agnès Buzyn a-t-elle déclaré que "ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède" ?

FAUX
"Il y a quelques semaines, Agnès Buzyn a dit avoir su que ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède" [ni d'effectifs et de lits d'hôpitaux], lit-on sur les réseaux sociaux. Cette phrase n’a jamais été prononcée telle quelle [on finasse?] par l’ancienne ministre. Il s’agit d’une interprétation [affirme Le Monde !] de ses "regrets" rapportés dans un article du... Monde publié le 17 mars. Celle qui avait quitté son ministère pour être candidate à la Mairie de Paris, après le retrait [démission pour faits de perturbation sexuelle] de Benjamin Griveaux, avait confié [sic!], deux jours après le premier tour des municipales : "Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous."








Dans un billet publié par Marianne le 18 mars, un avocat a commenté ses déclarations en employant le terme d’hécatombe : "On peut déduire de ses propos le caractère criminel du comportement des décideurs publics dont c’était la responsabilité de prendre toutes les mesures permettant d’affronter la catastrophe et d’éviter une hécatombe." Ce texte a été très relayé sur Facebook [déplore la journaliste spécialisée en désinformation], et repris dans d’autres messages. Contactée par [le zélé] Le Monde, l’équipe d’Agnès Buzyn a indiqué que cette dernière avait "repris son activité de médecin le temps de la crise", et que "la campagne est suspendue ainsi que toute activité de communication liée " [sans rapport avec le fond du sujet, d'autant que tous les candidats à la mairie de Paris sont logés à la même enseigne].

Il n’existe toujours pas de "remède" contre le nouveau coronavirus. Le traitement à base d’hydroxychloroquine, préconisé par [le Professeur] Raoult dans son essai clinique, divise encore. Actuellement, le Haut Conseil de santé publique [dépendant du minitre de la Santé] recommande de ne l’utiliser que dans les cas sévères de Covid-19, à l’hôpital et avec l’avis des médecins [ce qui est la pratique observée depuis le départ à Marseille].

Plus d’une centaine d’études sont en cours ou en passe d’être lancés [lancée(e)] dans le monde pour trouver un traitement contre le Covid-19 [S'agissant de 'Discovery', les essais cliniques sont sur le point de cesser, faute de participants]. Un essai européen de grande envergure coordonné par l’Inserm, Discovery, a démarré le 22 mars. Les résultats préliminaires devraient être connus d’ici environ deux semaines [gag: ils ne le sont pas à ce jour].

Non, "Le Monde" n’a pas qualifié de « fake news » les recherches du professeur Raoult sur la chloroquine [quand on se sent morveux, on se mouche dans le coude...]

Le 16 février, le professeur Didier Raoult diffusait une vidéo sur YouTube et sur le site de l’institut (IHU Méditerranée Infection) qui l’emploie [il en est en vérité le créateur et patron !] dans laquelle il expliquait l’état de ses recherches et l’espoir qu’il mettait dans un traitement à base de chloroquine contre le coronavirus.
Cette vidéo était intitulée "Coronavirus : fin de partie". Nous avons qualifié ce titre de "trompeur" [surprise] et l’avons signalé comme tel à Facebook, avec qui nous avons noué un partenariat de lutte contre les fausses informations [la page de l'Elysée intitulée 'Desinfox Coronavirus' est du même tonneau: elle a dû fermer pour atteinte aux libertés de pensée et d'expression, tout en  discriminant les organes de presse, mais Le Monde pactise en revanche avec les GAFA...] . A aucun moment nous n’avons parlé de "fake news" comme le prétend M. Raoult aujourd’hui [si ce n'est 'fake news', c'est 'infox'. Et quoi qu'il en soit, les Décodeurs démontrent avec cet article que Le Monde est de parti-prix].

L’article que nous avons écrit [absence de lien !] relatait [à quelle date ?] les recherches de M. Raoult (qui estimait alors "que le coronavirus était l’infection la plus facile à traiter"), tout en enjoignant [ordonnant expressément ??] à nos lecteurs d’avoir "une lecture prudente de cette annonce" [crime de lèse-majesté?]. Cette évaluation n’a pas abouti à une quelconque censure de la vidéo de M. Raoult [la moindre des choses de la part d'un journal...], mais à une simple mise en garde [légitime ?] à l’attention des utilisateurs de Facebook [nuance !] avant qu’ils décident de la visionner [volonté dissuasive, première "mise en garde" en effet, avant censure].

Le professeur Raoult s’est ému [un terme inapproprié] du fait que nous ayons signalé sa vidéo [signalement veut dire demande de censure] – et en l’occurrence son titre – par la voix du chargé de communication de l’IHU Méditerranée Infection. Ce dernier a cependant convenu que le titre d’origine pouvait poser problème, et l’a remplacé par un autre, plus mesuré [lequel]. Cette rectification nous a amenés à retirer notre avertissement sur la vidéo [avertissement et non susceptibilité, nuance].

Plus largement [généralisation a posteriori, dernier verre "pour la route"], Didier Raoult a relativisé à plusieurs reprises aux mois de janvier et février 2020 la portée de l’épidémie en cours : "Ce virus n’est pas si méchant", déclarait-il notamment au JDD début février. [En 2003, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a rapporté un total de 8.096 cas probables des SARS signalés, dont 774 décès (taux de létalité de 9,6%). 
En février, Buzyn et Macron - informés en avaient-ils anticipé 342.295 morts dans le monde et 5,3 millions de cas recensés? 
Plus de 28.367 décès confirmés Covid-19 en France, tout en restant les bras ballants et en pleurnichant?

dimanche 29 décembre 2019

L'AFP avait suggéré une baisse de mobilisation des grévistes dans les transports: elle avoue sa manipulation de l'opinion

L'Agence de presse française évoqua dimanche une trêve "comme prévu après l'embellie annoncée ce week-end par la SNCF" 

Après avoir dramatisé les grèves des transports contre la réforme Macron des retraites, l'AFP souffla le chaud et le froid dans ses "prévisions de trafic : 

du mieux dans le métro avec seulement deux lignes fermées lundi, ça se dégrade de nouveau à la SNCF"
Prévisions de trafic : du mieux dans le métro avec seulement deux lignes fermées lundi, ça se dégrade de nouveau à la SNCF
L'illustration de l'AFP suggère-t-elle une "embellie"?


"Il y aura moins de trains en circulation lundi sur tout le territoire. En revanche, à la RATP, après les treize lignes totalement fermées dimanche, seules la 7bis et la 13 demeureront closes lundi" [suggestion d'une chute de la mobilisation]. 
Or, l'AFP aurait pu inverser ces deux informations, mais elle est clairement dans la critique du mouvement de grève contre la réforme Macron en marche : ses journalistes sont-ils menacés dans leur propre régime spécial de retraite. En fait, il n'est pas remis en cause et ils conservent leurs privilèges. Mais il ne faut manifester aucune ingratitude envers ce pouvoir... 
Le trafic dans la capitale restera cependant "perturbé" à "très perturbé," selon le moyen de transport choisi.
Le trafic restera perturbé à la SNCF lundi, au 26e jour de la grève [s'en agace-t-elle ou s'en félicite-t-elle en signalant cette reprise ? La présentation que donne l'AFP des faits qui suivent est une réponse] contre le projet de réforme des retraites, avec seulement un TGV sur deux et un Transilien (train de banlieue) sur 4 en circulation à la veille du réveillon de la Saint-Sylvestre. Pour les longs déplacements, c'est moins bien que ce week-end (6 TGV sur 10 et 7 OUIGO sur 10), l'entreprise publique s'étant concentrée [qu'elle en soit remerciée] sur les trois derniers jours pour permettre à un maximum de personnes de se déplacer entre Noël et le Jour de l'An.

La moitié des TGV desservant les axes Est, Atlantique et Sud-Est et la moitié des Ouigo circuleront, pour trois TGV sur cinq sur l'axe Nord [que les cadres non-grévistes - briseurs de grève - de la SNCF en soient remerciés]. Les liaisons intersecteurs (province-province) seront très limitées (trois TGV sur dix) et le trafic international toujours affecté, selon un communiqué du groupe ferroviaire, qui prévoit également quatre circulations sur dix en moyenne pour le TER - essentiellement assurées par des cars [dont l'AFP n'évoque pas la hausse vertigineuse des tarifs] - et un train Intercités sur quatre.

De son côté, le trafic RATP connaîtra - comme prévu là aussi - une "amélioration significative" lundi, veille du réveillon de la Saint-Sylvestre, avec 14 lignes de métro fonctionnant normalement ou partiellement, a annoncé la régie dimanche.

Les lignes 1 et 14 du métro fonctionneront toute la journée [l'AFP ne précise pas que ce sont les deux lignes automatiques du réseau !], comme les jours précédents. Sur toutes les autres lignes, à l'exception de la 7bis [19e arrondissement de Paris] et de la 13 [la plus longue du réseau parisien, reliant  à Paris notamment Saint-Denis et Saint-Ouen-sur-Seine, sur la branche nord-est, et Asnières-sur-Seine, Gennevilliers et Clichy] qui resteront fermées [volonté de minimisation de la mobilisation], le trafic sera limité aux heures de pointe, et parfois seulement le matin ou le soir, avec une fréquence réduite et des stations fermées. Sur les RER A et B (zone RATP), le trafic restera "très perturbé" mais sera assuré de 6h30 à 19h30.

Dans les tramways, le trafic sera "normal" sur cinq lignes sur huit, les trois autres présentant un trafic "quasi normal". 
Trois bus sur quatre sont annoncés en moyenne, les fréquences variant selon les lignes.

vendredi 25 octobre 2019

Les Français approuvent le mouvement social à la SNCF, malgré le parti-pris anti-cheminot de la presse gouvernementale

52% des Français contredisent les reportages hostiles au mouvement social à la SNCF

Une majorité de sondés partage la colère sociale à la SNCF, selon une commande de sondage de BFMTV à Elabe

Plus d'un Français sur deux pense que les agents de la SNCF ont eu raison de cesser le travail, le week-end dernier. 47% qui estiment qu'ils ont eu tort n'ont toujours pas compris que la sécurité à la SNCF est une garantie nécessaire à tous et non pas un acquis social.

Pourtant, Elabe interroge de manière biaisée sur la "cessation de travail" d'agents SNCF et non pas sur le fond du sujet, leur "droit de retrait" en cas de mise en danger de la vie d'autrui,
comme suite à l’accident d’un TER dans les Ardennes, quand un convoi exceptionnel est resté bloqué sur un passage à niveau, provoquant une collision avec le train et faisant onze blessés.

En estimant que les agents de la SNCF ont eu raison de "cesser le travail",
les 52% de Français ne se sont pas prononcés sur le "droit de retrait" des fonctionnaires de l'Etat. Elabe ne mentionne pas le "droit de grève", grève-sauvage" (selon Edouard Philippe) ou "grève-surprise" (selon Guillaume Pépy), mais évoque une "cessation de travail", comme on parle de victimes qui ont "perdu la vie" pour occulter le tabou de la mort.
Parmi les différentes catégories sociales de la population, les 25-34 ans jugent à 60% qu'ils ont eu raisonles 18-24 ans (57%) et les ouvriers (60%) soutenant le plus la cessation de travail des agents SNCF. Le soutien à cette cessation de travail est en revanche minoritaire parmi les personnes âgées de 65 ans et plus (43%).

A noter que les usagers (réguliers et occasionnels) de TER, Intercités et Car Ter SNCF estiment plutôt que les agents SNCF ont eu raison de cesser le travail (57%), alors que les personnes qui n’utilisent jamais ces moyens de transports estiment évidemment qu’ils ont eu tort (52%).

Politiquement, la cessation de travail d’agents SNCF clive fortement entre les différents électorats. 
A 71%, les électeurs de J-L. Mélenchon estiment que les agents SNCF ont eu raison), comme ceux B. Hamon, 65%, et de M. Le Pen, 56%,  alors que les électeurs de F. Fillon [tiens, les revoilou, quand on a besoin d'eux : notons que les manipulateurs d'Elabe et leur patron Bernard Sananès préfèrent ne pas citer l'électorat Les Républicains...] à 75% et d’E. Macron à 62% les désapprouvent au contraire.

Plus des trois quarts des Français jugent nécessaire la présence d’un contrôleur dans chaque TER

Résultat de recherche d'images pour "droit de retrait"
78% des Français jugent nécessaire la présence d’au moins un contrôleur dans chaque TER, en plus du conducteur - actuellement laissé seul - à bord, même s’il est équipé d’un dispositif "équipement agent seul", selon l’ensemble des catégories sociales de la population et l’ensemble des électorats. Les 21% qui estiment que cela n’est pas nécessaire sont probablement ceux qui ne prennent pas le train. 

Deux tiers des Français considèrent que les mobilisations sociales vont s’amplifier dans les semaines à venir

66% des Français considèrent que les mobilisations sociales vont s’amplifier dans les semaines à venir, notamment dès le 5 octobre, 28% qu’elles vont rester les mêmes et 5% qu’elles vont se réduire.

L’évaluation des mobilisations sociales est fortement corrélée avec l’âge, plus on est âgé et plus on estime [ou on espère, quand on est un retraité maltraité par Macron] que les mobilisations sociales vont s’amplifier : les personnes âgées de 65 ans et plus sont 77% à partager cette opinion, les 50-64 ans 72%, les 35-49 ans 69%, les 25-34 ans 50% et les 18-24 ans 45%.

L’ensemble des électorats estime majoritairement que les mobilisations sociales vont s’amplifier : M. Le Pen (76%), J-L. Mélenchon (72%), B. Hamon (69%), les abstentionnistes (69%), et un étrange tandem, une nouvelle fois atellé par Elabe, E. Macron (61%) et F. Fillon (60%).

Les Français font plutôt confiance aux syndicats pour défendre les salariés…

Résultat de recherche d'images pour "droit de retrait"Coup de sabot de l'âne Sananès aux Gilets Jaunes, 53% des Français font confiance aux syndicats pour défendre les salariés (13% tout à fait et 40% plutôt) et 46% ne leur font pas confiance (13% pas du tout et 33% pas vraiment).

Plus on est jeune et plus on fait confiance aux syndicats pour défendre les salariés, ce qui contredirait totalement la culture syndicale en France sur plusieurs générations : les 18-24 ans sont 68% à leur faire confiance, même si par ailleurs ils ne votent pas aux scrutins politiques majeurs, les 25-34 ans 61%, les 35-49 ans 55%, les 50-64 ans 52% et les personnes âgées de 65 ans et plus 43%.

Politiquement, la confiance vis-à-vis des syndicats de salariés est un sujet fortement clivant entre d’un côté, les électorats du 1er tour de l’élection présidentielle de 2017 de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon qui font très majoritairement confiance aux syndicats, respectivement 79% et 67%, et d’un autre côté, les électeurs de François Fillon qui sont 71% à ne pas leur faire confiance. A ce propos, considérant le chamboulement politique de 2017 et les retournements de vestes tout azimuth, on s'interroge une nouvelle fois sur la capacité d'Elabe à identifier un électeur de Fillon ou de Benoît Hamon en 2019 et sur la fiabilité des analyses ce cette entreprise commerciale de sondages de commande. 

Entre les deux, les autres électorats sont plus partagés : les abstentionnistes sont 55% à leur faire confiance, les électeurs d’Emmanuel Macron 46% et ceux de Marine Le Pen 45%.

Mais les Français seraient plus sévères sur l’efficacité de l'action syndicale…

Au moment des élections professionnelles, Elabe décrédibilise les syndicats.
55% des Français estiment que l’action des syndicats de salariés n’est pas efficace (11% pas du tout et 44% pas vraiment) et 44% qu’elle est efficace (6% très et 38% plutôt). Ces chiffres n'ont rien de scientifique, mais Elabe en donne une présentation péremptoire qui ne laisse aucune place au doute, puisqu'il exclut l'usage du conditionnel de rigueur.

Le jugement de l’efficacité de l’action des syndicats est corrélée à l’âge, plus on est âgé et plus on considère que leur action n’est pas efficace : une contre-vérité que les 'fact-checkers' ne manqueront pas de démonter. Encore que...
Les personnes âgées de 65 ans et plus sont 64% à la juger "pas efficace" - parti-pris négatif, puisque les sondés ne sont pas appelés à les juger sur leur "efficacité" - les 50-64 ans 58%, les 35-49 ans 54%, les 25-34 ans 45% et les 18-24 ans 41%.

Politiquement, ce sont les électeurs de F. Fillon (71% pas efficace) qui jugent le plus sévèrement l’efficacité de l’action des syndicats de salariés. Que Sananès nous dresse le portrait-type de l'électeur fillonniste en 2019 !... Suivent les électeurs de M. Le Pen (66%), d’E. Macron (60%) et les abstentionnistes (52%). Alors que les électeurs de J-L. Mélenchon et de B. Hamon sont une majorité à juger l’action des syndicats de salariés efficace, respectivement 62% et 54%.

Et les sondés d'Elabe seraient partagés sur le rôle des syndicats étendu à l'ensemble de la société française.

Résultat de recherche d'images pour "syndicats"
Sananès  poursuit son travail de casse des syndicats, en novembre à la SNCF.
51% des Français considèrent que les syndicats de salariés sont plutôt un élément de blocage de la société et 48% qu’ils sont plutôt un élément de dialogue.
Socialement, les catégories sociales populaires estiment davantage que les syndicats sont un élément de dialogue (61%) alors que les retraités - décidément des alliés de Macron sur le dossier des syndicats - les considèrent plutôt comme un élément de blocage (61%).

Politiquement, cette question clive fortement entre d’un côté, les électorats de J-L. Mélenchon et de B. Hamon (?) qui considèrent majoritairement les syndicats de salariés comme un élément de dialogue, respectivement 72% et 62%, et d’un autre côté les électorats d’E. Macron, de F. Fillon (?) et de M. Le Pen qui estiment majoritairement qu’ils représentent plutôt un élément de blocage de la société française, respectivement 75%, 62% et 60%.
Le sujet du  "droit de retrait" n'est pas abordé.

samedi 6 avril 2019

Gilets jaunes en 21e semaine : 15.000 contrôles préventifs pour "3.500 manifestants à Paris"...

Après plus de quatre mois, les Gilets jaunes sont évidemment moins nombreux, mais ils  résistent bien à la police et à la presse  

Ils étaient toujours plus nombreux que ce qu'en dit le ministre de l'Intérieur
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Pour leur 21e samedi de mobilisation contre les politiques sociale et fiscale du gouvernement, les Gilets jaunes ont enregistré la plus faible mobilisation depuis le début du mouvement, hormis pendant la trêve des confiseurs, selon le ministère de l'Intérieur, à deux jours du compte-rendu du 'grand débat' national.

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Selon Castaner, dont les chiffres sont contestés chaque semaine par le mouvement (cf. ci-dessus), comme ils le sont lors de mobilisations syndicales, les manifestations ont rassemblé 22.300 personnes en France, dont 3.500 à Paris. Le ministère avait comptabilisé 33.700 participants la semaine dernière, dont 4.000 à Paris.

C'est, selon cette source gouvernementale, le plus faible niveau de participation depuis le premier samedi de revendications, le 17 novembre. 282.000 personnes avaient alors manifesté dans toute la France, un chiffre jamais dépassé.

Sur la page Facebook du "Nombre jaune" qui décompte les manifestants, les "Gilets jaunes ont revendiqué une "première estimation basse" de 73.420 participants en France. Ils étaient 68.110 le 29 décembre 2018, selon le 'Nombre jaune' que l'AFP occulte, sur ordre tacite de l'exécutif, lequel dédaigne les Gilets jaunes : Macron ne les mentionne jamais; ils sont rayés de son vocabulaire. Et de ses décisions ?
Le conseil d'administration de l'AFP est composé majoritairement d'éditeurs de presse, les huit hommes d'affaires possesseurs des principaux organes de presse (par ailleurs subventionnés). Pour garantir son indépendance (sic), la loi exige qu'elle équilibre son budget, après amortissement comptable des investissements, l'AFP ayant de surcroît accès aux marchés financiers pour emprunter.
Le mouvement gagne en maturité

Partout sur le territoire, les manifestations se sont déroulées sans incident majeur.

A Paris, le principal cortège, parti de la place de la République, a rallié l'esplanade du quartier d'affaires de la Défense, à l'ouest. Les manifestants venus dénoncer "l'art de l'optimisation fiscale" se sont rassemblés sur les marches de la Grande arche avant de se disperser, dans le calme, en fin d'après-midi.
"La Défense, c'est le symbole du capitalisme à outrance, le siège des grandes entreprises qui s'en mettent plein les poches sur notre dos et grâce à nous", a résumé Valérie, 50 ans, qui souhaite "un retour de l'ISF", l'impôt sur la fortune. "C'est la fin du système capitaliste. Il est mort. Nous le célébrons", a commenté sur place le chanteur Francis Lalanne, vêtu d'un gilet jaune. Le 18 décembre 2018, se ralliant au mouvement des Gilets jaunes, il lance une liste "rassemblement gilets jaunes" pour les élections européennes de 2019, déclarant : "Il n'y aura pas de tête de liste, on s'en fiche". En mai 2007, il avait annoncé sa candidature aux élections législatives de juin 2007, dans le Bas-Rhin, avec l'investiture du Mouvement écologiste indépendant d'Antoine Waechter. Dix ans plus tard, il se déclara encore candidat aux législatives avec le "mouvement écocitoyen '100 %'".
En chemin, quelques manifestants avaient tenté de descendre sur le périphérique, avant d'être rapidement repoussés à l'aide de tirs de gaz lacrymogène par des forces de l'ordre en surnombre.

Les journalistes de l'AFP, supplétifs du ministère de l'Intérieur ?

D'autres cortèges de "gilets jaunes" ont défilé dans plusieurs villes, comme à NiceForbach ou Nantes, où la manifestation - environ 400 personnes, selon l'AFP, dont la technique de comptage reste un mystère !  - a été dispersée à l'aide de gaz lacrymogène au niveau d'une fête foraine dont les manèges ont momentanément fermé.

A Rouen, où un appel à un rassemblement national avait été lancé, moins d'un millier de personnes a manifesté, mais 
des échauffourées ont éclaté entre CRS et manifestants cagoulés et vêtus de noir, du mobilier urbain a notamment été dégradé.

A Toulouse, où le cortège était moins fourni que les semaines précédentes, l'AFP revendique à nouveau un recensement personnel de 1.200 à 1.500 manifestants, qui ont défilé dans le calme. 

Ils étaient 1.300 à Montpellier, cette fois selon la préfecture, où le cortège a été émaillé d'incidents. 
Ils étaient entre 1.000 et 2.000 à Lille où un différentiel de 1.000 n'interpelle pas l'AFP.

A Bordeaux, les manifestants étaient également moins nombreux que d'habitude, 1.500 selon une source (anonyme) proche du dossier, car c'est un "dossier", lequel n'indique pas à l'AFP que le temps étaient partout extrêmement pluvieux en France... 

A Lyon, quelques centaines de Gilets jaunes ont défilé dans un parcours contenu par les forces de l'ordre, qui ont tiré "quelques gaz lacrymogènes", selon la préfecture. 

A Dijon où des dégradations ont été constatées, "des billes d'acier" ont été tirées sur les forces de l'ordre et des "projectiles" sur le tram, a dit la préfecture. 

En Corrèze, quelque 300 personnes ont manifesté dans le calme sur le barrage hydro-électrique de Bort-les-Orgues, afin de dénoncer ce qu'ils estiment être une possible privatisation des barrages français et "la vente de la France à la découpe".

A Saint-Nazaire enfin, près de Nantes, plusieurs dizaines de délégués se sont retrouvés pour la seconde "Assemblée des assemblées". 
Venus de toute la France, ils y ont envisagé l'élaboration de listes pour les municipales d'ici 2020.

Un autre cortège parisien, au parcours déclaré comme le premier.
Il était composé d'une centaine de personnes, selon l'Agence française de presse, qui ne cite pas la préfecture de police et assume seule ses chiffres contestés: selon une organisatrice, Sophie Tissier, ils étaient quatre fois plus (400 personnes). Il a rejoint dans le calme le bassin de la Villette, au nord-est.

"On veut une démocratie un peu plus ouverte", y explique Thomas Fleury, 28 ans et auto-entrepreneur dans l'immobilier, venu en famille. Pour lui, le grand débat était "une bonne idée de Macron", mais "ça a été mal fait" : "Macron était trop ambigu dans ses réponses".

15.000 contrôles préventifs pour 3.500 manifestants à Paris

Les interdictions de manifester dans un vaste périmètre comprenant le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, au bas de la "plus belle avenue du monde", ainsi que sur les Champs-Elysées et la place de l'Etoile, avaient été reconduites après les violences trois semaines plus tôt.

L'appel à la première des deux manifestations avait été relayé par Eric Drouet, notamment.
L\'un des leaders des \"gilets jaunes\" Éric Drouet, durant une manifestation, le 2 février à Paris.
Eric Drouet se trouvait avec sa mère lorsqu'ils ont été verbalisés,
sur un parcours déclaré 
Or, samedi matin, cette figure des figures du mouvement a été verbalisée pour "participation à une manifestation interdite" à proximité des Champs-Elysées, selon une source policière. Une amende "due à ma notoriété et ma présence sur les Champs", a-t-il souligné sur Facebook.

A 18h30, la Préfecture de police de Paris recensait 43 interpellations, 14.919 contrôles préventifs et neuf verbalisations dans le périmètre interdit, dont deux membres de la famille Drouet.

Lundi est prévu le compte-rendu du grand débat national, sur la base des contributions des citoyens, sur laquelle travaillent depuis des semaines plusieurs organismes mandatés par l'exécutif, mais des entreprises privées.