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mardi 28 avril 2020

Macron débine Philippe, puis dément toute dissension avec lui

Macron a-t-il toute sa tête ?

Macron dénonce la décision de Philippe de refuser aux députés 24h de réflexion avant le vote de ses mesures de déconfinement

Les Républicains a réclamé un délai de 24 heures avant le vote, le pouvoir refuse. 
Mardi 28, le premier ministre présentera  les grandes lignes du plan de déconfinement à l’Assemblée et, dans la foulée, il sera suivi et d'un débat à 75 autorisés dans l'hémicycle et d’un vote électronique immédiat.
"Ça a l’air d’être de la démocratie, c’est seulement de la brutalité. Personne ne sait où on va et on nous impose un simulacre de démocratie à l’Assemblée nationale." Jean-Luc Mélenchon n’est pas le seul député à s’indigner de la façon expéditive dont est organisé le vote sur la sortie du confinement. Alors que Damien Abad avait demandé un report du vote au lendemain mercredi ou au  jeudi  pour disposer d'un minimum de temps de réflexion, l’Assemblée nationale devra se prononcer mardi en fin d'après-midi, immédiatement après la présentation du plan de déconfinement par le premier ministre Edouard Philippe et le débat qui s’ensuivra, dans un hémicycle en partie vidé de ses députés en raison des mesures sanitaires. 

Les Républicains ont déploré le rejet de ce "temps de réflexion":
 "Cette accélération du calendrier est un déni de démocratie", dénonce le président du groupe des députés LR, Damien Abad. "Nous demandons 24 heures de plus pour un travail de fond en commission et la consultation de nos collègues qui ne pourront siéger."  LR devrait donc logiquement refuser de soutenir de leur vote des mesures dont ils ne peuvent évaluer la portéemais rien n'est moins sûr. 
Le temps médical n'est pas le temps politique. Si les sommités du "Conseil scientifique" exigent le respect des protocoles stricts que ses "savants" ont édictés et des délais permettant tests et analyses, bien que les risques soient équivalents, foin, en revanche, des délais et analyses en matière législative !
Pour Marine Le Pen (RN), "les conditions du vote de mardi, à la suite immédiate d’un discours dont on ne sait rien, sans une loi nous permettant d’amender, sont un artifice du gouvernement pour tenter de nous faire partager sa responsabilité dans le fiasco de la gestion de cette crise sanitaire".

Au Parti socialiste, Olivier Faure a demandé que le vote attende la présentation de l’ensemble du plan de déconfinement, une condition pour "voter en connaissance de cause".

La contestation a aussi gagné les rangs de La République en Marche. 
"Comment le législateur peut-il se prononcer en sérénité sur un "plan de déconfinement ?", a ainsi interrogé la députée Martine Wonner, ce médecin soulignant qu’il ne le découvrira que quelques minutes avant le vote", dans une lettre au président de l’Assemblée Richard Ferrand. 
Durant la pandémie de Covid-19, elle a fait partie des élus à l'initiative du collectif " Laissons-les prescrire", ainsi que d'une pétition qui demande l'assouplissement des conditions pour recourir à l'hydroxychloroquineet dit [s'interroger] sur la confiance à apporter au gouvernement sur cette gestion de crise. Au vu du nombre de pétitions et tribunes qu'elle a déjà signés, elle devrait refuser son vote à Macron, mais on s'attend à une abstention de la velléitaire et de ses copines députées du "Collectif social-démocrate".

Le député Aurélien Taché, ex-apparatchik socialiste, mais LREM, s’est lui aussi dit favorable à un délai de 24 heures

Malgré les protestations de tous bords, l'Edouard a dit "NIET" !
Une fin de non-recevoir méprisante qui ouvre la voie à un vote à l'aveugle sur ce que sa présentation a bien voulu dire de son plan de déconfinement, a-t-on appris ce lundi de sources parlementaires troubles. Un blanc-seing que devraient lui accorder les fantoches en godillots de la majorité présidentielle.
Le premier ministre est attendu sur six thèmes prioritaires : "la santé (masques, tests, isolement, qui manquent toujours cruellement au grand public, après sept semaines de confinement réglementé…), l’école, le travail, les commerces, les transports et les rassemblements".

Le président de l’Assemblée Richard Ferrand a tenté de justifier ce refus d’un report.
Selon lui, présenter son plan devant l’Assemblée est une marque de considération du Parlement, a rapporté un participant. "En même temps", n'est-ce pas une marque de son mépris des Français, ces "illettrés" qu'ils ne cessent d'humilier en assurant qu'ils ne comprennent rien et ne saurait même pas placer un masque ? 

Vers un vote séparé pour ou contre le traçage ?

Ce vote du plan Philippe était initialement prévu le 5 mai, tandis que le mardi 28 avril devait être consacré à un vote sur l’application de traçage StopCovid, qui doit permettre de retrouver les contacts des porteurs du coronavirus. 
C’est d’ailleurs un sujet polémique secondaire qui a été gonflé artificiellement dans la presse pour dissimuler les dissensions entre Matignon et l'Elysée  : il a provoqué des remous jusque dans la majorité des béni-oui-oui et sa dilution dans la question du déconfinement est perçue comme une manœuvre politique. "Un vote unique sur le plan déconfinement - et donc sans possibilité de se prononcer sur le traçage numérique en tant que tel - et avec un nombre aussi réduit de députés, ne correspond pas, au regard des enjeux, à un niveau de démocratie parlementaire suffisant", a ainsi estimé dans un tweet Aurélien Taché.
Une position partagée par Damien Adad, qui réclame deux votes, l’un sur le tracking, l’autre sur le déconfinement.

Macron met la charrue avant les boeufs : on vote et après on discute ! 

Il restera une marge de manœuvre, une fois la présentation mardi de 'l’architecture générale", pour adapter le plan de déconfinement, une fois le vote assuré, racontent les truands"Le sujet reviendra devant le Parlement à l’occasion d’un projet de loi, présenté dans un très proche avenir, autorisant la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, qui contiendra aussi les dispositions d’ordre législatif indispensables à la mise en œuvre du plan de déconfinement", a précisé à ses troupes le patron des députés LREM Gilles Le Gendre.

Alors que la presse fait état de conflits entre le président et son collaborateur, Macron a fustigé ceux qui "tentent de diviser" ! 

Macron a démenti toute dissension avec son factotum rebelle. 
Ce mardi lors du conseil des ministres, à quelques heures d'un vote à risques, il s'en est pris à ceux qui "tentent de diviser" l'exécutif.
"L'ensemble de l'exécutif est pleinement aligné dans cette crise," a assuré le chef de guerre, suggérant que l'ensemble de ses troupes a le petit doigt à la couture du pantalon.
Vu la gravité du moment, il s'est fait menaçant.
"Je n'aurai aucune complaisance [est-il susceptible d'en avoir ?] à l'égard de ceux [et celles] qui [il a des noms?] par des bruits et des rumeurs [quelle est la nuance ?] tentent de diviser le gouvernement et singulièrement le premier ministre et le président de la République", aurait déclaré le danseur de tango, selon des propos rapportés par un participant anonyme au Conseil des ministres. Plusieurs sources [plusieurs mais anonymes !] font état de divergences entre les deux têtes de la majorité sur les conditions de ce vote précipité à l'Assemblée.

Autre bruit ou rumeur : Macron aurait bien voulu accéder à la demande des oppositions de décaler le vote de 24h
Mais on apprend que Macron n'est plus aux commandes et que son premier ministre lui aurait dicté la décision: le grand Nicodème pelé aurait finalement imposé sa volonté. Selon Le Point et L'Express, Macron aurait été contraint d'appeler lui-même des journalistes pour défendre son point de vue divergent: et se plaindre d'être dépossédé de ses prérogatives? Des bruits de couloirs dignes d'Alexandre Benalla: savonner la planche de son premier ministre à la veille d'un discours crucial est-il la réaction appropriée d'un Jupiter, si  l'Edouard est devenu calife à la place du calife ?

Pas de remaniement avant septembre, selon l'Elysée

Bafoué par l'Edouard, Macron garde son Philou ? 
L'Elysée dément "catégoriquement" la "fake news" balancée par les deux réseaux sociaux hebdomadaires. Ils ne partiront pas ensemble en vacances: dommage collatéral du Covid-19 !  
"Il n'y a pas eu d'appels avec des journalistes et pas d'expression de doutes vis-à-vis du premier ministre, assure un proche conseiller du président (encagoulé, mais digne de foi). Cette histoire de vote à reporter ou pas est par ailleurs sans intérêt. Il s'agit d'une déclaration du premier ministre. Ce n'est pas de la compétence de la présidence"
Un quidam, membre du cabinet élyséen, poursuit le délire.
"Emmanuel Macron s'est construit en installant une saine distance avec les journalistes. Il voulait marquer la rupture avec la présidence de François Hollande.Hollande nous avait habitué à des énormités mais nous atteignons cette fois le fond.
A l'Elysée, les complotistes évoquent un travail d'"officines, qui veulent créer une théorie [?] du grand déplacement remaniement", sans préciser lesquelles et pour le compte de qui elles travailleraient. 

Le déconfinement va s'étaler jusqu'au 1er septembre, précise-t-on à l'Elysée.

L'état d'urgence sanitaire pourrait être prolongé jusqu'au 24 juillet". Mais vu que, dans la rhétorique élyséenne, le futur proche reste le temps préféré du "maître des horloges", l'été 2020 risque d'être noir.  

Alors faire un remaniement avant la rentrée aurait-il du sens, alors que le déconfinement n'est pas terminé ?  Voilà en tout cas qui donne une indication sur la suite : le projet de "concorde nationale", entendez d "'union nationale", vanté par Emmanuel Macron attendra au moins la rentrée de septembre.
Pourvu qu'à la rentrée les Français sachent enfin placer des masques, s'ils arrivent...

lundi 27 avril 2020

Le vote sur le déconfinement réussit à perturber les "godillots" de Macron

Les incertitudes, vire-voltes et coups de menton de Macron jettent un fort doute sur la capacité  de Jupiter à prendre les bonnes décisions

L'aile gauche de LREM réclame un vote décalé du plan de déconfinement 

LogoLe néo-député LREM Aurélien Taché est "favorable" à "un délai pour pouvoir regarder les mesures" proposées.
Ancien conseiller auprès des ministres des gouvernement de Hollande au Logement, Sylvia Pinel, puis Emmanuelle Cosse, avant de rejoindre En marche ! en 2016, quand le PS était assuré de sa défaite à la présidentielle, Aurélien Taché assure qu'il "comprend la demande" formulée par Damien Abad, le chef du groupe LR à l'Assemblée, qui souhaite un délai de 24 heures entre la présentation du plan de déconfinement et le vote des députés. 

Ancien plombier diplômé de l’université de Limoges en qualité de président de l'UNEF locale, Aurélien Taché y côtoya "la bande de Poitiers".
Tous sont des militants socialistes venu à Limoges pour recevoir leur diplôme de juriste 
- le Parisien Stéphane Séjourné, dont on ne sait rien des diplômes à Poitiers mais où, en 2006, il a bloqué la fac de droit contre le gouvernement, uni par un PACS à Gabriel Attal et conseiller politique du président de la République, mais qui s'est prononcé contre une utilisation sans garde-fou du traçage numérique pour lutter contre la pandémie de Covid-19,
- le local Sacha Houlié, 30 ans, vice-président de l’Assemblée nationale qui vient de publier une tribune contre le traçage numérique des Français, évoquant "une réponse dangereuse et condamnable",
- le Lorrain Pierre Person, nommé délégué général adjoint du parti par son patron, Stanislas Guerini, mais qui a présenté le déploiement du traçage numérique comme une ligne rouge à même de remettre en cause son appartenance à la majorité présidentielle
et le Niortais Guillaume Chiche, ex-UNEF, MJS et Mutuelle des Etudiants, ex-MNEF,  fils de patron de mutuelle (ex-Smacl Santé, puis Eovi MCD Mutuelle, groupe Aésio, qui assure la couverture santé des 230.000 salariés des établissements d’hospitalisation, ainsi que des... EHPAD), un apparatchik chargé de la prospective à LREM, mais qui a mis en garde contre le traçage numérique, évoquant le risque de fractionnement de nos droits ou d’une logique de restrictions de libertés ciblées et individualisées, 
et Taché n'envisagea plus de retourner à la plomberie.

Le patron des députés LR Damien Abad a demandé "un délai de 24 heures"
 
LR demande le temps de la réflexion entre le moment où le premier ministre présentera aux députés le plan de déconfinement, le mardi 28 avril, et le moment où il sera soumis au vote des députés.
Sur le fond, il souhaite "un déconfinement territorialisé qui fait confiance aux acteurs locaux et surtout un déconfinement sous protection, c'est-à-dire la protection par les masques et les tests pour les Français".

"Je comprends cette demande", a affirmé Aurélien Taché, le néo-député LREM du Val-d'Oise. "Je suis très favorable à ce qu'on puisse avoir un débat et un vote différencié sur le traçage numérique
Avoir un délai, pour pouvoir regarder les mesures du plan de déconfinement dans son ensemble et se prononcer sur ces mesures me semble de bon aloi." Aurélien Taché estime que "sur des décisions aussi importantes", les députés doivent pouvoir se prononcer "avec le maximum de garanties"

Le débat sur question du traçage numérique occulte l'ensemble.

La demande de Damien Abad sera examinée lundi 27 avril lors d'une conférence exceptionnelle des présidents des groupes à l'Assemblée nationale. Pour Aurélien Taché, si le gouvernement "trouvait cette demande légitime", décaler le vote lui "semble envisageable"
Le député du Val-d'Oise rappelle qu'avec plusieurs collègues de la majorité, ils ont pareillement "demandé qu'un délai puisse se tenir entre la déclaration du Premier ministre mardi et le vote. Beaucoup souhaitent que sur la question du traçage numérique, nous ayons un vote et un débat dédié".

Un vote séparé entre le traçage numérique et le plan de déconfinement "était prévu au départ", rappelle Aurélien Taché. "C'est extrêmement important" d'y revenir, selon lui. "Nous nous engageons sur une voie nouvelle avec ce traçage numérique. Moi je suis très réservé sur ce principe." Le député de la majorité aurait préféré "sur les sujets d'éthique et du numérique, prendre le temps du débat". 

Taché souligne que le projet Macron pose "beaucoup de questions". 
"En matière de souveraineté numérique, est-ce que nous devons trouver des alternatives aux Gafam, en investissant par exemple de l'argent public dans les logiciels libres ?" 
Cela pose également des questions "en matière de propriété des données personnelles. Ces Gafam maîtrisent nos données personnelles. Est-ce que c'est normal", s'interroge le député LREM. "J'aurais préféré que nous puissions avoir un débat de ce type-là. 
Maintenant, c'est vrai que la crise est là, que le Covid est là, que le confinement est là. Le gouvernement étudie toutes les options, soit. Mais sur un sujet aussi important, un débat parlementaire et un vote sont indispensables. Le Parlement est le gardien des libertés fondamentales. On doit pouvoir se prononcer sur un sujet comme celui-ci."

Retour à l'école : aux élus de "trancher"

Interrogé sur le fait qu'en optant finalement pour le 11 mai, Macron passe outre l'avis de ses "sociétés savantes" : son propre "Conseil scientifique" a en effet préconisé la fermeture des écoles jusqu'en septembre. S'engouffrant dans la brèche, Aurélien Taché estime que c'est carrément "le rôle de la démocratie et des élus de trancher après avoir pris connaissance des avis scientifiques"
Il faut, selon lui, "éclairer les décisions" des politiques par "des avis scientifiques rendus par les experts". Mais les élus doivent "décider en fonction d'autres considérations". A définir... 

"Le confinement devient extrêmement difficile sur le plan social, pour de nombreux Français, qu'il creuse des inégalités et que nous devons être capables de redémarrer l'activité sociale pour y faire face," insiste l'ex-plombier socialiste du Val-d'Oise, qui pense notamment que les "décrocheurs" doivent être rattrapés par la manche et contraints les premiers de revenir à l'école... "Nous avons aussi toutes ces contraintes sociales et démocratiques", insiste Aurélien Taché.

Les députés LREM ne savent plus sur quel pied danser

Les vire-voltes de Macron embarrassent bon nombre d'élus de la majorité présidentielle. 
Outre le tracage, arbre qui cache la forêt, l’accélération soudaine des horloges interpelle sur sa tactique de déconfinement

A cela s'ajoute les fausses raisons dénoncées comme autant de mensonges. Samedi soir, la nouvelle est tombée d'en-haut sur les députés LREM qui ont appris que "le gouvernement a décidé d'avancer la présentation de la stratégie nationale de déconfinement, afin de répondre aux aspirations pressantes de nos concitoyens", comme le leur a écrit leur chef de file, Gilles Le Gendre. Or, ces mêmes Français - qui sont habituellement méprisés parce qu'"ils n'ont pas compris" (la "pensée complexe" de Jupiter) ou ne savent pas comment placer un masque, aux dires d'une autre lumière, Sibeth Ndiaye - auraient cette fois été entendus, écoutés et leurs avis pris en compte !

Autre carabistouille de Le Gendre : contrairement à ce qui avait été annoncé, le débat parlementaire suivi d'un vote sur l'application StopCovid sera finalement "élargi" à l'ensemble de la stratégie de déconfinement. 
De quoi se plaint-on ?

mercredi 18 décembre 2019

Retraites: les Républicains dévoilent leur contre-projet

LR réagit à la campagne de presse qui dénature leur vision d'un système juste 

Les Républicains n'est pas miscible dans ce projet Macron


Le parti Les Républicains a fait quelques mises au point jeudi.  Leur "contre-projet" de réforme des retraites inclut le report à 65 ans de l'âge de départ en retraite pour garantir les pensions, mais en prenant soin de marquer leur différence avec Macron.

L'ancien conseiller de Hollande a  élaboré "le contraire d'une réforme de droite".
"Le système universel du gouvernement va créer de nombreux perdants" et "des retraités pauvres", a pointé le président du groupe parlementaire Damien Abad, un ancien chargé d’études sur les questions budgétaires et fiscales au groupe UDF. 

Abad a présenté un projet de réforme "juste et audacieuse".
Parmi leurs propositions, présentées sur le site préserver-les-retraites.com, LR envisage de "repousser l'âge du départ à la retraite d'un trimestre par an pendant 12 ans" jusqu'à 65 ans. Il s'agit de "garantir l'équilibre financier du système" pour permettre "le maintien du niveau de pension pour tous", fait valoir D. Abad. 

Autres points: préserver les caisses complémentaires et maintenir les droits familiaux pour les mères de famille et les veuves.
Certaines propositions rejoignent celles du gouvernement: relèvement à 1.000 euros des petites retraites, meilleure prise en compte de la pénibilité... 
Les députés LR veulent aussi "mettre définitivement fin aux régimes spéciaux" à l'horizon 2032.

LR dénonce "le double langage" du chef de l'Etat

Résultat de recherche d'images pour "reforme des retraites"Pour autant, la réforme du gouvernement "n'est pas une réforme de droite", qui a présenté un texte "bien différent", a insisté D. Abad, critiquant clairement le "bal des hypocrites" autour de l'âge pivot de 64 ans évoqué par le premier ministre. 

C'est "un succédané" et un "faux semblant, pour éviter de dire qu'on repousse l'âge de la retraite" mais "l'âge pivot, c'est la réduction des pensions", a abondé le président de la commission des finances de l'Assemblée, Eric Woerth, ancien ministre du Budget (2017-2010), puis du Travail (2010).

Taclant le candidat démagogue Macron qui "est enfermé dans sa promesse de ne pas toucher aux 62 ans", Damien Abad a prédit "une grande reculade": il est "fort probable que l'âge pivot ne résiste pas aux vacillements de l'exécutif".
"Le président sort affaibli après la crise des Gilets jaunes et son mépris des corps intermédiaires se retourne contre lui", a-t-il ajouté, sans toutefois mentionner la suite continue et inédite des démissions, à la fois dans l'exécutif et à l'Assemblée nationale.

Pour LR, ce contre-projet se veut aussi "la preuve que la droite n'est ni asphyxiée ni avalée par le macronisme", a souligné Abad.
Le chantier des retraites est "un rendez-vous de crédibilité pour la droite républicaine" qui a eu le courage en son temps d'amorcer l'évolution du système.
"Nous sommes justes là où Emmanuel Macron est profondément injuste", a asséné le numéro 2 du parti, Aurélien Pradié, pointant le "péché d'arrogance" du chef de l'Etat.

"Notre retour au pouvoir est une longue histoire à écrire et ce n'est pas une voie de facilité", a reconnu E. Woerth, qui a admis: "je ne suis pas sûr que ce que nous proposons mette moins de monde dans la rue. Ca en mettra peut-être un peu plus".
Mais ce serait "pour de bonnes raisons, sur lesquelles on peut discuter", alors qu'"aujourd'hui on n'y comprend rien, personne ne sait comment il va être mangé".


mercredi 6 novembre 2019

Les députés Les Républicains se sont désigné un chef de groupe

Damien Abad est élu nouveau président des députés LR

Il a été désigné par une majorité de
 64 des 104 députés Les Républicains 

39 ans, Damien Abad succède à Christian Jacob qui a, quant à lui, accédé à la présidence du parti, après neuf années (2010-2019) de présidence du groupe UMP/LR. Il a devancé Olivier Marleix au second tour.

Six députés Les Républicains (LR) étaient en compétition mercredi 6 novembre à l’Assemblée nationale. A l’issue de trois heures et demie de vote à bulletin secret, les 104 députés LR ont désigné leur nouveau président de groupe : Damien Abad, 39 ans, député de l’Ain (réélu en 2017), ancien député européen (2009-2012) et ancien vice-président du parti sous Laurent Wauquiez.

Avant son élection à la présidence du parti, Christian Jacob avait défini la fonction qui incombe désormais à Damien Abad 
"C’est à la fois le premier prix de camaraderie et une sorte de délégué de classe. Le président de groupe, il faut que les députés s’identifient à lui."
Christian Jacob s’est officiellement refusé à choisir un successeur, mais la candidature du député d’Eure-et-Loir Olivier Marleix, 48 ans et fils d'Alain Marleix, avait surgi à la mi-octobre, quatre semaines seulement avant l’élection, alors que d’autres  - tel Damien Abad - s’étaient déclarés de longue date. Officiellement, Christian Jacob avait affirmé qu’il se garderait de tout soutien.
Six députés étaient en lice.
Michèle Tabarot (Alpes-Maritimes), Véronique Louwagie (Orne), Damien Abad (Ain), Olivier Marleix (Eure-et-Loir), Daniel Fasquelle (Pas-de-Calais) et Philippe Gosselin (Manche). A l’issue du premier tour auquel ont participé les 104 députés du groupe, un trio de tête s’est détaché : Damien Abad, nettement devant, avec un tiers des voix (34), suivi d’Olivier Marleix (20) et Michèle Tabarot (17), tous pouvant théoriquement se maintenir au second tour. Les champions ont eu trois quarts d’heure entre les deux tours pour négocier des retraits et aboutir à un duel clair. 

Le trésorier de LR Daniel Fasquelle (14 voix) et Philippe Gosselin (7 voix) ont annoncé les premiers qu’ils ne se maintiendraient pas. Michèle Tabarot, proche de Jean-François Copé qui détenait sans doute, avec ses 17 voix, la clef du second tour, en a fait de même, suivie de Véronique Louwagie (12 voix). Dans la foulée, le second tour a consacré sans ambiguïté Damien Abad, à 64 voix, contre 37 pour Olivier Marleix.

Un nouveau patron des députés LR en capacité de contre-balancer le pouvoir de Jacob 
Les député LR ne seront pas des godillots, façon LREM. "Il [Abad] a montré qu’il est capable de s’opposer à Christian Jacob et en même temps de travailler avec lui. C’est un bon point d’équilibre, on est à équidistance entre l’indépendance qui serait une mauvaise chose et la vassalité, qui serait aussi mauvaise", estime le député de Vaucluse, Julien Aubert.
"Abad a bétonné; c’est celui qui en a le plus envie", estimait un député avant le vote, soulignant qu’en ayant commencé tôt sa campagne, il ne s'était pas essoufflé, s'assurant de solides soutiens.
En juin 2017, le député Abad avait déjà été candidat à la présidence du groupe, contre Christian Jacob
Atteint d’arthrogrypose, maladie congénitale se manifestant essentiellement par une raideur au niveau de diverses articulations, D. Abad a évoqué sa maladie mercredi après sa victoire : "J’ai toujours considéré que mon handicap n’était ni un frein, ni un moteur de mon engagement politique."

Le renouvellement de LR est en marche

Sa position médiane transcende "les clivages idéologiques"
Illustration.
Ancien vice-président de LR, il a abandonné, fin octobre, toute fonction dans le nouvel organigramme du parti, en accord avec Christian Jacob,  pour se consacrer clairement et entièrement à cette campagne parlementaire. 

Issu du centrisme
(UDF, puis Nouveau Centre), où il a fondé mouvement des Jeunes Centristes en 2008, élu eurodéputé (benjamin) au sein du bloc PPE en 2009, il a rejoint l’UMP pour les élections législatives de 2012 et a fait son entrée à l’Assemblée (commission des Affaires économiques).

Soutien de Bruno Le Maire à la primaire de 2016 (porte-parole de sa campagne), parrain de Laurent Wauquiez pour la présidence du parti en 2017 (il sera troisième vice-président des Républicains), il incarne une nouvelle garde déterminée à débarrasser la droite des caricatures qui en sont faites, par exemple en matière sociétale : le député s’est notamment abstenu sur le projet de loi de bioéthique ouvrant la PMA à toutes les femmes. Selon lui, l'extension de la procréation médicalement assistée aux femmes seules et aux couples de lesbiennes peut s'envisager, si c'est "encadré de la façon la plus stricte". Ferme dans ses convictions, Damien Abad est donc moins "clivant" que ce qu'en disent ses détracteurs.

Le nouveau président de groupe s’est fixé pour objectif de "créer une dynamique d’opposition forte et en même temps rassembler et montrer à tous les Français qu’on est aussi une force de proposition qui peut incarner l’alternance"

Quant à sa ligne, choisie par une majorité nette de députés, "ce sera une droite sociale, populaire, de progrès mais aussi qui est déterminée sur les questions de laïcité, d’immigration et de sécurité", a-t-il dit, avant de résumer son horizon : "une droite majoritaire".

mercredi 19 juin 2019

Ces quotas d'immigration voulus en 2019 par Macron qui les jugeait "impossibles à piloter" en 2017

Le candidat Macron a-t-il pris des engagements sur des sujets dont il ignorait tout ?

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a relancé le débat autour de l'instauration des quotas d'immigration


Macron ouvre la voie à une proposition de Fillon. 
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Dans sa lettre aux Français publiée le 13 janvier 2019, Emmanuel Macron inclut l'immigration parmi les thèmes qui seront abordés lors de son "grand" débat national  - consécutif au mouvement des Gilets jaunes - dans toute la France jusqu'au 31 mars. "Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?" C'est en ces termes qu'il soumettait la question des quotas qui ne figurait pas dans son programme, mais dans celui de la droite, et qui n'a pas été mentionnée par le gouvernement depuis le début du quinquennat.
Cette question, qui reste ouverte, n'est pas anodine. L'idée de faire voter chaque année par le Parlement des quotas d'immigration avait été proposée en 2017 par l'ancien candidat de la droite François Fillon. Elle figure toujours parmi les propositions des Républicains. Lors des débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait d'ailleurs tenté, en juin dernier, de réintroduire le principe des quotas, contre l'avis du gouvernement. La disposition des sénateurs LR proposait que le Parlement conduise chaque année "un débat approfondi, à partir d'un rapport du gouvernement, intégrant toutes les dimensions de la politique nationale d'immigration et d'intégration", et portant "sur les orientations pluriannuelles de la politique d'immigration et d'intégration en présentant des indicateurs chiffrés rendant compte des flux d'entrée, de séjour et d'éloignement".
La proposition de la droite avait été alors fustigée par Jacqueline Gourault, la ministre MoDem de la Cohésion des territoires : "L'introduction de quotas [...] ne résiste pas à un examen de sa faisabilité. Le gouvernement est défavorable à une telle politique".
Un nouveau gage en direction des électeurs de droite ou une mise à nu du président ? Le sujet pourrait être abordé au Parlement à la rentrée, annonce le ministre dans le JDD. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pourtant jugée inefficace cette proposition venue de la droite

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a remis le sujet sur la table , bien que cette proposition ne figure pas dans les projets du candidat Macron sur lesquels lui et la majorité présidentielle ont été élus, puisqu'elle venait à l'origine de la droite LR. François Fillon en avait fait l'un de ses arguments phares durant la campagne présidentielle. Macron cherche-t-il ainsi à rallier cette droite-là ou a-t-il trompé les électeurs sur ses projets profonds ?

S'il exclut d'évoquer des quotas pour le droit d'asile - ce serait "contraire à nos engagements internationaux" -, le ministre de l'Intérieur a jugé que la question pourrait être "posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", sans préciser s'il parlait de regroupement familial, d'immigration économique, des étudiants étrangers faux ou réels, ou encore l'immigration sociale suscitée par les aides consenties par la France et les contribuables français. Elle pourrait notamment être abordée au Parlement en septembre, Edouard Philippe ayant annoncé, la semaine dernière, dans son discours de politique général, la tenue annuelle d'un débat sur l'immigration au parlement - là encore, une idée défendue par François Fillon durant la présidentielle. Ce qui donne à penser que cette simple annonce a pu susciter les ralliements à la majorité présidentielle de maires LR, tels ceux des Hauts-de-Seine subornés par Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, tour à tour UDF, UMP et groupe Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants (2017), exclu des Républicains (LR), le 31 octobre 2017, et aussitôt adhérent à La République en marche (LREM), le 25 novembre 2017.

Christophe Castaner a déjà fait toutefois évoqué un ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, pour souligner qu'il est l'auteur d'un rapport rédigé en 2009 émettant des doutes sur l'instauration d'un dispositif de quotas. 

Une opération de débauchage

Les propos de Christophe Castaner interviennent alors que, la semaine dernière, en cercle restreint, Macron a fait part de ses doutes sur l'efficacité de la loi asile et immigration votée l'an dernier, convaincu par ailleurs que ce thème serait au coeur du prochain scrutin national. 
Le durcissement possible du discours de l'exécutif sur l'immigration est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour certains membres de la majorité, dont certains députés LREM qui avaient déjà "frondé" lors du vote de la loi alors portée par Gérard Collomb et qui viennent de créer un collectif "social-démocrate" - ni "frondeurs", ni "godillots" - au sein de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Deux nouveaux membres, Albane Gaillot et Jean-François Mbaye, viennent encore de rejoindre la vingtaine d'origine.

Il faut dire que l'hypothèse des quotas annuels d'immigration est bien loin de l'ADN initial d'En Marche!. Durant la présidentielle, le programme de Macron n'envisageait pas cette mesure. Dans un entretien avec l'ancienne présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, en mars 2017, il affirmait même ceci : "Je ne crois pas aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter. Déciderions nous, demain, d'avoir un quota de Maliens ou de Sénégalais d'un côté, d'informaticiens, de bouchers de l'autre, comme certains le proposent ? Un tel dispositif serait quasiment impossible à piloter"

Le tournant du Grand débat

Durant les débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait proposé que les quotas soient introduits dans le texte de la majorité. Une proposition alors fustigée par la centriste Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, pour qui "l'introduction de quotas ne résiste pas à un examen de faisabilité", et martelant toujours que "le gouvernement est défavorable à une telle politique". Logiquement, Gourault ne peut pas avaler cette énorme couleuvre et devrait prochainement donner sa démission du gouvernement.

Le tournant s'est opéré en janvier 2019, dans le cadre du Grand débat. Dans la "lettre aux Français" précédant cette séquence liée à la crise des Gilets jaunes, Macron a fait volte-face, évoquant le sujet sous une forme interrogative : "En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?" De fait, le sujet est resté minoritaire dans le cadre du Grand débat, derrière les thèmes plus sociaux abordés par les Français. Pour autant, le résultat du scrutin européen du 26 mai dernier - l'immigration et l'avenir de l'espace Schengen se sont imposés aux candidats - et la perspective des prochaines élections, avec une campagne d'éviction de l'opposition républicaine avec mise en oeuvre de tous les moyens de l'Etat (presse, sondages, etc), concurremment avec une recherche de duel avec un RN diabolisé, ont conduit l'exécutif à réorienter son discours. 

Se faisant, devant les parlementaires, le champion du retournement de veste, Edouard Philippe a estimé qu'il faut avoir "le courage d'affronter le débat sans fausse pudeur"! Un débat qui risque, en premier lieu, de soulever des grondements dans la majorité. 
Lundi matin, sur BFMTV, la députée LREM tout-terrain Aurore Bergé, issue de la droite, s'est dite favorable à des quotas pour l'immigration économique, mais pas pour l'immigration familiale. En se positionnant contre le regroupement familial, Bergé est désormais sur la corde raide...
Idem, sur LCI, pour le député du Val d'Oise Aurélien Taché, un ex-socialiste qui juge qu'il sera "plus efficace d'en débattre au niveau européen" que dans l'enceinte du Parlement national. Va-t-il bientôt rejoindre le Parti socialiste auquel il appartient foncièrement ?

Dans l'opposition, le Rassemblement national s'oppose à toute politique de quotas: le porte-parole du RN Sébastien Chenu préférant, sur LCI, l'arrêt quasi-total de l'immigration légale, a rappelé que son mouvement juge que cela "ne marche pas", la droite devrait logiquement défendre cette proposition qui est sienneLundi matin, Damien Abad se positionne en faveur de la mise en place de quotas. "Oui, je suis pour, affirme-t-il, j’ai d’ailleurs proposé des choses allant dans ce sens l’année dernière. Les Républicains ont déposé des amendements, car je pense que c’est le rôle du parlement de fixer des objectifs annuels et des quotas d’immigration". Mais la majorité présidentielle a toujours rejeté tous les amendements de l'opposition...

mercredi 21 mars 2018

Belloubet veut encadrer l'activité des députés : toute l'opposition quitte l'hémicycle en colère

La ministre de la Justice tentait de limiter les amendements des députés 

Scandalisés par la tentative d'emprise de l'exécutif sur le législatif, 

Gros incident de séance à l'Assemblée: les députés de l'opposition quittent l'hémicycle
les députés de l'opposition ont quitté la séance après la réponse de Nicole Belloubet sur le droit d'amendement. Comme un seul homme, les députés de droite, suivis de ceux d'extrême droite (FN) et d'extrême gauche (La France insoumise) ont quasiment tous quitté l'hémicycle, en signe de protestation, ce mercredi après-midi, en pleine séance des questions du gouvernement. Seuls sont restés deux élus de gauche et l'ensemble des députés godillots de la majorité présidentielle. 
"Nous ne pouvons pas accepter que les oppositions soient bâillonnées. C’est le peuple qui serait bâillonné, c’est les Français qui seraient bâillonnés", a donc assené Ph. Gosselin, sous les applaudissements de ses collègues d’opposition. 
La semaine précédente déjà, Edouard Philippe avait répondu à une interpellation similaire d’André Chassaigne, photo ci-dessous (Puy-de-Dôme), chef de file des communistes du PCF, sans apporter de garanties à ces derniers.

Le journal Le Monde exonère en revanche la ministre de Macron en titrant que c'est "le droit d’amendement [qui] provoque un incident à l’Assemblée nationale"...

En réponse à une question sur la volonté du gouvernement de restreindre le droit d'amendement, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a mis le feu à l'opposition."Je ne crois pas que le gouvernement ait pour mission de bâillonner nos représentants", a d'abord insisté la ministre du gouvernement Philippe, soulignant la nécessité d'une réforme constitutionnelle, annoncée par le président de la République lors du discours du Congrès début juillet, afin d'avoir "des institutions plus représentatives, efficaces et responsables".  

Interpellée par le député LR, Philippe Gosselin, sur la limitation du droit d'amendement,  Belloubet a rétorqué: "il faut cesser de confondre la forme - le nombre - et le fond - la qualité" - sur le droit d'amendement", évoquant les 60.000 amendements déposés par les députés, lors de la précédente législature. 
En sous-entendant que les députés céderaient au quantitatif, au détriment du qualitatif, mais surtout en s'ingérant dans le travail parlementaire des députés, l'ex-magistrate socialiste a soulevé un vent de révolte parlementaire. Elle a ainsi tendu le bâton pour recevoir les accusations d’attentat à la séparation des pouvoirs qui couvaient depuis de longues semaines.
Après cette provocation prononcée sous les huées, la ministre se bloqua et alla se rasseoir, faisant bondir les députés de leurs sièges pour quitter l'hémicycle. 

Les oppositions hurlent à une même humiliation

Pour le député André Chassaigne (groupe GDR) : il s’agit d’un « déni de démocratie »."Condescendance, mépris et irrespect vis à vis du Parlement", a condamné Damien Abad, vice-président de LR. Sur son compte Twitter, il dénonce : "On nous avait promis le dépassement des clivages; ils ne font que sectarisme et bâillonnement des contre-pouvoirs".  

Devant la presse, Daniel Fasquelle (LR) a rappelé que "ce n'est pas au gouvernement de juger de la qualité d'un amendement. Quelle incroyable suffisance de l'exécutif". 

Et le chef de file des députés socialistes et futur patron du PS Olivier Faure a renchéri : "on ne peut pas avoir de limitation du droit d'amendement". 
Il y a quelques mois un réaction vive du même type avait été provoquée par une réponse de Najat Vallaud-Belkacem, aujourd'hui symbole d'un PS mort et mortifère : critiquée sur ses réformes par le député LR Alain Suguenot, le mercredi 11 mai 2016, la ministre de l’Education avait provoqué le départ de nombreux députés de droite, pour avoir déclaré : "Vous estimez que l’école ces dernières années, l’école française, a été dévalorisée, mais que, dans un fâcheux trouble amnésique, vous oubliez que c’est d’avoir préféré le curé à l’instituteur pour transmettre les valeurs, qui la dévalorisaient."...

C'est le "mépris du gouvernement à l’égard de la démocratie", d'après Marine Le Pen, et "une incroyable agression," selon Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise), tandis que c'est démocratique pour la majorité présidentielle impavide.

Moquant "un comportement de potaches qui ont voulu faire un incident",
le président du groupe majoritaire LREM, Richard Ferrand, a minoré la gravité du jugement de valeur porté par la garde des Sceaux, estimant la déclaration de la ministre "peut-être maladroit", avant de repasser une couche en lançant : "mais tellement vrai" !

Quelques minutes plus tard, les travaux reprenaient normalement après quelques brefs rappels au règlement. Mais
Mélenchon a pour sa part suggéré que, si nous étions sous la IIIe République, quand un ministre avait démissionné pour avoir simplement applaudi un parlementaire, Mme Belloubet aurait déjà dû retourner vaquer à ses occupations familiales de sexagénaire ordinaire. "A l’époque, on avait les nerfs très fragiles", a lancé le député des Bouches-du-Rhône dans une enceinte qui avait retrouvé un calme apparent, avant une prochaine tempête.