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mercredi 19 juin 2019

Ces quotas d'immigration voulus en 2019 par Macron qui les jugeait "impossibles à piloter" en 2017

Le candidat Macron a-t-il pris des engagements sur des sujets dont il ignorait tout ?

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a relancé le débat autour de l'instauration des quotas d'immigration


Macron ouvre la voie à une proposition de Fillon. 
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Dans sa lettre aux Français publiée le 13 janvier 2019, Emmanuel Macron inclut l'immigration parmi les thèmes qui seront abordés lors de son "grand" débat national  - consécutif au mouvement des Gilets jaunes - dans toute la France jusqu'au 31 mars. "Que proposez-vous pour améliorer l'intégration dans notre Nation ? En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?" C'est en ces termes qu'il soumettait la question des quotas qui ne figurait pas dans son programme, mais dans celui de la droite, et qui n'a pas été mentionnée par le gouvernement depuis le début du quinquennat.
Cette question, qui reste ouverte, n'est pas anodine. L'idée de faire voter chaque année par le Parlement des quotas d'immigration avait été proposée en 2017 par l'ancien candidat de la droite François Fillon. Elle figure toujours parmi les propositions des Républicains. Lors des débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait d'ailleurs tenté, en juin dernier, de réintroduire le principe des quotas, contre l'avis du gouvernement. La disposition des sénateurs LR proposait que le Parlement conduise chaque année "un débat approfondi, à partir d'un rapport du gouvernement, intégrant toutes les dimensions de la politique nationale d'immigration et d'intégration", et portant "sur les orientations pluriannuelles de la politique d'immigration et d'intégration en présentant des indicateurs chiffrés rendant compte des flux d'entrée, de séjour et d'éloignement".
La proposition de la droite avait été alors fustigée par Jacqueline Gourault, la ministre MoDem de la Cohésion des territoires : "L'introduction de quotas [...] ne résiste pas à un examen de sa faisabilité. Le gouvernement est défavorable à une telle politique".
Un nouveau gage en direction des électeurs de droite ou une mise à nu du président ? Le sujet pourrait être abordé au Parlement à la rentrée, annonce le ministre dans le JDD. Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait pourtant jugée inefficace cette proposition venue de la droite

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a remis le sujet sur la table , bien que cette proposition ne figure pas dans les projets du candidat Macron sur lesquels lui et la majorité présidentielle ont été élus, puisqu'elle venait à l'origine de la droite LR. François Fillon en avait fait l'un de ses arguments phares durant la campagne présidentielle. Macron cherche-t-il ainsi à rallier cette droite-là ou a-t-il trompé les électeurs sur ses projets profonds ?

S'il exclut d'évoquer des quotas pour le droit d'asile - ce serait "contraire à nos engagements internationaux" -, le ministre de l'Intérieur a jugé que la question pourrait être "posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", sans préciser s'il parlait de regroupement familial, d'immigration économique, des étudiants étrangers faux ou réels, ou encore l'immigration sociale suscitée par les aides consenties par la France et les contribuables français. Elle pourrait notamment être abordée au Parlement en septembre, Edouard Philippe ayant annoncé, la semaine dernière, dans son discours de politique général, la tenue annuelle d'un débat sur l'immigration au parlement - là encore, une idée défendue par François Fillon durant la présidentielle. Ce qui donne à penser que cette simple annonce a pu susciter les ralliements à la majorité présidentielle de maires LR, tels ceux des Hauts-de-Seine subornés par Thierry Solère, ancien porte-parole de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, tour à tour UDF, UMP et groupe Les Constructifs : républicains, UDI, indépendants (2017), exclu des Républicains (LR), le 31 octobre 2017, et aussitôt adhérent à La République en marche (LREM), le 25 novembre 2017.

Christophe Castaner a déjà fait toutefois évoqué un ancien président du Conseil constitutionnel, Pierre Mazeaud, pour souligner qu'il est l'auteur d'un rapport rédigé en 2009 émettant des doutes sur l'instauration d'un dispositif de quotas. 

Une opération de débauchage

Les propos de Christophe Castaner interviennent alors que, la semaine dernière, en cercle restreint, Macron a fait part de ses doutes sur l'efficacité de la loi asile et immigration votée l'an dernier, convaincu par ailleurs que ce thème serait au coeur du prochain scrutin national. 
Le durcissement possible du discours de l'exécutif sur l'immigration est d'ailleurs un sujet d'inquiétude pour certains membres de la majorité, dont certains députés LREM qui avaient déjà "frondé" lors du vote de la loi alors portée par Gérard Collomb et qui viennent de créer un collectif "social-démocrate" - ni "frondeurs", ni "godillots" - au sein de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale. Deux nouveaux membres, Albane Gaillot et Jean-François Mbaye, viennent encore de rejoindre la vingtaine d'origine.

Il faut dire que l'hypothèse des quotas annuels d'immigration est bien loin de l'ADN initial d'En Marche!. Durant la présidentielle, le programme de Macron n'envisageait pas cette mesure. Dans un entretien avec l'ancienne présidente de la Cimade, Geneviève Jacques, en mars 2017, il affirmait même ceci : "Je ne crois pas aux politiques des quotas, parce qu'on ne sait pas les faire respecter. Déciderions nous, demain, d'avoir un quota de Maliens ou de Sénégalais d'un côté, d'informaticiens, de bouchers de l'autre, comme certains le proposent ? Un tel dispositif serait quasiment impossible à piloter"

Le tournant du Grand débat

Durant les débats sur la loi asile et immigration, la droite sénatoriale avait proposé que les quotas soient introduits dans le texte de la majorité. Une proposition alors fustigée par la centriste Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, pour qui "l'introduction de quotas ne résiste pas à un examen de faisabilité", et martelant toujours que "le gouvernement est défavorable à une telle politique". Logiquement, Gourault ne peut pas avaler cette énorme couleuvre et devrait prochainement donner sa démission du gouvernement.

Le tournant s'est opéré en janvier 2019, dans le cadre du Grand débat. Dans la "lettre aux Français" précédant cette séquence liée à la crise des Gilets jaunes, Macron a fait volte-face, évoquant le sujet sous une forme interrogative : "En matière d'immigration, une fois nos obligations d'asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?" De fait, le sujet est resté minoritaire dans le cadre du Grand débat, derrière les thèmes plus sociaux abordés par les Français. Pour autant, le résultat du scrutin européen du 26 mai dernier - l'immigration et l'avenir de l'espace Schengen se sont imposés aux candidats - et la perspective des prochaines élections, avec une campagne d'éviction de l'opposition républicaine avec mise en oeuvre de tous les moyens de l'Etat (presse, sondages, etc), concurremment avec une recherche de duel avec un RN diabolisé, ont conduit l'exécutif à réorienter son discours. 

Se faisant, devant les parlementaires, le champion du retournement de veste, Edouard Philippe a estimé qu'il faut avoir "le courage d'affronter le débat sans fausse pudeur"! Un débat qui risque, en premier lieu, de soulever des grondements dans la majorité. 
Lundi matin, sur BFMTV, la députée LREM tout-terrain Aurore Bergé, issue de la droite, s'est dite favorable à des quotas pour l'immigration économique, mais pas pour l'immigration familiale. En se positionnant contre le regroupement familial, Bergé est désormais sur la corde raide...
Idem, sur LCI, pour le député du Val d'Oise Aurélien Taché, un ex-socialiste qui juge qu'il sera "plus efficace d'en débattre au niveau européen" que dans l'enceinte du Parlement national. Va-t-il bientôt rejoindre le Parti socialiste auquel il appartient foncièrement ?

Dans l'opposition, le Rassemblement national s'oppose à toute politique de quotas: le porte-parole du RN Sébastien Chenu préférant, sur LCI, l'arrêt quasi-total de l'immigration légale, a rappelé que son mouvement juge que cela "ne marche pas", la droite devrait logiquement défendre cette proposition qui est sienneLundi matin, Damien Abad se positionne en faveur de la mise en place de quotas. "Oui, je suis pour, affirme-t-il, j’ai d’ailleurs proposé des choses allant dans ce sens l’année dernière. Les Républicains ont déposé des amendements, car je pense que c’est le rôle du parlement de fixer des objectifs annuels et des quotas d’immigration". Mais la majorité présidentielle a toujours rejeté tous les amendements de l'opposition...

dimanche 16 juin 2019

Immigration: l'ex-socialiste Castaner s'affirme ouvert à un débat sur des quotas

L'ex-socialiste veut bien débattre à blanc ! 

Le ministre de l'Intérieur réfute l'idée d'instaurer des quotas sur le droit d'asile mais n'exclut pas que la question soit posée pour "d'autres modes d'immigration légale"

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Afflux de 'réfugiés'
Bravo pour cette vague d'immigration !
Il a réservé ses nuances au Journal du Dimanche (groupe Lagardère).
"En matière d'asile, les quotas sont contraires à nos engagements internationaux - et à mon éthique personnelle, explique le noceur du samedi soir. Toute demande d'asile doit être examinée, ce qui ne veut pas dire acceptée", déclare Christophe Castaner dans cet entretien. 

"Mais la question des quotas pourra être posée dans le cadre du débat pour d'autres modes d'immigration légale", nuance-t-il ensuite, sans préciser quel type d'immigration pourrait être concerné (familiale, économique, étudiante, écologique, ...).

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Le gouvernement organisera "chaque année un débat au Parlement" sur la politique d'asile et d'immigration, a annoncé, mercredi, le premier ministre Edouard Philippe dans son discours de politique générale à l'Assemblée. Le premier aura lieu en septembre.

En janvier, dans sa Lettre aux Français, le chef de l'Etat avait déjà évoqué l'idée d'"objectifs annuels" migratoires qui pourraient être fixés par le Parlement, sans toutefois prononcer le terme de quotas.

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Un rapport sur les quotas rédigé en 2009 par Pierre Mazeaud, constitutionnaliste et ancien président du Conseil constitutionnel, avait "conduit à écarter cette idée"rappelle Castaner, dans son entretien dominical.
Initiée par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Brice Hortefeux, la "commission Mazeaud sur les quotas d'immigration" en France avait en effet jugé ces quotas "inefficaces", "irréalisables ou sans intérêts". Elle avait aussi estimé que ce mécanisme était synonyme de "fixation unilatérale et opportuniste de contingents d'entrée".

"Veillons aussi à ce que le débat sur l'immigration ne se focalise pas que sur le nombre d'immigrés : parlons aussi de la qualité de l'intégration, c'est prioritaire", insiste également Christophe Castaner, dressant des obstacles.
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Il n'estime cependant pas nécessaire une nouvelle loi sur l'immigration. 
"Il faut utiliser tous les outils dont nous disposons. Par exemple, notre objectif était d'instruire les demandes d'asile en six mois au maximum. Nous n'y sommes pas encore", tempère-t-il.
Christophe Castaner rappelle aussi que "les éloignements ont augmenté de 14%" et qu'il "faut faire encore mieux". "En même temps, le nombre de demandes d'asile acceptées n'a jamais été aussi élevé - je le signale aux bonnes âmes qui nous donnent des leçons", polémique-t-il. 

lundi 14 septembre 2015

Rétropédalage: l'Allemagne rétablit les contrôles de migrants à ses frontières

Submergée de migrants, l'Allemagne prend peur

"Inaction" de l'UE face à l'afflux continu de dizaines de milliers de migrants 


Sémantique : de clandestins (illégaux), 
on a fait des "migrants" sympas, 
puis des "réfugiés" politiques accueillis à bras ouverts;
et, à l'expérience, retour au statut de "réfugiés économiques"...
C'est le prétexte invoqué par l'Allemagne pour justifier lundi sa décision de suspendre provisoirement suspendre la libre-circulation en Europe et aussi pour faire pression sur les états-membres à la veille d'une réunion à Bruxelles consacrée à la répartition des migrants.

Le vice-chancelier, Sigmar Gabriel, a estimé lundi sur le site internet du Parti-social démocrate allemand, dont il est président, que l'Allemagne pourrait avoir à accueillir jusqu'à un million de réfugiés en 2015, largement au-delà des 800.000 migrants jusqu'alors envisagés par Berlin.

Sans concertation, les contrôles ont repris aux frontières allemandes 

Dès l'aube à Freilassing, bourgade bavaroise à la frontière autrichienne, des bouchons monstres se sont formés en raison de la réintroduction dimanche soir des contrôles frontaliers. L'objectif de Berlin est de tenter de juguler l'arrivée en masse de migrants en Allemagne, destination finale de nombre d'entre eux, notamment des Syriens, qu'ils fuient la guerre ou cherchent des conditions de vie meilleures.

Les haies d'honneurs ont cessé à Munich. 
La ville avait fait fait la Une des media en accueillant les clandestins à bras ouverts. Moins de deux semaines plus tard, proche de la saturation, la ville SPD, Verts et LGBT se replie face au déferlement de 63.000 réfugiés qui ont traversé les Balkans et l'Europe centrale. Au cours de la seule journée de samedi, quelque 13.000 demandeurs d'asile ont été comptabilisés, autant que le précédent record du 6 septembre.

"L'inaction européenne dans la crise des réfugiés a aussi conduit entre-temps l'Allemagne aux limites de ses capacités", a expliqué le vice-chancelier Sigmar Gabriel, l'adjoint social-démocrate d'Angela Merkel, au quotidien allemand Tagesspiegel de lundi. Le problème "n'est pas en premier lieu le nombre de réfugiés mais la rapidité avec laquelle ils arrivent", tempère-t-il.

La compagnie allemande du rail Deutsche Bahn a néanmoins indiqué avoir repris lundi à 05h00 GMT (07H00 locale) ses liaisons avec l'Autriche, suspendues la veille, excepté sur le tronçon Munich-Salzbourg, qui passe par Freilassing, en raison de présence de personnes non-identifiées sur la voie.

Un temps intéressée par l'afflux de la main d'oeuvre dont elle manque, l'Allemagne s'était jusqu'à présent fait l'avocat des migrants fuyant les conflits, estimant à 800.000 le nombre de demandeurs d'asile attendus cette année et faisant pression sur ses partenaires européens pour qu'ils accueillent aussi des réfugiés.

Berlin milite pour un retour à une stricte application des règles européennes 

Les règles européennes prévoient que les demandes d'asile doivent être déposées dans le premier pays d'entrée de l'UE, une norme suspendue par l'Allemagne en faveur des Syriens. A la différence de la France et du Royaume-Uni, l'Allemagne n'a jamais exercé de mandat sur la Syrie et n'a donc aucun lien historique avec sa population. 

Dans sa décision de contrôler ses frontières, l'Allemagne a  entraîné des pays amis, au premier rang desquels les pays de l'Est qui rejettent depuis des semaines l'idée allemande de quotas de répartition des réfugiés entre les 28 membres de l'UE.

Partisan d'une politique très stricte face à l'afflux de migrants, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, a salué la décision "nécessaire" de Berlin. Prague a annoncé le renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Autriche, tout comme la police hongroise.

Hollande en a profité pour s'aligner sur Merckel.  "C'est faute de leur respect [des règles européennes] que l'Allemagne a décidé d'établir temporairement des contrôles à ses frontières", a accusé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

La Commission européenne a jugé que cette annonce "souligne l'urgence" de parvenir à un plan européen de répartition.

Un compromis semble difficile à trouver
La réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE à Bruxelles lundi risque de ne pas déboucher sur des mesures concrètes et consensuelles. Nombre de pays repoussent l'idée même de quotas obligatoires d'accueil, du fait de leurs capacités économiques et de leur petite population.

L'Autriche se classe au 13e rang mondial pour son PIB par habitant (8.600.000 habitants) et la Hongrie au 57e rang pour environ 10 millions d'habitants, alors que la France arrive au 20e pour 66.320.000 habitants et l'Allemagne en 18e position pour 81.000 000 habitants.
Alimentée par la guerre de religion en terres d'islam, le "printemps arabe" et la misère au Moyen-Orient et en Afrique, la crise migratoire n'enregistre aucun signe de ralentissement. Au contraire, 5.809 migrants sont entrés en Hongrie dimanche, un nombre record avant la date fatidique du 15 septembre à partir de laquelle Budapest veut rendre hermétique sa frontière avec la Serbie (et du même coup de la Macédoine - deux états tampons extérieurs à l'UE mais demandeurs d'adhésion - sur la route menant de Turquie en Allemagne, via la Bulgarie, laquelle est membre de l'UE depuis 2007.

La presse joue de l'émotion suscitée par les drames 

Suite à la suspension de facto des accords de Schengen sur la libre-circulation à la frontière germano-autrichienne, l'Allemagne a déployé  plusieurs centaines de policiers dès dimanche soir pour contrôler systématiquement voitures et passants. 
Dans la nuit, la police a ainsi arrêté au moins un passeur, transportant huit Syriens dans sa camionnette. Toujours dimanche, 34 personnes, dont quatre bébés et 11 enfants, sont morts noyés en Méditerranée, dans le naufrage de leur embarcation au large de l'île grecque de Farmakonis, à 15 kilomètres des côtes turques.

La Grande-Bretagne a quant à elle annoncé lundi la nomination d'un sous-secrétaire d'État aux réfugiés, au moment où le Premier ministre David Cameron visitait un camp de réfugiés au Liban. Londres avait promis d'accueillir 20.000 Syriens en cinq ans.

Le Brésil et le Vénézuela ouvrent leurs frontières aux Syriens



Le Brésil accueille à "bras ouverts" les réfugiés syriens, selon la présidente Dilma Rousseff, lundi, alors que ils constituent le plus grand groupe de réfugiés  actuellement présents dans le pays. Les religions non chrétiennes sont pratiquées par 3,2 % de la population: Rousseff entend y remédier !

Quant au Venezuela, il se dit prêt à en accueillir 20.000 Syriens. Or, les immigrés colombiens sont devenus les bouc-émissaires de la crise économique au Vénézuela, Caracas a décidé fin août dernier de fermer sa frontière avec la Colombie... Aussi inconcevable que cela puisse paraître de la part du successeur d'Hugo Chavez, Nicolás Maduro - tout marxiste-léniniste puis  révolutionnaire bolivarien du "Parti socialiste unifié du Vénézuela" qu'il soit - pratiquerait-il les contrôles au faciès ?


mardi 8 septembre 2015

Coût de l'immigration clandestine: Sapin veut jouer avec nos millions

L'Europe joue à qui veut mes millions d'euros

L'Allemagne va renouveler sa population vieillissante en accueillant un demi-million de réfugiés par an, à moyen terme et passagèrement

Forts de la puissance économique de l'Allemagne, "nous pouvons certainement gérer un chiffre de l'ordre du demi-million (de réfugiés par an) pendant plusieurs années (...) peut-être même plus", a déclaré lundi soir le vice-chancelier Sigmar Gabriel (ci-contre) à l'antenne de la chaîne publique ZDF. 
"Nous ne pouvons pas accepter chaque année près d'un million de personnes et les intégrer sans problème", a en revanche mis au point le ministre  social-démocrate de l'Economie, alors que l'Allemagne s'attend à recevoir 800.000 demandes d'asile cette année, quatre fois plus qu'en 2014.

"La politique européenne doit changer," a-t-il encore affirmé, du fait que les Etats européens ne parviennent pas à trouver une réponse coordonnée pour répondre à la crise migratoire frappant le continent, engendrée par le "printemps arabe", la guerre de religion entre musulmans sunnites et chiites et la pauvreté exploitées par les islamistes du Moyen-Orient et d'Afrique.

L'Allemagne peut continuer d'accueillir plus de migrants que ses partenaires, a enfin clamé S. Gabriel, "car nous sommes économiquement un pays fort", s'est-il félicité.

La France a-t-elle les mêmes besoins et les moyens économiques et budgétaires de faire de la surenchère?


"Sigmar Sapin" peut faire mieux avec nos impôts !

L'accueil des réfugiés "est une question de quelques millions" d'euros, selon Sapin. A la louche, ce bras cassé, réfugié socialiste que la bénévole Marianne héberge à Bercy, a estimé à plusieurs millions d'euros ce mardi le coût de l'accueil de 24.000 réfugiés en France.
Le ministre des Finances assure aussi que cela "ne se fera pas au détriment d'autres politiques." Ses affirmations floues à l'emporte-pièce inquiètent pourtant les gens sensés qui ne se fient pas à la bonne mine, fussent-ils ministres et certains en particulier. 

L'accueil de 24.000 réfugiés sur deux ans en France ne fait pas peur au ministre de la dette publique. Car, à part Pruneau Le Roux, l'idiot du village parlementaire, qui lâche des brèves de comptoir avec l'aplomb d'un consommateur du Café du Commerce, Sapin a derrière lui un lourd passif de promesses fallacieuses et mensonges éhontés divers, de détermination molle et de convictions spécieuses variées appelant à une forte dose de foi du charbonnier et de calva à jeün.

"Un geste à la hauteur de la générosité nécessaire"
Les Français n'auront rien à dépenser: "c'est l'Etat qui paie" ! Interrogé sur RMC/BFM TV ce mardi, Sapin a garanti que l'argent qui sera dégagé pour ces personnes "n'a rien à voir avec les enjeux globaux qui sont ceux de l'équilibre du budget de l'Etat et des collectivités locales"
"Nous faisons un geste à la hauteur de la générosité nécessaire", a estimé Michel Sapin. Mais "c'est totalement à la mesure de ce que nous pouvons faire", a-t-il ajouté en reconnaissant que l'accueil des réfugiés représente également "un poids"...  Les bénévoles qui ont la capacité d'offrir une chambre ou deux ont-ils les moyens de régler la facture d'eau, d'électricité et de chauffage de six personnes supplémentaires pendant un an et plus  ?
Il suffit à Sapin de créer "une ligne budgétaire spéciale"...
Interrogé sur la possibilité que l'Etat dégage dans le budget une ligne spéciale consacrée à l'accueil des réfugiés, le ravi de Bercy a répondu "évidemment" ! "Le travail est en cours", notamment avec les collectivités locales, "car ce sont elles qui vont les accueillir", a cyniquement précisé Michel Sapin. 

La Commission européenne va répartir d'autorité l'effort des populations des Etats membres pour 120.000 réfugiés au cours des deux prochaines années. Et ce n'est rien considérant les masses déjà arrivées mais aussi et surtout à venir ! Mercredi, l'UE ne fera qu'amorcer la pompe qui devra rapidement passer au régime supérieur du fait du seul appel d'air ainsi réalisé avec le Proche-Orient.  

Ces quotas d'accueil placent l'Allemagne en première ligne (26,2%, 31 443 réfugiés), suivie de la France (20%, 24 031) et de l'Espagne (12,4%, 14 931). Et l'UE entend-elle décider de sanctions à l'encontre de quatre de ses premiers pays qui restent avec détermination hostiles aux quotas: la Slovaquie, la Hongrie, la République tchèque et la Pologne ?

dimanche 23 août 2015

Les "printemps arabes" continuent de provoquer l'exode de masse de Lybiens et de Syriens

Trois mille migrants secourus au large des côtes libyennes

La marine et les garde-côtes italiens sont  venus en aide à quelque 3.000 clandestins
Ici, la Macédoine fait obstacle à l'entrée de clandestins syriens venus de Grèce

Ces illégaux étaient bloqués sur des embarcations au large des côtes libyennes,annoncé Matteo Renzi, samedi 22 août

La réception d’appels à l’aide de dix-huit bateaux avait déclenché cette vaste opération. Au moins sept bâtiments – six italiens et un norvégien – y ont participé. Selon des témoignages recueillis par la police, parmi ces 3.000 personnes, 432 personnes sauvées sur l’un des navires de fortune disent avoir dû verser 2.000 euros auprès de passeurs pour le trajet de l’Egypte à l’Italie. L’embarcation était dix fois plus chargée que sa capacité ne le permettait, de nombreux individus étant alors confinés dans la cale. Ceux-ci devaient payer davantage s’ils souhaitaient prendre l’air, affirment les migrants interrogés.

Les principaux naufrages de migrants depuis janvier 2015 (routes Afrique-Europe)
(D'après les données du collectif The Migrants Files).

Les populations locales s'opposent à leur débarquement


La mission de samedi a déclenché de virulentes critiques de la gestion de la crise migratoire par le premier ministre, M. Renzi. "C’est une blague. Nous utilisons nos propres forces pour effectuer le travail des passeurs et faire en sorte que nous soyons envahis", a déclaré Maurizio Gasparri, sénateur du parti de centre droit Forza Italia de Silvio Berlusconi. 
Lire aussi le décryptage : Peut-on aller détruire les embarcations des migrants comme le suggère Eric Ciotti ? 
Le patron de la Ligue du Nord, formation farouchement opposée à l’immigration, a appelé le gouvernement à rediriger les naufragés vers des plates-formes pétrolières italiennes inutilisées au large de la Libye : "Aidez-les, secourez-les et prenez soin d’eux : mais ne les laissez pas débarquer ici ", a ainsi écrit Matteo Salvini sur sa page Facebook.

Nombre de migrants morts ou disparus en mer Méditerranée (au 21 avril 2015)

2015
1,776
1,500
2011
500
2012
700
2013
3,500
2014
1,776
2015
 

Plus de 104.000 migrants d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie du Sud ont atteint les ports d’Italie méridionale depuis le début de cette année après avoir été secourus en Méditerranée. Quelque 135.000 autres sont arrivés en Grèce et plus de 2.300 sont morts en mer après avoir tenté de rallier l’Europe par l'entremise de passeurs.
Arrivées par nationalité sur les côtes d'Italie, de Malte et de Grèce 
entre janvier et avril 2015
SyrieErythréeSomalieAfghanistanNigeriaGambieSénégalMaliSoudanCôte d'IvoireAutres0200040006000800010000UNHCR
Autres
 arrivées: 10 848


La police de Palerme, en Sicile, a annoncé samedi avoir arrêté six Egyptiens
soupçonnés d’avoir été les passeurs
de personnes retrouvées à bord d’un bateau surchargé et à la dérive le 19 août. 

L’Europe se déchire sur le sort des migrants

La Commission européenne a fixé des "clés" pour la répartition forcée entre tous les Etats membres
de 40.000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie et 24.000 réfugiés des Nations-Unies. Le mécanisme, défini comme "d’urgence, provisoire et exceptionnel" a, dès le début, suscité des réticences. Aujourd’hui, on recense une douzaine de pays qui y sont catégoriquement hostiles et une douzaine d’autres – dont la France – qui critiquent le mode de calcul utilisé et/ou le caractère contraignant de la mesure.

La Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, qui forment le " Groupe de Visegrad" », ont jugé "inacceptable" l’idée de "quotas obligatoires". L’Espagne y est également opposée, les Etats baltes se disent totalement démunis pour l’accueil de Syriens ou d’Erythréens, la Grèce et l’Italie.

La Macédoine a déclaré l'état d'urgence et bloque l'entrée du pays aux Syriens.
VOIR et ENTENDRE ce reportage en anglais sur la frontière avec la Macédoine où se multiplient les incidents avec les réfugiés syriens en provenance de Grèce: