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dimanche 13 août 2017

Chantage "humanitaire" : Médecins Sans Frontières suspend le sauvetage de migrants en Méditerranée

MSF met en cause la menace de gardes-côtes libyens et des entraves italiennes

En politisant la situation à mort, MSF fait peu cas des migrants 
Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et Khalifa Haftar (à gauche).
Macron a reçu le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et Khalifa Haftar (à gauche)
L'ONG radicale a annoncé samedi la suspension de ses opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, au motif que les états souverains de Libye et l'Italie ne sont pas sur la même ligne. Ils sont accusés de menaces ou d'entraves pour des motifs électoraux. "Nous suspendons nos activités parce que nous estimons que l'attitude menaçante des gardes-côtes libyens est très sérieuse et que nous ne pouvons pas mettre nos collègues en danger", a commenté Loris de Filippi, président de l'antenne italienne de MSF.

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Le gouvernement italien - de Paolo Gentiloni, homme de gauche depuis la démission de Matteo Renzi, ici avec Macron - entend conserver un droit de contrôle sur le travail de l'organisation supra-nationale et le président de MSF Italie oppose d'autorité un refus.

L'action de MSF apparaît de plus en plus suspecte.
Accusée de "favoriser l’immigration clandestine", l’association allemande 'Jugend Rettet', s’est d'ailleurs vu retirer son navire le 2 août. Or, Médecins sans frontières (MSF) l’une des six ONG (Organisation non gouvernementale sur neuf) à ne pas avoir signé le code de conduite est accusée par le ministère de l’Intérieur italien d’être "hors du système de secours"

Loris De Filippi, le président de la branche italienne, prend fait et cause pour ses camarades allemands. Il érige une organisation illégale en force d'opposition internationale à un pouvoir légitime. "L’action de recherche et de secours en mer menée par les autorités italiennes se confond de plus en plus avec l’activité de police judiciaire, l’activité militaire et celle de lutte contre les flux migratoires, lance-t-il. MSF ne peut pas signer un accord qui nous ferait entrer dans cette logique et œuvrer sur des fronts différents de la seule action humanitaire. La police est toujours montée à bord de nos navires à leur arrivée dans les ports. Mais pas question de voyager avec des policiers armés. Nous ne l’avons jamais fait dans les soixante-dix pays où nous sommes présents et tout au long de nos quarante-six années d’activité. Nous ne voulons pas enfreindre l’un de nos principes"... Les états démocratiques ne sont plus maîtres chez eux.

Les migrants sont en fait pris en otages par la gauche italienne
Environ 600.000 migrants sont arrivés en Italie au cours des quatre dernières années, principalement à partir des côtes libyennes. Plus de 13.000 d'entre eux ont péri en tentant la traversée sur des embarcations de fortune ou surchargées. Face aux opérations de MSF, les autorités italiennes estiment que l'ONG favorise le passage clandestin de migrants ou qu'elle incite les candidats au départ à tenter l'aventure.

L'Italie a demandé à l'organisation politico-caritative de signer un code de conduite, justifié par le risque d'instrumentalisation des clandestins par la gauche radicalement humaniste, à la veille d'élections au début de l'année prochaine, mais elle a refusé d'entendre raison. 

MSF refuse notamment la présence d'un officier de police italien à bord de ses bateaux d'intervention, et l'ONG exige que ces navires gouvernementaux assurent eux-mêmes le convoyage des migrants jusqu'à une destination sûre, selon elle, mais ne restent pas sur zone pour poursuivre leur mission. MSF dispose en Méditerranée d'un bateau de secours, le Vox Prudence, qui est actuellement amarré dans le port de Catane en Sicile.

Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens au cours des six derniers mois, et le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé. 
Ces initiatives, a estimé Loris De Filippi, menacent les activités de MSF et les états souverains empêchent l'organisation de travailler comme elle veut.

Un accord entre les ennemis libyens Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar avait enfin été trouvé le mois dernier lors d'une rencontre près de Paris, le 25 juillet. Le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez al-Sarraj, et l'homme fort de l'Est de la Libye, Khalifa Haftar, ont adopté pour la première fois une déclaration commune de sortie de crise, appelant à un cessez-le-feu et à l'organisation d'élections le plus rapidement possible. MSF va-t-elle mettre se fragile accord en péril ?
Les volontés d'organisations supranationales illégitimes s'imposent-elles aux états de droit ?

jeudi 21 juillet 2016

La Libye accuse Hollande, Valls et Le Drian de "violation" de son territoire

La mort de trois membres de la DGSE en Libye déclenche une accusation d'ingérence par le gouvernement libyen

La présence française est "une violation du territoire libyen"

Les manifestants et leurs pancartes ont surgi spontanément...
C'est l'accusation par le GNA dans un message sur son compte Facebook, soulignant que rien ne "justifie une intervention" étrangère sans qu'il en soit informé.
Le GNA s'est dit "mécontent de l'annonce du gouvernement français concernant la présence française dans l'est de la Libye". Un secret de polichinelle et une "annonce" tardive du pouvoir socialiste, sous la pression d'un article du journal Le Monde. 

Des centaines de personnes ont manifesté (spontanément) mercredi dans plusieurs villes de Libye pour protester contre la présence militaire française. Des rassemblements ont notamment été organisés dans la capitale Tripoli - aux main de l'Etat islamique - mais aussi à Misrata (à 200 km à l'est de Tripoli), selon plusieurs organes de presse.

Le "chef de guerre" de l'Elysée tente de justifier son ingérence en se présentant en "gendarme du monde"

Mercredi matin, Paris a annoncé que trois soldats français étaient morts en Libye. Preuve que "la Libye connaît une instabilité dangereuse". A moins que la présence française n'attise le conflit entre les deux factions qui fracturent la Lybie, la seule autorité reconnue par les membres de la coalition (les gouvernements français, italien, allemand, britannique et américain )étant basée à Tobrouk.

"C'est à quelques centaines de kilomètres seulement des côtes européennes", explique Paris. "Et en ce moment même, nous menons des opérations périlleuses de renseignement" dans ce pays, a déclaré le président François Hollande.
Sans préciser si c'est -ou non- avec l'accord de Tobrouk. 
"Trois de nos soldats qui étaient justement dans ces opérations viennent de perdre la vie dans le cadre d'un accident d'hélicoptère", a rappelé le locataire compassionnel de l'Elysée.

Selon des sources libyennes, l'appareil aurait été pris pour cible dimanche par des islamistes équipés de systèmes sol-air portatifs de type SA-7. Les militaires français ont "probablement été visés par des groupes islamistes dans le secteur de Magroun, à environ 65 kilomètres à l'ouest de Benghazi" (est), a déclaré un commandant relevant des forces du général Khalifa Haftar, basé dans l'est de la Libye et représentant le pouvoir de Tobrouk.

Dans un contexte aussi tendu que confus, la France a agi dans le sillage des Etats-Unis qui ont envoyé quelques forces spéciales en Libye, afin de mieux connaître le terrain et identifier les différentes forces en présence. Leur rôle reste cantonné au renseignement, assure le Pentagone.
Des media britanniques ont aussi évoqué la présence de forces spéciales du Royaume-Uni en Libye, fait encore valoir la presse à la solde de l'Elysée.

La France reconnaissait jusqu'ici que ses avions militaires survolaient le pays.
Ils l'ont notamment fait à partir du porte-avions Charles de Gaulle - pour collecter également du renseignement sur les positions du groupe djihadiste Etat islamique (EI). Les USA rechignent en effet à partager leurs informations avec des margoulins.
Hollande n'avait en revanche jamais avoué de présence militaire française au sol - forces spéciales et/ou agents du Service action du Renseignement extérieur (DGSE), opérant dans la clandestinité.
Un membre des forces spéciales du général Khalifa Haftar a donc dû affirmer que les soldats français tués étaient des "conseillers". Les combattants [islamistes] qui ont visé l'hélicoptère M17 "essaient de nous attaquer depuis l'ouest de Benghazi afin de pénétrer dans la ville et d'y stopper notre avancée", a raconté un autre commandant opérant sous les ordres du général Haftar, aux ordres du chef de l'État de transition, Aguila Salah Issa (gouvernement de Tobrouk), qui ne revendique aucune appartenance politique, mais a occupé plusieurs postes dans le système judiciaire en Libye, sous Mouammar Kadhafi.

Le général Haftar, chef  de l'Armée nationale libyenne (ANL) que les islamistes considèrent comme "l'homme des Américains", est missionné par le pouvoir de Tobrouk pour lutter contre les islamistes - dont le groupe Etat islamique - à Benghazi, principale ville de l'est du pays, avec un succès mitigé.
Il s'oppose en outre toujours à l'autorité du gouvernement libyen d'union nationale (GNA, Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale ou simplement Conseil présidentiel)  et il est resté loyal aux autorités parallèles qui siègent dans l'est du pays (tandis que l'Ouest est aux mains des islamistes).
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est ainsi livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des djihadistes de l'EI.

La France est le seul membre de la coalition internationale à s'être fait prendre sur le fait



Les Européens s'inquiètent de cette menace directe au sud de la Méditerranée
, même si l'EI est sous la pression des forces du gouvernement d'union nationale dans son fief de Syrte (centre-nord).
Le groupe, qui cherche à étendre son influence au-delà de la Syrie et de l'Irak, où il est sur la défensive, compterait 1.000 à 1.500 combattants en Libye, selon une source sécuritaire française, soit beaucoup moins que les 3.000 à 5.000 évoqués jusqu'ici.

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, redoute toutefois que des cellules de l'EI, chassées de leur fief de Syrte, ne s'implantent ailleurs en Libye ou ailleurs en Afrique du nord.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens veulent éviter tout engagement formel en Libye tant que le gouvernement d'union nationale n'en fait pas la demande, l'opinion publique libyenne restant farouchement opposée à une nouvelle intervention étrangère.

Le chef de ce gouvernement d'union, désormais installé à Tripoli depuis le printemps, Fayez al-Sarraj, a toutefois reconnu fin juin que ses forces reçoivent de l'aide étrangère en "expertise et logistique". Elles pourraient notamment être assistées pour la localisation et le ciblage de combattants de l'EI.

Dans ce contexte troublé et toujours instable,
l'effondrement de l'État libyen - suite au "printemps arabe" - contribue à faire du pays l'une des principales zones de transit de l'immigration clandestine à destination de l'Europe.

dimanche 23 août 2015

Les "printemps arabes" continuent de provoquer l'exode de masse de Lybiens et de Syriens

Trois mille migrants secourus au large des côtes libyennes

La marine et les garde-côtes italiens sont  venus en aide à quelque 3.000 clandestins
Ici, la Macédoine fait obstacle à l'entrée de clandestins syriens venus de Grèce

Ces illégaux étaient bloqués sur des embarcations au large des côtes libyennes,annoncé Matteo Renzi, samedi 22 août

La réception d’appels à l’aide de dix-huit bateaux avait déclenché cette vaste opération. Au moins sept bâtiments – six italiens et un norvégien – y ont participé. Selon des témoignages recueillis par la police, parmi ces 3.000 personnes, 432 personnes sauvées sur l’un des navires de fortune disent avoir dû verser 2.000 euros auprès de passeurs pour le trajet de l’Egypte à l’Italie. L’embarcation était dix fois plus chargée que sa capacité ne le permettait, de nombreux individus étant alors confinés dans la cale. Ceux-ci devaient payer davantage s’ils souhaitaient prendre l’air, affirment les migrants interrogés.

Les principaux naufrages de migrants depuis janvier 2015 (routes Afrique-Europe)
(D'après les données du collectif The Migrants Files).

Les populations locales s'opposent à leur débarquement


La mission de samedi a déclenché de virulentes critiques de la gestion de la crise migratoire par le premier ministre, M. Renzi. "C’est une blague. Nous utilisons nos propres forces pour effectuer le travail des passeurs et faire en sorte que nous soyons envahis", a déclaré Maurizio Gasparri, sénateur du parti de centre droit Forza Italia de Silvio Berlusconi. 
Lire aussi le décryptage : Peut-on aller détruire les embarcations des migrants comme le suggère Eric Ciotti ? 
Le patron de la Ligue du Nord, formation farouchement opposée à l’immigration, a appelé le gouvernement à rediriger les naufragés vers des plates-formes pétrolières italiennes inutilisées au large de la Libye : "Aidez-les, secourez-les et prenez soin d’eux : mais ne les laissez pas débarquer ici ", a ainsi écrit Matteo Salvini sur sa page Facebook.

Nombre de migrants morts ou disparus en mer Méditerranée (au 21 avril 2015)

2015
1,776
1,500
2011
500
2012
700
2013
3,500
2014
1,776
2015
 

Plus de 104.000 migrants d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie du Sud ont atteint les ports d’Italie méridionale depuis le début de cette année après avoir été secourus en Méditerranée. Quelque 135.000 autres sont arrivés en Grèce et plus de 2.300 sont morts en mer après avoir tenté de rallier l’Europe par l'entremise de passeurs.
Arrivées par nationalité sur les côtes d'Italie, de Malte et de Grèce 
entre janvier et avril 2015
SyrieErythréeSomalieAfghanistanNigeriaGambieSénégalMaliSoudanCôte d'IvoireAutres0200040006000800010000UNHCR
Autres
 arrivées: 10 848


La police de Palerme, en Sicile, a annoncé samedi avoir arrêté six Egyptiens
soupçonnés d’avoir été les passeurs
de personnes retrouvées à bord d’un bateau surchargé et à la dérive le 19 août. 

L’Europe se déchire sur le sort des migrants

La Commission européenne a fixé des "clés" pour la répartition forcée entre tous les Etats membres
de 40.000 demandeurs d’asile arrivés en Grèce et en Italie et 24.000 réfugiés des Nations-Unies. Le mécanisme, défini comme "d’urgence, provisoire et exceptionnel" a, dès le début, suscité des réticences. Aujourd’hui, on recense une douzaine de pays qui y sont catégoriquement hostiles et une douzaine d’autres – dont la France – qui critiquent le mode de calcul utilisé et/ou le caractère contraignant de la mesure.

La Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, qui forment le " Groupe de Visegrad" », ont jugé "inacceptable" l’idée de "quotas obligatoires". L’Espagne y est également opposée, les Etats baltes se disent totalement démunis pour l’accueil de Syriens ou d’Erythréens, la Grèce et l’Italie.

La Macédoine a déclaré l'état d'urgence et bloque l'entrée du pays aux Syriens.
VOIR et ENTENDRE ce reportage en anglais sur la frontière avec la Macédoine où se multiplient les incidents avec les réfugiés syriens en provenance de Grèce:

mercredi 1 juillet 2015

Cargo suspect en Méditerranée, au départ de Sardaigne vers la Corse

Opération de surveillance d'un bateau suspect, le Flakvag, en cours en Méditerranée 

Le cargo battant pavillon de Sierra Leone serait actuellement contrôlé par la Marine Nationale 

Les autorités italiennes participent à cette surveillance au large des côtes sardes.
Le Flakvag , un rafiot de 50 mètres de long (ci-contre) déclarant transporter de la ferraille, aurait quitté le port de Zuwara en Libye, le 27 juin, annonçant Marseille comme port de destination, a confirmé ce mercredi matin la préfecture maritime sans donner plus de précisions.

Mais le port de la cité phocéenne n'aurait pas été informé de cette arrivée

Des contrôles se déroulent donc actuellement en mer Méditerranée. Le cargo est susceptible de passer au large des Bouches de Bonifacio au cours de la journée. 
La préfecture de Corse-du-Sud a annoncé avoir mis en place un dispositif au cas où des clandestins se trouveraient à son bord.

Corse Matin avance également que le bateau pourrait être déjà contrôlé par la marine nationale. Le site Marine Traffic, qui donne l'emplacement des navires en temps réel, indique d'ailleurs qu'un bateau de la marine française est sur place, à proximité du cargo suspect.

mercredi 17 juin 2015

Des immigrés défilent en soutien aux clandestins africains de l'Est

Quelque 1.800 militants mobilisés par les partis de gauche radicale à Paris 

Ils ont défilé à l'appel de syndicats, de partis, d'associations, de collectifs et réseaux 
internationalistes 
divers.
On reconnaît, masqués de blanc,
les Anonymous
Mardi soir, en tête du cortège dans le nord de Paris,dans le nord de Paris,  une banderole en anglais proclamait "refugees need help and love" (les réfugiés ont besoin d'aide et d'amour) et des dizaines d'illégaux  brandissaient des pancartes paradoxalement en français et en arabe, sur lesquelles ont pouvait lire: "nous demandons l'asile", "nous voulons des logements", au son de tambours et au cri de "freedom" (liberté).

Encadrés par un cordon de gendarmes mobiles en tenue anti-émeute, les manifestants réunis à l'appel de mouvements politiques (Parti communiste, Parti de Gauche, NPA, EELV), de syndicats (CGT, FSU, Solidaires) et d'associations (LDH, Mrap), sont partis - à l'heure de pointe, pour plus de lisibilité et d'embarras - à 18h30 de la place de la Chapelle (nord de Paris) en direction de la place de la République, qu'ils ont atteint vers 20h00, dans le calme.
Ils dénonçaient la précarité dans laquelle se trouvent les clandestins, qualifiés du terme fou et anodin de "migrants", depuis l'évacuation par la police, le 2 juin, du campement sous le métro aérien de la Chapelle.
Plus de 350 Africains, principalement des Soudanais et des Érythréens -sans qualification particulière au droit d'asile- liée à une Histoire commune, s'y regroupaient depuis des mois dans des conditions difficiles. Certains ont été pris en charge par la mairie de Paris, mais d'autres ont continué de jouer au chat et à la souris avec la police.

Briefés par les immigrés installés et les militants politiques, les manifestants demandaient notamment l'ouverture d'espaces d'accueil et d'hébergements collectifs pour les migrants.
Contrairement aux certitudes exprimées par Pierre Henry (France Terre d'asile), l'accueil des clandestins par le pouvoir n'est pas organisé (cf. libellés PaSiDupes). Un plan visant à améliorer leur prise en charge sera présenté mercredi en conseil des ministres. Il doit en fait permettre "d'éviter que ne se forment des campements précaires qui sont indignes de notre pays et qui posent des problèmes sanitaires et de sécurité", a avoué mardi le Premier ministre, Manuel Valls, lors des questions au gouvernement.

Le sujet suscite des réactions fortes

A Paris, l'extrême gauche (communistes, NPA, Verts d'EELV,...) s'est engagée aux côtés des illégaux, multipliant les actions politiques de solidarité et dénonçant leur traitement par le pouvoir socialiste.
Une centaine d'associations et d'ONG, dont Médecins du monde et la Ligue des droits de l'Homme, réunies dans le collectif "Des ponts pas des murs", ont appelé à manifester samedi à Paris "en solidarité avec les migrants", avec notamment Réseau Education Sans Frontières.

Outre les immigrés illégalement installés sur plusieurs campements à Paris, le gouvernement découvre la gestion des flux incontrôlés d'arrivants via Vintimille en Italie, où plusieurs dizaines de personnes espèrent passer la frontière, ce dont elles ont été empêchées depuis jeudi par les autorités françaises.
Plus de 100.000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe depuis le début de l'année, via la Méditerranée, selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés.
Originaires essentiellement d'Afrique subsaharienne et du Moyen-Orient, ils s'efforcent de se répandre partout en Europe, à la suite du chaos provoqué  en Libye par le "printemps arabe".

vendredi 6 mars 2015

Guéant en garde à vue: l'Etat PS, démocratie du soupçon et république des juges

Rythme socialiste: une garde à vue à quinze jours de chaque élection

Claude Guéant a de nouveau été placé en garde à vue
vendredi matin

Bataille de Lépante, Andries van Eertvelt, 1622
Un soupçon qui, depuis deux ans, fait de l'usage, parce que Claude Géant fut pendant 10 ans le bras droit de Nicolas Sarkozy. Cette fois, des juges d'instruction du pôle financier de Paris cherchent à prouver l'hypothèse d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, venue à l'esprit d'un juge malveillant à partir de la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500.000 euros sur un compte à l'étranger de l'ancien ministre de l'Intérieur, rapporté le Canard enchaîné.

Cl. Guéant est visé parce qu'"ancien premier flic de France", selon un élégant copié-collé de l'AFP par L'Obs.

Guéant a déjà justifié ce virement par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts évidemment choisis pour leur indépendance avaient contesté la valorisation de ces oeuvres, la société Artprice chiffrant à 140.000 euros, hors frais, le prix record aux enchères d'une des toiles de ce peintre.
 

Pourtant, la bataille de Lépante avait été proposée en 2005 par Sotheby’s France, avec une estimation comprise entre 300.000 et 500.000 euros sans qu’elle trouve preneur. Ces chiffres ne sont que de montants atteints en ventes publiques et, dans le cas d’une vente de gré à gré, les prix peuvent être bien plus élevés.

Bataille de Lépante, Andries van Eertvelt, 1640
L'ancien ministre, qui fut auparavant secrétaire général de l'Elysée, a été placé en garde à vue tôt vendredi, ont indiqué des sources anonymes, judiciaire et proche du dossier. Une mesure dont il n'a pas été précisé si elle est liée à cette cession de tableaux.

"A ceux qui pensaient que ce dossier était au point mort, cette garde à vue démontre que les investigations progressent", ont réagi le président de Sherpa William Bourdon et Me Marie Dosé, le conseil de l'association anticorruption, partie civile.

Les accusations d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy avaient vu le jour entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012

Le site Mediapart - trotskiste et révolutionnaire - avait publié un document accusant le candidat Sarkozy d'un accord avec la Libye de Mouammar Kadhafi et suggérant un financement que le candidat UMP réfute comme faux.

Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des renseignements extérieurs libyens, ce document affirmait que Tripoli avait accepté de financer  la campagne à hauteur de "50 millions d'euros". Moussa Koussa avait d'ailleurs qualifié ce document de "faux" et la note soi-disant signée de lui ne précise pas si ces fonds ont été versés. Nicolas Sarkozy a porté plainte, notamment pour "faux et usage de faux", ce qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête distincte.

Plusieurs anciens "dignitaires" libyens -car ils existent, selon le cas, dans l'entourage de Kadhafi- ont également relayé les accusations de financement illicite par la Libye de cette campagne, n'apportant toutefois aucune preuve formelle à l'appui de ces accusations.

Une première information judiciaire avait été ouverte sur ces accusations en avril 2013, notamment pour "corruption active et passive" et "trafic d'influence", et confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

C'est la troisième fois que Claude Guéant est harcelé sous le prétexte de soupçons

On a vu qu'ils ne sont pas étayés, mais placer en garde à vue un ancien patron de toutes les polices de France procure une jouissance infinie à un certain type de juges.

Il l'avait été une première fois fin 2013 dans l'affaire des primes en liquide quand il dirigeait le cabinet de N. Sarkozy alors ministre de l'Intérieur.
La justice avait été saisie par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, sur la base d'un rapport d'inspection, selon lequel quelque 10.000 euros auraient été puisés chaque mois, entre 2002 et 2004, et remis à Claude Guéant.
La police a achevé ses investigations dans cette affaire, et il revient au Parquet national financier (PNF) de se prononcer sur un éventuel renvoi en correctionnelle, sur l'ouverture d'une information judiciaire ou sur le classement, cela 18 mois plus tard.

Guéant avait également été placé en garde à vue en mai 2014 dans l'enquête sur la sentence arbitrale qui avait accordé en 2008 plus de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires Bernard Tapie pour solder son vieux contentieux avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.
Il avait été interrogé sur son rôle en tant que secrétaire général de l'Elysée, dans le processus qui avait légalement débouché sur le recours à la justice privée pour régler cette affaire. Il n'avait pas été déféré devant les magistrats instructeurs à l'issue de sa garde à vue.

Marronnier du ministère de la Justice selon Taubira, ça recommence en mars 2015... Un "soupçon" de  débâcle socialiste aux départementales de la fin du mois justifie-t-il une mise en examen par les juges "indépendants ?

La bataille de Lépante ?

C'est l'une des plus grandes batailles navales de l'histoire. Elle s'est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce. La puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue, à l'initiative du pape Pie V. 
Elle se termina par un désastre pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 30.000 hommes. 
Une représentation que les islamistes ne poursuivent pas: la justice socialiste s'en charge...

samedi 27 septembre 2014

Affaire Kadhafi: le document libyen de Mediapart qui accuse l'ex-président pourrait bien être un faux

Pourquoi la Cour d'Appel "suspend" l'enquête...

Les juges auraient recueilli de nouveaux éléments qui entachent la crédibilité des accusations

Moustache, regard plissé
et main devant le visage:
Plenel a tout de l'honnête homme 
En 2006, à la veille de la présidentielle de 2007, une "note" évoquait un pseudo-financement occulte de 52 millions d'euros dont la gauche a fait ses choux gras depuis, notamment en 2012. C’était la première fois qu’une enquête pénale visait directement le financement d’une campagne présidentielle – et que les juges formulaient un soupçon explicite contre un candidat, mais il faut dire que l' 'affaire des frégates d’Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan', qui vise deux contrats d’armement signés il y a 20 ans (1994) et qui qui auraient financé la campagne d’Édouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995sert de casserole accrochée par la gauche vertueuse à la droite et ressort toujours à point nommé pour salir. Jacques Chirac a été poursuivi en quittant l’Elysée, mais pour les finances du RPR. François Mitterrand a vu sa campagne mise en cause dans l’affaire Urba, mais lui n’a jamais été inquiété. Et s’il y avait des soupçons contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, constamment brandie contre lui, on voyait mal sur quelles bases sérieuses il aurait pu être poursuivi. 


Deux "trotsko-fascistes", 
selon certains politiques 
Le 30 avril 2012, Nicolas Sarkozy dépose une plainte contre Mediapart. Le Parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "faux" et "usage de faux ", "recel de faux" et "publication de fausses nouvelles". La plainte vise le site trotskiste, son directeur de la publication, le révolutionnaire Edwy Plenel (photo 1, ci-dessus), ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi (à droite avec F. Lhomme sur la photo 2) et Karl Laske qui, protégés par le secret des sources, ont signé l’article faisant état d'une note présumée à propos d'un financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Journaliste d'investigation, puis chef du service politique du Monde et rédacteur en chef du Point en 2007, avant de rejoindre Vanity Fair en tant que rédacteur en chef enquêtes/investigation et aussi éditorialiste dans l'émission "Bourdin & Co", sur RMC, Hervé Gattegno nous en disait plus, le 18 décembre 2013. Le 7 octobre 2013, une décision de non-lieu était en effet rendue en faveur de Sarkozy dans l'affaire Bettencourt: les éléments rassemblés par l'enquête ne justifiaient pas la poursuite d'une action pénale !...


"L'enquête progresse sur le document publié par Mediapart pour accuser Nicolas Sarkozy d'avoir reçu de l'argent de la Libye sous le régime de Kadhafi [affirmait Gattegno, fin 2013]. Les derniers éléments recueillis par les juges d'instruction parisiens René Cros et Emmanuelle Legrand renforcent le soupçon d'une falsification, sans que l'origine d'un éventuel montage puisse à ce stade être précisée. 

[Le journaliste au Nouvel Observateur, Airy Routier, avait, quant à lui, eu recours à un vrai-faux SMS... Sous couvert de la protection des sources de la presse, ce spécialiste exemplaire de l'investigation de bon aloi avait fait croire à un tweet que Nicolas Sarkozy aurait adressé à Cécilia, quelques heures avant son mariage avec Carla, un SMS lui assurant : "Si tu reviens, j’annule tout ". Le vertueux et son femme, Valérie Lecasble, journaliste, avaient été récompensés du prix Derogy-L'express...]

Le magistrat s'est rendu secrètement au Qatar le 5 août, afin d'interroger l'ancien chef des services de renseignements libyens, Moussa Koussa, dont la signature apparaît au bas de la note reproduite par Mediapart [mais seulement pour ses abonnés, ces "salauds de riches"...] Selon ce compte-rendu, rédigé en arabe sous un en-tête officiel de la révolution libyenne, 52 millions d'euros auraient été octroyés par le colonel Kadhafi à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette décision aurait été prise à la suite d'une réunion tenue le 6 octobre 2006 à laquelle participait, selon le document, le principal collaborateur de Kadhafi, Bechir Saleh, le ministre français Brice Hortefeux, l'intermédiaire libanais Ziad Takieddine et Moussa Koussa, ainsi que le « directeur des services de renseignements libyens », dont l'identité n'est pas indiquée, mais qui pourrait correspondre à Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, lui aussi emprisonné depuis la chute du dictateur libyen.

Tous les protagonistes visés ont démenti

« Ce n'est pas ma signature, ce document est falsifié », a déclaré au juge Moussa Koussa, aujourd'hui en exil à Doha sous la protection des autorités qatariennes. Il a ajouté : « Il s'agit d'un faux car la signature est fausse. Ce n'est pas ma signature (...) Je ne sais pas si quelqu'un a essayé d'imiter ma signature ou si c'est une signature totalement différente ; ce n'est pas moi qui ai signé, ce document est un faux document. » Interrogé en présence d'un magistrat du Qatar, Moussa Koussa a accusé l'ancien premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al Mahmoudi, actuellement emprisonné à Tripoli, d'être l'auteur du faux.

L'audition, qui s'est tenue dans un salon privé de l'hôtel Four Seasons de Doha, semble néanmoins s'être déroulée dans un climat étrange, Moussa Koussa étant attendu par une ambulance en raisons de problèmes de santé et ayant dans un second temps déclaré, d'une façon équivoque : « Je ne vous ai pas dit que c'était faux ou pas faux. Il y a ce qui est mentionné sur ce document et quelqu'un qui a mis une fausse signature en dessous, à vous d'enquêter. »

Avec les déclarations de cet ancien haut responsable libyen, il est cependant acquis que tous les protagonistes dont les noms figurent sur le document publié par Mediapart y ont opposé un démenti. C'est le cas de Bechir Saleh, considéré comme le directeur de cabinet de Kadhafi, qui était censé devoir libérer les fonds au profit de Nicolas Sarkozy et qui, dans un entretien exclusif accordé dans le numéro de décembre 2013 de Vanity Fair depuis l'Afrique du Sud, où il s'est réfugié pour échapper à un mandat d'arrêt international, avait qualifié cette pièce de « faux grossier ». C'est également le cas de Ziad Takieddine, qui a tenu des propos contradictoires, mais qui a toujours affirmé (y compris dans l'article initial de Mediapart) que la fameuse réunion de 2006 dont le document est censé rendre compte n'avait pas existé. Enfin, Brice Hortefeux a également nié avec force s'être rendu en Libye à cette date.

Clermont-Ferrand - Paris - Tripoli ?

Les vérifications abondantes et minutieuses, effectuées à la demande des juges par les gendarmes de la section de recherches de Paris, paraissent exclure que l'ancien ministre [Hortefeux] ait pu se rendre à Tripoli le 6 octobre 2006. Les enquêteurs ont [en] effet reconstitué son agenda du 5 au 7 octobre et il en ressort qu'il se trouvait de façon certaine à Clermont-Ferrand (il est élu de la région Auvergne) dans la soirée du 5 et à nouveau en fin de matinée le 6 (son agenda officiel mentionne même un rendez-vous pour le petit-déjeuner, mais il n'a pu être vérifié). Or un vol entre Paris et la Libye dure au moins trois heures, de sorte qu'il apparaît invraisemblable qu'il ait pu effectuer un aller-retour et assister à une réunion dans un délai aussi court.

Les journalistes de Mediapart, entendus dans ce dossier en qualité de « témoins assistés », ont suggéré que la réunion fatidique pouvait avoir eu lieu à Genève et non à Tripoli. Mais les recherches des gendarmes établissent que Ziad Takieddine ne s'y est pas rendu à cette date. En outre, Abdallah Senoussi étant à cette date visé par un mandat d'arrêt international pour des faits de terrorisme, sa venue en Suisse est elle-même hautement improbable.

Le Canard enchaîné aurait détenu la même note sans la publier

Dans un rapport remis aux juges le 7 juillet dernier, les gendarmes évoquent par ailleurs le témoignage d'un ancien diplomate devenu chercheur, spécialiste de la Libye, consulté sur la forme du document. Celui-ci leur a déclaré avoir « reçu les confidences d'un journaliste du Canard enchaîné » qui lui aurait indiqué que l'hebdomadaire satirique détenait la même note « depuis 2008 » mais qu'il n'avait pas souhaité le publier « par principe de précaution », eu égard aux incertitudes sur son authenticité.

Mediapart, en revanche, avait choisi de publier ce document entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, ce qui avait conduit Nicolas Sarkozy à déposer une plainte contre le site pour « faux, usage de faux et publication de fausse nouvelle ». L'ancien président a toujours démenti toute relation financière avec le régime de Kadhafi, qu'il a du reste contribué à abattre en 2011 au sein d'une coalition internationale où la France était aux avant-postes. Plusieurs anciens dignitaires ou proches du régime kadhafiste ont cependant assuré – y compris devant la justice – avoir été informés d'un financement occulte en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais leurs déclarations restent à ce jour non concordantes (sur la date, le montant et le mode opératoire) et n'ont pu être corroborées par aucun élément matériel."

Les juges ne partagent pas les convictions de Mediapart



La Cour d'Appel de Paris a suspendu mardi l'enquête qui vaut à l'ancien président d'être mis en examen pour corruption depuis juilleta-t-on appris mercredi 24 septembre de source proche du dossier. La gauche et les juges Claire Thépaut et Patricia Simon accusaient le principal candidat de la droite à la présidentiel de 2017 d'avoir tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert, haut magistrat de la Cour de cassation, des informations dans le dossier judiciaire le concernant, mais les preuves manquent sur les éléments à charge.

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