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samedi 27 septembre 2014

Affaire Kadhafi: le document libyen de Mediapart qui accuse l'ex-président pourrait bien être un faux

Pourquoi la Cour d'Appel "suspend" l'enquête...

Les juges auraient recueilli de nouveaux éléments qui entachent la crédibilité des accusations

Moustache, regard plissé
et main devant le visage:
Plenel a tout de l'honnête homme 
En 2006, à la veille de la présidentielle de 2007, une "note" évoquait un pseudo-financement occulte de 52 millions d'euros dont la gauche a fait ses choux gras depuis, notamment en 2012. C’était la première fois qu’une enquête pénale visait directement le financement d’une campagne présidentielle – et que les juges formulaient un soupçon explicite contre un candidat, mais il faut dire que l' 'affaire des frégates d’Arabie saoudite et des sous-marins du Pakistan', qui vise deux contrats d’armement signés il y a 20 ans (1994) et qui qui auraient financé la campagne d’Édouard Balladur à l’élection présidentielle de 1995sert de casserole accrochée par la gauche vertueuse à la droite et ressort toujours à point nommé pour salir. Jacques Chirac a été poursuivi en quittant l’Elysée, mais pour les finances du RPR. François Mitterrand a vu sa campagne mise en cause dans l’affaire Urba, mais lui n’a jamais été inquiété. Et s’il y avait des soupçons contre Nicolas Sarkozy dans l’affaire Bettencourt, constamment brandie contre lui, on voyait mal sur quelles bases sérieuses il aurait pu être poursuivi. 


Deux "trotsko-fascistes", 
selon certains politiques 
Le 30 avril 2012, Nicolas Sarkozy dépose une plainte contre Mediapart. Le Parquet de Paris ouvre une enquête préliminaire pour "faux" et "usage de faux ", "recel de faux" et "publication de fausses nouvelles". La plainte vise le site trotskiste, son directeur de la publication, le révolutionnaire Edwy Plenel (photo 1, ci-dessus), ainsi que les deux journalistes Fabrice Arfi (à droite avec F. Lhomme sur la photo 2) et Karl Laske qui, protégés par le secret des sources, ont signé l’article faisant état d'une note présumée à propos d'un financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Journaliste d'investigation, puis chef du service politique du Monde et rédacteur en chef du Point en 2007, avant de rejoindre Vanity Fair en tant que rédacteur en chef enquêtes/investigation et aussi éditorialiste dans l'émission "Bourdin & Co", sur RMC, Hervé Gattegno nous en disait plus, le 18 décembre 2013. Le 7 octobre 2013, une décision de non-lieu était en effet rendue en faveur de Sarkozy dans l'affaire Bettencourt: les éléments rassemblés par l'enquête ne justifiaient pas la poursuite d'une action pénale !...


"L'enquête progresse sur le document publié par Mediapart pour accuser Nicolas Sarkozy d'avoir reçu de l'argent de la Libye sous le régime de Kadhafi [affirmait Gattegno, fin 2013]. Les derniers éléments recueillis par les juges d'instruction parisiens René Cros et Emmanuelle Legrand renforcent le soupçon d'une falsification, sans que l'origine d'un éventuel montage puisse à ce stade être précisée. 

[Le journaliste au Nouvel Observateur, Airy Routier, avait, quant à lui, eu recours à un vrai-faux SMS... Sous couvert de la protection des sources de la presse, ce spécialiste exemplaire de l'investigation de bon aloi avait fait croire à un tweet que Nicolas Sarkozy aurait adressé à Cécilia, quelques heures avant son mariage avec Carla, un SMS lui assurant : "Si tu reviens, j’annule tout ". Le vertueux et son femme, Valérie Lecasble, journaliste, avaient été récompensés du prix Derogy-L'express...]

Le magistrat s'est rendu secrètement au Qatar le 5 août, afin d'interroger l'ancien chef des services de renseignements libyens, Moussa Koussa, dont la signature apparaît au bas de la note reproduite par Mediapart [mais seulement pour ses abonnés, ces "salauds de riches"...] Selon ce compte-rendu, rédigé en arabe sous un en-tête officiel de la révolution libyenne, 52 millions d'euros auraient été octroyés par le colonel Kadhafi à la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette décision aurait été prise à la suite d'une réunion tenue le 6 octobre 2006 à laquelle participait, selon le document, le principal collaborateur de Kadhafi, Bechir Saleh, le ministre français Brice Hortefeux, l'intermédiaire libanais Ziad Takieddine et Moussa Koussa, ainsi que le « directeur des services de renseignements libyens », dont l'identité n'est pas indiquée, mais qui pourrait correspondre à Abdallah Senoussi, beau-frère de Kadhafi, lui aussi emprisonné depuis la chute du dictateur libyen.

Tous les protagonistes visés ont démenti

« Ce n'est pas ma signature, ce document est falsifié », a déclaré au juge Moussa Koussa, aujourd'hui en exil à Doha sous la protection des autorités qatariennes. Il a ajouté : « Il s'agit d'un faux car la signature est fausse. Ce n'est pas ma signature (...) Je ne sais pas si quelqu'un a essayé d'imiter ma signature ou si c'est une signature totalement différente ; ce n'est pas moi qui ai signé, ce document est un faux document. » Interrogé en présence d'un magistrat du Qatar, Moussa Koussa a accusé l'ancien premier ministre de Kadhafi, Baghdadi al Mahmoudi, actuellement emprisonné à Tripoli, d'être l'auteur du faux.

L'audition, qui s'est tenue dans un salon privé de l'hôtel Four Seasons de Doha, semble néanmoins s'être déroulée dans un climat étrange, Moussa Koussa étant attendu par une ambulance en raisons de problèmes de santé et ayant dans un second temps déclaré, d'une façon équivoque : « Je ne vous ai pas dit que c'était faux ou pas faux. Il y a ce qui est mentionné sur ce document et quelqu'un qui a mis une fausse signature en dessous, à vous d'enquêter. »

Avec les déclarations de cet ancien haut responsable libyen, il est cependant acquis que tous les protagonistes dont les noms figurent sur le document publié par Mediapart y ont opposé un démenti. C'est le cas de Bechir Saleh, considéré comme le directeur de cabinet de Kadhafi, qui était censé devoir libérer les fonds au profit de Nicolas Sarkozy et qui, dans un entretien exclusif accordé dans le numéro de décembre 2013 de Vanity Fair depuis l'Afrique du Sud, où il s'est réfugié pour échapper à un mandat d'arrêt international, avait qualifié cette pièce de « faux grossier ». C'est également le cas de Ziad Takieddine, qui a tenu des propos contradictoires, mais qui a toujours affirmé (y compris dans l'article initial de Mediapart) que la fameuse réunion de 2006 dont le document est censé rendre compte n'avait pas existé. Enfin, Brice Hortefeux a également nié avec force s'être rendu en Libye à cette date.

Clermont-Ferrand - Paris - Tripoli ?

Les vérifications abondantes et minutieuses, effectuées à la demande des juges par les gendarmes de la section de recherches de Paris, paraissent exclure que l'ancien ministre [Hortefeux] ait pu se rendre à Tripoli le 6 octobre 2006. Les enquêteurs ont [en] effet reconstitué son agenda du 5 au 7 octobre et il en ressort qu'il se trouvait de façon certaine à Clermont-Ferrand (il est élu de la région Auvergne) dans la soirée du 5 et à nouveau en fin de matinée le 6 (son agenda officiel mentionne même un rendez-vous pour le petit-déjeuner, mais il n'a pu être vérifié). Or un vol entre Paris et la Libye dure au moins trois heures, de sorte qu'il apparaît invraisemblable qu'il ait pu effectuer un aller-retour et assister à une réunion dans un délai aussi court.

Les journalistes de Mediapart, entendus dans ce dossier en qualité de « témoins assistés », ont suggéré que la réunion fatidique pouvait avoir eu lieu à Genève et non à Tripoli. Mais les recherches des gendarmes établissent que Ziad Takieddine ne s'y est pas rendu à cette date. En outre, Abdallah Senoussi étant à cette date visé par un mandat d'arrêt international pour des faits de terrorisme, sa venue en Suisse est elle-même hautement improbable.

Le Canard enchaîné aurait détenu la même note sans la publier

Dans un rapport remis aux juges le 7 juillet dernier, les gendarmes évoquent par ailleurs le témoignage d'un ancien diplomate devenu chercheur, spécialiste de la Libye, consulté sur la forme du document. Celui-ci leur a déclaré avoir « reçu les confidences d'un journaliste du Canard enchaîné » qui lui aurait indiqué que l'hebdomadaire satirique détenait la même note « depuis 2008 » mais qu'il n'avait pas souhaité le publier « par principe de précaution », eu égard aux incertitudes sur son authenticité.

Mediapart, en revanche, avait choisi de publier ce document entre les deux tours de l'élection présidentielle de 2012, ce qui avait conduit Nicolas Sarkozy à déposer une plainte contre le site pour « faux, usage de faux et publication de fausse nouvelle ». L'ancien président a toujours démenti toute relation financière avec le régime de Kadhafi, qu'il a du reste contribué à abattre en 2011 au sein d'une coalition internationale où la France était aux avant-postes. Plusieurs anciens dignitaires ou proches du régime kadhafiste ont cependant assuré – y compris devant la justice – avoir été informés d'un financement occulte en faveur de Nicolas Sarkozy. Mais leurs déclarations restent à ce jour non concordantes (sur la date, le montant et le mode opératoire) et n'ont pu être corroborées par aucun élément matériel."

Les juges ne partagent pas les convictions de Mediapart



La Cour d'Appel de Paris a suspendu mardi l'enquête qui vaut à l'ancien président d'être mis en examen pour corruption depuis juilleta-t-on appris mercredi 24 septembre de source proche du dossier. La gauche et les juges Claire Thépaut et Patricia Simon accusaient le principal candidat de la droite à la présidentiel de 2017 d'avoir tenté d'obtenir auprès de Gilbert Azibert, haut magistrat de la Cour de cassation, des informations dans le dossier judiciaire le concernant, mais les preuves manquent sur les éléments à charge.

Mediapart  a toujours pignon sur rue

Les journalistes Arfi, Lhomme et Plenel continuent de sévir, puisque Hollande -et la gauche dite républicaine-  y trouvent leur compte.


jeudi 26 juin 2014

Hollande confirme vouloir supprimer la Cour de Justice de la République

Des membres de gouvernements socialistes s'en trouveront mieux...

Le président  Hollande a réaffirmé sa volonté de supprimer la Cour de Justice de la République qui juge les crimes et délits de ministres 
dans l'exercice de leur fonction. Cette suppression n'aura pas lieu avant 2015.
Au journal gouvernemental Le Monde, le chef de l’Etat déclare jeudi: "Je me suis engagé à proposer la suppression de la Cour de justice de la République. Elle suppose une modification de la Constitution. J’y suis favorable".

Le président compte exécuter cette juridiction après la réforme du Conseil supérieur de la magistrature"Au préalable, j’ai demandé à la Garde des Sceaux de faire aboutir le projet de réforme du Conseil supérieur de la magistrature. Je souhaite qu’une majorité large se dégage sur ce texte", ajoute François Hollande.
"Ensuite, il sera possible, dans le même esprit, d’aller vers la suppression de la Cour de justice de la République. C’est-à-dire pas avant 2015", estime le chef de l’Etat.

Réformer, c'est supprimer

Réforme du Conseil supérieur de la magistrature
Cette institution paritaire de 1883 a pour rôle de garantir l’indépendance des magistrats par rapport au pouvoir exécutif. Présidé jusqu'en 2008 par le chef de l'Etat, ce Conseil partiellement élu pour quatre ans par ses pairs propose ou donne un avis consultatif sur les nominations de magistrats par le président de la République. Le CSM est présidé par Vincent Lamanda jusqu'au 1er janvier 2015.
La réforme constitutionnelle, qui se voulait être un marqueur du quinquennat Hollande, a été ajournée: l'exécutif était incertain de la docilité des députés. Le 4 juillet 2013, le gouvernement a décidé de suspendre la réforme du CSM, mise à mal par le Sénat, qui l'a selon lui vidée de sa substance, a annoncé le ministre des relations avec le Parlement, Alain Vidalies. Les sénateurs ont en effet rejeté le cœur du texte en instaurant la parité entre magistrats et non-magistrats. Initialement, le gouvernement avait prévu une majorité de magistrats, mais devant le scepticisme de certains parlementaires il a finalement accepté cette solution de parité.
Début janvier 2014, François Hollande a annoncé sa volonté que le gouvernement remettre sur les rails la réforme constitutionnelle du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). "J’espère que la sagesse et les intérêts supérieurs de la justice finiront par l’emporter pour rallier au Parlement les suffrages nécessaires à l’adoption de ce texte", a-t-il ajouté.

La Cour de Justice de la République a été créée par une loi de révision constitutionnelle de François Mitterrand en juillet 1993 à la suite de l'affaire du sang contaminé dans laquelle Laurent Fabius, Edmond Hervé et Georgina Dufoix avaient été mis en examen, et face à la multiplication des affaires politico-financières au cours des mandats de François Mitterrand. 
La CJR est composée de quinze juges et actuellement présidée par Martine Ract-Madoux, 67 ans, ex-conseiller à la Chambre criminelle de la Cour de cassation. Dans l'affaire des emplois fictifs du RPR, elle jugea l'ancien premier ministre Alain Juppé en 2004. Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande, avait proposé de faire voter une loi "supprimant la Cour de justice de la République". "Sa seule composition crée un doute sur son impartialité. Les ministres doivent être des citoyens comme les autres", ils "seront soumis aux juridictions de droit commun", s'était-il engagé. Cette proposition a été reprise dans le rapport, rendu le 10 novembre, de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique, dirigée par l'ancien premier ministre Lionel Jospin.

Outre l'affaire des écoutes de l’Élysée (près de 3000 conversations concernant 150 personnes pour lesquels sept anciens collaborateurs du président Mitterrand furent condamnés) ou l'affaire Roger-Patrice Pelat, du nom d'un homme d'affaires et ami personnel de François Mitterrand, inculpé en février 1989 dans l'affaire Pechiney-Triangle pour délit d'initié, voici quelques rappels des plus saillantes dans une longue liste:

- affaire de la MNEF est une affaire d'enrichissement personnel et d'emplois fictifs qui touche la mutuelle de santé des étudiants dans les années 1990, impliquant notamment des personnalités du Parti socialiste (PS) et plusieurs issues du courant trotskyste lambertiste, tel Jean-Christophe Cambadélis, actuel premier secrétaire coopté du PS, condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amende... Les filiales de la MNEF visaient à "opacifier" sa gestion et à servir des intérêts politiques et à salarier des personnalités telles que Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État du gouvernement Valls, chargé des Relations avec le Parlement, ou Manuel Valls, soi-même, actuel premier ministre de Hollande. L'affaire met en cause également Dominique Strauss-Kahn qui, avocat d'affaires, avait été rémunéré 600.000 francs TTC par la MNEF, au printemps 1997, et le nom du député socialiste Julien Dray est alors également évoqué par les média. Celui-ci était mis en cause par l'avocat Claude Duval, ainsi qu'Harlem Désir (secrétaire d'État chargé par Valls des Affaires européennes) dans le cadre du financement de SOS Racisme.

- affaire des écoutes de l'Élysée révélée en 1993 sur des faits remontant à la présidence de François Mitterrand (1983-86);

- affaire du Carrefour du développement est une affaire politico-financière française des années 1980, et qui impliqua notamment Christian Nucci, alors ministre socialiste de la coopération du gouvernement Laurent Fabius et portait sur un détournement de 27 millions de francs entre 1984 et 1986. Un avocat, Arnaud Montebourg, défendit la présidente de l'association, Michèle Bretin-Naquet;

- affaire Urba portant notamment sur les conditions d'attribution de marchés publics et concerne le financement occulte du Parti Socialiste français. En 1971, la direction du Parti socialiste décide de créer une société chargée essentiellement de centraliser et de récolter des fonds perçus à l’occasion de la passation de marchés publics par des villes et des collectivités dirigées par des membres du parti socialiste sur le territoire français, en vue de financer les campagnes électorales à venir. La campagne présidentielle de François Mitterrand en 1988 est ce celles-là et son directeur était Henri Nallet, lequel se trouvera être garde des Sceaux de Michel Rocard aux débuts de l'enquête, une pratique ordinaire chez F. Mitterrand. Henri Emmanuelli, mentor de Benoît Hamon sur l'aile gauche du PS, était, en tant que trésorier du parti, "le véritable patron d’URBA", car "c’est lui qui assurait la gestion des 30 % de commissions qui revenaient au parti". Toute comparaison avec une affaire en cours ne serait que pure coïncidence.

En cassant le thermomètre, Hollande essaie de faire flancher la mémoire collective.

vendredi 6 septembre 2013

Valls veut un "pacte national" pour Marseille: Michel Pezet hausse les épaules

"C'est sur le moyen et le long terme qu'il faut régler la situation marseillaise," 

Valls organise une table ronde sur la sécurité à Marseille samedi. 

Les réponses de la classe politique locale sont-elles à la hauteur? 
Bien que mis en cause dès 1989 puis amnistié dans l'affaire SORMAE-SAE dite des "fausses factures du sud-est", et poursuivi en 1991, mais innocenté dans l'affaire Urba, Me Michel Pezet (1942), ex-président PS de la région PACA, reste une figure marseillaise. Il jette un regard personnel sur la situation. Ex-premier fédéral du PS à Marseille, il est à nouveau avocat. En mars dernier, il avait demandé la "mise sous tutelle nationale" de la fédération PS des Bouches-du-Rhône. Il reste cependant conseiller général dans ce département: c'est à ce titre qu'il s'est investi dans le dossier "Marseille capitale culturelle".

Que pensez-vous du "pacte national" proposé par Manuel Valls pour Marseille?
(soupir) Ce ne sont que des mots. Manuel Valls fait un travail méritoire, il a fait son maximum pour augmenter le nombre de policiers. Mais ce n'est pas ça qui empêchera le mec de la voiture d'à côté de tirer sur sa victime, sur fond de trafic de drogue. Et une fois que vous l'aurez arrêté, qu'est-ce qui se passera? Celui qui récupérait 100 euros dans l'affaire va chercher à les toucher autrement, il va attaquer dans le métro ou arracher des colliers dans la rue. C'est terrible mais c'est la réalité.

Mais tout de même, il faut bien s'attaquer au grand banditisme, non?
Les gens veulent une réponse immédiate, oui, mais ce n'est qu'un plâtre sur une jambe de bois, car c'est sur le moyen et le long terme qu'il faut régler la situation marseillaise. Vous savez, je les vois, ces jeunes de 20 ans, dans mon cabinet d'avocats. Ils me disent: "On veut sortir de là, on veut un toit et un emploi." Mais on les condamne à rester dans la délinquance, dans la forêt vierge des quartiers nord. Il faut régler les affaires de banditisme, bien sûr, mais on ne fait rien en réalité si l'on ne change pas la vie dans les cités.

La classe politique marseillaise ne s'est-elle jamais penchée sérieusement sur le sujet?
On a construit  de grands ensembles n'importe comment [le socialiste Gaston Deferre fut maire de 1953 à 1986pour accueillir un afflux de gens après la guerre d'Algérie, dans les années 1960. Et ce qui devait être provisoire n'a jamais été détruit. On n'est jamais revenu à un urbanisme normal et on le paie. Je ne vise pas plus Jean-Claude Gaudin que les autres [il est maire depuis 1995 et privé des soutiens financiers des Conseil général et Conseil régional socialistes]: les différentes municipalités ne se sont jamais vraiment attaquées au dossier. [La politique d'urbanisme de la municipalité actuelle saute pourtant aux yeux de quiconque est de bonne foi]

Alors on peut bien peindre les façades en rose ou en bleu de temps en temps, on fait du Mickey.
[le tram et le métro ou le nouveau stade de football, la rénovation urbaine (quartier de la gare, de la Rue de la République ou de la Porte d'Aix sont des chantiers pharaoniques qu'il est injuste de balayer d'un revers de manche] Mais ça ne sert strictement à rien tant qu'on ne s'occupe pas à ce qui compte: démolir, transformer, soigner l'école, réintroduire des services sociaux, lutter pour l'emploi. Si on ne fait pas cela, on ne fait rien. Les Marseillais le savent, le comprennent, et ne veulent plus de simples sparadraps dans une ville où le climat est de plus en plus délétère, nourri par des incivilités au quotidien. 

Jusqu'à présent, Jean-Claude Gaudin et les candidats à la primaire socialiste se sont souvent renvoyé la balle, entre eux et avec l'Etat, qui le leur rend bien... Craignez-vous une instrumentalisation du problème marseillais sur fond d'élections municipales en 2014 ?
Arrêtons le cirque des déclarations. Les élections municipales sont une chose, mais ne sont pas l'essentiel. Laissons les biscailleries et les propositions démagogiques, laissons cela au FN, c'est sa fonction... Et les Marseillais savent bien que le vote FN ne règlera pas leurs problèmes, ils veulent des réponses intelligentes et qualitatives.

Les politiques marseillais en ont-ils pris conscience? Et peuvent-ils apporter une réponse crédible aujourd'hui alors que les affaires entachent une partie d'entre eux?
Tout le monde veut que ça s'arrête, gauche et droite confondues. Mais j'attends de voir qui sera autour de la table pour discuter [lors de la table ronde organisée ce samedi]
Bien sûr, si Jean-Noël Guérini est là, ce ne sera qu'une vaste blague..." 


mardi 20 août 2013

Rapprochement familial: "Manuel Valls ne rend pas service à la gauche", selon Razzye Hammadi

Razzye Hammadi défend l'immigration incontrôlée contre Valls

Le nouveau député PS s'en est pris à Valls, escorte silencieuse de Ayrault à Marseille mardi 
lors de l'offensive médiatique du gouvernement dans la cité phocéenne.

Razzye, très critique, 
ne constate encore pas le changement
sur lequel il s'est fait élire

Le député PS de Montreuil (Seine-Saint-Denis) lui fait la leçon, l'invitant à "aborder les sujets avec méthode et sérieux" et "pas seulement en fonction de la traduction qu'ils auront sur la manchette des journaux".

Né en France d'un père algérien et d'une mère tunisienne, Hammadi préside le groupe d'amitié France-Mali de l'Assemblée nationales. 
Après avoir été nommé secrétaire national du PS "à la riposte" par François Hollande au congrès de Bordeaux en novembre 2007, son parachutage sur Orly par le même Hollande s'est terminé par un crash au sol. 

Lors du congrès de Reims du PS, Hammadi s'est alors rangé au côté de Benoît Hamon, bras droit du sulfureux Henri Emmanuelli, franc-maçon, ancien salarié de la banque Rothschild, ancien secrétaire d'État chargé des ...DOM TOM des gouvernements de Pierre Mauroy et de Laurent Fabius et mis en examen en 1992 pour complicité de trafic d'influences dans l'affaire Urba en tant que trésorier du parti il est condamné à dix-huit mois de prison -avec sursis- et à deux ans de privation de ses droits civiques, puis relaxé en 1998, dans l'affaire Destrade de financement illégal du Parti socialiste: il n'est pas inutile d'avoir des antécédents de président socialiste de l'Assemblée nationale en 1992-1993... 
Hammadi s'est enfin fait poser sur les terres de  Dominique Voynet, la maire (EELV) de Montreuil, qui ne compte pas moins de 11 lieux de cultes musulman, mosquée et salles de prière. 



LE FIGARO - Fallait-il organiser un séminaire sur la France de 2025 ?

Razzye Hammadi - Oui. Mais ce qui me désespère, c'est la médiocrité intellectuelle avec laquelle ont été abordées les questions de l'immigration, de l'Afrique et de l'islam au cours de ce séminaire.

Manuel Valls estime que la démographie de l'Afrique dans dix ans nécessitera une réflexion sur l'immigration et le regroupement familial. Qu'en pensez-vous?
Aucun sujet n'est tabou. Mais je suis triste de constater qu'une fois de plus, face à des questions civilisationnelles comme celle d'une Afrique comptant près de 2 milliards d'habitants, les dirigeants de la France de 2013 consacrent autant d'efforts à faire ressortir une problématique administrative et légale; celle du regroupement familial. Si l'Afrique n'est pas devenue un continent stabilisé et émergent d'ici à dix ans, on pourra faire toutes les agitations médiatiques, elles ne seront d'aucun effet.

La relation entre la France et l'Afrique ne se résume pas aux problèmes sécuritaires ou de migration. La vraie question, c'est le développement économique et culturel de l'Afrique, ainsi que les conditions respectables de mobilité. L'Afrique nécessite dès maintenant une réflexion globale.

Au cours du séminaire gouvernemental, le ministre de l'Intérieur, également en charge des Cultes, a affirmé que la France et l'Europe doivent démontrer que l'islam est "compatible avec la démocratie". Jugez-vous ces propos opportuns ?
Je suis frappé par le caractère grossier des descriptions. L'islam n'est pas uniforme. De quoi parle-t-on au juste? Des dérives sectaires? Des institutions représentatives de l'islam de France sur lesquelles je réclame un débat au Parlement? Le Conseil français du culte musulman, créé par Nicolas Sarkozy, semble ne plus être représentatif de l'islam de France.

Manuel Valls en fait-il trop?
Essayons d'aborder les sujets avec méthode et sérieux. Pas seulement en fonction de la traduction qu'ils auront sur la manchette des journaux ! Manuel Valls ne rend pas service à la gauche en mettant au centre de la rentrée les questions de l'immigration, du voile à l'université ou de la voile à l'université de l'islam avec la démocratie. Et je ne parle même pas de sa volonté de faire désavouer la garde des Sceaux!

Jean-Luc Mélenchon reproche à Manuel Valls de chasser sur les terres du Front national (FN). Êtes-vous d'accord?
Jean-Luc Mélenchon est dans une forme d'outrance qui ne peut exister que parce que les positions de certains le lui permettent. Finalement, entre Mélenchon et Valls, c'est un peu un jeu de duettistes. En ce qui me concerne, je me refuse à penser qu'à gauche il n'y aurait rien entre eux. Bien au contraire, il y a nous, c'est-à-dire la très grande majorité de la gauche et du Parti socialiste.

Le président de la République veut une majorité rassemblée pour les municipales de 2014. Les conditions sont-elles réunies?
L'unité de la gauche est urgente et nécessaire [à qui?]. Bousculer son centre comme le font certains ne me semble pas la meilleure manière d'y parvenir.

"Mobiliser contre le FN" est le thème des universités d'été du PS à La Rochelle. Est-ce un choix judicieux?
Je trouve maladroit de mettre le FN au centre de la réflexion du parti qui a la responsabilité de l'avenir de ce pays. Plutôt que de parler du FN, parlons des problèmes qui sont à l'origine de sa montée en puissance. Traiter de la droitisation de la société, c'est se mettre dans une position défensive. [C'est aussi le moyen de détourner l'opinion des responsabilités de la majorité présidentielle dans la fiscalisation, le chômage et la chute du pouvoir d'achat] Or, la gauche ne réussit jamais vraiment quand elle poursuit ce type de stratégie ou lorsqu'elle est dans le slogan.

Nous sommes majoritaires au Parlement, majoritaires dans les régions, majoritaires dans les départements et majoritaires dans les grandes villes. Les citoyens ne veulent pas qu'on ne leur parle que des maux de la société. [Parler de leurs problèmes, c'est bien, mais les résoudre, ce serait mieux!]  
Ils attendent une perspective, qu'on leur dise ce que l'on va faire de nos majorités. Actuellement, cette réflexion n'existe pas. Elle est le chaînon manquant.

Que dire de plus?

lundi 16 juillet 2012

Henri Emmanuelli, bombardé à la Caisse des Dépôts par Hollande

Hollande construit un Etat socialiste vertueux
Le député PS des Landes Henri Emmanuelli a été nommé mardi 10 juillet membre de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts (CDC) et a de bonnes chances de devenir  le président de cet organe de contrôle, selon une source parlementaire.
Présidée par le socialiste Migaud, la commission des Finances de l'Assemblée nationale, confirmera le choix du président mardi.
La commission de surveillance comprend 13 membres, dont trois députés et deux sénateurs, et élit pour trois ans son président parmi ces parlementaires. Jusqu'à présent, la fonction était occupée par Michel Bouvard (UMP). 
Henri Emmanuelli est mis sur orbite pour la présidence.




Outre la nomination de Jean-Pierre Jouyet, un ami proche,  comme directeur général de la CDC, le Président Hollande a désigné les trois députés membres de la commission de surveillance de la Caisse : Henri Emmanuelli, Marc Goua (PS) et Arlette Grosskost (UMP), qui y siégeait précédemment.
La "République des copains et des coquins"


Même Noël Mamère ne parle plus de "république bananière", de crainte d'être  désormais crédible  !

 

dimanche 9 octobre 2011

Le PS prend ses militants pour des cons

François Mitterrand: ils ont le grand homme qu'ils peuvent

Les candidats PS brandissent François Mitterrand comme un étendard de vertu

Les socialistes sont-ils bien inspirés de se réclamer de celui qui
...



> organisa un faux attentat (dit de l'Observatoire): en 1959, François Mitterrand avait été suspecté d'avoir lui-même commandité ce pseudo-attentat pour tenter de se faire élire...

> entretint sa maîtresse et sa fille adultérine cachées dans les palais de la République... Le déficit public actuel ne lui doit-il pas un peu ?

> passa chaque Noël sur les bords du Nil au frais de l'Etat: grand spécialiste intègre du budget de l'Elysée, comment le pointilleux député PS René Dosière arrive-t-il à se poser en contrôleur intransigeant ?...

> fit racheter la société d'un ami (Vibrachoc) par une société d'Etat pour 5 fois sa valeur.
Spécialisée dans les amortisseurs aéronautiques, cette société a été créée par Roger-Patrice Pelat en 1953 (fléché sur la photo ci-dessous). En 1982, ce dernier la céda à Alsthom pour 110 millions de francs... alors que les services du groupe l'évaluaient à 60-65 millions. Pourquoi une telle libéralité? Grâce au directeur financier de l'époque de Vibrachoc, Michel Guénot, le juge aura l'explication: "(...)
C'est M. Pelat qui m'avait confié que M. Bérégovoy et M. Boublil étaient intervenus dans l'achat de Vibrachoc par Alsthom pour réaliser la cession dans les plus courts délais, à la demande de M. François Mitterrand." Lien L'Express

> fit lire durant 8 ans et plus des rapports totalement faux et mensongers sur son état de santé ...Lien INA

> ordonna à ses sbires policiers d'inventer une histoire de "terroristes irlandais" de Vincennes... Le 9 août 1982, une fusillade rue des Rosiers au restaurant Goldenberg puis un commando de quatre à cinq hommes tire dans la foule: on dénombre six morts et vingt-deux blessés. Le GIGN commandé par le capitaine Paul Barril fait irruption dans l'appartement à Vincennes d' irlandais soupçonnés d'appartenir à l'IRA, et font une prise d'explosifs , mais il sera prouvé que les gendarmes de la garde présidentielle avaient apporté eux-mêmes des explosifs dans l'appartement de Vincennes. Après neuf mois de détention, les « Irlandais de Vincennes » sont finalement libérés fin mai 1983.

> obligea la France, à dévaluer 3 fois de suite en quelques mois...
Lien PaSiDupes

> laissa un de ses proches se suicider à l' Elysée, avec un 357 Magnum... Il s'agit d'un conseiller, Marie François Durand de Grossouvre (1918-1994)

> affirma qu'il ne savait rien sur la destruction à l'explosif d'un bateau en Nouvelle Zélande... auquel participa Gérard Royal, un frère de Sa Cynique Majesté Royal ! (affaire du Rainbow Warrior: cf. libellé)

> mit sur écoutes téléphoniques plus de 150 français (1983-1986), sans justification... Parmi les personnalités écoutées, on relève notamment Jacques Vergès, Francis Szpiner, avocats, ainsi que le compagnon de Carole Bouquet, et le journaliste Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, ainsi que Jean-Edern Hallier, écrivain, susceptibles de révéler l'existence de la fille adultérine du président.
Parmi les douze inculpés: Paul Barril, capitaine de gendarmerie, ancien chef du GIGN, déjà impliqué dans le scandale des Irlandais de Vincennes, et Christian Prouteau, chef de la cellule antiterroriste de l’Élysée et ancien chef du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

> soutint qu'il n'a jamais commis ce forfait, face à des journalistes de la TV belge (des vrais) ...
Video de F. Mitterrand en flagrant délit de mensonge


> laissa gonfler la dette de la France de plus de 250 % durant son "règne"...

> abandonna au suicide son ex-premier ministre, Pierre Bérégovoy, un dimanche après midi... (marqué d'une croix sur la photo ci-dessous)

Les votants des primaires savent-ils de quoi leurs dirigeants sont capables ?

Après tout ça, l'Histoire présentera-t-elle François Mitterrand comme un modèle de vertu socialiste ?
Avec le soutien des commentateurs, analystes et décrypteurs distingués auto-proclamés.
Sans oublier, dans leur dos, les sondeurs fureteurs...

Vraiment le PS prend ses électeurs pour des cons !

mardi 13 septembre 2011

Isabelle Prévost-Desprez, une juge politique de combat

L'Etat est-il 'violable' à l'envi,
mais la presse et la magistrature intouchables ?


La démocratie d'influence
s'auto-détruit
à vouloir se substituer
à la démocratie élective

L'opposition ne manque pas de ressources

Isabelle Prévost-Desprez est juge et partie dans l'affaire
La présidente du tribunal a cru pouvoir mettre en cause le Chef de l'Etat en déclarant à deux journalistes du Monde qu'elle avait deux témoins pour assurer que le président de la République était allé en personne chercher de l’argent en liquide chez Liliane Bettencourt. Les deux lascars s'étaient empressés de publier ces allégations, parmi d'autres, dans un thriller politique. L'un, Fabrice Lhomme, s'était déjà distingué dans cette affaire, lorsque Mediapart en faisait ses choux gras, et l'autre, Gérard Davet, s'est porté en avant, quand le premier a transporté l'affaire avec lui au journal Le Monde qui l'a relancée.

Mais la juge a reçu un camouflet avec deux démentis, l'un de celle qui était supposée avoir assisté à la scène, l'infirmière, et l'autre de celle qui aurait prétendument reçu ses confidences, la greffière de la magistrate. L’affaire Bettencourt aurait donc pu se rendormir à Bordeaux, mais Isabelle Prévost-Desprez est une militante et ne lâcha pas prise: la campagne des primaires socialistes servant de caisse de résonnance, l'affaire a redémarré sans crier gare sur la place publique comme un incendie mal éteint attisé par des pompiers pyromanes.

Le feu est reparti où on ne l'attendait évidemment pas
La juge d’instruction parisienne Sylvia Zimmermann a probablement auditionné Frédéric Péchenard, directeur général de la police nationale, et Bernard Squarcini, patron de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur), soupçonnés d’avoir espionné Gérard Davet, l’un de ces deux journalistes du Monde chargés d'alimenter ce sulfureux dossier. Ces hauts fonctionnaires auraient donc enfreint la loi du 4 janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes.
Or, Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur soi-même, est venu éclairer la lanterne des malveillants, expliquant que l'Etat ne peut rester les "bras ballants" quand fuitent ses services et qu'il se doit de procéder à des « repérages de communications » pour identifier le traitre.

Ce double rebondissement est symptomatique de ce que le Parti socialiste attend de ses primaires, une pré-campagne dans la campagne présidentielle
Le premier spectacle des six marionnettes socialo-radicales, organisé pendant trois longues heures et sur le service public, n'est pas seulement en temps d'antenne exorbitant. Il confirme que les candidats n'ont rien à dire pour se distinguer mais que cette primaire est une opportunité pour accabler le pouvoir: le gentil Hollande a tenté de se construire une stature présidentielle en adressant ses attaques au Chef de l'Etat plutôt qu'à ses concurrents, incitant ceux-ci à l'imiter et détournant ainsi le débat de son objectif des primaires.
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Le probable candidat Nicolas Sarkozy doit donc s’attendre à bien d'autres attaques frontales et plein écran. Aussi n’est-il pas surprenant que quelques poids lourds du gouvernement – François Baroin, Valérie Pécresse et Alain Juppé – jouent leur rôle de cordon sanitaire contre l'infection de gauche, alors que le chef de l’État se tient aux commandes, occupé à la fois par la situation au Proche Orient et par la crise économique et financière internationale -et singulièrement européenne-, au service de tous les Français.

Le PS, par la voix de François Hollande, en a entre autres profité pour accuser le pouvoir de main-mise sur la justice.
Classique, direz-vous. Mais alors qu'il est aux prises avec des affaires judiciaires fort peu reluisantes, Jean-Noël Guérini (" prise illégale d'intérêts ", " trafic d'influence " et " association de malfaiteurs " ) et Sylvie Andrieux à Marseille ou Robert Navaro à Montpellier (malversations et abus de confiance), soutien de François Hollande à la primaire socialiste et membre de son équipe de campagne depuis août 2011, l'ex-premier secrétaire passif du PS s'est payé le luxe insensé d'assurer qu’il y aurait " à l’Élysée, au côté même du président de la République, une cellule qui, avec la police, avec la justice, ferait pression pour que des affaires soient lancées et d’autres étouffées ". Au moment où la militante de l'USM, la juge Prévost-Desprez, fait des siennes, l'accusation ne manque pas de sel et ces accusations sont graves de la part d'un candidat à la fonction suprême…

D'autant que le PS porte encore les stigmates des écoutes téléphoniques pratiquées dans les années 1983-1986 par une cellule placée auprès du président François Mitterrand et dirigée par Christian Prouteau. Le PS renvoie la pareille à la majorité: il sait d'expérience que le parti au pouvoir est tenté d'imposer des freins à la justice pour qu’elle se hâte lentement. Ce fut le cas dans l’affaire Urba… jusqu’au vote d’une amnistie. Le PS refait donc le coup, sans pouvoir administrer la preuve de ce qu'il avance.

Le remake socialiste est en cours de tournage
Avec l’affaire Bettencourt
, le PS met en scène Éric Woerth, à l’époque ministre du Travail, et Nicolas Sarkozy, au cours de l’été 2010.
Selon le scénario, un témoin, Claire Thibout, comptable vénale de Mme Bettencourt,la richissime vieille dame de l'histoire, inscrit au PV la remise d’argent en liquide, via Éric Woerth, pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Mais, en vérité, la greffière admet avoir peut-être interprété ses propos ! En effet, l’infirmière de la vieille dame aurait d'abord confirmé, mais seulement...hors PV. Puis, à la suite, selon elle, de menaces de mort, elle ne voudrait plus rien dire. La justice est ainsi à la merci des élucubrations d'acteurs en quête de notoriété. Mais lorsque les artistes sont des fonctionnaires du théâtre national, on se dit que la réforme de la justice ne peut rien quand la politique gangrène ses membres.

La juge Prévost-Desprez – qui a entendu ces deux employées dans le cadre du supplément d’information délivré pour abus de faiblesse – l’a permise, voire encouragée. A-t-elle d'ailleurs résisté au plaisir de la restituer, affirme-t-elle, dans le livre des deux journalistes. Voici l'exposé de son sentiment : " Ce qui m’a frappée, c’est la peur des témoins. Ils avaient peur de parler sur procès-verbal à propos de Nicolas Sarkozy. "
Puis vient la bombe incendiaire : " L’infirmière de Liliane Bettencourt a confié à ma greffière après son audition par moi : j’ai vu des remises d’espèces à Sarkozy, mais je ne pouvais le dire sur PV. […] Bref, ce procès représentait pour l’Élysée un risque majeur. […] Il était impératif de me débarquer. " C'est la somme des troubles personnels et des ragôts douteux de protagonistes sans foi ni loi pour en arriver à se poser en victime.
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Isabelle Prévost-Desprez n'est pas une débutante
Elle a instruit à Paris plusieurs dossiers sensibles comme l’Angolagate (avec Philippe Courroye, aujourd’hui procureur de Nanterre où elle est présidente de Chambre) ou l’affaire du Sentier II, dans laquelle elle avait mis en examen -mais un peu vite - le patron de la Société générale, Daniel Bouton.
À Nanterre, elle a eu aussi à juger l’affaire du piratage du compte bancaire de Nicolas Sarkozy. La juge s'était illustrée en décidant que ce dernier n’étant pas une victime comme les autres, il ne pouvait prétendre à des dommages et intérêts: selon cette juge de choc, la justice n'est donc pas la même pour tous !

Isabelle Prévost-Desprez ne manque pas d'assurance
Mais ce petit chef du Tribunal de Nanterre, protégé de l'USM et de Régnard, est semble-t-il expéditif et un peu léger.
Ainsi, dans l’affaire Bettencourt, ses révélations sont-elles visiblement en carton-pâte, plutôt qu’en béton. Lorsqu’elle reçoit, au cours de l’été 2010, le témoignage de sa greffière, qui elle-même le tient de l’infirmière, le respect de la procédure voulait qu'elle consigne les deux témoignages au PV. Hors procédure, leurs affirmations n’ont évidemment aucune valeur juridique et semblent ajoutées dans l''intérêt' de la cause. Entendues la semaine dernière par la PJ, à la demande des juges bordelais, les deux femmes ont d'ailleurs démenti la juge Isabelle Prévost-Desprez.

À quel jeu la magistrate joue-t-elle ?
Croit-elle tenir le rôle de toute une vie dans cet emploi de victime d’une affaire d’État qui la dépasse ? Après toutes ses précédentes répliques, ne clame-t-elle pas qu'ON voulait la “ débarquer” ? Il semble bien plutôt que, dans cette intrigue tortueuse où sa tirade portait sur un éventuel 'abus de faiblesse', elle se soit écarté de son texte pour se livrer à des digressions sur un éventuel 'trafic d’influence' ou un 'financement politique' illicites. Aucune de ces deux infractions imputées à Éric Woerth ne pouvait certes laisser indifférent le gouvernement auquel il appartenait. D’autant que l’élu UMP était spécialement exposé, puisqu'il devait mener à bien la réforme des retraites.

Les rebondissements du feuilleton Bettencourt laissaient incrédule, tant ils étaient partisans.
Les 'révélations'du site trotskiste Mediapart et du journal socialiste Le Monde n’en finissaient pas de distiller des 'informations' exclusives, mais sans preuves. En juillet, Le Monde publia des extraits de PV du gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, Patrice de Maistre, sans que personne ne s'étonnât ou s'indignât de trouver ces pièces du dossier dans la presse.
La séparation des pouvoirs, ça va bien un moment, tant que la justice instruit et ne s'étale pas dans les media. A l’Élysée, on considéra alors que le temps n’était plus à l'angélisme.

Qui organise ces fuites ?

Les services jouent leur rôle d'auto-protection et ciblent bientôt un membre du cabinet de la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie. Décision est prise Place Beauvau, en liaison avec le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, d’adresser une réquisition à l'opérateur Orange pour obtenir les “fadettes” de ce fonctionnaire. Grâce à ces relevés téléphoniques, on découvrit de fréquents appels entre le conseiller de la ministre de la Justice et un certain Gérard Davet, le journaliste du Monde.
La DCRI s'en serait tenue à l'identification du correspondant privilégié du haut fonctionnaire. Sauf que l’instruction de la juge Sylvia Zimmermann démontrerait que la DCRI s’est d’abord intéressée aux relevés téléphoniques du journaliste, et non pas à ceux du serviteur de l'Etat.

Comme la juge, cette direction n'aurait pas respecté la procédure
La DCRI aurait en effet enfreint la loi du 4 janvier 2010 sur le secret des sources des journalistes, qui dispose : « Il ne peut être porté atteinte directement ou indirectement au secret des sources que si un impératif prépondérant d’intérêt public le justifie. » Mais suppose-t-elle qu'on puisse impunément porter atteinte directement ou indirectement au services de l'Etat ?
Lien PaSiDupes

La presse est mieux protégée que l'Etat
Alors que, sans entraves, le juge jouit de son indépendance et le journaliste de libertés exorbitantes, la loi ne met pas le pouvoir à l'abri des trahisons internes et des fuites. Elle ne prévoit que les cas extrêmes d'atteinte à la sûreté de l’Etat ou de menace terroriste.
La loi n'envisage donc pas la déstabilisation politique de l'opposition. Ce n'est pas tant que le législateur ne parviendrait pas à imaginer l'opposition capable de bassesse, mais bien plutôt qu'il se réserve la liberté de s'y livrer à son tour le moment venu.

Le secret des sources maintient une double faille dans l'Etat
Dans un entretien accordé à Libération, le délégué général de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité l’a dit clairement : « Si nous avions été consultés, nous aurions rendu un avis défavorable [pour obtenir les listings téléphoniques du journaliste]. » Les services de l'Etat sont donc ouverts à tous les vents mauvais et cafards visqueux.

Les pseudo-révélations de la juge Prévost-Desprez ont cependant permis à la majorité de donner de la voix. Faiblement.

jeudi 3 mars 2011

Emmanuelli préfère DSK à la BCE

L'aile gauche du PS préfère DSK partout plutôt qu'à la primaire

Une voie de garage pour DSK

Le député des Landes - et marionnettiste de Hamon-le-benoît - verrait bien Dominique Strauss-Kahn succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque Centrale Européenne.

Les deux hommes s'apprécient mieux de loin:
Riton Emmanuelli (1945) verrait en fait d'un assez mauvais oeil le retour de DSK dans l'hexagone. Le 19 juin 1994, lors du Conseil national de la Villette, il avait été élu premier secrétaire du PS, à titre provisoire,contre son jeune et unique rival, le jospinien Dominique Strauss-Kahn.

Henri Emmanuelli sent mieux Aubry

Sans conviction ni enthousiasme, le député des Landes a très clairement apporté son soutien par défaut à Martine Aubry pour 2012, ce mercredi 2 mars au micro d'Europe 1.
Elle "fait son job de Première secrétaire du PS et à mes yeux, elle a vocation à être candidate à la présidence de la République", a t-il espéré, pensant que son indécision servirait l'aile gauche du PS, en cas de réussite, et qu'en cas de revers ses manières de mastiff renforceraient les glapissements du chiot Hamon (ci-dessous) sur la plage arrière.

Interrogé par Nicolas Poincarré sur l'avenir de Dominique Strauss-Kahn à Washington en toute fin d'entretien, Henri Emmanuelli a répondu qu'il préfèrerait le voir à Francfort, à la tête de la Banque Centrale Européenne "parce qu'il y a un problème de dette souveraine, un problème d'Euro, et qu'il a la capacité de le faire".
A noter que lors de la campagne sur le référendum en 2005 sur le traité établissant une Constitution pour l'Europe, le plaisantin de l'affaire Urba en 1992(cf. libellé) avait été le premier socialiste à annoncer qu'il voterait NON ...

Les problèmes l'occuperaient et Riton Emmanuelli aurait les coudées franches pour jouer au PS son rôle d'éminence grisâtre.

vendredi 9 juillet 2010

Financement du PS par les militants (85-89) ? Affaire Urba -4/4

Financement du PS - Affaire Urba -partie 4/4

23 mars 1989. Emotion à la réunion des délégués régionaux. L'affaire des fausses factures de Marseille fait des vagues. Le juge Culié multiplie les inculpations. Notamment celles des dirigeants de la Sormae. A l'Elysée et Place Vendôme, on est de plus en plus inquiet. A Urba-Gracco aussi. Claire allusion au «risque pénal encouru par les délégués régionaux». Et Delcroix d'écrire qu'avec eux le commissaire aux comptes, le chef comptable et le trésorier du GIE, Pierre Letort, risquent «l'écrou et la tôle» (sic).

Oh comprend mieux pourquoi, au printemps 1989, le pouvoir ne veut absolument pas d'une information judiciaire sur Urba-Gracco. Et pourquoi, le 14 mai, lors de son traditionnel pèlerinage de Solutré, le président - qui est parfaitement informé du dossier - propose une nouvelle loi sur le financement des partis politiques. Et une seconde amnistie en moins d'un an ! Du jamais-vu dans les annales !

On aurait pu en rester là si, en octobre dernier, Antoine Gaudino n'avait publié son livre-brûlot, «L'Enquête impossible», révélant qu'Urba-Gracco avait financé, à hauteur de 25%, la campagne présidentielle de François Mitterrand. Ce qui n'apparaît pas dans les comptes communiqués par Henri Nallet au Conseil constitutionnel. Résultat: depuis un mois, chaque mercredi, lors de la séance des questions orales à l'Assemblée nationale, l'opposition livre une guérilla verbale à la majorité. La droite, pugnace - comme si elle était exempte de tout reproche en la matière - demande à cor et à cri l'ouverture d'une information judiciaire sur Urba-Gracco par la voix de François d'Aubert (UDF) et de Nicole Catala (RPR), ou proclame, par celle de Philippe de Villiers (UDF, Vendée), que les comptes du candidat Mitterrand publiés au «JO» sont des faux. Ce qui vaut illico à l'association Le Puy-du-Fou, qu'il préside, un redressement fiscal de 4 millions de francs. Alors que, à l'issue de ses investigations, le contrôleur des impôts qui avait consulté le livre de comptes n'y avait trouvé «aucune irrégularité, pas même une seule erreur de TVA». Dans son langage fleuri, le ministre du Budget, Michel Charasse, fournira bien vite à de Villiers la clef de ce rebondissement: «Vous, vous nous emmerdez. Eh bien, nous, on va vous emmerder!»

Ambiance. On se croirait revenu trois ans en arrière, au plus fort des remous causés par l'affaire Luchaire. Dans la logomachie un peu absconse à laquelle le bon peuple est soumis depuis quelque temps, qui a tort et qui a raison? Tout le monde et personne. En fait, le montage qui a permis de financer la campagne socialiste repose sur deux cagnottes distinctes. Celle du candidat Mitterrand en personne, que Nallet a gérée entre le 23 mars et la fin mai 1988, et dont il a, par la suite, publié la comptabilité, en application de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence de la vie politique. Et celle du PS, qui a payé toute la partie de la campagne menée, pour le compte du chef de l'Etat, par les ténors du parti. Quand Louis Mermaz ou Lionel Jospin allaient battre l'estrade au fin fond des provinces, c'est la caisse du PS, et non celle de Nallet, qui réglait les frais d'avion, d'hôtel, de location de salles ou de voitures, etc.

Et Urba-Gracco, dans tout cela? L'organisation de Gérard Monate a continué de jouer son rôle de principal bailleur de fonds du parti. Avec le «candidat Mitterrand», elle n'a guère été généreuse. Monate a signé trois chèques de 50 000 francs chacun pour Nallet - «après accord du trésorier du PS, André Laignel» - tirés respectivement sur les comptes d'Urbatechnic, de Gracco et de Valorimmo, autre société de la nébuleuse GSR. En revanche, le PS s'est montré fort gourmand en faisant régler par Monate 24,6 millions de francs de factures diverses. Ce qui alourdit singulièrement la note de l'opération, que Nallet a chiffrée modestement, dans le «Journal officiel» du 16 juillet 1988, à 99,8 millions de francs - couverte seulement à hauteur de 64,9 millions par les recettes de campagne.

A présent, GSR est en liquidation.
Une loi prétend moraliser les finances des partis politiques. Plus d'un observateur en doute. «La droite a toujours travaillé avec des valises d'argent liquide, affirme Monate. Elle pourra continuer, les censeurs n'y verront que du feu !» Mauroy lui-même a versé une larme, lors d'un récent comité directeur du PS, en affirmant que «ceux qui ont travaillé avec Urba-Gracco étaient des vertueux».


Pourtant, aujourd'hui, les vertueux se rebiffent. Monate a toujours refusé un blanchiment à la sauvette: «Je ne suis pas un truand, clame-t-il. Je veux expliquer publiquement ce que j'ai fait. Je n'ai pas à en rougir.» Ses deux collaborateurs, Delcroix et Desjobert, qui avaient formé un pourvoi en cassation contre leur renvoi en correctionnelle, viennent de se désister. Ils comparaîtront devant le tribunal en janvier 1991 avec leur ancien patron. Un beau déballage en perspective.