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mardi 9 juin 2020

Faut-il pardonner aux anti-racistes racisés oarce qu'ils ne savent pas ce qu'ils disent et font?

Les foules agissantes ont-elles bien compris pour quoi elles dressent le poing?


En réaction au décès de George Floyd suite à des violences policières aux Etats-Unis, en Europe (et en Martinique), plusieurs œuvres dédiées à des personnages historiques blancs de peau (Schoelcher, Léopold II, Edward Colston - négrier et mécène anglais du XVIIIᵉ siècle associé à l'histoire de Bristol -, Churchill, etc...), accusés de racisme, ont été souillées et déboulonnées. 
Dans la ville de  Bordeaux au XVIIIe siècle pareillement,   près de la moitié des francs-maçons du deuxième port négrier de France appartiennent alors au négoce et à la traite des Noirs. Ainsi Elisée Nairac, membre d'une puissante famille d'armateurs protestante, reçoit-il "les lumières de L'Amitié" en 1790 mais, de 1764 à 1792, la famille Nairac organise néanmoins 24 expéditions dont 18 déportent plus de 8.000 Africains. L'universitaire bordelais Jean Tarrade évoque un conflit entre "les principes et les réalités concrètes de l'économie qui l'emporteront". Les mentalités n'étaient pas celles de 2020. Trois siècles plus tard, les descendants d'esclaves que l'école de la République a éduqués, conduisent aujourd'hui un procès d'intention raciste aux policiers qu'ils accusent de violences particulières du seul fait de leur couleur de peau, affirmant que les personnes de couleur seraient injustement traitées, du fait qu'elles ne sont pas elles-mêmes plus violentes que la moyenne des Blancs sur un territoire européen.

Des Européens de couleur ont été gagnés par l'hystérie américaine. 
Au nom de la décolonisation et de l'anti-racisme qui trouvent un exutoire dans des accusations de violences policières répondant à la violence contre l'ordre établi, certains ne dissimulent plus leur volonté de conquête du Nord par le Sud et d'hégémonie africaine au Maghreb, comme au-delà:
Amalgame esclavagisme et racisme, pour la mauvaise cause révolutionnaire des anti-racistes racisés.

La  statue de Churchill a été prise pour cible dimanche, devant le Parlement à Londres  


Combattant tenace du nazisme, son action décisive en tant que Premier ministre du Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale, joints à son charisme, ont fait de lui un des hommes politiques les plus reconnus du XXe siècle dans le monde. Son principal défaut est d'être un héros blanc Le socle de la statue de Winston Churchill a été souillée quelques heures de l’inscription "était un raciste".
Un blessé est à déplorer (ci-dessous) dans la foule hystérisée, à Whitehall, aux abords de Downing Street, résidence du premier ministre, ce qui démontre la volonté politique de subversion révolutionnaire des participants. 
Activiste blanc victime de violences policières à Londres,
lors de la manifestation d'anti-racistes racisés
du mouvement 'BlackLivesMatter'

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a condamné les débordements raciaux pendant les manifestations "anti-racistes" du week-end commis selon lui par des "voyous, qui trahissent la cause qu’ils prétendent servir".

Déboulonnée à Bristol par des manifestants, une statue d’un marchand d’esclaves va sans doute finir au musée

Cette statue en bronze d’Edward Colston avait été érigée en 1895 dans cette ville ouverte sur la mer et le monde, au sud-ouest de l’Angleterre. Le déboulonnage par des activistes de la statue du marchand d’esclaves de la fin du... XVIIe siècle est intervenu au son de la petite musique médiatique, dimanche 7 juin, provoquant l’indignation du gouvernement britannique: Colston est en effet un bienfaiteur de la cité portuaire, comme développeur de Bristol par le mécénat? au point d'être d'être élu député en 1710 et réélu jusqu'en 1713. Mais le maire travailliste de la ville a déclaré lundi vouloir la placer dans un musée plutôt que la réinstaller.
Cette statue en bronze a été arrachée de son piédestal dimanche à l’aide de cordes tirées par un groupe de manifestants protestant dans la foulée du décès aux Etats-Unis de l'Américain George Floyd, un homme noir mort à la suite d'une interpellation par des policiers blancs. Les activistes ont ensuite piétiné la statue, avant de la jeter dans le port fluvial, selon des images diffusées par les media britanniques.
"En tant qu’élu, je ne peux évidemment pas tolérer les dégradations et je suis très préoccupé par les implications d’un rassemblement de masse sur la possibilité d’une deuxième vague" [de contaminations par le nouveau coronavirus], a déclaré le maire de gauche, Marvin Rees, à la BBC.  "Mais je suis d’origine jamaïcaine et je ne peux pas dire que j’ai un véritable sentiment de perte pour la statue", a poursuivi l'élu noir - depuis 2016 - d'une ville au passé esclavagiste, racontant désormais qu’il la voit comme un "affront personnel" et considérant son déboulonnage comme un moment "historique".
Les panneaux brandis pendant les manifestations antiracistes ont par ailleurs été rassemblés pour être exposés au musée M Shed de Bristol, ont fait savoir les autorités locales sur Twitter. Tout en condamnant un déboulonnage illégal, l’association de protection du patrimoine Historic England a découvert que "la statue était un symbole d’injustice" depuis 1865, soit après 115 années...

La reine Elisabeth n'a plus qu'à bien se tenir...

Des activistes ont détruit des statues de Victor Schœlcher: en quoi serait-ce justifié ?

Trois universitaires trouvent des justifications à la destruction en Martinique de deux statues de Victor Schoelcher, connu pour avoir fait adopter le décret sur l’abolition de l’esclavage le 27 avril 1848.

Le vendredi 22 mai, plusieurs militants ont détruit deux statues de Victor Schœlcher, à Fort-de-France, en Martinique, le jour où l’île commémorait l’anniversaire l’abolition de l’esclavage, décrété dès 1848, il y a trois siècles de cela, à Schœlcher, ville éponyme qui par son nom même raconte le culte voué pendant des décennies à cette figure historique. C'est une des raisons de la colère.
Parce qu'il était Blanc, à la différence de Mandela, "Schœlcher n’est pas notre sauveur", ont écrit dans un communiqué les militants et militantes, qui demandent qu’à la place de l’homme d’Etat soit célébré l’esclave Romain (de l'habitation Duchamp à Saint-Pierre), qui, il y a 172 ans, a été envoyé en prison pour avoir joué du tambour. Ce faisant, Romain a déclenché la colère de milliers d’esclaves, une prise de conscience et la signature du décret de promulgation de l’abolition qui avait été fixée un mois plus tôt pour juin par la métropole. "Nous en avons assez d’être entourés de symboles qui nous insultent", s'échauffent deux militantes dans une vidéo.
Qu’a bien pu faire Victor Schœlcher pour que des militants en viennent à détruire son effigie ? 
Djihadistes de Daesh détruisant
statues (musée de Mossoul)

"Schœlcher était complètement favorable à l’indemnisation des colons", assène dans cette vidéo l’activiste Alexane Ozier-Lafontaine, 19 ans, qui s’est fait connaitre pour son action en faveur du retrait des textes de Victor Hugo de l’enseignement public, comme en 2012 le Belge Bienvenu Mbutu Mondondo et le CRAN pour l'interdiction de l'album 'Tintin au Congo' par Hergé (1931). Ils veulent revisiter l'Histoire et la culture du pays. 
En Afghanistan, les islamistes talibans n'ont pas fait autrement en démolissant les Bouddhas de Bâmiyân, parce que toute représentation humaine est interdite par la doctrine islamique.
La réalité est plus complexe. Selon l’historienne et directrice de recherche au CNRS Myriam Cottias, avant l’abolition, un bras de fer a opposé pro-abolitionnistes et propriétaires d’esclaves, qui menaçaient de faire sécession et de sortir du domaine colonial français. Schœlcher 
négocie alors pour obtenir une abolition immédiate, acceptant la question de l’indemnité des négociants, mais plaidant aussi pour une indemnité dédommageant les esclaves. Mais il n’obtient pas gain de cause auprès du gouvernement de l’époque.
Pouvait-il obtenir l’abolition sans cette concession ? Des siècles plus tard, le président d’honneur du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France), Louis-George Tin est partagé : "Je comprends dans le contexte qu’il ait pu accepter ce qui nous paraît inacceptable. Cependant il aurait pu accorder des réparations aussi pour les esclaves, ce qui aurait été un pis-aller. [L’ancien président américain] Abraham Lincoln (18 décembre 1865), quant à lui, n’avait pas prévu de réparations du tout pour les esclavagistes", estime l’universitaire. Lincoln est mort avant d’avoir pu réaliser ce programme.
Actuellement, "le vrai problème n’est pas Schœlcher mais le Schœlcherisme, c’est-à-dire ce climat qu’on a en France autour de la personne de Victor Schœlcher", admet Louis-George Tin, faisant allusion à l'idéologie dominante. La ville de Schœlcher, les statues de Schœlcher, le lycée Schœlcher… Les "louanges permanentes" autour d'un Blanc, de surcroît ancien ministre de la Guerre et secrétaire d’Etat aux colonies du gouvernement Arago finissent par irriter une partie de la population, qui voudrait bien aussi qu’on rende hommage aux seuls concernés qui vaillent, les esclaves noirs eux-mêmes, qui se sont soulevés.
Dans les années 1970, les travaux de l’historien Armand Nicolas, qui fut aussi secrétaire général du Parti Communiste Martiniquais, ont contribué à remettre en avant les esclaves comme artisans de leur libération. Si bien que deux discours politiques s’opposaient alors, selon Myriam Cottias : l’un posant Schœlcher en héros de la liberté, l’autre affirmant la primauté du combat des esclaves eux-mêmes. "La vérité se trouve dans le mélange des deux", juge l’historienne. 
D'autant que le "Schœlcherisme", c’est aussi, selon l’historienne, une politique d’assimilation à l'honneur à l'époque et menée en son nom après sa mort, mais aujourd’hui contestée. A partir des années 1970, années révolutionnaires et libertaires, les autorités politiques locales vont contrôler tous les symboles culturels, comme le tambour, qui rappelle l’esclavage et faire en sorte que le créole ne soit plus parlé. Pour Dominique Taffin, directrice de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, l’opposition d’une partie de la jeunesse actuelle à Schœlcher tient donc à la construction de cette figure "paternaliste" d'un représentant du pouvoir blanc métropolitain, et au "mythe" de son héritage.
Cela méritait-il qu’on détruise les statues de Schoelcher ? La Fondation pour la mémoire de l’esclavage a condamné cette destruction : "La figure de Victor Schœlcher appartient à l’Histoire du combat pour la liberté et l’égalité. (…) Nier cette Histoire va à l’encontre de l’émancipation des femmes et des hommes." Et de citer les mots d’Aimé Césaire (à l'origine avec Léopold C. Senghor notamment, du courant littéraire et politique glorifiant la "négritude"), qui dans 'Esclavage et colonisation' (1948), appelait à rendre hommage à un homme à l’œuvre certes "incomplète", mais qui selon lui avait "apporté aux Noirs des Antilles la liberté politique"
Louis-George Tin désapprouve aussi le fait d’avoir cassé ces statues : "On dit qu’il aurait sauvé les Noirs, on parle de "sauveur blanc", alors que les esclaves ont bien sûr été les premiers à lutter contre l’esclavage. Mais ce n’est pas sa faute, car il a fait ce qu’il pouvait et il a été récupéré par une historiographie coloniale qui en a fait l’artisan unique de la libération des Noirs. Mais ce n’est pas lui : c’est un mythe national construit à partir de lui. Comme disait Racine, il n’a mérité ni cet excès d’honneur ni cette indignité." 
L’historienne M. Cottias rappelle que la collectivité territoriale martiniquaise est dirigée par un indépendantiste, Alfred Marie-Jeanne, fils de gendarme métropolitain et leader de la mouvance nationaliste, qui a encouragé l’installation de statues de "nègres-marrons", du nom donné, non pas aux métis, mais aux esclaves qui fuyaient les plantations, avec parfois la complicité de maîtres éclairés. 
Un débat nécessaire et apaisé s'impose autour de l’enseignement de l’esclavage, avec des personnes tolérantes et de bonne volonté. 
"C’est une urgence car cela produit des effets sur les jeunes qui ont l’impression qu’on leur ment, alors que le travail est fait du côté des historiens et des militants." Il est également fait par les enseignants -essentiellement blancs en France - qui multiplient actuellement les cours à charge contre la police et à la gloire de George Floyd... L’historienne explique que les programmes de Seconde en France par exemple enseignent l’esclavage aux Etats-unis et, implicitement, en France, par le biais de l’abolition. Il va falloir rayer des livres d'Histoire de nos têtes blondes la figure de Colbert, initiateur de l’édit royal qui réglemente l’esclavage, et dont la statue se dresse devant l’Assemblée nationale, exposé à la rage des illettrés racisés qui veulent aussi effacer des noms de rue pour les remplacer par ceux de Nelson Mandela ou Ahmed Ben Bella.
<br>Alfred Marie-Jeanne annonce d'ores et déjà, qu'il sera aux côtés des 7 prévenus au Tribunal Correctionnel de Fort-de-France ce mercredi 03 juin 2020. Pourtant, on ne sait toujours pas si le procès aura lieu ou non. Pour l'heure, les deux militantes qui revendiquent, sur les réseaux sociaux, le déboulonnement des 2 statues de Victor Schoelcher, n'ont pas été inquiétées. Mais le procureur de la République de Macron et Belloubet a ouvert une enquête pour "destructions en réunion... d'objets mobiliers classés ou inscrits en application des dispositions du code du patrimoine".
Les personnes victimes d'esclavage sexuel vont-elles aussi entendre la voix de l'Amérique, le chant des sirènes démocrates en campagne ?
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vendredi 27 septembre 2019

Neuf enfants de djihadistes et leurs mères sont arrivés en France

Parmi eux, des petits-neveux et petites-nièces des frères Clain, liés aux tueries du 13 novembre 2015

France Inter vend la mèche


L'épouse de Jean-Michel Clain, dans le camp de Al-Hol avec ses enfants, après la débâcle de Daech à Baghouz, lors de laquelle les frères Clain ont été tués. 


La radio d'Etat a révélé cette arrivée discrète au petit matin de neuf enfants de djihadistes, âgés entre 3 et même 13 ans. Ils ont atterri en France, mardi 24 septembre, à l’aéroport Roissy Charles-de-Gaulle, avec leurs mères respectives

Les deux femmes djihadistes ont été placées en garde à vue. 
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Une troisième femme, la belle-mère de Jennifer Clain, Christine Allain, 61 ans. a également été arrêtée à la descente de l'avion. Cinq des neuf enfants sont des petits-neveux et petites-nièces des frères Clain (d'origine réunionnaise), Fabien - 41 ans, surnommé Omar, Abou Anas ou Abou Adam Al-Faransi, converti sous l'influence de sa sœur Anne-Diana, suite à son mariage avec un Tunisien -, et Jean-Michel, les tristement célèbres djihadistes qui avaient enregistré la revendication des attentats du 13 novembre 2015 et qui ont tous deux été déclarés morts dans une frappe de la coalition en février dernier

Les deux femmes placées en garde à vue sont des converties à l'islam entièrement voilées et l'une d'entre elles, Jennifer Clain, nièce de Fabien et Jean-Michel Clain, est accompagnée de ses cinq enfants, ainsi que de sa belle-sœur et ses quatre enfants. Arrêtées en Turquie en juillet dernier, alors qu'elles tentaient de fuir la Syrie, ces "revenantes", qui sont membres de la deuxième génération d’une famille de djihadistes de l’Orne et elles ont combattu la France et l'Occident, ont été renvoyées dans l’Hexagone. Lors de l'arrestation, son mari, Kevin Gonot, venait alors d'être condamné à mort en Irak pour avoir rejoint les rangs de Daesh.

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L'identité de la seconde mère arrêtée n’est pas connue, selon Ouest France, ou non communiquée, mais il s’agit de l’épouse (ci-contre) de Thomas Collange, djihadiste condamné à la peine de mort en Irak. Thomas Collange est le demi-frère de Kévin Gonot, le mari de Jen(n)ifer Clain. Il appartient à la communauté d'Artigat est une filière djihadiste basée au lieu-dit Les Lanes en Ariège. Dirigée par Olivier Corel, elle forme de nombreux djihadistes dont Mohammed Merah. Tous sont partis ensemble en Syrie en 2014. 
A la vérité, pour les uns, cette femme mystérieuse, serait Dorothée Maquère, ci-dessus, femme de Thomas Collange, demi-frère de Kevin Gonot, mais pour d'autres, cette djihadiste "inconnue" serait aussi bien Maïalen Duhart, et nous serions en présence d'un cas de polygamie hébergé par les autorités françaises. Elle a d'abord été placée en centre de rétention, en Turquie, avec ses quatre enfants. Un accord avec un protocole signé par la France a permis l'expulsion ses trois femmes djihadistes et leurs enfants vers le pays d'origine des parents, bien que la plupart des enfants soient nés hors de France.
L'atavisme des neuf enfants ne plaide pas en leur faveur.

Une enquête pour association de malfaiteurs terroristes 
et une prise en charge coûteuses 


Une patrouille de sécurité escorte deux femmes soupçonnées d'être membres de l'Etat islamique, dans le camp al-Hol au nord de la Syrie, le 23 juillet 2019





A leur atterrissage à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle mardi matin, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a placé les islamistes en garde à vue : elle ne peut dépasser 96 heures, puisqu'il s'agit d'une enquête pour association de malfaiteurs terroristes.

Quant aux enfants, ils ont été séparés des mères avant d'être confiés à l'aide sociale à l'enfance (ASE) de Seine-Saint-Denis (ASE 93). Placé sous l'autorité du président du Conseil départemental, ce service du Département finance l'entretien et l'aide psychologique nécessaires. 
Depuis plusieurs années, l'ASE 93 prend déjà en charge d’autres neveux et nièces des frères Clain, précise France Inter, et cela bien que le département de Seine-Saint-Denis soit parmi les plus pauvres et les plus endettés de France. 
Plus de 130 enfants de parents djihadistes sont déjà rentrés en France et répartis dans plusieurs départements différents, sans que la population de ces territoires soit informée. Ils ne savent pas davantage qu'ils subviennent à leurs besoins, ainsi qu'au financement des locaux et du personnel administratif, de travailleurs sociaux et de psychologues.

vendredi 9 août 2019

Plusieurs dizaines de femmes yézidies et leurs enfants persécutés par Daesh, accueillis à Toulouse

Les familles yézidies arrivées jeudi 8 août en France vont être réparties dans trois régions françaises

Elles seront accueillies en Occitanie, mais aussi en Nouvelle-Aquitaine et en Auvergne-Rhône-Alpes

350 réfugiés yézidis ont été accueillis en France depuis décembre, les premiers le 20 décembre 2018 à l\'aéroport de Roissy.
Accueil à l'aéroport de Roissy, le 20 décembre 2018
Géographiquement localisés au Kurdistan, les yézidis pratiquent l'une des plus vieilles religions monothéistes sur la planète: elle prendrait ses origines dans l'Iran antique et parlent une langue iranienne.

Le groupe arrivé jeudi 8 août à l'aéroport de Toulouse-Blagnac va être réparti entre l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine et l'Auvergne-Rhône-Alpes,
rapporte France Bleu Occitanie. Dans le détail, il s'agit de six départements : le Tarn-et-Garonne, la Haute-Vienne, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, la Saône-et-Loire et le Tarn. En tout, ils sont 31 familles persécutées par les islamistes de Daech, soit 151 personnes (31 femmes et 120 enfants) originaires du Kurdistan irakien.

Le Tarn-et-Garonne va héberger onze familles arrivées jeudi matin : huit femmes et leurs enfants seront logés à Septfonds (au nord du département, entre Montauban et Cahors) par des bailleurs sociaux gérés par Habitat et Humanisme. Trois familles iront à Caussade, dans des logements tenus par des bailleurs privés, mais là aussi gérés par l'association.

Les Landes et les Pyrénées-Atlantiques hébergeront chacun une quarantaine de personnes. L'agglomération de Limoges, en Haute-Vienne, prendra en charge huit familles, la Saône-et-Loire, une dizaine d'autres. Enfin, le secteur de Carmaux (au nord d'Albi) dans le Tarn, qui a déjà un programme yézidi avec des familles arrivées en mai dernier, accueillera une famille supplémentaire. 

L'Etat français "leur assure protection, sécurité, éducation et accompagnement médico-social". Selon le gouvernement, l'accueil de ces familles "s'inscrit dans la continuité des deux opérations déjà coordonnées par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères".

Au total, 350 réfugiés yézidis ont été accueillis en France depuis décembre

En sept mois, 75 familles yézidies, soit autour de 350 personnes ont été accueillies par la France, en trois vagues, à chaque fois plus nombreux. 
D'abord en décembre, 16 femmes et leurs 67 enfants. La majeure partie d'entre eux s'est installée en région parisienne. 
En mai dernier, 132 personnes ont atterri sur le territoire, 28 mères et 104 enfants : une trentaine de personnes sont à Toulouse, 67 autour de Carmaux (Saint-Benoit, Blaye-les-Mines, Carmaux), 33 en Lozère et une dizaine de personnes en Saône-et-Loire. 
Enfin, les 151 personnes arrivées jeudi 8 août sont réparties en Occitanie, en Nouvelle-Aquitaine, et en Auvergne-Rhône-Alpes.

Résultat de recherche d'images pour "femmes yézidies"D'autres familles yézidies devraient arriver en novembre prochain, environ 150 supplémentaires, ce qui correspondrait en tout aux 500 yézidis que la France s'est engagée à accueillir. 
Il s'agira alors des derniers réfugiés yézidis directement choisis par le Quai d'Orsay. Mais Macron peut décider de nouveaux accueils de femmes yézidies victimes de crimes sexuels commis par les islamistes.

samedi 13 juillet 2019

Algérie : un islamiste élu président du Parlement

L'islamiste Slimane Chenine est le premier islamiste parvenu à la tête de la chambre basse.

Le nouveau président élu du parlement algérien est dirigeant d'une alliance parlementaire de trois petits partis islamistes

Résultat de recherche d'images pour "Slimane Chenine"
A la tête d'un groupe parlementaire de trois partis islamistes algériens d'opposition, Ennahdha, Adala et El Bina, Slimane Chenine a été élu le 10 juillet 2019, grâce aux voix du FLN et du RND, qui détiennent à eux seuls la majorité absolue. 

Il était le candidat unique au perchoir... 

"Plébiscité" lors d'un vote à main levée en séance plénière, le candidat unique est âgé de 54 ans, marié, père de trois enfants, et il remplace Mouad Bouchareb qui, contesté par les députés, dans son parti et dans la rue, avait démissionné le 2 juillet. Il devient ainsi le premier opposant à occuper le perchoir depuis l'indépendance.
S. Chenine a été présenté par l'alliance formée par les partis Ennahdha, Adala et El Bina, qui compte 15 sièges à l'APN (chambre basse du Parlement), les députés du FLN n'ayant pas réussi à se mettre d'accord sur un candidat unique de leur parti.

Dans sa jeunesse, ce natif de Ouargla, dans le sud-est algérien, proche de la Tunisie, compte parmi les membres fondateurs de l'Union générale étudiante libre (UGEL) réputée proche des islamistes, rapporte le site algérien TSA.

Il adhère au mouvement emmené par Mahfoud Nahnah, le représentant du mouvement des Frères musulmans en Algérie. Il milite ensuite au Hamas algérien, qui deviendra le Mouvement de la société pour la paix (Harakat moujtama'a al silm, HMS ou MPS).

Devenu conseiller et secrétaire particulier de Nahnah, il dirige le service communication du mouvement qui lui permettra de se faire connaître de la presse et du grand public à la fin des années 90 et au début des années 2000. A la mort du chef historique en 2003, le MSP connaît des tensions. Slimane Chenine démissionne et participe à la création du mouvement de la Construction nationale (El Bina'a al watani). Il entre au Parlement en 2017 sous les couleurs de ce parti dont il préside le Conseil politique.

En plus de son action parlementaire, il dirige le quotidien arabophone Al Ra'id. Dès le début de la contestation populaire, il apporte son soutien au mouvement et participe aux marches d'Alger et de Ouargla.

Le FLN renonce à son droit de présenter un candidat

Il a été élu à la tête de l'APN grâce aux voix des députés du Front de libération nationale (FLN) et du Rassemblement national démocratique (RND), détenteurs à eux deux de la majorité absolue des 462 élus de la chambre basse. Peu avant le vote, le groupe parlementaire du FLN avait annoncé son soutien à la candidature de Chenine, précisant qu'il "renonçait à son droit" de présenter un candidat "par souci de faire prévaloir l'intérêt suprême sur l'intérêt partisan".
"L'opinion nationale retiendra que la majorité peut accorder à la minorité la présidence de l'APN", a déclaré le nouveau président de l'Assemblée, à l'issue de son élection.

Depuis février, l'Algérie est agité par un mouvement populaire de contestation inédit qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission, le 2 avril 2019. Les manifestants exigent désormais le départ de tous les dirigeants ayant eu des responsabilités durant les 20 ans de présidence de M. Bouteflika, parmi lesquels figurent, outre M. Bouchareb, le chef de l'Etat par intérim Abdelkader Bensalah et le premier ministre Noureddine Bedoui.

Homme fort du pays depuis la démission d'Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Gaid Salah, le chef d'état-major de l'armée, a réaffirmé le même jour le soutien de l'institution militaire au président Bensalah, dont l'intérim aurait dû s'achever le 9 juillet, mais qui reste à la tête de l'Etat en l'absence d'élection présidentielle.

mardi 18 juin 2019

Les djihadistes français de retour bénéficient d'une requalification en "terroristes"

Les brebis galeuses réintégreront le bercail sous la houlette de Macron

Battus et haineux, "150 djihadistes français vont revenir sur le territoire national dans les semaines qui viennent."



Conséquence de la reprise en main de la Syrie par le pouvoir légitime et souverain, l'annonce du retour de djihadistes français a secoué la classe politique suscitant la crainte de l'importation du terrorisme islamiste en France ainsi que de nombreux casse-tête juridique, carcéral, humain et politique. 

Dans le cas de l'Irak, la position de la France a toujours été de laisser cet Etat souverain juger les ressortissants français ayant commis des faits à caractère terroriste sur son sol, à la seule réserve que ne leur soit pas infligé un traitement inhumain et dégradant et qu'ils ne soient pas condamnés à mort.
Seuls les détenus français ayant commis des actes en Irak peuvent y être transférés pour y être jugés. 
Sur le nombre de Français qui se trouvent toujours aux mains des Kurdes et dont on craint qu'ils se dispersent dans la nature après le départ des troupes américaines de Syrie ou qu’ils soient arrêtés par les troupes de Bachar el-Assad - environ 115 personnes ? – tous ne sont pas des enfants de moins de 7 ans comme il est affirmé dans la presse pour faire pleurer dans le chaumières.

Quel cadre juridique pour les djihadistes de retour sur le territoire français ?

Résultat de recherche d'images pour "revenants islamistes"Ils sont partis faire le djihad et combattre la coalition internationale dont des troupes françaises, mais le sort des détenus par les Kurdes en Syrie pose pourtant un véritable problème aux autorités françaises.
Le gouvernement français étudie aujourd’hui le moyen de rapatrier 150 djihadistes français en leur évitant la peine de mort en Syrie et des poursuites en France en tant qu'ennemis de la France et traîtres. Ainsi, la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a précisé : "nous avons fait un choix, qui est celui de la préférence du contrôle et donc du rapatriement en France". 
Ces intentions vertueuses ne respectent pas le voeu d'une majorité de la population hostile à ce traitement qui met en péril notre avenir, ainsi menacé de terrorisme intérieur, et celui de nos enfants, condamnés à côtoyer la progéniture de djihadistes nés dans des camps, élevés dans la haine des occidentaux et formatés pour le djihad.

Didier Rebut, professeur de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas et Membre du Club des juristes se livre à une analyse de la situation.

"Les Français de retour de Syrie pourraient aussi être poursuivis pour crimes contre l’humanité"

Le Gouvernement français a fait savoir qu’il envisage de faire revenir en France les djihadistes français détenus par les Kurdes dans la zone Irako-Syrienne. Quel serait le cadre juridique de ce retour ?

Ce retour ne peut pas avoir pour cadre juridique les procédures connues d’extradition et d’expulsion parce que celles-ci ne peuvent intervenir que dans une relation d’Etat à Etat. Or, les forces kurdes qui détiennent les ressortissants français en Syrie n’appartiennent pas à un Etat, ce qui interdit de recourir au mécanisme de l’extradition ou de qualifier leur remise aux autorités françaises d’expulsion. 
Les prémisses de l'analyse sont inexactes : les Kurdes de Syrie constituent la minorité la plus importante de ce pays et ont résisté victorieusement aux attaques des djihadistes de Daesh sur Kobané en 2014, lors d'une bataille qui a été surnommée le 'Stalingrad du Moyen-Orient', mais ils ont ensuite été chassés de leurs terres par des Turcs salafistes en 2018. Ils sont aujourd'hui syriens revendiquant leur autonomie dans le cadre de la Syrie, une stratégie qui s'est révélée payante en Irak et qui contredit la propagande qui les décrit comme incompétents.
Ce retour ne pourrait pas davantage s’analyser comme un rapatriement consulaire qui consiste dans l’octroi d’une aide financière à un ressortissant français sans aucune ressource pour lui permettre de rentrer sur le territoire français [comme si aucune faute n'avait été commise contre la France]. Il est évident que cela ne serait pas la mesure mise en œuvre, étant donné qu’il ne s’agirait pas d’aider financièrement ces djihadistes à revenir en France mais de les ramener par le biais de moyens matériels et humains entièrement mis en œuvre par les autorités françaises [qui ne les laisseraient pas rentrer par leurs propres moyens]. Le rapatriement consulaire est par ailleurs, comme son nom l’indique, une mesure prise par un consulat, ce qui ne serait pas le cas. [...] Cette mesure a une finalité humanitaire qui ne serait pas apparemment celle du rapatriement des ressortissants français détenus en Syrie, même si cette préoccupation est celle d’un certain nombre de personnes qui réclament leur retour en France.

Ce retour n’aurait donc pas de cadre juridique précis. Il donnerait certes lieu à un rapatriement, dès lors qu’il serait organisé et mis en œuvre par les autorités françaises avec le consentement des ressortissants concernés mais ce rapatriement répondrait, semble-t-il, à une demande des Kurdes qui ne souhaitent pas continuer à détenir ces ressortissants français. Il serait aussi destiné à les remettre aux autorités françaises à leur arrivée en France pour les poursuivre et les juger. C’est donc une mesure qui relèverait à la fois du rapatriement, de l’expulsion et de l’extradition sans correspondre à aucune de ces procédures.

L’incertitude sur le cadre juridique de ce retour pourrait-elle fragiliser les poursuites pénales à leur encontre ?

On ne peut pas exclure bien sûr que certains des ressortissants français rapatriés contestent les poursuites pénales exercées contre eux au motif que leur retour en France n’aurait relevé d’aucune procédure précise et cela alors même qu’ils ont demandé à revenir. Mais cette contestation ne devrait pas aboutir.

La Cour de cassation considère qu’une personne peut être valablement poursuivie en France, même si elle n’a pas fait l’objet d’une procédure d’extradition. C’est une solution qu’elle a appliquée dans l’affaire "Barbie" dans un arrêt du 6 octobre 1983 (n° 83-93194). [...] Elle a répété sa solution dans un arrêt du 21 février 1995 (n° 94-85626) rendu dans l’affaire "Carlos". [...]
Il n’apparaît pas en effet que les ressortissants français rapatriés de Syrie pourraient se plaindre de leur retour en France alors qu’ils l’ont demandé. Cette demande devrait conduire à considérer que leur présence en France a sa cause dans leur volonté, de sorte qu’aucun reproche ne pourrait être adressé à ce sujet aux autorités françaises.

S’agissant de ceux qui seraient éventuellement revenus contre leur gré, il sera permis de leur opposer que plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont instamment demandé aux Etats membres de poursuivre et de juger les auteurs d’actes de terrorisme. On pourra donc soutenir que leurs poursuites ne font que répondre à cette demande, laquelle s’impose à la France en vertu de l’autorité des résolutions du Conseil de sécurité. [...]

Quelles sont les infractions pour lesquelles les ressortissants français revenus de Syrie pourraient être poursuivis ?

Les poursuites devraient évidemment viser la commission d’actes de terrorisme prévue par l’article 421-1 du Code pénal. Elles pourraient aussi porter sur la qualification d’association de malfaiteurs terroriste pour ceux qui n’ont pas participé à la commission de crimes terroristes ou dont il n’est pas possible de rapporter la preuve de la participation à des actes de terrorisme. La France est compétente pour poursuivre et juger ces faits, alors même qu’ils ont été commis à l’étranger en application de l’article 113-13 du Code pénal. Cet article, qui a été adopté en 2012, concerne spécialement le cas des crimes et délits terroristes commis à l’étranger par des Français ou des personnes résidant habituellement en France. Il ne pose aucune condition à cette compétence pour qu’elle ne soit pas soumise aux restrictions applicables à la compétence fondée sur la nationalité ou compétence personnelle active. Il s’ensuit notamment que les poursuites françaises contre des Français ayant commis des actes de terrorisme à l’étranger ne se heurtent pas à l’autorité de chose jugée à l’étranger pour les mêmes faits. Des ressortissants français ayant été poursuivis ou jugés à l’étranger pour terrorisme peuvent donc être rejugés en France, ce qui n’aurait pas été possible avant l’adoption de l’article 113-13.

Les ressortissants français de retour de Syrie pourraient aussi être poursuivis pour crimes contre l’humanité. Les crimes susceptibles de leur être reprochés en caractérisent, semble-t-il, les éléments constitutifs. Ils ont été commis en exécution d’un plan concerté à l’encontre d’une population civile dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique, ce qui correspond aux termes de l’article 212-1 du Code pénal qui définit les crimes contre l’humanité. 
On pourrait même retenir la qualification distincte de génocide prévue par l’article 211-1 du Code pénal pour les crimes commis contre la population yézidie, étant donné qu’ils semblent présenter l’élément intentionnel de destruction d’un groupe qui est le critère de ce crime. La France est compétente pour juger ces crimes commis à l’étranger par des ressortissants français en application de la compétence personnelle active prévue par l’article 113-6 du Code pénal.

Des poursuites pour crimes contre l’humanité contre les djihadistes français de retour de Syrie permettraient de mieux rendre compte des crimes djihadistes que la qualification de terrorisme banalise. Ces crimes ont en effet une autre nature qui les fait relever des crimes contre l’humanité et non pas seulement du terrorisme. Il s’agirait alors des premières poursuites pour crimes contre l’humanité contre des ressortissants français depuis les condamnations de Paul Touvier et Maurice Papon en 1994 et 1998. Les crimes de Daesh sont comparables par leur horreur et leur idéologie aux crimes nazis. Cela justifierait que leurs auteurs soient poursuivis pour crimes contre l’humanité comme l’ont été les criminels nazis.

Le sujet de la requalification des poursuites fait débat


On estime qu'il y a environ 300.000 Kurdes en France. Depuis plus de 30 ans la langue, la littérature et l'histoire kurdes, ainsi que la géographie du Kurdistan, sont enseignés à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O) à Paris. Or, des militants de l'AKP - parti islamo-conservateur, au pouvoir en Turquie depuis 2002, dont le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, est le président général depuis le 21 mai 2017 - et du MHP - parti politique turc généralement classé à l'extrême droite - sont d'ores et déjà responsables d'actions d'intimidation visant la communauté kurde.

L'assertion - "150 djihadistes français de retour sur le territoire national" - est fausse. Ce chiffre recouvre en effet des réalités bien différentes qui ouvrent la porte à des interprétations variées du droit. 
Plusieurs vont être jugés en Irak : "une quinzaine" ont d'ores et déjà été transférés des camps kurdes aux autorités irakiennes. Il s'agit de détenus ayant commis des faits en lien avec une entreprise terroriste sur le territoire irakien. Ceux-ci y seront jugés et exécuteront leur peine en Irak, comme d'autres Français avant eux : Mélina Boughedir, Djamila Boutoutaou et Lahcen Guebouj, tous trois condamnés à la prison à perpétuité en Irak pour appartenance au groupe Etat islamique. Au moins une quinzaine d'autres Français se trouvent également déjà détenus en Irak, en attente de leur procès. 
De nombreux autres sont trop jeunes pour être appelés "djihadistes". On en dénombre environ 80. La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a précisé que 75% d'entre eux seraient âgés de moins de 7 ans.

Parmi les autres Français détenus par les Kurdes – une petite quarantaine – se trouvent des femmes et des hommes impliqués à des degrés divers dans l'organisation de l'Etat islamique.

Parmi eux, se trouvent des "figures" du djihad :
Parmi les femmes, sept ou huit sont considérées des combattantes actives. C'est le cas notamment de la Bretonne Emilie König, qui a été un temps recruteuse de Daesh et placée sur la liste noire des "combattants terroristes étrangers" par la CIA.
Du côté des hommes, on compte aussi des "figures" du djihad français. C'est le cas d'Adrien Guihal, l'une des voix françaises qui avait revendiqué l'assassinat à Magnanville d'un policier et de sa compagne en juin 2016, puis l'attentat de Nice, le 14 juillet ; et des membres de la filière d'Artigat, Thomas Barnouin et Thomas Collange notamment, par laquelle sont passés les frères Clain (les "voix" des attentats du 13 novembre 2015) et les frères Merah.
Les autres Français, parmi lesquelles se trouvent de nombreuses femmes, ont été moins impliqués dans le djihad, mais se trouvent sur le territoire syrien depuis longtemps, quatre ou cinq ans selon les experts.

Le plus grand nombre bénéficiera d'une requalification de "djihadistes" en "terroristes".
La justice française sera magnanime... Ainsi a-t-elle choisi arbitrairement de ne retenir contre nos djihadistes que leur passage dans une mouvance subalterne de Daesh, laquelle pourrait constituer une circonstance atténuante à leurs crimes...

Ces 70 à 80 enfants et ces 40 personnes environ qui seront rapatriés en France pour y être "judiciarisés", comme l'a dit le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Ils seraient expulsés du territoire kurde et pourraient transiter par l'Irak avant d'atterrir en France. Parmi les adultes, tous sont visés dans des procédures.
Les enfants passeront systématiquement par le juge des enfants et seront placés en famille d'accueil, plutôt qu'en foyer ou chez leur famille proche si elle existe. Cela a déjà été fait pour des enfants rapatriés de zones de combat. Actuellement, le département de Seine-Saint-Denis prend en charge 36 jeunes "revenants".
Les adultes déjà jugés en leur absence et condamnés feront l'objet d'une exécution de peine.
Les adultes faisant l'objet de mandats d'arrêt dans le cadre d'information judiciaire seront présentés à un juge d'instruction pour être mis en examen et le cas échéant placés en détention provisoire.
Les adultes visés par des mandats de recherches seront placés en garde à vue, qui pourra durer jusqu'à 96 heures.

Tous pourront être mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, car le simple fait d'avoir rejoint un groupe djihadiste dans une zone de combat permet de retenir cette qualification, contrairement à l'Allemagne où doit être prouvée la participation effective aux combats.

Selon les experts, le nombre de Français encore présents sur place et qui n’ont pas encore été arrêtés par les Kurdes ou les forces de Damas est évalué entre 100 et 200 personnes, dont de nombreuses femmes avec des enfants.