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samedi 6 avril 2019

Castaner soupçonne les ONG de complicité avec les passeurs

Macron et Castaner, sur la même ligne que Salvini

"Les ONG ont pu se faire complices des passeurs," estime Castaner 

59098525-2BAB-4D5E-9A40-DB2DC5161FD2Le ministre de l'Intérieur appelle les ONG chargées de secourir les migrants en Méditerranée à "avoir une attitude responsable", car elles "ont pu se faire complices" des passeurs
Lors de la conférence de presse finale du G7 des ministres de l'Intérieur qui s'est achevé vendredi 5 avril, le ministre a dénoncé "une réelle collusion" ayant pu se produire avec les passeurs dans certains cas, tout en assurant que "les ONG jouent un rôle essentiel pour apporter de l'aide aux migrants". Sur la terre ferme, à la frontière franco-italienne, le militant anarchiste Cédric Herrou est l'un de ces passeurs, protégés des socialistes.
"On a observé que certaines ONG étaient en contact téléphonique avec des passeurs", a-t-il notamment révélé, appelant dès lors les associations à avoir "une attitude responsable".

Les propos du ministre de l'Intérieur rejoignent ceux de son homologue Italien Matteo Salvini. 
La veille devant la presse, ce dirigeant de la Ligue du Nord, souverainiste, populiste et identitaire, avait dénoncé le rôle des ONG en Méditerranée et avait affirmé avoir reçu le soutien de ses collègues français, allemand et britannique et de l'ensemble du G7 sur sa position. "A ma grande satisfaction, je ne suis pas le seul à avoir des doutes sur les ONG en Méditerranée. Ce n'est pas une position léghiste [de son parti, La Ligue] ou souverainiste", avait-il souligné.

Christophe Castaner se défend de tout "soutien" à Matteo Salvini.
"Ne cherchez pas à interpréter le fait que je vous rappelle cela comme un soutien ou un lien particulier qui existe avec Matteo Salvini." Selon lui "ces faits remontent à 2017", et argue que c'est "la majorité précédente en Italie qui avait établi que dans certaines circonstances et dans certains cas, certains bateaux d'ONG avaient des liens particuliers avec des réseaux de passeurs". Une référence à l'affaire du navire "Juventa", appartenant à "Jugend Rettet", une authentique ONG allemande, dont un témoin présent à bord, policier sous couverture, avait relaté au "Corriere della Sera"son abordage par des canots pneumatiques transportant des migrants.

L'ONG SOS Méditerranée n'a pas tardé à réagir
Contactée par RTL, sa porte-parole, la journaliste Sophie Rahal, garantit que les associations ne contactent "jamais les passeurs". "Je l'interprète comme une nouvelle manière de décrédibiliser notre travail", déplore-t-elle.


En vue des élections européennes de 2019, Salvini cherche à nouer des alliances sur la question de l’immigration avec des dirigeants comme Viktor Orbán (premier ministre hongrois depuis trois mandats sur une ligne politique fondée sur l'illibéralisme, les racines chrétiennes de l’Europe et contre l'immigration) et le plus jeune chef de gouvernement du monde (32 ans) Sebastian Kurz (Parti populaire autrichien). En revanche, le français Macron a des pudeurs de gazelle.

Précisons que contrairement à ce qu'en disent Castaner, Sophie Rahal, RTL ou France Culture, SOS Méditerranée n'est pas une ONG, mais une association civile et européenne de recherche et sauvetage en haute mer.

dimanche 13 août 2017

Chantage "humanitaire" : Médecins Sans Frontières suspend le sauvetage de migrants en Méditerranée

MSF met en cause la menace de gardes-côtes libyens et des entraves italiennes

En politisant la situation à mort, MSF fait peu cas des migrants 
Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et Khalifa Haftar (à gauche).
Macron a reçu le Premier ministre libyen Fayez al-Sarraj (à droite) et Khalifa Haftar (à gauche)
L'ONG radicale a annoncé samedi la suspension de ses opérations de sauvetage de migrants en Méditerranée, au motif que les états souverains de Libye et l'Italie ne sont pas sur la même ligne. Ils sont accusés de menaces ou d'entraves pour des motifs électoraux. "Nous suspendons nos activités parce que nous estimons que l'attitude menaçante des gardes-côtes libyens est très sérieuse et que nous ne pouvons pas mettre nos collègues en danger", a commenté Loris de Filippi, président de l'antenne italienne de MSF.

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Le gouvernement italien - de Paolo Gentiloni, homme de gauche depuis la démission de Matteo Renzi, ici avec Macron - entend conserver un droit de contrôle sur le travail de l'organisation supra-nationale et le président de MSF Italie oppose d'autorité un refus.

L'action de MSF apparaît de plus en plus suspecte.
Accusée de "favoriser l’immigration clandestine", l’association allemande 'Jugend Rettet', s’est d'ailleurs vu retirer son navire le 2 août. Or, Médecins sans frontières (MSF) l’une des six ONG (Organisation non gouvernementale sur neuf) à ne pas avoir signé le code de conduite est accusée par le ministère de l’Intérieur italien d’être "hors du système de secours"

Loris De Filippi, le président de la branche italienne, prend fait et cause pour ses camarades allemands. Il érige une organisation illégale en force d'opposition internationale à un pouvoir légitime. "L’action de recherche et de secours en mer menée par les autorités italiennes se confond de plus en plus avec l’activité de police judiciaire, l’activité militaire et celle de lutte contre les flux migratoires, lance-t-il. MSF ne peut pas signer un accord qui nous ferait entrer dans cette logique et œuvrer sur des fronts différents de la seule action humanitaire. La police est toujours montée à bord de nos navires à leur arrivée dans les ports. Mais pas question de voyager avec des policiers armés. Nous ne l’avons jamais fait dans les soixante-dix pays où nous sommes présents et tout au long de nos quarante-six années d’activité. Nous ne voulons pas enfreindre l’un de nos principes"... Les états démocratiques ne sont plus maîtres chez eux.

Les migrants sont en fait pris en otages par la gauche italienne
Environ 600.000 migrants sont arrivés en Italie au cours des quatre dernières années, principalement à partir des côtes libyennes. Plus de 13.000 d'entre eux ont péri en tentant la traversée sur des embarcations de fortune ou surchargées. Face aux opérations de MSF, les autorités italiennes estiment que l'ONG favorise le passage clandestin de migrants ou qu'elle incite les candidats au départ à tenter l'aventure.

L'Italie a demandé à l'organisation politico-caritative de signer un code de conduite, justifié par le risque d'instrumentalisation des clandestins par la gauche radicalement humaniste, à la veille d'élections au début de l'année prochaine, mais elle a refusé d'entendre raison. 

MSF refuse notamment la présence d'un officier de police italien à bord de ses bateaux d'intervention, et l'ONG exige que ces navires gouvernementaux assurent eux-mêmes le convoyage des migrants jusqu'à une destination sûre, selon elle, mais ne restent pas sur zone pour poursuivre leur mission. MSF dispose en Méditerranée d'un bateau de secours, le Vox Prudence, qui est actuellement amarré dans le port de Catane en Sicile.

Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens au cours des six derniers mois, et le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé. 
Ces initiatives, a estimé Loris De Filippi, menacent les activités de MSF et les états souverains empêchent l'organisation de travailler comme elle veut.

Un accord entre les ennemis libyens Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar avait enfin été trouvé le mois dernier lors d'une rencontre près de Paris, le 25 juillet. Le chef du gouvernement de Tripoli, Fayez al-Sarraj, et l'homme fort de l'Est de la Libye, Khalifa Haftar, ont adopté pour la première fois une déclaration commune de sortie de crise, appelant à un cessez-le-feu et à l'organisation d'élections le plus rapidement possible. MSF va-t-elle mettre se fragile accord en péril ?
Les volontés d'organisations supranationales illégitimes s'imposent-elles aux états de droit ?