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lundi 8 avril 2019

L’une des avocates de Tapie est la femme d'un proche de Macron

Cette  avocate socialiste est une fille de... 

Si le père de ses enfants n'est ni Mounir Mahjoubi, ni Franck Riester, c'est qui ?

Dans son interminable conflit qui l'oppose au Crédit Lyonnais, Bernard Tapie peut compter sur un cabinet d'avocats de premier choix pour le nouveau procès qui s'est ouvert à Paris le 11 mars. En plus du brillant avocat Hervé Temime, l'accusé reçoit les conseils de la pénaliste Julia Minkowski, femme d'un candidat LREM à la mairie de Paris. Si ce n'est pas Mounir Mahjoubi, c'est soit Gaspard Gantzer, soit Benjamin Griveaux, soit Cédric Villani...


Cette affaire dure depuis vingt-cinq ans et se poursuit encore aujourd’hui au tribunal de Grande Instance de Paris. En 1993, Bernard Tapie revendait la marque Adidas avec l'aide du Crédit Lyonnais, ce qui engendra une énorme plus-value pour la banque française et le début des problèmes. En 2005, après dix ans de procès et la faillite du Crédit Lyonnais (faillite qui aura coûté 20 milliards d'euros aux contribuables), Bernard Tapie s'était vu accorder par la justice 135 millions d'euros. Après le jugement cassé par la Cour de Cassation en 2006, un tribunal arbitral privé accordait finalement 405 millions d'euros à l'homme d'affaires français. En 2015, cet arbitrage fut de nouveau annulé, Bernard Tapie dans l'obligation de rembourser les 405 millions, et Tapie fut condamné pour escroquerie en bande organisée.
Le procès concernant cette dernière affaire s'est ouvert il y a environ trois semaines à Paris (le 11 mars) et oppose donc Bernard Tapie au ministère public - représentant le gouvernement - qui l'accuse d'avoir manœuvré dans l'ombre lors de ce fameux arbitrage qui lui a permis d'obtenir ces indemnités, et requiert cinq ans de prison ferme pour "escroquerie" et "détournements de fonds publics".

Une débauche de moyens de défense

Résultat de recherche d'images pour "julia minkowski Tapie"Principalement défendu par Maître Hervé Temime qui a plaidé devant la Cour, ce jeudi 4 avril, Bernard Tapie, 76 ans, son équipe de défense compte aussi  l'avocate Julia Minkowski, ci-contre, 38 ans. Or, elle n'est autre que la femme (enceinte) de Benjamin-Blaise Griveaux, 42 ans, éphémère député  (des 3e et 10e arrondissements de Paris) et ancien membre du gouvernement qui vient de démissionner pour se présenter à la mairie de Paris sous l'étiquette La République en Marche, face à la socialiste Anne Hidalgo. 
Résultat de recherche d'images pour "julia minkowski Griveaux"
Compte-t-il profiter du congé parental d'éducation des pères? Le couple a déjà deux enfants et en attend un troisième pour la rentrée. Petite fille du professeur de médecine Alexandre Minkowski, l'épouse de Griveaux est descendante d'une famille juive polonaise.  
Cette avocate a collaboré au programme justice d'Emmanuel Macron dans l'équipe de campagne d'En Marche!. L'avocate a travaillé sur des dossiers médiatisés comme ceux de Clearstream ou Bygmalion. Elle a également plaidé la "phobie administrative" du socialiste Thomas Thévenoud, qui a été condamné pour ne pas avoir payé ses impôts.  
Elle avait conseillé Laura Smet et David Hallyday dans leur bataille juridique autour de l'héritage de leur père.

Pour compléter le tableau,
c'est à l'épouse de son collègue au gouvernement que la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, a confié une mission pour réfléchir au "sens et à l'efficacité des peines."

vendredi 16 décembre 2016

Dans l'arbitrage Tapie, le Parquet demande la relaxe de Christine Lagarde

Le Parquet juge trop mince le dossier d'accusation

Le procureur général fait le procès de l'instruction

Rarement réquisitoire aura autant déjugé un juge d'instruction
Le Parquet a requis jeudi la relaxe de l'ex-ministre de l'Economie de François Fillon. Il a estimé que l'actuelle patronne du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, a fait un "choix politique malheureux", bien que la procédure existe légalement, mais que l'arbitrage Tapie n'est pas une "négligence pénale". Le procureur général Jean-Claude Marin a donc prononcé la formule consacrée et demandé à la Cour de justice de la République (CJR) de "renvoyer" l'ancienne ministre de l’Économie "des fins de la poursuite", c'est-à-dire de l'innocenter. 

"Les charges propres à fonder une condamnation pénale ne sont pas réunies"? déclare le magistrat de la Cour de cassation. "Les audiences n'ont pas conforté une accusation bien faible, voire incantatoire", souligne le représentant du ministère public, autrement dit du gouvernement. 
Le Parquet avait désapprouvé la médiatisation même d'un procès devant la CJR, mais, aveuglés par leur acharnement, les magistrats instructeurs étaient passés outre. "C'est à la frêle limite entre le politique et le judiciaire que vous aurez à vous déterminer", explique-t-il aux trois magistrats professionnels de la Cour de cassation et aux douze parlementaires - six députés et six sénateurs, qui ont 15 suppléants, soit au total 30 personnes- qui composent cette juridiction d'exception. 

"Prendre une mauvaise décision n'est pas (...) en soi seul un délit", souligne le procureur général.
La présidente de la Cour de justice de la République (CJR), Martine Ract Madoux, a été élue à 65 ans présidente de la Cour de justice de la République (CJR) en novembre 2012.
Elle est conseiller à la Chambre criminelle de la Cour de cassation, succédant à Jean-Pierre Feydeau, magistrat décédé début novembre, qui avait été désigné à la tête de la CJR en décembre 2011. Martine Ract-Madoux a notamment été présidente de la 17ème chambre du TGI de Paris, spécialisée dans les affaires de presse. Elle a également été en poste à la cour d'Appel de Versailles où elle a présidé en 2004 le procès en appel dans l'affaire des emplois fictifs du RPR qui jugea l'ancien premier ministre Alain Juppé.
Les juges de la CJR, créée en 1993 sous François Mitterrand, sont quinze: trois magistrats de la Cour de cassation, six députés et six sénateurs élus par leurs pairs.
Martine Ract-Madoux, qui était déjà membre de la CJR, occupera le poste de présidente pour le reste du mandat entamé, à savoir jusqu'en janvier 2015. Elle a été élue par l'assemblée générale des magistrats hors hiérarchie du siège de la Cour de cassation.
Pendant sa campagne présidentielle, François Hollande, avait proposé de faire voter une loi "supprimant la Cour de justice de la République". "Sa seule composition crée un doute sur son impartialité. Les ministres doivent être des citoyens comme les autres"; ils "seront soumis aux juridictions de droit commun", s'était-il engagé. Cette proposition a été reprise dans le rapport, rendu le 10 novembre, de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique, dirigée par l'ancien premier ministre Lionel Jospin.

L'ex-ministre de Nicolas Sarkozy ne laisse paraître aucune sentiment. 
"Vous devrez éviter l'écueil de l'anachronisme judiciaire", c'est-à-dire juger le passé à la lumière du présent, fait encore valoir le procureur général aux juges. 

En 2007, Christine Lagarde opta pour la procédure d'arbitrage plutôt que pour des poursuites devant des tribunaux dans l'interminable guérilla entre l'ancienne banque publique Crédit Lyonnais et Bernard Tapie qui fut  ministre de la Ville de Mitterrand pendant trois mois (décembre 1992-mars 1993). Cette procédure est fréquemment utilisée pour régler les conflits de droit commercial privé, mais exceptionnellement dans les conflits entre personnes privées face à l’État. Acceptés sans réserve par toutes les parties, les juges-arbitres étaient Pierre Mazeaud, ancien président du Conseil constitutionnel, Jean-Denis Bredin, avocat socialiste (membre de l'Académie française depuis 1989 et père de Frédérique Bredin, directrice générale de Lagardère Active, puis éditrice au Journal du dimanche (JDD), et actuelle présidente du Centre national du cinéma et de l'image animée depuis... 2013, dont le mari, Jean-Pascal Beaufret, qui occupa divers postes à responsabilité au Ministère des Finances (Trésor) auprès de Laurent Fabius, sera mis en examen dans l'affaire de la quasi-faillite du Crédit lyonnais en 2000, pour "diffusion de fausses informations au marché, présentation et publication de comptes sociaux inexacts"), et Pierre Estoup, ancien Premier Président de la Cour d'Appel de Versailles (et président de la Cour qui, le 18 mars 1991, condamna Jean-Marie Le Pen pour l'affaire dite du "détail" de l'Histoire).
En 2008, la ministre des Finances renonce ensuite à attaquer la sentence arbitrale qui attribue plus de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires, dont 45 millions pour réparer son "préjudice moral"

L'arbitrage suscite immédiatement des aigreurs parmi les ennemis acharnés de l'ancien ministre de Mitterrand.
La ministre estime que l'affaire Tapie coûte trop cher au contribuable en frais d'avocats depuis des années et fait courir un risque de condamnation financière trop élevé à l'État. Il faut en effet attendre des années pour que l'accusation établisse éventuellement le caractère frauduleux de l'arbitrage.
 
Mais la procédure d'arbitrage en droit est annulée pour fraude en 2015 au civil. Un groupe de neuf députés socialistes, emmenés par le futur Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et des membres du MoDem, emmenés par leur président François Bayrou, et qui compte dans ses rangs le centriste (MoDem) Jean Peyrelevade, l'ancien président du Crédit lyonnais (et ancien directeur-adjoint du cabinet de Pierre Mauroy, Premier ministre, qui géra les nationalisations de Mitterrand), attaquent devant les media et devant la justice la décision arbitrale, mode alternatif de résolution extra-judiciaire des conflits, prévu par l'article 1134 du Code civil. 

Et au pénal, le juge n'a pas lâché prise dans son enquête sur six hommes, dont Bernard Tapie et l'ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde à Bercy, Stéphane Richard (PDG d'Orange), mis en examen pour "escroquerie" et "détournement de fonds publics". 

Le Parquet désavoue les magistrats instructeurs qui avaient estimé que Christine Lagarde devait répondre devant des juges de sa "précipitation" et de son "incurie", des termes violents de nature à salir sa réputation avant jugement. Les enquêteurs lui reprochent de s'être trop reposée sur ses collaborateurs et d'avoir ignoré les alertes de certains services de Bercy. "Il est difficile au juge de dire quel avis un ministre doit prendre et quel avis il doit suivre", oppose l'avocat général Philippe Lagauche, l'autre représentant du ministère public représentant le ministre de la Justice, J.-J. Urvoas. 
"Le ministre n'est pas là pour instruire lui-même les dossiers mais pour prendre une décision", "chacun son travail". 
Membres de la formation de jugement élus par la Assemblée Nationale
NomQualité
Dominique Raimbourgjuge titulaire
Françoise Descamps-Crosnierjuge suppléant
Marie-Françoise Bechteljuge titulaire
Philippe Biesjuge suppléant
Jean-Yves Le Bouillonnecjuge titulaire
Jean-Yves Caulletjuge suppléant
Nathalie Niesonjuge titulaire
Valérie Correjuge suppléant
Jean-Luc Warsmannjuge titulaire
Pierre Morel-A-L'Huissierjuge suppléant
Philippe Houillonjuge titulaire
Francis Hillmeyerjuge suppléant
Membres de la formation de jugement élus par le Sénat
NomQualité
François-Noël Buffetjuge titulaire
Catherine Troendlejuge suppléant
Yves Détraignejuge titulaire
Jacqueline Gouraultjuge suppléant
Josette Durrieujuge titulaire
Alain Anzianijuge suppléant
Bariza Khiarijuge titulaire
Jean-Pierre Sueurjuge suppléant
François Pilletjuge titulaire
Catherine Di Folcojuge suppléant
Bernard Saugeyjuge titulaire
Alain Fouchéjuge suppléant
Membres de la formation d’instruction élus par la Cour de cassation21
NomQualité
Claude Nocquetprésident
membre titulaire
Jean-Pierre Zanotomembre titulaire
Janine Draimembre titulaire
Claude Bellengerprésident suppléant
membre suppléant
Ingrid Andrichmembre suppléant
Pierre Moreaumembre suppléant
Le procureur général Marin accompagne son réquisitoire de quelques avertissements à cette juridiction hybride qu'est la CJR. 
Il prévient d'abord qu'elle risque de connaître un "accroissement sensible" des requêtes si elle consacre le délit de "négligence" d'une ancienne ministre...

Le procureur général rappelle aussi que la CJR est "souvent décriée" car assimilée à une "juridiction politique". Et qu'elle a été alertée par des députés socialistes, non par des victimes de la société civile, sur le choix de la ministre de droite. Raison de plus, selon lui, pour s'en tenir dans le jugement à une appréciation pénale, loin de toute approche politicienne. Le délit de "négligence" ayant permis un détournement de fonds par une personne "dépositaire de l'autorité publique" est passible de jusqu'à un an de prison et 15.000 euros d'amende. 

Seulement quatre procès en Cour de justice de la République, à ce jour

La CJR juge les crimes et les délits reprochés aux membres d'un gouvernement dans l'exercice de leurs fonctions. 

La CJR a été créée en 1993 suite au scandale du sang contaminé. 
En 1999, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius est relaxé, ainsi que l'ancienne ministre de la Santé Georgina Dufoix. La Cour juge en revanche l'ancien secrétaire d'Etat à la Santé, Edmond Hervé, coupable de négligence, mais le dispense de peine.

Ségolène Royal fut ensuite relaxée dans une affaire de diffamation. 
Michel Gillibert, secrétaire d'Etat aux handicapés, condamné pour escroquerie, notamment à trois ans de prison avec sursis.

En 2010, Charles Pasqua est jugé pour trois dossiers à la fois, de malversations financière: l'ancien ministre de l'Intérieur est relaxé dans deux affaires, condamné dans une autre à un an avec sursis. 

A noter enfin que la juge Martine Ract-Madoux -dont le frère Erik Thomas a travaillé avec Juppé, à Matignon, entre 1995 et 1997 - est apparentée au général d'armée Bertrand Ract-Madoux, ex-chef d'état-major de l'Armée de terre (2011-2014), nommé gouverneur des Invalides par décret du 19 septembre 2014. 
"Friande de procès médiatiques, Martine Ract-Madoux n’aurait laissé à personne d’autre le soin de présider le procès Juppé", assure Le Canard enchaîné. Il faudra attendre le 22 octobre 2004 pour que Le Point dévoile l’information sur ses éventuelles incompatibilités de fonctions.
Et que Daphné Ract-Madoux, ancienne directrice de l'urbanisme de la ville de Yerres, est une opposante MoDem au maire.

vendredi 6 mars 2015

Guéant en garde à vue: l'Etat PS, démocratie du soupçon et république des juges

Rythme socialiste: une garde à vue à quinze jours de chaque élection

Claude Guéant a de nouveau été placé en garde à vue
vendredi matin

Bataille de Lépante, Andries van Eertvelt, 1622
Un soupçon qui, depuis deux ans, fait de l'usage, parce que Claude Géant fut pendant 10 ans le bras droit de Nicolas Sarkozy. Cette fois, des juges d'instruction du pôle financier de Paris cherchent à prouver l'hypothèse d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy, venue à l'esprit d'un juge malveillant à partir de la découverte lors d'une perquisition en février 2013 d'un virement de 500.000 euros sur un compte à l'étranger de l'ancien ministre de l'Intérieur, rapporté le Canard enchaîné.

Cl. Guéant est visé parce qu'"ancien premier flic de France", selon un élégant copié-collé de l'AFP par L'Obs.

Guéant a déjà justifié ce virement par la vente à un avocat malaisien de deux tableaux d'un peintre flamand du XVIIe, Andries van Eertvelt. Mais des experts évidemment choisis pour leur indépendance avaient contesté la valorisation de ces oeuvres, la société Artprice chiffrant à 140.000 euros, hors frais, le prix record aux enchères d'une des toiles de ce peintre.
 

Pourtant, la bataille de Lépante avait été proposée en 2005 par Sotheby’s France, avec une estimation comprise entre 300.000 et 500.000 euros sans qu’elle trouve preneur. Ces chiffres ne sont que de montants atteints en ventes publiques et, dans le cas d’une vente de gré à gré, les prix peuvent être bien plus élevés.

Bataille de Lépante, Andries van Eertvelt, 1640
L'ancien ministre, qui fut auparavant secrétaire général de l'Elysée, a été placé en garde à vue tôt vendredi, ont indiqué des sources anonymes, judiciaire et proche du dossier. Une mesure dont il n'a pas été précisé si elle est liée à cette cession de tableaux.

"A ceux qui pensaient que ce dossier était au point mort, cette garde à vue démontre que les investigations progressent", ont réagi le président de Sherpa William Bourdon et Me Marie Dosé, le conseil de l'association anticorruption, partie civile.

Les accusations d'un financement libyen de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy avaient vu le jour entre les deux tours de la campagne présidentielle de 2012

Le site Mediapart - trotskiste et révolutionnaire - avait publié un document accusant le candidat Sarkozy d'un accord avec la Libye de Mouammar Kadhafi et suggérant un financement que le candidat UMP réfute comme faux.

Attribué à Moussa Koussa, ex-chef des renseignements extérieurs libyens, ce document affirmait que Tripoli avait accepté de financer  la campagne à hauteur de "50 millions d'euros". Moussa Koussa avait d'ailleurs qualifié ce document de "faux" et la note soi-disant signée de lui ne précise pas si ces fonds ont été versés. Nicolas Sarkozy a porté plainte, notamment pour "faux et usage de faux", ce qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête distincte.

Plusieurs anciens "dignitaires" libyens -car ils existent, selon le cas, dans l'entourage de Kadhafi- ont également relayé les accusations de financement illicite par la Libye de cette campagne, n'apportant toutefois aucune preuve formelle à l'appui de ces accusations.

Une première information judiciaire avait été ouverte sur ces accusations en avril 2013, notamment pour "corruption active et passive" et "trafic d'influence", et confiée aux juges Serge Tournaire et René Grouman.

C'est la troisième fois que Claude Guéant est harcelé sous le prétexte de soupçons

On a vu qu'ils ne sont pas étayés, mais placer en garde à vue un ancien patron de toutes les polices de France procure une jouissance infinie à un certain type de juges.

Il l'avait été une première fois fin 2013 dans l'affaire des primes en liquide quand il dirigeait le cabinet de N. Sarkozy alors ministre de l'Intérieur.
La justice avait été saisie par Manuel Valls, alors ministre de l'Intérieur, sur la base d'un rapport d'inspection, selon lequel quelque 10.000 euros auraient été puisés chaque mois, entre 2002 et 2004, et remis à Claude Guéant.
La police a achevé ses investigations dans cette affaire, et il revient au Parquet national financier (PNF) de se prononcer sur un éventuel renvoi en correctionnelle, sur l'ouverture d'une information judiciaire ou sur le classement, cela 18 mois plus tard.

Guéant avait également été placé en garde à vue en mai 2014 dans l'enquête sur la sentence arbitrale qui avait accordé en 2008 plus de 400 millions d'euros à l'homme d'affaires Bernard Tapie pour solder son vieux contentieux avec le Crédit Lyonnais sur la vente d'Adidas.
Il avait été interrogé sur son rôle en tant que secrétaire général de l'Elysée, dans le processus qui avait légalement débouché sur le recours à la justice privée pour régler cette affaire. Il n'avait pas été déféré devant les magistrats instructeurs à l'issue de sa garde à vue.

Marronnier du ministère de la Justice selon Taubira, ça recommence en mars 2015... Un "soupçon" de  débâcle socialiste aux départementales de la fin du mois justifie-t-il une mise en examen par les juges "indépendants ?

La bataille de Lépante ?

C'est l'une des plus grandes batailles navales de l'histoire. Elle s'est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce. La puissante marine ottomane y affrontait une flotte chrétienne comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles renforcées de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, le tout réuni sous le nom de Sainte Ligue, à l'initiative du pape Pie V. 
Elle se termina par un désastre pour les Turcs qui y perdirent la plus grande partie de leurs vaisseaux et près de 30.000 hommes. 
Une représentation que les islamistes ne poursuivent pas: la justice socialiste s'en charge...

mardi 28 octobre 2014

Bernard Tapie rappelle Audrey Pulvar au respect de la justice et de ses invités

Pulvar a tendu un piège à Tapie sur i-télé

L'arrogante journaliste harcele son invité de questions, 

consciente de le pousser à une violation du secret de l'instruction

Pendant dix minutes, l'invité du "18h Politique" d'i-télé (groupe Canal+) a dû résister aux questions provocatrices de la journaliste sur l'affaire de l'arbitrage du Crédit Lyonnais, dimanche soir.
Bernard Tapie a répondu à de nombreux sujets d'actualité de 18h30 à 19h. Mais quand Audrey Pulvar aborde les affaires en cours sur l'arbitrage du Crédit Lyonnais et sa récente mise en examen pour "escroquerie en bande organisée", Bernard Tapie est forcément piégé, puisque la loi ne lui laisse pas la liberté de s'exprimer publiquement. Si la journaliste du groupe Canal+ se crispe, l'ex-ministre s'agace et lui oppose pendant plus de dix minutes son insistance à le faire parler des affaires en cours, sachant qu'il lui est interdit de répondre.

"On fait quoi alors, on joue aux cartes ?", lance l'hôtesse discourtoise

"Je n'ai pas envie d'en parler, vous pouvez me respecter !", explique-t-il en préambule, soulignant que les media sont "des marchands de mauvaises nouvelles", intéressés uniquement "par le sang et tout ce qui sent mauvais". Mais, profitant de son statut de femme, la féministe ne lâche pas prise, à la différence d'un Jean-Jacques Bourdin qui n'insiste que dans les limites de la décence. 
"On joue aux cartes alors ?", lance la journaliste qui avait potassé les fiches qui lui avaient été préparées. "Je ne vais pas vous parler de l'arbitrage", maintient Tapie, qui riposte en rappelant les affaires dans lesquelles il a été mis en examen puis blanchi, mais qui n'intéressent pas son harceleuse.

"J'essaye seulement de pratiquer un exercice qui s'appelle l'interview politique, poursuit-elle. Vous savez que nous ne sommes pas dans un cabinet de psychanalyse ici, je ne suis pas là pour écouter vos confidences !". Tapie visiblement désarçonné prend la mouche, tape du poing sur la table : "On n'est pas chez le juge d'instruction ici, je ne vous répondrai pas ! Tant qu'on est en instruction, je vous demande de ne pas m'en parler (...) La justice, cela ne veut rien dire pour vous ? Ce sont les juges devant lesquels il faut répondre". Puis il accuse Audrey Pulvar de "ne pas être respectueuse du droit". "Quand les affaires sont sorties, taisez-vous !", lui intime Bernard Tapie. Mais Audrey Pulvar ne va pas vraiment s'exécuter...
VOIR et ENTENDRE la critique des méthodes de la presse et l'agressivité d'une journaliste amère de ne pas imposer sa loi et prenant les auditeurs à témoin: 

Gros clash entre Audrey Pulvar et Bernard Tapie... par puremedias

La censure bat son plein

Voyons si YouTube oppose les mêmes excuses que Dailymotion à l'information des citoyens sur les méthodes d'une certaine presse..
. Une version courte !

N'hésitez pas à sauvegarder dans vos archives...

"Vous ne connaissez vraiment rien au droit ma pauvre"


"Comme beaucoup de journalistes, je vous demande de venir sur mon plateau, et vous m'avez dit que j'allais pouvoir vous poser toutes les questions. Donc je ne sais pas à quoi on joue depuis dix minutes !", polémique-t-elle, très frustrée de rencontrer une résistance inhabituelle. Elle ressasse ses aigreurs de ne pas parvenir à ses fins, dans le mépris et de la présomption d'innocence et de l'instruction. 

L'ex-sniper de Laurent Ruquier attaque alors son invité sur le sujet de la reprise en cours de "Nice Matin"

Sur ce sujet, qui n'est pas entre les mains de la justice, la journaliste à fiches change d'angle d'attaque et argumente à l'antenne comme dans une cage d'escalier d'immeuble. Elle lance à Tapie qu'il n'avait pas de difficultés à s'exprimer quelques minutes plus tôt. "C'est une affaire commerciale ! Vous ne connaissez vraiment rien au droit ma pauvre (...) Dites à celui qui vous souffle les réponses dans l'oreille qu'il n'y a pas de secret d'instruction dans un tribunal de commerce", lui oppose l'homme d'affaires.

Audrey Pulvar relance alors sa machine pour piéger  Bernard Tapie sur un autre sujet, le foot. Mais l'ex-président de l'OM s'est refermé. "Non, cela ne m'intéresse pas ! Je parle de foot avec des gens qui connaissent le foot... Pas avec vous !", explique-t-il très énergiquement, comme c'est son droit. Il faudra attendre l'entrée de Michaël Darmon sur le plateau -celui qui murmure à l'oreille des polyvalentes du journalisme agressif- pour qu'il accepte de répondre à de nouvelles questions. 

A court de munitions, 
Pulvar finit par renoncer
Pulvar, socialiste de la gauche caviar,
ici  en autruche en chocolat
On l'a vu, la méthode des nombre d'organes de presse télévisée consiste à envoyer au front une femme journaliste contre une cible masculine, en sorte de pousser l'homme à bout et à lui reprocher son manque d'élégance envers une dame. Sauf que les Français connaissent la dame en question et que sa subjectivité l'a grillée devant l'opinion.

La polémiste appela donc à la rescousse son maître, Michael Darmon, éditorialiste politique et intervieweur, qui lui soufflait questions, arguments et comportement dans son oreillette...
Les féministes ne gagnent rien à ces mises-en-scène qui discréditent l'ensemble de la presse et le monde politique dont elles sont les serviteurs. 

mercredi 27 août 2014

Affaire Tapie: Lagarde mise en examen, mais avec allègement des charges

Les juges engagent-ils une marche-arrière ?

Passage du statut de témoin assistée à celui de mise en examen

S'il est embarrassant pour la patronne du FMI, il est  assorti d'un allègement des charges.

Christine Lagarde est finalement mise en cause dans l’affaire Tapie. 
La patronne du Fonds monétaire international (FMI) a elle-même annoncé sa mise en examen mercredi matin, pour "négligence" par les magistrats de la Cour de Justice de la République (CJR) pour son rôle, en tant que ministre de l’Economie, dans l’arbitrage qui a permis à Bernard Tapie de récupérer 405 millions d’euros dans l’affaire Adidas en 2008. La CJR, seule habilitée à juger les ministres, est chargée du seul cas Lagarde, tandis que les autres protagonistes relèvent de l’instruction menée à Paris par les juges Tournaire, Daïeff et Thépot.

En 1992, Bernard Tapie confie la vente de sa société Adidas au Crédit lyonnais (2 milliards 85 millions de francs, soit 472 Millions d'euros). La banque achète Adidas et la revend l'année suivante à un prix bien plus élevé (avec une plus-value estimée à 2,6 milliards de francs, soit 396 millions d'euros). De 1995 à 2006 se déroule un feuilleton judiciaire opposant Bernard Tapie, le Crédit lyonnais et le Consortium de réalisation (CDR, chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais après la quasi-faillite de la banque en 1993) au cours duquel Tapie réclame un dédommagement pour son manque à gagner.

Prise mardi soir à l’issue de la quatrième audition de Lagardecette décision de la CJR n'est pas pour la patronne du FMI une aussi mauvaise nouvelle qu'il y paraît. Depuis mai 2013, elle était simplement "témoin assisté". Elle est désormais mise en examen, ce qui suppose que les magistrats disposent d’indices "graves ou concordants" indiquant qu’elle aurait commis un délit. Ce nouveau statut judiciaire, plus grave, poserait donc la question de son maintien à la tête du FMI. Mais Christine Lagarde a exclu mercredi matin de démissionner. "Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi", a-t-elle déclaré.

Or, les charges reprochées ont été allégées

Christine Lagarde est finalement mise en examen pour ..."négligence".
Finis les soupçons de "complicité de faux par simulation d’acte" et de "complicité de détournement de fonds publics".  S'il était avéré, ce délit, passible d’un an de prison et 15.000 euros d’amende, sanctionnerait le fait de laisser, par "négligence", "un tiers" détourner des fonds publics. En clair, les magistrats de la CJR ont le sentiment que Lagarde n’a pas suffisamment agi pour empêcher l’arbitrage présumé frauduleux, mais qu’elle n’est pas complice des manœuvres de Tapie et de ses complices présumés, des juristes: son avocat Maurice Lantourne, le magistrat Pierre Estoup, ex-premier président de la Cour d'Appel de Versailles, chargé du compromis d'arbitrage, le haut fonctionnaire Jean-François Rocchi et Stéphane Richard, ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde), tous mis en examen pour "escroquerie en bande organisée".

Lors de ses précédentes auditions, les magistrats avaient notamment contesté la légalité de la validation par l'ancienne ministre du compromis d’arbitrage de 2007, pour trouver une issue à un procès sans fin, dût-il acter le préjudice moral subi par les époux Tapie, avec un plafond de 50 millions d’euros, Tapie en obtenant 45, au final. 
Lagarde a fait valoir que cette somme n’était pas présentée "comme correspondant à la réparation du préjudice moral" dans les documents qui lui étaient soumis. 
Les magistrats reprochent également à l’ancienne ministre de ne pas avoir formé de recours contre la sentence arbitrale en 2008.

Mercredi Christine Lagarde a ironisé sur le recul des juges.
"Après trois années d’instruction, des dizaines d’heures d’audition, la commission s’est rendue à l’évidence que je n’avais été complice d’aucune infraction et a donc été réduite à alléguer que je n’aurais pas été suffisamment vigilante"
Et d'ajouter qu’elle va introduire un recours pour contester cette mise en examen, qu’elle "considère comme totalement infondée".

"D’un délit intentionnel, on passe à un délit non intentionnel", souligne son avocat, Yves Repiquet.
Interrogé par la presse, il dénonce "une mise en examen minimaliste, de circonstance en raison de la fin de l’instruction et de la fin du mandat des magistrats de la CJR, et juridiquement infondée". Le conseil de Christine Lagarde estime que les magistrats "n’ont pas pris la responsabilité de rendre une ordonnance de non lieu compte tenu du caractère sensible du dossier".

mercredi 6 avril 2011

Affaire Tapie: avant Lagarde, Strauss-Kahn est impliqué

La lettre de Strauss-Kahn que la presse de gauche veut ignorer


Commission des finances de l'Assemblée nationale, le 10 septembre 2008:
Bernard Tapie et Didier Migaud, actuel président de la Cour des comptes, à droite.


9 députés socialistes cherchent à replonger DSK dans le bain

Le procureur général a été saisi vendredi par neuf députés socialistes qui dénoncent la procédure d'arbitrage ayant permis, en 2008, à Bernard Tapie de percevoir 285 millions et le rôle joué par la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. Lien PaSiDupes
Parmi les neuf ligueurs, seul Pierre Bourguignon serait encore un proche de DSK: il appela au soutien de sa candidature, mais c'était en ...2006.
Or, en 1999,l'ancien ministre de l'Économie aujourd'hui candidat potentiel à la primaire socialiste, Dominique Strauss-Kahn avait pris une position déterminante pour la suite du dossier Adidas. En ressortant de l'eau ce dossier Adidas-Tapie, vieux de quinze ans et dans lequel droite comme gauche ont été impliquées, le PS de la Ch'tite Aubry remue l'eau trouble.

L'affaire Tapie-Lagarde-DSK doit maintenant aller vite
Un calendrier est déjà fixé à la Cour de cassation, où le procureur général, Jean-Louis Nadal, doit décider s'il renvoie ou non le dossier devant la Cour de justice de la République (CJR). « Nous nous sommes donné quinze jours pour vérifier tous les éléments. Nous voulons aller vite pour éviter toute manipulation politique », assure-t-on dans l'entourage de Jean-Louis Nadal, qui a déjà géré l'affaire Woerth-Bettencourt et a renvoyé l'ex-ministre devant la CJR.

Avant Lagarde, il y a d'abord eu DSK

Ceux qui n'ont pas la mémoire sélective se souviennent et le camp Tapie compte les points.

Les années de procédures
Le 17 mars 1999, Dominique Strauss-Kahn, alors à Bercy, signe un courrier important: il a en effet inclu Adidas dans la liste des risques que le Consortium de réalisation (CDR, chargé de la gestion du passif du Crédit lyonnais) doit assumer pour le compte de la banque. Une décision aujourd'hui contestée et qui sera lourde de conséquences pour les finances publiques.
Désormais, Bernard Tapie change d'interlocuteur: l'État remplace les syndics de liquidation. Sans ce préalable, il n'aurait sans doute pas pu espérer percevoir un jour une somme aussi conséquente.
La semaine denière, la Cour des comptes a souligné « la fragilité juridique » de cette lettre: « La Cour considère que le CDR s'est substitué à la responsabilité du Crédit lyonnais dans le dossier Adidas-Tapie au-delà de ce que pouvait autoriser le protocole » (qui, en 1995, fixait l'étendue des risques couverts par le CDR).

Le 12 novembre dernier, >Didier Migaud, président de la Cour des comptes, s'en inquiète encore auprès de François Fillon: « La lettre du 17 mars 1999 va au-delà de l'autorisation donnée par le Parlement dans la loi du 28 novembre 1995, ce qui la prive de fondement juridique.»
Dans sa réponse, François Fillon estime, lui, que le courrier de DSK n'a pas étendu mais seulement précisé le champ de la garantie du CDR.

Dans son rapport sur la mission parlementaire qu'il a menée, l'actuel président de la commission des finances, Jérôme Cahuzac (PS), met volontiers en cause Christine Lagarde, sans éluder cette question. Il fait de cet épisode le troisième point de son avant-propos, critiquant les sommes engagées par l'État: « Le CDR a accepté d'assumer seul des responsabilités qui incombaient au moins pour partie au Crédit Lyonnais (LCL), en dehors du champ de garantie. »

Auto-censure vertueuse

La presse militante fait grand tapage du rôle terminal de Christine Lagarde, mais avait passé sous silence celui, fondamental à l'origine et désormais controversé de DSK, le concurrent de la Ch'tite Aubry. Le 6 avril, Libération n'a toujours pas connaissance de la lettre de DSK et feint toujours d'ignorer son implication.