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mercredi 6 avril 2011

Affaire Tapie: avant Lagarde, Strauss-Kahn est impliqué

La lettre de Strauss-Kahn que la presse de gauche veut ignorer


Commission des finances de l'Assemblée nationale, le 10 septembre 2008:
Bernard Tapie et Didier Migaud, actuel président de la Cour des comptes, à droite.


9 députés socialistes cherchent à replonger DSK dans le bain

Le procureur général a été saisi vendredi par neuf députés socialistes qui dénoncent la procédure d'arbitrage ayant permis, en 2008, à Bernard Tapie de percevoir 285 millions et le rôle joué par la ministre de l'Économie, Christine Lagarde. Lien PaSiDupes
Parmi les neuf ligueurs, seul Pierre Bourguignon serait encore un proche de DSK: il appela au soutien de sa candidature, mais c'était en ...2006.
Or, en 1999,l'ancien ministre de l'Économie aujourd'hui candidat potentiel à la primaire socialiste, Dominique Strauss-Kahn avait pris une position déterminante pour la suite du dossier Adidas. En ressortant de l'eau ce dossier Adidas-Tapie, vieux de quinze ans et dans lequel droite comme gauche ont été impliquées, le PS de la Ch'tite Aubry remue l'eau trouble.

L'affaire Tapie-Lagarde-DSK doit maintenant aller vite
Un calendrier est déjà fixé à la Cour de cassation, où le procureur général, Jean-Louis Nadal, doit décider s'il renvoie ou non le dossier devant la Cour de justice de la République (CJR). « Nous nous sommes donné quinze jours pour vérifier tous les éléments. Nous voulons aller vite pour éviter toute manipulation politique », assure-t-on dans l'entourage de Jean-Louis Nadal, qui a déjà géré l'affaire Woerth-Bettencourt et a renvoyé l'ex-ministre devant la CJR.

Avant Lagarde, il y a d'abord eu DSK

Ceux qui n'ont pas la mémoire sélective se souviennent et le camp Tapie compte les points.

Les années de procédures
Le 17 mars 1999, Dominique Strauss-Kahn, alors à Bercy, signe un courrier important: il a en effet inclu Adidas dans la liste des risques que le Consortium de réalisation (CDR, chargé de la gestion du passif du Crédit lyonnais) doit assumer pour le compte de la banque. Une décision aujourd'hui contestée et qui sera lourde de conséquences pour les finances publiques.
Désormais, Bernard Tapie change d'interlocuteur: l'État remplace les syndics de liquidation. Sans ce préalable, il n'aurait sans doute pas pu espérer percevoir un jour une somme aussi conséquente.
La semaine denière, la Cour des comptes a souligné « la fragilité juridique » de cette lettre: « La Cour considère que le CDR s'est substitué à la responsabilité du Crédit lyonnais dans le dossier Adidas-Tapie au-delà de ce que pouvait autoriser le protocole » (qui, en 1995, fixait l'étendue des risques couverts par le CDR).

Le 12 novembre dernier, >Didier Migaud, président de la Cour des comptes, s'en inquiète encore auprès de François Fillon: « La lettre du 17 mars 1999 va au-delà de l'autorisation donnée par le Parlement dans la loi du 28 novembre 1995, ce qui la prive de fondement juridique.»
Dans sa réponse, François Fillon estime, lui, que le courrier de DSK n'a pas étendu mais seulement précisé le champ de la garantie du CDR.

Dans son rapport sur la mission parlementaire qu'il a menée, l'actuel président de la commission des finances, Jérôme Cahuzac (PS), met volontiers en cause Christine Lagarde, sans éluder cette question. Il fait de cet épisode le troisième point de son avant-propos, critiquant les sommes engagées par l'État: « Le CDR a accepté d'assumer seul des responsabilités qui incombaient au moins pour partie au Crédit Lyonnais (LCL), en dehors du champ de garantie. »

Auto-censure vertueuse

La presse militante fait grand tapage du rôle terminal de Christine Lagarde, mais avait passé sous silence celui, fondamental à l'origine et désormais controversé de DSK, le concurrent de la Ch'tite Aubry. Le 6 avril, Libération n'a toujours pas connaissance de la lettre de DSK et feint toujours d'ignorer son implication.

vendredi 3 avril 2009

Sa Cynique Majesté Royal fait la communication des repreneurs de la CAMIF

L’art et la manière de s’attribuer le mérite des autres

Les sauveteurs

Les trois entreprises qui ont repris le mois dernier une partie des activités de la CAMIF, devraient créer près de 600 emplois sur trois ans.
Camif Particuliers, numéro trois français de la vente à distance derrière les 3 Suisses et la Redoute, a été placée en liquidation judiciaire en octobre 2008 en raison de problèmes de trésorerie. La société, installée à Niort (Deux-Sèvres), employait 780 personnes.
Jusqu'à présent il n'avait fait état que d'un engagement à créer 300 emplois au cours d'une période de 12 à 18 mois, avec une priorité pour les anciens salariés de Camif Particuliers, la branche principale de la société basée à Niort.
Le consortium des trois repreneurs des actifs de Camif Particuliers s'était engagé dès le mois dernier à conserver son siège à Niort.
  • Matelsom, la société de vente en ligne de literie, qui a racheté la marque CAMIF, le site camif.fr et le fichier clients, va créer 150 emplois regroupées au sein d'un consortium, ont repris une partie des activités de la célèbre a entraîné le licenciement d'un millier de salariés.
  • Géodis (filiale de la SNCF), qui a repris les actifs logistiques, s'est engagée à créer 135 emplois.
  • Téléperformance, la société de centre d'appels, qui a repris ceux de la Camif, a promis d'en créer 300.

    La récupératrice

    Dans sa stratégie obsessionnelle de récupération de tout ce qui se fait en son absence, la p’tite Présidente de région a déclaré en grandes pompes le 3 avril 2009 ce que les acteurs ont déjà discrètement annoncé le 26 mars. "Ce projet mené par des entreprises innovantes, qui investissent en temps de crise démontrant qu'il n'y a pas de fatalité, redonne espoir aux salariés", a estimé Désirdavenir Royal.
    Dans le même temps, ce qui devait être son courant au PS, L'Espoir à gauche, lui echappe pourtant...

    La Région Poitou-Charentes dont elle est la présidente intermittente, n’est strictement pour rien dans le sauvetage de la CAMIF. Elle ne participe en effet ni à la reprise, ni au refinancement, ni au plan de relance.
    Le montant de ces acquisitions n'a d’ailleurs pas été précisé.
    La tête de gondole socialiste, qui insiste pour que l’Etat entre dans le capital des banques actuellement en difficultés, a refusé toute participation de sa région au sauvetage de la CAMIF et de ses personnels.

    Deux poids, deux mesures
  • Ce qui était possible à huit régions socialistes, mais pour EADS, Poitou-Charentes ne l'a pas envisagé pour la seule petite CAMIF… Il est vrai que le coup médiatique en faveur d'EADS n'a eu aucune incidence concrète, une fois la campagne présidentielle terminée...
  • L’étalement dans le temps, ici sur trois ans, est généralement stigmatisé par l’opposition pour des raisons sociales et humaines qui n’interpellent pas la gauche, lorsqu’il s’agit du Poitou-Charentes.