Jean-Luc Mélenchon accuse France 2 de lui avoir tendu un "traquenard médiatique"
"Ici les journalistes Léa Salamé [présentatrice], François Lenglet et Nathalie Saint-Cricq [la cheffe du service politique de France 2] ont abusé de leur autorité pour truquer des chiffres et mentir délibérément", a accusé lundi le chef de file de la France insoumise (LFI) sur son blog, à la date du 4 décembre, à la suite de son passage dans cette émission, le jeudi 30 novembre.
L'ancien candidat de l'extrême gauche éliminé au 1er tour de la présidentielle 2017 raconte d'abord par le menu sa prestation télévisuelle, un récit qu'il présente comme "l’unique moyen" dont il dispose "pour achever de transformer en une déroute morale dans le grand public ce traquenard une nouvelle fois organisé contre moi par France 2". D'après lui, les "bassesses", "tromperies" et "mensonges" qu'il dit avoir subis une fois sur le plateau constituent la preuve que l'émission s'est transformée en "règlement de compte entre une équipe de gens prête à toutes les mystifications pour frapper le principal opposant politique à ses employeurs."'L’Emission politique' a remplacé 'Des paroles et des actes' animée par David Pujadas, à l'approche de la campagne présidentielle 2017.
Il dit son fait à la journaliste franco-libanaise, pour commencer.
"Quand elle m’a pris à parti sur mon patrimoine de riche, moi le fils d’un postier et d’une institutrice, j’aurais pu lui en jeter de bien bonnes à la figure en matière de patrimoine et de famille," riposte le député des Bouches-du-Rhône, qui a très peu goûté les questions de la journaliste sur le sujet et la qualifie de "personne sans foi ni loi".
François Lenglet ne sort pas indemne de ses questions mezzo vocce.
Il doit quant à lui se justifier d'avoir "proféré deux mensonges en toute connaissance de cause", sur les impôts supplémentaires prévus par la France insoumise et la TVA des voitures. "Il ment sciemment. Il joue une comédie", dénonce Mélenchon.
La seule vue de Mme Saint-Cricq fait disjoncter Mélenchon
Au départ, la patronne de l'info cumule plusieurs handicaps, selon l'anti-libéral. La famille Saint-Cricq est l'un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest, qui édite le journal du même nom, quelques autres titres de presse écrite, et possède 40 % des parts de la chaîne TV Tours Val de Loire. Son frère, Olivier Saint-Cricq, est à la tête du directoire du groupe. Et elle est aujourd'hui la compagne du journaliste Patrice Duhamel.
L'échange avait donc été très tendu sur le plateau. Dans son post de blog, le leader de gauche sort carrément le bazooka : "La séquence finale PS/UMP avec Saint-Cricq et son comparse [Jean-Baptiste Marteau] a été une plongée en apnée dans l’égout de la politicaille psycho-minaudante dont cette dame est la figure de proue." Jean-Luc Mélenchon voue une rancune tenace à la journaliste qu'il a longtemps fréquentée lorsque lui était au PS et qu'elle couvrait l'actualité de la rue de Solférino. "Madame Saint-Cricq n’étant pas le moindre problème du fait qu’elle ne comprend pas la moitié des sujets dont on discute [misogynie non larvée] et qu’elle gouverne avec cette hargne caractérielle qui est la signature des faibles,une équipe de gens tétanisés par ses foucades et humeurs", flagelle-t-il.
Elle est en effet responsable d'échanges organisés avec des non-journalistesce qui est aussi bien vrai des autres chaînes de radio [France Info] ou de télévision [BFMTV] où l'identité des intervenants est masquée derrière des étiquettes génériques et floues d'"expert" ou de "spécialiste" sans référence à leurs engagements partisans. Mélenchon qualifie ces "rencontres avec les Français" de "supercherie où des guignols viennent jouer un rôle sous une fausse identité".
Jean-Luc Mélenchon fait référence à la manie qu'a France 2 de ne pas détailler le pedigree de certains invités en les présentant comme des Français lambda.
Les questions d'une invitée, Laurence Debray,sur les difficultés rencontrées au quotidien par les Vénézuéliens, ont fait s'exclamer le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône : "J‘en ai par-dessus la tête de ce genre de numéro. Chaque fois que je vais quelque part, je me tape 'Venezuela' ."
"Quel genre de 'dialogue' imaginer quand, sous couleur de 'Français de la société civile', on vous confronte à une illuminée comme cette madame Laurence Debray ?, interroge le sexagénaire, non sans raison, encore que l'exemple soit en l'occurrence mal choisi, si le patronyme n'évoque personne chez le "Chávez français". "J’aurais pu finir chacune de ses phrases à sa place".
Pas de questions qui fâchent pour Monsieur Mélenchon...
Le dominant des Insoumis déplore qu’il n’y ait "rien sauf le lourd appareil judiciaire et l’extrémité de la plainte en diffamation"
Il appelle donc à la création d’ "un tribunal professionnel" des media pour sanctionner symboliquement "les menteurs, les tricheurs, les enfumeurs”.Ce tribunal spécial pourrait être saisi et aurait un pouvoir de sanction symbolique.
Le dominant de la gauche radicale évoque aussi le lancement d’une pétition en ce sens : ses réseaux n'ont pas assez de Twitter pour vilipender en meute déviants et opposants.
"Je vais donc lancer avec mes amis une pétition en ce sens. Une telle instance, m'a-t-on dit, existe en Belgique”, poursuit le député de Marseille, une référence au Conseil de déontologie journalistique créé en 2009 à Bruxelles.
Privé de la connaissance à l’avance des sujets qu’allait aborder François Lenglet,le spécialiste économique de France 2, Mélenchon s'est senti blessé par l'outrecuidance d'une invitée au nom pourtant célèbre, Laurence Debray,fille unique de l'intellectuel, ex-castriste et théoricien de la guérilla marxiste-léniniste, Régis Debray, 77 ans, et de l'historienne vénézuélienne et guérillera proche de Fidel Castro, Elizabeth Burgos, 76 ans.
Il reproche à la filleule de l'actrice Simone Signoret de l'avoir interpellé sur la situation au Venezuela, l'accusant de "réciter les éléments de langage de l’extrême droite vénézuélienne comme un piano mécanique".
L'extrémiste de gauche assassine sa contradictrice en la qualifiant de "personnage rongé de narcissisme, prenant en otage le nom et l'histoire de son père pour le salir en public". Elle se positionne en effet comme l’exact contraire de ce que sont ses parents. Cette contre-révolutionnaire qui se tenait en embuscade de Mélenchon est dans la contradiction politique et dans la controverse affective.
Le tribun de la gauche extrême s'insurge également contre sa confrontation-surprise avec des agriculteurs défendant l’usage du glyphosate. Or, le conseil des gouvernements européens a tranché : le pesticide est encore autorisé pour cinq ans en Europe.
Venu pour "un super débat sur les deux doctrines économiques en présence”, l'extrémiste regrette le choix uniformément antagoniste d'autres intervenants, notamment cinq Jeunes agriculteurs (JA) favorables au glyphosate rencontrés dans une séquence reportage et des erreurs sur les chiffres du contre-budget proposé par les Insoumis.
La direction de l’information de France Télévisions s'est défendue.
Elle "rejette fermement les accusations de 'guet apens' et de 'traquenard' et soutient pleinement l’équipe de l’Emission politique, dont certains membres ont fait l’objet d’attaques ad hominem".
La direction de l’information a en outre affirmé que Jean-Luc Mélenchon "a fait l’objet de la même préparation dans le cadre de l’émission que les autres invités qui l’ont précédé".
Elle souligne d'ailleurs que le patron de la France insoumise "n’en est pas à sa première participation à l’Emission politique et a déjà été soumis aux mêmes séquences et au même traitement que les autres invités".
La Société des journalistes de France 2 a jugé "indigne d‘un responsable politique" les propos du député et a défendu les journalistes de l’émission.
"La SDJ de France 2 apporte son soutien à Nathalie Saint-Cricq, Léa Salamé, et François Lenglet, cibles d'attaques odieuses et inacceptables de la part de Jean-Luc Mélenchon", a-t-elle déclaré sur Twitter.
Revenant longuement sur l’émission de jeudi soir, Mélenchon estime en revanche que les trois journalistes ont notamment "faussé l’identité de personnes convoquées sur le plateau pour incarner 'des Français moyens' " qui ont défendu les pesticides et des "voleurs du fisc". "Auprès de qui se plaindre ? Où faire redresser la situation ? Quelle sanction faire appliquer pour dissuader de recommencer ?", interroge-t-il.
De nombreux Insoumis ont saisi le CSA,dès vendredi
Suite à l'émission pré-enregistrée mercredi, le politologue Thomas Guénolé, engagé à La France insoumise, a pris l’initiative de protestercontre "la présentation malhonnête de l’information”", par France 2, "spontanément" suivi par un groupe de militants.
Le CSA a confirmé lundi avoir reçu "plusieurs centaines" de signalements contre l’émission.
Ils pointent deux des invités, jeudi : Pauline Laigneauannoncée comme une directrice de PME (créatrice de la bijouterie en ligne Gemmyo),
et Laurence Debray, comme une historienne lambda de 41 ans, qui a toutefois travaillé comme trader au New York Stock Exchange, pour le Crédit lyonnais et HSBC, qui déteste Chávez et Mélenchon et s’est mariée avec un fils Servan-Schreiber, Emile, l'un des quatre garçons de Jean-Jacques (JJSS), le patron de presse (L'Express) et ministre de Giscard, et qui est "conseil en intelligence collective".
La première proposait l'an dernier dans Le Point de "jeter aux orties le 'Code du travail', des prises de position qui n‘ont pas été explicitées, tandis que la seconde est décrite en septembre dans le JDD comme macroniste.
Avec l'appui d’articles de presse, ils accusent la première d’être "ouvertement tenante d’une position ultra-libérale" et qualifient la seconde d’ "ex-banquière et macroniste".
Mélenchon n'est pas non plus un 'bleu' en matière de mensonge et de manipulation de l'opinion...
Mais, en même temps, il n'est pas responsable d'une chaîne publique d'information.
Alexis Kohler, 44 ans, nommé secrétaire général de l'Elysée
Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à Bercy, est nommé secrétaire général de l'Elysée, a indiqué dimanche l'entourage du président élu.
Enarque, A. Kohler, 44 ans, a notamment travaillé à l'Agence des participations de l'Etat, avant d'être le directeur adjoint de cabinet de Pierre Moscovici au ministère des Finances, puis de diriger le cabinet d'E. Macron au ministère de l'Economie (2014-2016). Il va succéder à Jean-Pierre Jouyet, ami proche de François Hollande et ancien secrétaire d'Etat de Nicolas Sarkozy.
Le secrétaire général de l’Élysée est le plus proche collaborateur du chef de l’État. Il dirige l’ensemble des conseillers, aide le président de la République à élaborer sa stratégie, veille sur les domaines réservés de celui-ci, à savoir la défense et les affaires étrangères.
Patrick Strzoda, nouveau directeur de cabinet du nouveau président
Agé de 64 ans, énarque (1983, promotion Léonard de Vinci), ancien préfet des Deux-Sèvres en 2004, de Savoie (et secrétaire général du comité d’organisation des Jeux olympiques d'hiver de 1992 à Albertville, toujours en Savoie) et de la région Bretagne (2013-2016), il fut d'abord directeur du cabinet du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, avant de l'accompagner brièvement au même poste à Matignon lorsque Cazeneuve succéda à Manuel Valls, Premier ministre démissionnaire en décembre dernier, et avant d'être nommé préfet de la région Ile-de-France entre les deux tours de la présidentielle, il n'y a pas un mois.
Philippe Etienne, 61 ans, a été nommé conseiller diplomatique
Actuel ambassadeur de France en Allemagne, Ph. Etienne est aussi énarque, il fut notamment directeur adjoint du cabinet de Hervé de Charette, ministre des Affaires étrangères d'Alain Juppé de 1995 à 1997, puis directeur de cabinet de Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010.
Ce diplomate français a été en poste en ambassade en Serbie, en Allemagne et en Russie. Il fut, de 2009 à 2014, représentant permanent de la France auprès de l'Union européenne à Bruxelles.
Le conseiller diplomatique fournit au chef de l’État des informations sur l’international et la diplomatie française.
Ismaël Emelien, 30 ans, a été nommé conseiller spécial du président
Diplômé de Science Po (2010), il est le plus jeune membre du cabinet d’Emmanuel Macron, mais a un gros CV, puisqu'à 19 ans, il a travaillé, lui aussi, avec son professeur, Dominique Strauss-Kahn sur la campagne avortée de 2006(notamment à la co-écriture, avec Gilles Finchelstein, des discours de l’ancien candidat à la primaire socialiste), et sur les primaires du Parti Socialiste préparant l'élection présidentielle de 2007.
En 2013, il œuvra à la campagne du président bolivarien Nicolás Maduro,président par intérim du Venezuela à la mort du président Hugo Chávez (2013,), lorsqu'il fut élu chef de l'Etat, aujourd'hui contesté dan la rue.
Il était déjà conseiller d’Emmanuel Macron au ministère de l’Économie, chargé de la stratégie, de la communication et des discours. Il a participé au lancement d’En Marche !, et était conseiller communication et affaires stratégiques pendant la campagne présidentielle.
Ismaël Emelien, conseiller de Macron, a fait partie de l'équipe qui pilotait la communication de Maduro https://t.co/tf1FbPemS9
Discret, Ismaël Emelien est d’une redoutable efficacité. Il suit les opinions et attentes des Français grâce à de nouveaux outils de traitement des données.
Cette fonction a notamment été occupée par Aquilino Morelle sous la présidence de François Hollande, ou encore par Henri Guaino, sous celle de Nicolas Sarkozy.
Emelien est l'antithèse du petit marquis Morelle, cet aîné délicat qui se faisait reluire les pompes à l'Elysée, aux frais de Marianne.
"Inaction" de l'UE face à l'afflux continu de dizaines de milliers de migrants
Sémantique : de clandestins (illégaux), on a fait des "migrants" sympas, puis des "réfugiés" politiques accueillis à bras ouverts; et, à l'expérience, retour au statut de "réfugiés économiques"...
C'est le prétexte invoqué par l'Allemagne pour justifier lundi sa décision de suspendre provisoirement suspendre la libre-circulation en Europe et aussi pour faire pression sur les états-membresà la veille d'une réunion à Bruxelles consacrée à la répartition des migrants.
Le vice-chancelier, Sigmar Gabriel, a estimé lundi sur le site internet du Parti-social démocrate allemand, dont il est président, que l'Allemagne pourrait avoir à accueillir jusqu'à un million de réfugiés en 2015, largement au-delà des 800.000 migrants jusqu'alors envisagés par Berlin.
Sans concertation, les contrôles ont repris aux frontières allemandes Dès l'aube à Freilassing, bourgade bavaroise à la frontière autrichienne, des bouchons monstres se sont formés en raison de la réintroduction dimanche soir des contrôles frontaliers. L'objectif de Berlin est de tenter de juguler l'arrivée en masse de migrants en Allemagne, destination finale de nombre d'entre eux, notamment des Syriens, qu'ils fuient la guerre ou cherchent des conditions de vie meilleures.
Les haies d'honneurs ont cessé à Munich.
La ville avait fait fait la Une des media en accueillant les clandestins à bras ouverts. Moins de deux semaines plus tard, proche de la saturation, la ville SPD, Verts et LGBT se replie face au déferlement de 63.000 réfugiés qui ont traversé les Balkans et l'Europe centrale. Au cours de la seule journée de samedi, quelque 13.000 demandeurs d'asile ont été comptabilisés, autant que le précédent record du 6 septembre.
"L'inaction européenne dans la crise des réfugiés a aussi conduit entre-temps l'Allemagne aux limites de ses capacités", a expliqué le vice-chancelier Sigmar Gabriel, l'adjoint social-démocrate d'Angela Merkel, au quotidien allemand Tagesspiegel de lundi. Le problème "n'est pas en premier lieu le nombre de réfugiés mais la rapidité avec laquelle ils arrivent", tempère-t-il.
La compagnie allemande du rail Deutsche Bahn a néanmoins indiqué avoir repris lundi à 05h00 GMT (07H00 locale) ses liaisons avec l'Autriche, suspendues la veille, excepté sur le tronçon Munich-Salzbourg, qui passe par Freilassing, en raison de présence de personnes non-identifiées sur la voie.
Un temps intéressée par l'afflux de la main d'oeuvre dont elle manque,l'Allemagne s'était jusqu'à présent fait l'avocat des migrants fuyant les conflits, estimant à 800.000 le nombre de demandeurs d'asile attendus cette année et faisant pression sur ses partenaires européens pour qu'ils accueillent aussi des réfugiés.
Berlin milite pour un retour à une stricte application des règles européennes
Les règles européennes prévoient que les demandes d'asile doivent être déposées dans le premier pays d'entrée de l'UE, une norme suspendue par l'Allemagne en faveur des Syriens. A la différence de la France et du Royaume-Uni, l'Allemagne n'a jamais exercé de mandat sur la Syrie et n'a donc aucun lien historique avec sa population.
Dans sa décision de contrôler ses frontières, l'Allemagne a entraîné des pays amis, au premier rang desquels les pays de l'Est qui rejettent depuis des semaines l'idée allemande de quotas de répartition des réfugiés entre les 28 membres de l'UE.
Partisan d'une politique très stricte face à l'afflux de migrants, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, a salué la décision "nécessaire" de Berlin. Prague a annoncé le renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Autriche, tout comme la police hongroise.
Hollande en a profité pour s'aligner sur Merckel. "C'est faute de leur respect [des règles européennes] que l'Allemagne a décidé d'établir temporairement des contrôles à ses frontières", a accusé le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.
La Commission européenne a jugé que cette annonce "souligne l'urgence" de parvenir à un plan européen de répartition.
Un compromis semble difficile à trouver La réunion extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'UE à Bruxelles lundi risque de ne pas déboucher sur des mesures concrètes et consensuelles. Nombre de pays repoussent l'idée même de quotas obligatoires d'accueil, du fait de leurs capacités économiques et de leur petite population.
L'Autriche se classe au 13e rang mondial pour son PIB par habitant (8.600.000 habitants) et la Hongrie au 57e rang pour environ 10 millions d'habitants, alors que la France arrive au 20e pour 66.320.000 habitants et l'Allemagne en 18e position pour 81.000 000 habitants.
Alimentée par la guerre de religion en terres d'islam, le "printemps arabe" et la misère au Moyen-Orient et en Afrique,la crise migratoire n'enregistre aucun signe de ralentissement. Au contraire, 5.809 migrants sont entrés en Hongrie dimanche,un nombre record avant la date fatidique du 15 septembre à partir de laquelle Budapest veut rendre hermétique sa frontière avec la Serbie (et du même coup de la Macédoine - deux états tampons extérieurs à l'UE mais demandeurs d'adhésion - sur la route menant de Turquie en Allemagne, via la Bulgarie, laquelle est membre de l'UE depuis 2007.
La presse joue de l'émotion suscitée par les drames
Suite à la suspension de facto des accords de Schengen sur la libre-circulation à la frontière germano-autrichienne, l'Allemagne a déployé plusieurs centaines de policiers dès dimanche soir pour contrôler systématiquement voitures et passants. Dans la nuit, la police a ainsi arrêté au moins un passeur, transportant huit Syriens dans sa camionnette. Toujours dimanche, 34 personnes, dont quatre bébés et 11 enfants, sont morts noyés en Méditerranée, dans le naufrage de leur embarcation au large de l'île grecque de Farmakonis, à 15 kilomètres des côtes turques.
La Grande-Bretagne a quant à elle annoncé lundi la nomination d'un sous-secrétaire d'État aux réfugiés, au moment où le Premier ministre David Cameron visitait un camp de réfugiés au Liban. Londres avait promis d'accueillir 20.000 Syriens en cinq ans.
Le Brésil et le Vénézuela ouvrent leurs frontières aux Syriens
Le Brésil accueille à "bras ouverts" les réfugiés syriens, selon la présidente Dilma Rousseff, lundi, alors que ils constituent le plus grand groupe de réfugiés actuellementprésents dans le pays. Les religions non chrétiennes sont pratiquées par 3,2 % de la population: Rousseff entend y remédier ! Quant au Venezuela, il se dit prêt à en accueillir 20.000 Syriens.Or, les immigrés colombiens sont devenus les bouc-émissaires de la crise économique au Vénézuela, Caracas a décidé fin août dernier de fermer sa frontière avec la Colombie... Aussi inconcevable que cela puisse paraître de la part du successeur d'Hugo Chavez, Nicolás Maduro - tout marxiste-léniniste puis révolutionnaire bolivarien du "Parti socialiste unifié du Vénézuela" qu'il soit - pratiquerait-il les contrôles au faciès ?
Les socialistes, extrêmes ou non, ont-ils réagi à la censure ?
La démocratie avance...
... à mesure que recule la révolution Treize stations de radio de la République bolivarienne (!) du Venezuela ont cessé d'émettre sur ordre du gouvernement, qui prévoit d'en fermer 21 autres,toutes accusées de discréditer la politique du président Hugo Chavez, au pouvoir depuis 1996, après plusieurs tentaives de putschs militaires... En matière de privation de liberté, selon les nantis européens, c 'est quoi Hadopi 2 à côté ?...
Les partisans du chef de l'Etat confirment cette "guerre des media" contre les stations de radio privées, très critiques envers Hugo Chavez, « fléau de l'oligarchie et héros des pauvres ».
Les adversaires du président dénoncent une atteinte à la liberté d'expression. "Ils interdisent tout espace à la dissidence au Venezuela", a déclaré William Echeverria, qui dirige le Conseil national des journalistes vénézuéliens. La vérité officielle Diosdado Cabello, ministre des Travaux publics dont dépend Conatel, la haute autorité de l'audiovisuel, a déclaré que certaines des radios étaient interdites parce qu'elles n'avaient pas renouvelé leur licence ou l'avaient transférée illégalement aux nouveaux propriétaires des stations... Hugo Chavez a cherché à contrebalancer le poids des radios et télévisions privées en créant de nouvelles stations publiques et des stations dirigées par des associations ou des communautés. En France, nous avons ça avec la présidente -également socialiste- de Poitou-Charentes. Un premier exemple? Elle avait tenté de prendre le producteur d'Arrêt sur Images dans ses filets, mais l'inconcevable était arrivé: Daniel Scneidermann avait traîné la charentaise. Et puis un autre. Dans le secteur agricole pareillement, Sa Cynique Majesté Royal favorise la Conférération Paysanne -proche de l'affreux Jojo Bové (Joseph, comme Staline!- et s'emploie à court-circuiter la FDSEA. Rien de nouveau donc sous le soleil de la région Poitou-Charentes:Royal-Chavez, même combat ! -> En novembre 2007, le président colombien,Alvaro Uribe, avait mis fin à la médiation d'Hugo Chavez, son homologue vénézuélien, qui était chargé de négocier avec la guérilla des révolutionnaires Farc la libération de leurs otages, dont Ingrid Betancourt, en échange de prisonniers. L'ex-putschiste Chavez réagit violemment lorsque, le dimanche 28 juin 2009, l'armée hondurienne chassa du pouvoir leprésident Manuel Zelaya, l'expulsant vers le Costa Rica. Le président Chavez annonça la mise en état d'alerte de l'armée vénézuélienne et assura qu'il pourrait intervenir militairement si on s'en prenait à l'ambassadeur du Venezuela au Honduras. A la télévision nationale, il assura en outre qu'il ferait tout ce qu'il faut pour "faire échouer" le putsch. L'opposition vénézuelienne est muselée<br> En 2006, le Venezuela était classé 115e pays sur 168 par Reporters sans frontières en matière de liberté de la presse.
->L'ONG Espacio Público a recensé cette même année 106 atteintes à la liberté d'expression sans en indiquer la ou les origines.
->RSF pointe l'adoption de nouvelles lois en 2004 et 2005 contre différents types d'« offenses », notamment à la personne du président, et contre les appels à la violence, les jugeant « très restrictive[s] en matière de liberté d’expression » et affirmant qu'elles créent « un climat d’autocensure au sein des médias ». La position de RSF vis-à-vis du gouvernement Chávez est cependant critiquée, cette dernière ayant repris de fausses informations données par certains media nationaux vénézuéliens durant le coup d'état de 2002 et ne possédant au Vénézuela que des correspondants impliqués dans les media d'opposition... ->Dimanche 27 mai 2007, une minute avant minuit,la Radio Caracas TeleVision (RCTV) a cessé d'émettre sur le réseau hertzien. La commission nationale (et démocratique) des télécommunications avait décidé de ne pas renouveler la concession hertzienne de cette chaîne en partie à cause de son soutien et de sa couverture du coup d'État de Pedro Carmona en 2002. Cependant,RCTVcontinue toujours d'émettre sur le réseau câblé et par satellite avec une audience potentielle restreinte au cinquième de la population. N.B. L'espace qu'occupait RCTV a été attribué à une nouvelle chaîne publique, TVes (Televisora Venzolana Social), dont, selon une étude de l'institut de recherches en communication (ininco) dirigé par le sociologue d'opposition favorable au coup d'état Oscar Lucien, 74 % des contenus relèveraient de la diffusion et de l'information socialiste. Depuis ce non-renouvellement, des manifestations, notamment étudiantes, ont eu lieu pour soutenir ou protester au sujet de cette décision.
-> Hugo Chavez a été accusé par Le Monde d'attaquer Globovision, « dernière chaîne de télévision d'opposition » selon le journal, lorsque le président vénézuélien a accusé la chaîne d'inciter à son assassinat.
-> Le développement en cours de l'Internet n'est encouragé au Venezuela que pour permettre à Cuba de contourner l'embargo auquel les États-Unis la soumettent.
Or,Jean-Luc Mélenchon trouverait déplacé que le Parlement européen dénonça le totalitarisme médiatique de M. Chavez.Citons les arguments de Mélenchon: "Pour commencer et situer le niveau, rappelons que, la chaîne RCTV a participé activement au processus de "rupture constitutionnelle"à la suite du coup d’état militaire d’avril 2002 contre le président Chavez. Ce qui signifie qu’elle a approuvé et accompagné le putch puis qu’elle a fait le travail d’appui aux décisions des putchistes. : incitations à des manifestations insurrectionnelles, appel à la démission du président élu, répétition à l’antenne de slogans anti-chavistes comme "Fuera, fuera" (dehors, dehors), "Se va, se va"(il s’en va, il s’en va), appels à la démission des nouveaux directeurs de PDVSA (compagnie du pétrole remises aux mains de la nation), diffusion des arrangues de Pedro Carmona (chef des putschistes) et de Fedecámaras (le syndicat des chefs d’entreprise), diffusion des propos d’un chef félon de la sécurité prévenant que la sécurité du palais gouvernemental ne serait pas assurée, diffusion des directives des insurgés appelant la foule à marcher sur la présidence, diffusion répétée d’images montrant des blessés, imputation au président de la responsabilité des violences mortelles, annonce (faux comme on le sait) de la démission de Chávez, puis de son arrestation en précisant qu’il devrait "payer pour les crimes commis" et "planifiés" par lui. Dans quel pays au monde une telle chaîne n’aurait pas été immédiatement suspendue après le rétablissement des autorités constitutionnelles ?" PLUS dans ...AgoraVox Le socialiste Mélenchon soutient aussi la Chine:
“Je ne suis pas d’accord avec les manifestations en faveur du boycott des jeux olympiques“, écrivait-il au moment des JO de Pékin. On s’étonne un peu mais on se “rassure” en voyant que cette attaque vise Bob Ménard, le secrétaire général de Reporters sans frontières, dont il “ne partage pas du tout l’enthousiasme béat pour le Dalaï lama“. (LIEN)
-> En 2006, la ré-élection d'Hugo Chavez suscita une forte contestation. Déjà le 10 décembre 2001, le patronat et des organisations de type syndical vénézuéliennes appellèrent à une grève générale pour protester contre les mesures économiques d'Hugo Chávez. À cette occasion Pedro Carmona considèra que les mesures économiques prises par Chávez représentent la plus grande confiscation de propriété privée de l'histoire du Venezuela. ->Le 4 septembre 2006, il annonça l'organisation pour 2010 d'un référendum constitutionnelafin, entre autres, d'abolir toute limite au nombre de mandats pouvant être effectués par le président. Cette proposition a été interprétée dans certains médias français comme Le Monde et le JT de 20h de TF1 du 3 décembre 2006 comme l'organisation d'une présidence à vie. ->Le 2 décembre 2007, l'électorat vénézuélien rejette par référendum la réforme constitutionnelle proposée par Hugo Chávez. L'hebdomadaire britannique The Economist accuse Chávez, qu'il qualifie d'autocrate, de prendre plusieurs mesures violant la constitution de 1999 qui est encore en vigueur. Marianne se singularise En février 2009, Marianne fustigeait Libération pour ses attaques contre Chavez L'hebdo titrait: « Venezuela: Libé se verrait bien désinformer ses lecteurs à vie » et dénonçait ces affirmations:« Chavez se verrait bien en président à vie ». Les intertitres : « caudillo » et « insécurité ». Les témoins parlent de « caudillisme ».La révolution bolivarienne est un « castrisme new-look ». Voilà ce que Libération offre à ses lecteurs, le 14 février 2009, en guise d´information préalable sur le nouveau scrutin que vient de remporter le peuple bolivarien avec une marge éclatante de dix pour cent, au bout de dix ans de révolution. » Les journalistes amis de Zizou-Bayrou volaient ensuite au secours du militaire vénézuélien. LIEN Marianne
Puisque tout est basse vengeance à Marianne, l'hebdo terminait cet irrésistible article avec une emarquable délicatesse confraternelle : «Libération est passée de Sartre à Rothschild, sans sortir des règlements de compte des années 80, rivée au dogme selon lequel toute révolution mène au stalinisme. En fondant le journal Sartre avait prévenu : « Le droit à l'information n'est pas, comme on le croit à tort, un droit du journaliste mais le droit du peuple de savoir ce qui se passe. Le rôle du journaliste, en somme, est de permettre au peuple de discuter avec le peuple. » On croit rêver. Et ils prétendent tous nous informer ! A la manière du PS
Le 9 mars 2008 est officiellement fondé le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), fort de près de deux millions et demi d'adhérents. Bien que regroupant, en plus du Mouvement Cinquième République, plusieurs petites formations soutenant le gouvernement, il a échoué à en convaincre d'autres, comme le Parti communiste du Venezuela, d'abandonner leur indépendance pour se dissoudre dans le nouveau parti. Or, en France, Les Verts ont riposté à la tentative de la h'tite Aubry de les incarcérer dans la « maison commune » socialiste. Le "minable" Dany-le-Rouge avait accusé le premier secrétaire du PS (Français, cette fois) de "paternalisme" et avait invité la maire de Lille à ne pas "nous casser les pieds" !
A ce propos,PaSiDupes rappelle commenten novembre 2007, Don Juan Carlos avait donné une leçon de vie et de démocratie à l'autocrate vénézuélien. Au sommet ibérico-américain de 2007 à Santiago du Chili, excédé par les prises de parole intempestives d'Hugo Chavez, le roi d'Espagne rappella le "démocrate monarchiste" à la correction, apportant du même coup son soutien au chef du gouvernement socialiste espagnol, le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero qui exigeait "un peu de respect" du président vénézuélien à l'égard du conservateur José Maria Aznar, le précédent chef du gouvernement "élu par le peuple espagnol". Hugo Chavez venait de le traiter de ... "fasciste". En espagnol, cliquer surVOIR et ENTENDRE
VOIR et ENTENDREaussi France 24, en anglais (humour)Avec Hugo Chavez à sa tête, le pays est en bonne voie vers une « République socialiste du Venezuela ». Le Parti socialiste s'est transformé ? Co-fondateur du Fatah avec Yasser Arafat (1959), qui est une organisation politique et militaire palestinienne, mais laïque (contrairement par exemple au Front populaire de libération de la Palestine d'obédience marxiste), alors que le Hezbollah est son équivalent libanais financé par l'Iran,Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, et membre consultatif de l'Internationale socialiste, est ici au côté de Sa Cynique Majesté Royal. Désirdavenir Royal s'était rendue au Liban en décembre 2006 pour ne pas écouter ses interlocuteurs... Elle n'aurait pas entendu l'une des figures les plus controversées du Hezbollah (parti de Dieu), le député Ali Ammar, qui, avait longuement insisté sur "la folie de la politique américaine". L'amère Royal s'était trouvée avec lui nombre de points communs et avait déclaré partager avec lui "beaucoup de choses, notamment l'analyse du rôle des Etats-Unis", avant de faire une pirouette et souligner qu'elle évoquait la politique américaine ...en Irak. Estimant qu'il n'y avait eu de sa part "ni faux pas, ni maladresse", la candidate socialiste avait repris l'offensive sur le thème de la femme forte et assuré que "personne" ne l'empêcherait de "continuer à dialoguer avec des représentants démocratiquement élus", une manière d'imposer sa vision de l'exercice du pouvoir. Dialogue de sourds, en l'occurence. Ou « débat participatif », comme elle voudra ! Sachant -qui sait !- à qui il avait affaire, c'est ensuite à deux reprises en sa présence, que le député 'démocratiquement élu' comme les aime l'amère Royal, avait comparé l'occupation israélienne du Sud-Liban à l'occupation nazie de la France. « Le nazisme qui a versé notre sang et qui a usurpé notre indépendance et notre souveraineté n'est pas moins mauvais que le nazisme qui a occupé la France. » Ne trouvant rien a redire à ça, mais 'droit dans ses bottes', la candidate socialiste à l'Elysée, n'exprima pas sa désapprobation, puisque, riche dualificatifs, elle prétendit n'avoir "pas entendu" ces propos "inadmissibles, abominables, odieux" ... La quinqua est manifestement dure de la feuille quand ça l'arrange: "Je n'ai pas entendu cette comparaison et si cette comparaison avait été faite, que ce soit moi ou que ce soit l'ambassadeur de Francequi était à mes côtés et qui n'a pas non plus entendu ces propos [qu'elle implique pour se disculper], nous aurions quitté la salle". Un beau coup de pub manqué et une occasion de se blanchir de toutes ses bourdes à l'international.
Le journal Le Monde y vit d'ailleurs plutôt un «manque de réaction ». Dès lors, pouvait-elle justement accuser un quelconque adversaire de rester « les bras ballants » ?... D'ailleurs, Ahmadinejad embrasse Chavez (juin 2009, ci-dessus avant les vidéos) et le Hezbollah (lequel est implanté au Vénézuela), Melenchon embrasse Chavez,le Hezbollah embrasse Marie-sEGOlène sur l'oreille. Pendant la présidentielle, Chavez déclara de la prétendante: "Nous ne la connaissons pasmais femme et socialiste... notre coeur est avec elle", en soulignant l’"écart très serré" entre Désirdavenir Royal et Nicolas Sarkozy, son « concurrent » (autant dire 'challenger' !) Une dernière pour la route du soleil ? Chef de file de la gauche radicale en Amérique latine, le dirigeant vénézuélien, est un allié du leader cubain Fidel Castro.
Comment les démocrates justifient-ils cette défaite de la démocratie?
"C'est une victoire nette du peuple, (...) de la révolution" ? C’est Hugo Chavez,qui le dit…. Le lieutenant-colonel Chavez, fils d’enseignants, né en 1954 et une deuxième fois divorcé, qui se revendique de Simon Bolivar (1783-1830), s'attribue peu à peu tous les pouvoirs et ne pourra s'en prendre qu'à lui-même s'il doit dire un jour, comme son modèle à sa mort : "J'ai labouré la mer et semé le vent".
Les pleins pouvoirs, à vie
Rien de suspect...
Un amendement constitutionnel permettra au président Hugo Chavez - ainsi qu'à l'ensemble des titulaires de mandats électifs - de se représenter autant de fois qu'ils le souhaiteront. Les Vénézuéliens ont en effet voté "oui" à 54% au référendum qui permettra au président en place de se représenter en 2012, dix ans après son arrivée au pouvoir. N’est-ce pas déjà lui qui, en 1999, fit passer le mandat du président de 5 ans à 6 ans ? Dans ce régime hautement démocratique, officiellement inspiré des principes de Simón Bolívar, le président Hugo Chávez remporte toutes les élections avec 60 % des voix environ depuis celle qui l'a porté au pouvoir dans « Île de Grâce », il y a dix ans, en 1999. Rien d’alarmant, puisque, le 4 février 1992, Hugo Chávez a un passé de démocrate ? Il tenta simplement un coup d'État contre le président Carlos Andrés Pérez, le putsch échoua et Chávez fut emprisonné pendant deux ans…
Promesse de démocratie Avant le référendum, le président populiste identifiait sa modeste personne au pays, déclarant: "Aujourd'hui, mon avenir politique se décide. Le futur du pays est en jeu". Aujourd’hui, il assure que "la vérité a triomphé sur le mensonge, la dignité de la patrie l'a emporté sur ceux qui la nient, la constance a gagné", a déclaré Hugo Chavez devant des milliers de partisans rassemblés face au palais présidentiel. "Je jure, qu'à partir de cet instant, je vais me consacrer pleinement au service du peuple, de manière définitive".
Des milliers de partisans du chef de l'Etat ont fêté la victoire du "oui" dans les rues de la capitale agitant des drapeaux rouges, couleur emblématique du mouvement présidentiel, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV). Le président vénézuélien a ensuite lu un message du dirigeant historique cubain Fidel Castro le félicitant "pour une victoire d'une telle ampleur qu'elle est impossible à mesurer".
L’opposition Elle a admis sa défaite, tout en estimant que la "campagne a été celle de David contre Goliath et (que) Goliath a gagné". Omar Barboza, président du mouvement Un nouveau temps (social démocrate) a dénoncé l'utilisation "sans scrupules" des moyens de l'Etat pour permettre au "oui" de l'emporter, tout en se félicitant que le non ait obtenu "plus de cinq millions de voix". "Notre projet est très différent du projet totalitaire du président Chavez", a-t-il encore dit. Mais, "en tant que démocrates, nous reconnaissons les résultats", de ce scrutin, a-t-il poursuivi, en promettant de continuer à lutter "sur le terrain des idées". Tout ne va pas tout seul cependant: « Venezuela: estudiantes y oposición marchan contra la reforma de Chávez », titrait un journal, en novembre 2007.
La démocratie avance-t-elle ?
La vie politique Un Vénézuélien sur trois n’a pas voté. Le "oui" a recueilli 6,3 millions de voix et le "non" cinq millions, selon les résultats partiels disponibles, tandis que l'abstention a atteint 32,9% des inscrits. La règle en vigueur jusque-là n'autorisait pas plus de deux mandats consécutifs, ce qui aurait obligé Hugo Chavez à quitter le pouvoir à l'issue de son deuxième mandat, début 2013, sans pouvoir postuler à nouveau dans la foulée. Le 2 décembre 2007, les Vénézuéliens avaient rejeté une vaste réforme d'inspiration socialiste de la Constitution qui prévoyait déjà la possibilité de réélire le président au-delà de deux mandats de six ans. Le chef de l'Etat vénézuélien, élu en 1998 et réélu en 2006, argumentait sans cesse qu'il avait besoin de temps pour approfondir sa "révolution bolivarienne", précisant qu'il souhaitait rester au pouvoir au moinsjusqu'en 2019. La propagande chaviste de campagne s'était d'ailleurs centrée sur des progrès sociaux réalisés sur dix ans en matière de santé, d'éducation et de logement, tandis que l'opposition dénonçait l'insécurité, la corruption et l'inflation frappant le pays. Mais, suite au boycott des élections législatives par l’opposition en décembre, le Parlement est entièrement contrôlé par les partisans du chef de l’État.
La situation économique Une crise économique explique l'arrivée au pouvoir du Président Hugo Chavez à la tête du Vénézuela, membre fondateur de l'OPEP. Celui-ci décida alors une socialisation progressive de l'économie et un affrontement idéologique avec les États-Unis, son principal client économique. La hausse des cours du pétrole depuis 2004 a permis de stopper la baisse du PIB et de financer les programmes, mais l'inflation est toujours élevée avec 17 % en 2005. La baisse des prix du pétrole, qui nous a fait du bien dans la deuxième moitié de 2008, pourrait paralyser la politique sociale de Chavez, au moins le temps que le référendum vient de lui garantir. D’autant que le taux de chômage était de 6,7 % en octobre 2008, selon l'OIT (Office International du Travail).
Cette conception de la démocratie satisfait les républicains?
Pour garantir l’alternance démocratique, les Français ont voulu un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une seule fois et la gauche s’est félicitée de ce vote. Au Vénézuela, le même homme exerce tous les pouvoirs depuis le 2 février 1999, il a été réélu le 30 juillet 2000 puis le 3 décembre 2006. Il s’est donc assuré de pouvoir l’être encore en 2012. Mieux, il a déclaré qu’il sera encore là en 2019 : pour se représenter une dernière fois aux élections, à 65 ans ? S’il tient ses promesses, il se sera maintenu au pouvoir au moins 20 ans. Et au pire 26, s’il se représentait en 2019. De quoi susciter l’approbation de nos idéologues de gauche .
Totalitarisme
En 2007, Hugo Chávez, qui s’autoproclama « fléau de l’oligarchie et héros des pauvres » demanda des pouvoirs spéciaux qui, grâce à une « loi d'habilitation révolutionnaire » lui ont permis de gouverner par décrets, sans passer par le Parlement, pendant les dix-huit mois à partir du 1er janvier 2007. Ces pouvoirs spéciaux sont étendus mais limités aux thèmes sociaux (recentralisation des ministères de la santé, du logement et de la sécurité alimentaire), à la réforme agraire (inventaire, récupération et distribution de toutes les terres non ou mal exploitées à des coopératives) et à la récupération par achats des services publics et industries stratégiques, privatisées dans les dernières décennies (électricité, eaux, télécommunications, industrie pétrolière et minière : fer, aluminium or et diamants). Ce programme est déjà en marche depuis le 1er janvier 2007, avec des répercussions variées : très critiqué par les grands propriétaires terriens. Dans l'industrie pétrolière, les partenaires commerciaux étrangers doivent désormais se contenter d'une participation minoritaire dans toutes les sociétés. Jusqu'à présent tous ont accepté, bon gré mal gré, y compris TOTAL-FINA qui exploite et modifie des pétroles très lourds de la ceinture de l'Orénoque. On l’a compris, la Constitution Bolivarienne de 1999 au Vénézuela oblige le Gouvernement à « renverser les données économiques qui, dirigées par le Fonds monétaire international (FMI) avaient été la cause de la « décennie perdue » (1985-1995), et ses terribles effets négatifs sur les populations et leurs systèmes économiques », selon les termes du président. Chávez applique donc ce programme à la lettre. Son action politique est centrée sur le renforcement du rôle de l’État par le biais de nationalisations et la revalorisation du pétrole, principal produit d'exportation du pays. Et les libertés d'expression et de la presse ? En 2006, le Venezuela était classé 115e pays sur 168 par Reporters Sans Frontières (RSF) en matière de liberté de la presse. La liberté de vote n’en souffrirait-elle pas quelque peu ? L'ONG Espacio Público a recensé cette année-là 106 atteintes à la liberté d'expression sans en indiquer la ou les origines. RSF pointe l'adoption de nouvelles lois en 2004 et 2005 contre différents types d'« offenses », notamment à la personne du président, et contre les appels à la violence, les jugeant « très restrictive[s] en matière de liberté d’expression » et affirmant qu'elles créent « un climat d’autocensure au sein des médias ». Mais ce n’est pas tout…
Le dimanche 27 mai 2007, une minute avant minuit, la Radio Caracas TeleVision a cessé d'émettre sur le réseau hertzien, la commission nationale des télécommunications ayant décidé de ne pas renouveler la concession hertzienne de cette chaîne en partie à cause de son soutien et de sa couverture du coup d'État de Pedro Carmona en 2002. Cependant, RCTV continue toujours d'émettre sur le réseau câblé et par satellite avec une audience potentielle restreinte au cinquième de la population. L'espace qu'occupait RCTV a été attribué à une nouvelle chaîne publique, TVes (Televisora Venzolana Social), dont, selon une étude de l'institut de recherches en communication (ininco) dirigé par le sociologue d'opposition favorable au coup d'état Oscar Lucien, 74 % des contenus relèveraient de la diffusion et de l'information socialiste. Depuis ce non-renouvellement, des manifestations, notamment étudiantes, ont eu lieu pour soutenir ou protester au sujet de cette décision. Le Monde accuse Hugo Chavez d'attaquer Globovision, « dernière chaîne de télévision d'opposition » selon le journal. Le président vénézuélien a accusé la chaîne de pousser à l’assassinat de sa personne bien-aimée…
Un pouvoir totalitaire, c’est donc quoi, si ce n’est ça ?
L'opposition vénézuelienne antichaviste qualifie ce régime de « démocratie absolutiste ». Ses inquiétudes au lendemain du référendum sont renforcées, car elle estime qu'il avait déjà trop de pouvoir, sur les tribunaux, l'assemblée et le conseil électoral. En repoussant la limite de 12 ans de mandat posée en 1999, il devient incontrôlable. "S'il gagne, plus rien ne le retiendra et il va faire du Venezuela un autre Cuba [accusé de génocide], parce que c'est ce qu'il veut" redoutait Adriana Hernandez, une étudiante en ingénierie de 19 ans. "Il créera des lois par décret, et s'en prendra à la propriété privée".
Et pendant ce temps, notre gauche républicaine s’accommode de la situation et tarde à réagir. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, approuve probablement la décision libre du peuple vénézuelien, en ricanant, tandis que la Ch'tite Aubry regarde ailleurs et que Désirdavenir Royal gère ses problèmles de réfrigérateurs. Marie-George Buffet n’est pas le moins du monde interpellée. Les trotskistes se félicitent de ce coup dur pour la démocratie. Sans vouloir faire de l'ombre à Barrack Hussein Obama, Chavez est un exemple pour les insurgés d'Outre-Mer du LKP qui tiennent la majorité de leurs population sous leur domination, sous la menace.
Et les media indépendants et insolents restent étrangement libres de ne rien en penser… Une agence de presse parle toutefois de « pari gagné » !...
Sont-ce nos besoins en pétrole qui font que notre opposition s’en prend aux profits de la société française Total, mais reste aveugle, sourde et muette quand il s’agit de la « République socialiste du Venezuela », état totalitaire à la mode bolivarienne ?
Ou bien est-ce une question d’idéologie ?
Après tout, le Vénézuela n’est-il pas membre de la COPPPAL, Conférence permanente des partis politiques d'Amérique latine et des Caraïbe, avec le Brésil du président Lula, le bolivien Uvo Morales et les Castro deCuba ? En France, les amis de Castro sont les amis de Jack Lang et Danielle Mitterrand, qui accordent amitié et caution à Chavez, comme à Castro. Le néo-bolivarisme de Chavez n’est-il pas également influencé fortement par les écrits de Federico Brito Figueroa, historien marxiste ?