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lundi 2 décembre 2019

Sylvie Goulard, MoDem, mise en examen ce jour pour "détournement de fonds publics"

Une ex-ministre des Armées de Macron, démissionnaire et, désormais, mise en examen 

L'ex-eurodéputée MoDem est inquiétée à son tour
 pour des emplois présumés fictifs d'assistants de députés européens
Goulard avait été pressentie pour être premier ministre
à la place de Philippe



L'élue du parti vertueux parti centriste de Bayrou (2009-2017) - que Macron a bombardée sous-gouverneure de la Banque de France - est  mise en examen dans une enquête pour "détournement de fonds publics" qui lui a déjà valu le rejet de sa candidature par la nouvelle Commission européenneLa nouvelle est tombée ce lundi 2 décembre, une semaine après celles de l’ancien ministre de la Justice et ex-trésorier du MoDem, Michel Mercier, et du directeur financier du parti, Alexandre Nardella.

L’éphémère ministre des Armées de Macron au gouvernement d’Edouard Philippe,  est soupçonnée par la justice française d’avoir participé à un système mis en place par François Bayrou et consistant à faire rémunérer des salariés du MoDem par le Parlement européen comme assistants alors qu’ils n’exerçaient aucune fonction à  Strasbourg, mais étaient utilisés par le parti à Paris.

Une méthode permettant ainsi au MoDem de soulager ses finances en berne. Selon un rapport des enquêteurs de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCCLIFF), le parti centriste aurait mis en place une "institutionnalisation du prêt d’assistants parlementaires".

Déjà interrogée le 10 septembre par la police judiciaire, Sylvie Goulard avait rencontré certaines difficultés à expliquer la nature du travail effectué par son assistant parlementaire Stéphane Thérou, actuellement directeur de cabinet de François Bayrou à la mairie de Pau. 

En avril dernier, des policiers ont perquisitionné le domicile palois de Stéphane Thérou. Le maire de Pau et président du MoDem François Bayrou a précisé que S. Thérou avait travaillé comme assistant au Parlement européen "du général Philippe Morillon (...) et pour l'eurodéputée Sylvie Goulard.".

Après une enquête préliminaire du Parquet de Paris en mars 2017, visant une vingtaine d'eurodéputés de tous bords, puis une enquête visant spécifiquement le MoDem, une information judiciaire contre X, confiée à des juges d'instruction parisiens avait été ouverte en juillet 2017 pour "abus de confiance, recel d'abus de confiance et escroqueries".
La justice cherche à savoir si des collaborateurs d'eurodéputés ont été rémunérés par des fonds publics du Parlement européen alors qu'ils étaient affectés à des tâches pour le MoDem.

Une quinzaine de personnes convoquées

Dans le cadre d’une procédure similaire de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), S. Goulard, candidate malheureuse de la France à la Commission européenne, avait dû rembourser 45.000 euros, 5.625 euros mensuels : la somme correspondait à huit mois de salaire d’un de ses assistants, pour lequel elle n’avait pas pu fournir "de preuve de travail".

Le Parlement européen a depuis sommé deux anciens eurodéputés du MoDem, de lui rembourser plusieurs milliers d’euros dans le cadre d’une procédure administrative sur l’emploi présumé fictif de leurs assistants. Jean-Luc Bennhamias, ancien des Verts élu sous l’étiquette du MoDem entre 2009 et 2014, devra rembourser environ 45.000 euros, pour l’emploi de deux assistants à temps partiel. Nathalie Griesbeck, eurodéputée centriste de 2004 à 2019, devra, quant à elle, payer "environ 100.000 euros".

L’enquête de la justice française avait conduit à la démission de Sylvie Goulard du gouvernement composé par Macronen juin 2017, suivie par celle de Marielle de Sarnez et de l’ancien garde des sceaux François Bayrou qui s’apprêtait à porter le projet de loi sur la... moralisation de la vie publique.

Les interrogatoires doivent se poursuivre jusqu’au 6 décembre, date à laquelle le président du MoDem, François Bayrou, est attendu dans le bureau de la juge d’instruction du pôle financier Charlotte Bilger. Au total, une quinzaine de personnes – eurodéputés, assistants parlementaires et cadres du parti – ont été convoquées.

Bayrou a assuré jeudi qu’il ne démissionnera pas de la mairie de Pau s’il était mis en examen dans l’affaire des emplois présumés fictifs des assistants d’eurodéputés de son parti, pas plus que Goulard ne démissionne de la Banque de France. "Tout le monde est mis en examen ou à peu près dans la vie politique française", avait-t-il également relativisé dans un amalgame indécent lors d'un entretien avec RMC. 
Selon la version qu'il donne de l'organisation du financement occulte de son parti, les collaborateurs travaillaient "à temps partiel" pour le MoDem et "étaient payés pour une fraction de temps par le Parlement européen et l’autre faction du temps par notre mouvement". "Qu’est-ce qu’il y a de répréhensible à ça ?"
Le tribunal jugera "en toute indépendance" quand il aura face à lui son ancien ministre de la Justice.

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