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samedi 14 décembre 2019

Incendie dans une raffinerie Total, sur la commune du premier ministre

La raffinerie Total de Normandie, la plus grande de France, classée Seveso seuil haut, a été la cible d'un incendie

Un arrêté préfectoral met le feu à la raffinerie

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Image due à France bleu
L'incendie s'est déclaré au lendemain de la signature d'un arrêté préfectoral autorisant la réouverture partielle, mais vivement contestée, de l'usine Lubrizol de Rouen, également classé site Seveso seuil haut, dont une partie a été ravagée par les flammes le 26 septembre dernier. 
"Ce matin à 4h00 un incendie de pétrole brut s'est déclaré au sein d'une unité de raffinage de l'usine Total, sur la commune de Gonfreville-l'Orcher [à 11 km de la mairie du Havre]. Une pompe servant à faire circuler le pétrole brut au sein [ça fait deux] de la raffinerie a pris feu générant un dégagement de fumée sur la zone industrielle du port" [et au-delà !], a indiqué la préfecture de Seine-Maritime par communiqué.
L'incendie d'une pompe de pétrole brut a occasionné d'importantes fumées noires à l'est du Havre, samedi à l'aube, sur une zone d'une dizaine de kilomètres, sans faire de blessé déclaré. Il a été maîtrisé, après avoir dégagé une importante fumée noire sur environ 22 kilomètres à la ronde, dont on ignore, pour l'heure, si elle est toxique.  
Les fumées ont touché les communes de Sandouville, Rogerville, Oudalle, Gonfreville-l'Orcher et Saint Vigor d'Ymonville, à l'embouchure de la Seine, à dix kilomètres à l'est du Havre.
Un périmètre de sécurité a été mis en place. 
Une odeur de goudron chaud inhabituelle flottait dans l'atmosphère, tandis qu'une lance à eau était toujours déployée en milieu de journée pour éteindre des feux résiduels.

"Je suis née là. Je vis avec la raffinerie depuis 77 ans", témoigne Christiane, une habitante dont plusieurs membres de la familles sont salariés de l'usine. Alors, "on n'est pas spécialement inquiets", assure-t-elle. Je n'ai rien vu ni entendu. Les fenêtres étaient noires ce matin, mais c'est fréquent", a-t-elle ajouté, sans crainte apparente pour ses poumons...

Un autre témoin dont la famille est liée à la raffinerie nie pareillement. Il vit dans le quartier des Côtes blanches, en face de la raffinerie mais, lui non plus,  n' "rien vu ni rien entendu", mis à part un hélicoptère qui survolait le site, et il ne se dit "pas inquiet".

Un site classé Seveso (seuil haut), mais sans danger ! 

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Photo illustrant l'article de Libération
"On vit avec la raffinerie, c'est un choix d'être là [c'est leur gagne-pain]. On travaille sur le plan de prévention des risques technologiques (PPRT); il y a des travaux en cours pour renforcer les toitures et les fenêtres", indique de son côté Nathalie Coustham, qui vit depuis vingt ans aux Côtes Blanches, le quartier le plus proche de la raffinerie.

La préfecture avait recommandé la mise à l'abri des populations.
La consigne a été levée en milieu de matinée. "Des mesures d'évaluation du risque chimique pour les populations (essentiellement les personnels travaillant sur la zone industrielle), réalisées par le Service départemental d'incendie et de secours (SDIS), n'ont pas fait apparaître d'élément de toxicité (dioxyde de soufre, dioxyde d'azote, hydrogène sulfuré, monoxyde de carbone)", indique-t-elle dans un communiqué.
"Cet événement n'a occasionné aucun blessé, ni entraîné de sur-accident. La menace de propagation est écartée. Le feu est en voie d'extinction", certifie la préfecture.
"Il s'agit d'une défaillance d'une pompe. On se dirige vers un incident technique", a précisé quelqu'un à la préfecture, par téléphone. Un plan d'opération interne (POI) a été déclenché par le groupe à 4h10 et le feu a été maîtrisé six heures après, grâce à une cinquantaine de pompiers présents en permanence sur le site.

Le groupe Total minimise les risques.
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Le Point a choisi cette illustration "son et lumières"
du site Seveso du Havre pour illustrer son article...
Dans un communiqué, il confirme que le feu s'est déclenché "sur une pompe de charge d'alimentation de la distillation atmosphérique de la raffinerie". 
Le groupe précise que le panache de fumée est "faible" et que le secteur concerné "est localisé", l'activité pétrochimique du site n'étant pas touchée.

La raffinerie avait toutefois dû subir un arrêt de maintenance de deux mois début septembre, nécessitant des travaux pour un montant de 110 millions d'euros. Deux mois plus tard, une pompe déclenche un incendie...

Le maire de Gonfreville-l'Orcher est solidaire du pourvoyeur d'emplois.
La plateforme Total de Normandie est la plus grande plateforme de raffinage-pétrochimie de France. Elle représente 12% de la capacité de raffinage du pays, avec 253.000 barils produits chaque jour, et emploie 1.500 salariés.
Après s'être rendu sur place vers 5h00, soit une heure après le départ du feu, Alban Bruneau (PCF), a déclaré qu'au regard de ses "propres constatations" et des informations relatives au sinistre, il n'a "pas été utile de recourir aux différents réseaux d'alerte en l'absence de danger". Circulez; il n'y a rien à voir ?...
"Il faut toujours s'inquiéter des risques industriels, cet incendie n'est pas anodin dans le contexte de Lubrizol", a-t-il toutefois nuancé. A. Bruneau s'était abstenu mardi lors du vote sur la réouverture de Lubrizol du Comité départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst). 
"J'ai jugé la réouverture prématurée tant qu'on ne connaît pas les causes de l'incendie. Il n'y a pas assez d'éléments pour juger de la capacité du site à rouvrir", a précisé  Bruneau.

Les "temps d'arrêt pour maintenance sont plus courts et plus espacés dans le temps qu'avant," dénonce quant à lui Gérald Le Corre, délégué CGT de Seine-Maritime.
"Les pompes peuvent se gripper. Est-ce que la détection du feu s'est faite rapidement; est-ce que toutes les pompes vont être vérifiées après ?", s'est interrogé.
"Un feu d'hydrocarbures dégage forcément des produits cancérogènes qui n'ont certes pas de toxicité aiguë à court terme mais ce n'est jamais bon pour la santé à long terme", a-t-il souligné, s'inquiétant "de la multiplication des incidents sur les sites Seveso".

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