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dimanche 8 décembre 2019

Réforme des retraites: Philippe fait du chantage au pire

Si la réforme des retraites est retirée, Philippe brandit la menace qu’elle soit "très brutale" plus tard

Trois jours après avoir mobilisé plus d'un million de mécontents, le chef du gouvernement affirme sa détermination 

Il se dit résolu à mener la réforme des retraites à son terme coûte que coûte. 
L’exécutif ne compte pas céder à la pression après une mobilisation massive dans la rue jeudi 5 décembre (plus de 1,5 million, selon la CGT, mais seulement 800.000 manifestants, selon le ministère de l’intérieur). Un gouvernement qui renoncerait à réformer les retraites aujourd’hui exposerait la France à une réforme "très brutale" plus tard, a mis en garde le premier ministre, Edouard Philippe, au Journal du Dimanche (JDD), le 8 décembre.

"Je suis déterminé à mener la réforme à son terme et très soucieux de le faire en respectant les gens et en répondant à leurs inquiétudes."

Philippe doit dévoiler mercredi les détails du plan flou qui agite le pays 

Alors qu'après dix-huit mois de concertation qui a mené à la gigantesque mobilisation du 5 décembre, visant à unifier les quarante-deux régimes de retraite actuels, l’exécutif assure qu'il "pourra apporter des réponses extrêmement positives pour beaucoup de gens qui subissent des injustices dans le système actuel : les femmes, les agriculteurs et ceux qui ont des parcours hachés notamment," promet l'Edouard.

Mais il agite son drapeau rouge : "si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd’hui, quelqu’un d’autre [!] en fera une demain brutale, vraiment brutale". "Je ne crois pas aux annonces magiques, déclare ce Cassandre, depuis Matignon. Mercredi, j’expliquerai, avec beaucoup de détails, le dispositif qu’on veut construire. Et je continuerai ensuite à l’expliquer." Un dispositif qui reste donc à construire...

Emmanuel Macron et Edouard Philippe réuniront, dimanche soir à l’Elysée, les ministres concernés par le projet de réforme des retraites, a rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) l’entourage du président. En parallèle, des réunions ministérielles autour de ce sujet se succèdent ce week-end à Matignon, avec notamment les ministres Agnès Buzyn (solidarités), Jean-Paul Delevoye (retraites) et Jean-Baptiste Djebbari (transports).

La CGT réclame le retrait pur et simple de cette réforme

Macron va devoir faire face à la détermination des syndicats. "Nous tiendrons jusqu’au retrait" de la réforme des retraites, prévient dans un entretien au JDD le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, en soulignant que "si enlisement il y a, c’est le gouvernement qui l’aura décidé".

Alors qu’une deuxième grande journée de grèves et manifestations est prévue mardi 10  et que certaines voix à la CGT en évoquent déjà une troisième pour jeudi 12, le dirigeant cégétiste estime que "la balle est dans le camp du gouvernement".
"En 1995, au début de la première manifestation, le premier ministre, Alain Juppé [un proche de Macron], avait dit que jamais il ne retirerait son projet. Les choses évoluent vite. Et la colère est grande. Le gouvernement devrait être attentif", suggère-t-il. "Je suis droit dans mes bottes et je crois en la France," avait défié Juppé. Son projet de réforme de la Sécurité sociale présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995 prévoyait un allongement de la durée de cotisation de 37,5 à 40 annuités pour les salariés de la fonction publique afin de l'aligner sur celle du secteur privé déjà réformé en 1993, mais malgré le soutien apporté  à Alain Juppé par la CFDT, les mouvements de grève de novembre et décembre 1995 de "défense des acquis sociaux" avaient eu raison de sa détermination : il dut céder, le 15 décembre 1995, sur l'extension aux régimes publics des mesures décidées pour le privé par Edouard Balladur en 1993.
Pour Philippe Martinez, "il n’y a rien de bon" dans le régime universel par points voulu par l’exécutif. Selon ce "réactionnaire", il faut "conserver" le système actuel, "le meilleur du monde", et "l’améliorer".

L'Edouard dévoilera son plan complet mercredi. 
Tandis que Macron se tient en retrait, si Edouard Philippe annonçait mercredi une transition sur dix ou quinze ans entre les régimes actuels et le futur système ? "Ce sera non", répond le numéro un du syndicat d'extrême gauche. "Je ne veux pas que nos petits-enfants nous disent : 'Tu as pu partir à tel âge, mais en contrepartie, tu as sacrifié ma retraite'." 
Le dirigeant cégétiste souhaite que le chef du gouvernement "entende la colère", "qu’il remette les compteurs à zéro et qu’il applique vraiment l’acte II", basé sur davantage de concertation, annoncé par Emmanuel Macron en avril dernier, en réponse à la crise des Gilets jaunes qui en sont à 56 samedis de manifestations.

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