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dimanche 6 octobre 2019

Aurore Bergé (LREM) a-t-elle empoché 6.000 euros faciles ?

La porte-parole de LREM aurait bénéficié de 6.000 euros pour seulement deux réunions communautaires

L'argent facile peut-il être propre et moral ?

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Elle paie bien la communauté d'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines : elle est située dans les Yvelines, département de l'ex-député PS Benoît Hamon (2014-2017) et de Valérie Pécresse ou de  Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste, LREM depuis 2017, présidente de la commission des Lois à l'Assemblée, qui assura la présidence de la commission d'enquête parlementaire sur l’affaire Benalla, du nom du très trouble chargé de mission de Macron. 
Elue de Magny-les-Hameaux (Yvelines, où tous les députés, sauf un LR, appartiennent à la majorité présidentielle) et porte-parole du parti présidentiel, Aurore Bergé, a encaissé 6.000 euros, rien que pour avoir fait acte de présence aux réunions du conseil communautaire de Saint-Quentin, assemblée chargée d'administrer les affaires de l'intercommunalité, alors qu’elle ne s’y est rendu que deux fois depuis son élection en 2017, selon les récentes révélations du Canard enchaîné.

La loi de moralisation de la vie publique, promesse de campagne de Macron et cheval de bataille de son allié François Bayrou, MoDem, est lettre morte
La moralisation de la vie publique évite le niveau territorial comme nuage de Tchernobyl contournant la France. 
En août 2017, les députés ont voté, à une large majorité (412 voix contre 74), la loi de moralisation de la vie publique. Elle interdit les emplois familiaux, supprime les réserves parlementaire et ministérielle, adopte un nouveau régime pour les frais de mandat parlementaire et met fin aux compléments de rémunération dont bénéficient certains parlementaires siégeant en cette qualité au sein de certains organismes publics ou parapublics. En même temps qu'elles se plaignent de l'insuffisance des dotations allouées aux collectivités territoriales en compensation des transferts de compétences de l'Etat, ces mêmes collectivités ont des largesses insoupçonnées pour leurs élu(e)s, se redistribuant généreusement l'impôt entre eux.

Depuis son élection au palais Bourbon en juin 2017, la députée et porte-parole du parti présidentiel LREM n’a siégé 
que deux fois au conseil communautaire de Saint-Quentin, mais Aurore Bergé n'a pas refusé les 6.067 euros d’indemnités, révèle le journal anarchiste dans son édition du 2 octobre. "Depuis […] juin 2017, Aurore Bergé ne s’est rendue qu’à deux séances – sur 19 ! – du conseil communautaire de Saint-Quentin".
Vu la fréquence de ses visites et la somme totale reçue, le coût d’une seule séance peut être évalué à 3.033.50 euros.

Et Bergé-la-vertueuse cumule plusieurs fonctions électives.
Outre celle de conseillère communautaire à Saint-Quentin-en-Yvelines, LR, elle est aussi députée des Yvelines en mission auprès du ministère de la Culture occupé par une potiche, Franck Riester, et la conseillère municipale de Magny-les-Hameux, dans le même département.  
Membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé pour la primaire de la droite et du centre de 2016, en passant par ses soutiens à Sarkozy, puis Fillon, Bergé a rejoint Macron en février 2017.

L'activité débridée d'Aurore Bergé en irrite plus d'un.
La député LRM Claire O'Petit est de ceux-là. Jusqu'à peu, elle ne semblait pas du tout apprécier l'omniprésence d'Aurore Bergé, opportuniste sans complexes et lèche-bottes de tous les pouvoirs successifs. Elle a ainsi déploré la souplesse politique et le don d'ubiquité de la "gamine de 25 ans" (en fait une trentenaire déjà beaucoup vue depuis de nombreuses années): "Je n'ai pas besoin que l'on parle de moi dans les médias ni d'avoir un attaché de presse comme certains députés le font pour passer à l'antenne, gronda la sexagénaire. Je voudrais bien savoir comment ils justifient les 2.000 ou 3.000 euros qu'ils dépensent dans leurs frais, uniquement pour pouvoir s'entendre à la radio", avait dénoncé O'Petit lors d'un entretien avec "l'Impartial". Alors sa jeune collègue des Yvelines n'avait pas hésité à comparer O'Petit aux frondeurs du quinquennat de François Hollande, après les critiques de son aînée à l'encontre de Richard Ferrand et de sa gestion du groupe LREM au Palais-Bourbon. "Je vais me la faire", avait lancé dans "Society" l'ancienne "Grande Gueule" de RTL à l'adresse de sa benjamine. Depuis, O'Petit sait - grâce au Canard enchaîné - quel est le puits sans fond où puise Bergé pour prévenir toute rupture de stock en cirage et brosses à reluire  et Gabriel Attal a assuré que les deux femmes se sont rabibochées.

VOIR et ENTENDRE 
Aurore Bergé (LREM), une fille d'intermittents du spectacle (son père double des voix d'acteurs et sa mère, Dominique Dumont, prête sa voix à Katherine Kelly Lang dans la série Amour, Gloire et Beauté), capable d'affirmer  : "On peut demander un effort aux retraités. Ils sont capables de le faire !" 

"Il n'y a pas d'argent magique", assure-t-elle.

mercredi 26 mars 2014

2e tour des municipales: réglements de comptes de dissidents, à droite comme à gauche

Trahisons et ralliements de dissidents

La gauche se rallie à la droite
Villejuif - Ils ont pour objectif de pousser vers la sortie la maire communiste Claudine Cordillot, en poste depuis 1999 dans cette ville du Val-de-Marne. UMP, UDI, dissident socialiste et écologistes ont décidé de s'unir pour le second tour des municipales, suscitant la colère de l'état-major des Verts, qui avait annoncé "la suspension de tout candidat EELV fusionnant avec l'UMP". Avec 54% des voix à eux quatre au premier tour, cette candidature commune pourrait faire basculer la ville, communiste depuis 1925.

Il s'agit en fait de redistribuer les cartes en Val-de-Marne et notamment dans la Communauté d'agglomération du Val de Bièvre, actuellement dirigée par Patricia Tordjman, maire sortante PCF de Gentilly.


Marseille -
 
Vice-présidente du Conseil Général, Lisette Narducci (Parti radical de gauche) a annoncé la fusion de sa liste avec celle de l'UMP dans le 2e secteur de la cité phocéenne. "Les électeurs nous invitent souvent à bousculer les clivages politiques traditionnels", a justifié Jean-Claude Gaudin. Au risque de tendre le bâton à ses adversaires, le sénateur-maire UMP Jean-Claude Gaudin accueille une brebis égarée, maire du 2e secteur de Marseille et ex-premier adjoint  de Jean-Noël Guérini, le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, mis en examen dans plusieurs affaires et en voie d'exclusion du PS. 
Gaudin fait ainsi ce qu'il a promis, rassembler la population, plutôt que de la diviser. 

La droite se rallie à la gauche

Lens -
Secrétaire du PS lensois qui n'avait pas obtenu l'investiture de son parti, Arnaud Sanchez a choisi de fusionner au second tour avec un ancien socialiste, Sébastien Plociniczak (12,61 %), et avec la candidate de la droite (UMP-UDI-MoDem), Sophie Gauthy. Sylvain Robert, dauphin de Guy Delcourt et maire sortant choisi par Paris, devrait donc être à la peine au second tour, alors qu'il a rassemblé 27,5% des voix au premier, contre 41,8% globalement pour ses adversaires. Le frontiste, Hugues Sion, a quant à lui obtenu 19,99 % des suffrages.

Paris 4e - Au coude-à-coude avec l'UMP Vincent Roger (37,82%) au premier tour, le candidat PS du 4e arrondissement de Paris, Christophe Girard (37,40%), successeur de Dominique Bertinotti devenue ministre déléguée à la Famille, a annoncé un accord avec la candidate divers droite, Anne Lebreton qui a obtenu 5,86% des voix dimanche. Elle rejoint sa liste en 8e position, ce qui lui garantit un siège de conseiller d'arrondissement. 
L'UMP Vincent Roger assure qu'elle avait également entamé des discussions avec lui, mais qu'elle "voulait la place de numéro deux ou rien". Après s'être rapprochée de la principale liste dissidente à Nathalie-Kosciusko-Morizet, menée par l'entrepreneur Charles Beigbeder "Paris libéré", Anne Lebreton (UDI) a repoussé son soutien dans le IVe arrondissement. La centriste candidate dans un arrondissement connoté homosexuel invoque notamment le refus de cautionner le choix de présenter Stéphane Journot dans Ier. Ce dernier avait été exclu de l'UMP pour des positions jugées homophobes après le saccage des locaux d'Act Up pendant l'été 2013.

Paris 18e - Il ne s'agit pas d'une fusion, mais d'un soutien, pour marquer ses distances avec le candidat officiel de l'UMP, Pierre-Yves Bournazel. Dans le 18e arrondissement de Paris, Roxane Decorte, dissidente UMP, appelle ses électeurs à voter pour la liste du candidat PS, même si cela n'aura que peu d'influence sur les résultats du scrutin : l'arrondissement est ancré à gauche.
L’association ARA18 (Associations Relais Autonomie 18), présidée par Roxane Decorte,  a été condamnée aux prud’hommes pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, et ne s’est pas acquittée de sa condamnation plus d’un après le jugement, affirmait Mediapart jeudi. 
Elle avait été écartée par la candidate UMP à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet, au motif d’une autre condamnation en 2011 pour abus de confiance. Elle trouve néanmoins grâce auprès d'Eric Lejoindre, dauphin du maire sortant PS Daniel Vaillant.

Autant de petites manoeuvres qui seront immanquablement instrumentalisées par les camps adverses.