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mercredi 1 juillet 2015

Grèce: Tsipras pris au piège de son chantage au référendum

Le gouvernement grec a braqué l'eurogroupe à Berlin 

La crise grecque bouleverse l’Union européenne depuis lundi 29 juin


Le pouvoir d'extrême gauche en Grèce appelle
à voter non au référendum:
il est en tête des prévisions de vote 
Lundi après-midi, Angela Merkel a invité à la chancellerie les dirigeants de la majorité mais aussi de l’opposition grecs, pour un "échange d’informations". Une première sous cette mandature. En fin d’après-midi, bien que présidente de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), A. Merkel, s’est rendue au Bundestag pour répondre aux questions du groupe social-démocrate (SPD). Du jamais-vu depuis des années. Et mercredi 1er dans l’après-midi, Sigmar Gabriel, vice-chancelier et président du SPD, et Wolfgang Schäuble (CDU), le ministre des Finances, et la chancelière devaient s’exprimer à 13 heures devant l’ensemble des députés.
En effet, Athènes n’a pas remboursé le FMI.
Face à "ce défi décisif" de l'appel à voter non au référendum surprise lancé par la Grèce, la grande coalition au pouvoir à Berlin, est parfaitement unie. De fait, lundi, lorsqu’ils ont fait front commun en s'exprimant d'une même voix à la conférence de presse commune après avoir discuté ensemble, A. Merkel et S. Gabriel ont souscrit au même message de fermeté face à Athènes. 
Avec toutefois une nuance : le président du SPD s’est montré nettement plus critique à l’égard du gouvernement grec que la chancelière. "La différence fondamentale entre le gouvernement grec et tous les autres gouvernements de la zone euro ne porte pas (…) sur des détails de la négociation mais réside dans le fait qu’Athènes veut modifier les conditions de coopération au sein de la zone euro ou veut au moins avoir le droit de ne pas respecter ces conditions", a expliqué le président du SPD.
Celui-ci a en outre souligné que "l’idéologie ou la politique suivie par le gouvernement grec ne peut pas, in fine, remettre en question la situation économique de la zone euro dans son ensemble. (…) Que les citoyens grecs puissent se prononcer par référendum est très clair, mais ce sur quoi ils se prononcent doit l’être tout autant : le cœur de la question, c’est oui ou non au maintien dans la zone euro." Mais la question est longue, complexe et prête à confusion. Tsipras veut un "non" massif pour pouvoir peser sur la suite des négociations.

L'eurogroupe n'entend pas peser sur la décision du peuple grec

Mme Merkel a reconnu être "partagée". D’un côté, "naturellement, l’issue du référendum a quelque chose à faire avec l’avenir de l’euro. D’un autre côté, je sais ou je pressens que la population grecque aimerait elle-même se former sa propre opinion". Elle ne veut donc pas donner l’impression de "faire pression" sur les Grecs.
La chancelière n’aime pas réagir dans l’urgence. Face au référendum programmé le 5 juillet par le premier ministre grec, Alexis Tsipras, ci-dessus à gauche au côté de Juncker, elle ne croit pas à un compromis de dernière minute. « Négocier avant le référendum n’a pas de sens", a indiqué Volker Kauder, président du groupe conservateur au Bundestag.

Mardi, A. Merkel a clairement pris ses distances avec une nouvelle tentative de conciliation lancée dans la matinée par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. De même ne saurait-il être question de prolonger le deuxième plan d’aide à Athènes. "Le programme prend fin ce mardi à minuit, heure d’Europe centrale", a-t-elle indiqué mardi, avec ce souci de la précision qui la caractérise. Elle sait aussi qu’il faudra continuer à négocier avec A. Tsipras au lendemain du référendum. 

Rassurer les Allemands

Tandis que Hollande continue de jouer les optimistes, A. Merkel, S. Gabriel et W. Schäuble (ci-contre à gauche au côté de Varoufakis) ont tenu à rassurer les Allemands. "Même en cas de défaillance du remboursement des intérêts ou du capital des crédits européens ou internationaux de la Grèce, cela aurait, en raison de la longue durée des délais de remboursement, des conséquences sur le budget de l’Etat très progressives et réparties sur de nombreuses années", écrit le ministre des Finances dans une lettre envoyée aux députés. Pas de quoi, selon lui, remettre en cause l’équilibre des comptes publics "dans un avenir prévisible". Berlin est ferme, mais apaisant.

Pour A. Merkel, mais aussi pour S. Gabriel, une sortie de la Grèce de la zone euro serait sans doute moins dommageable à l’Allemagne qu’une zone euro trop divisé. "Si l’euro échoue, l’Europe échoue", a répété la chancelière à plusieurs reprises. Mais selon elle, cela ne veut pas dire que nul Etat ne doive abandonner l’euro. "Cela signifie que nous avons des principes communs, des principes sur lesquels repose l’union économique et monétaire. Le fait que nous avons une monnaie commune montre la confiance qui existe entre partenaires européens ", a expliqué lundi A. Merkel, malgré 8 plans grecs d’austérité depuis 2009, 4 gouvernements, 2 plans d’aide.

S. Gabriel a été, là aussi, encore plus direct : "Le gouvernement grec veut politiquement (…) idéologiquement, une autre zone euro. J’ai la ferme conviction que la zone euro serait en danger si nous suivions cette pression. A la fin, toute la zone euro deviendrait instable et échouerait. (…) Je crois que nous ne pouvons pas prendre ce risque."

Insensiblement, le discours que tenait en filigrane W. Schäuble ces dernières semaines est devenu celui d' A. Merkel, mais aussi du SPD.


1 commentaire :

  1. TSIPRAS ET SON REFERENDUM: LA SEMAINE DES DUPES.
    COMMENTAIRES SANS RETENUE N°48

    Tout cela pour ça. Décidément, le peuple grec n'a pas fini de tirer la langue. Mais avait-il vraiment le choix? Après le "cirque référendaire" organisé par la gauche radicale et soutenu par tous les responsables des partis de gauche et d'extrême droite européens, les Grecs n'ont plus qu'à dire amen à tout. Foutage de gueule ou grande manipulation, le résultat est là.

    Dans mon article précédent, j'annonçais qu'un accord entre les coquins surviendrait à coup sûr après tout ce cirque. Chose promise, chose due. M. Tsipras, à l'image de tous les démagos et marchands d'illusions européens, a donc prouvé que tous ses discours relevaient bien du vent. Il est vrai que, lorsqu'on couche dans la rue, il est difficile de cracher sur celui qui veut vous héberger. Levons donc notre verre à celui qui a su transformer un NON en OUI en entonnant ce refrain parodié d'une célèbre chanson à boire: "Il est des nôtres, il les a dupés comme les autres".

    Quant aux médias qui ont passé leur temps à nous faire peur avec une sortie de la Grèce de l'euro et des conséquences dramatiques qui en découleraient pour tous les Européens alors qu'il était évident qu'un accord serait de toute façon trouvé sur le dos des peuples, la duperie entretenue a atteint son paroxysme.

    Tous nos responsables ont voulu l'entrée de la Grèce dans l'euro. Elle y est maintenant. Il ne reste donc plus qu'à payer, que l'on soit désormais d'accord ou pas.

    PATRICK SOUILLE
    PAROLES DE CITOYEN: ET SI JE DISAIS TOUT.

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