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samedi 23 mai 2020

Covid-19, la leçon de la Grèce à Macron, dès mars

La France querelleuse n'a pas mis toutes les chances de son côté : Macron a échoué à rassembler et à tracer la voie

En agissant tôt, le gouvernement grec a évité que l'épidémie ne se propage sur son sol et affiche jusqu'à présent un bilan rassurant

Histrion et/ou hystérique,
un bouffon aussi prétentieux que verbeux pour conduire le pays ...
"Quand tout sera terminé, peut-être qu'on ne s'en souviendra pas seulement comme d'un mauvais moment, mais plutôt comme du jour où on s'est dit: “Regarde comme on peut être bons." Et alors, peut-être que tous auront à apprendre sur nous, de nous, les Grecs." C'est mal connaître Macron.

C'est par ces mots que se termine le clip vidéo diffusé le 8 avril par la protection civile grecque, très réactive dans la lutte contre le Covid-19. Un hommage aux travailleurs et travailleuses du pays, après les humiliations de la crise économique. Bien que fragile encore, la Grèce et ses dirigeants peuvent être fiers du combat mené et exprimer leur satisfaction collective avec cette pointe d'orgueil.
Il faut rappelé qu'au socialiste Alexis Tsipras et à sa coalition avec l'extrême gauche (Syriza) a été virée à temps et que son successeur conservateur, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie) lui a succédé comme premier ministre le 8 juillet 2019. Hautain, Macron n'a pas daigné jeter le moindre regard sur ce pays d'à peine plus de 10 millions d'habitants. La crise économique a placé ce réseau dans une situation "désespérée". Avec un réseau de seulement 63 hôpitaux, la Grèce n'a enregistré que 2.874 cas confirmés de Covid-19 et , au 22 mai, n'a eu à déplorer que 169 décès.

Le "mouton noir" de l'Europe a gagné son statut de bon élève.

Dans la crise du Covid-19, la Grèce s'est distinguée en exemple. Lors d’une discussion avec les membres du Parti populaire européen (PPE), Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec, a proposé d'accueillir leur prochaine réunion en Grèce. L’idée a immédiatement séduit ses interlocuteurs, qui l’ont actée, ce qui n'aurait sans doute jamais eu la moindre chance si la Grèce avait géré la crise du Covid-19 avec la même arrogance que la France, et si ses professeurs en médecine ne s'étaient livrés à une insupportable querelle d'ego, doublée d'un profond mépris des patients atteints du coronavirus qu'ils ont condamnés à une mort certaine en refusant un traitement précoce - une bi-thérapie à base d'hydroxychloroquine -  comme le prescrit le professeur Didier Raoult. Ce cénacle des mandarins français outragés que leurs avis de prudence (leurs protocoles pesants, leurs tergiversations, leurs divergences internes et leurs contre-essais cliniques infructueux) a poussé des hauts cris et mené une cabale diffamatoire qui prend désormais une dimension internationale.

Le message s'adresse aussi bien à la nation grecque qu'à l'Europe

Pas sûr pourtant que le donneur de leçons Macron soit prêt à en recevoir ! Après des années à se faire pointer du doigt et mépriser comme la mauvaise élève de l'UE, 
aujourd'hui la Grèce se révèle pourtant exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19.

Réaction rapide.


Les mauvais élèves malveillants de l'Europe accusent l'Etat grec d'avoir peu testé sa population, malgré les recommandations de l'OMS, et d'avoir faussé les résultats sur le nombre de personnes contaminées. Ils portent les mêmes coups bas à la Russie. 
A propos des USA, la presse anti-Trump se délecte du chiffre de 1.260 morts en 24h, le 23 mai, se gardant de rappeler que la population américaine s'élève à 330 millions et que la France (qui en est 28.289 morts à la même date) déplorait 1210 morts dès le 16 mars, pour 66 millions d'habitants...Et encore 1.104 décès en France, le 5 mai.
Nombreux sont les pays qui s'en sortent moins bien que les Hellènes.
Certains indicateurs grecs ne trompent pas. 
Avec seulement 102 décès et 2.192 cas d'infection au 16 avril, la Grèce fait figure d'exception dans une Europe frappée de plein fouet par la pandémie. Qu'ils soient géographiquement proches (Italie, Turquie), économiquement plus puissants (France, Royaume-Uni), aux proportions équivalentes (Belgique, Pays-Bas), 

Si l'ensemble des Balkans voisins est relativement épargné, ce bilan peut objectivement être attribué à une réponse rapide et efficace du gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, 52 ans, un analyste financier, dans les années 90, et ancien ministre des Réformes administratives entre 2013 et 2015.

Les décrypteurs et analystes de presse française qui prétendent tout nous expliquer  ont fait l'impasse sur le modèle grec où des mesures ont été prises vite et tôtle premier ministre grec a ainsi empêché que le virus ne se propage sur l'ensemble du territoire et ne mette à mal un système de santé ébranlé par une décennie d'austérité.

L'ensemble de la société, et la classe politique en premier lieu, est consciente de l'appauvrissement d'un secteur affaibli par des coupes budgétaires et le départ à l'étranger de près de 20.000 médecins depuis 2010. Mais elle adopte aussi une attitude responsable.

Fermeté du gouvernement : ni mensonges, ni zigzags...

Macron a attendu le 23 mars 2020 pour instaurer l'état d'urgence sanitaire (article 4 de la loi n° 2020-290) pensant faire face en deux mois à l'épidémie de Covid-19: "l'état d'urgence sanitaire est déclaré pour une durée de deux mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi". Or, publiée en catastrophe au JO du 24 mars 2020, cette loi est entrée "en vigueur immédiatement" en vertu de son article 22.
Beaucoup d'esprits supérieurs français ont souri lorsque le carnaval de Patras, le plus important du pays, a été annulé par les autorités, fin février. Les festivaliers ont alors bravé l'interdiction de se réunir, se riant d'un excès de précaution. Mais le gouvernement conservateur a fait preuve d'autorité et n'a pas dévié de sa ligne de conduite.
Dès le 10 mars, alors que la Grèce ne compte encore aucun décès et moins de 100 cas de Covid-19 recensés, les établissements scolaires sont fermés (le 12 mars en France). 
Tokyo 2020 : La flamme olympique désormais entre les mains du ...
Les commerces, musées, sites archéologiques, théâtres, restaurants, plages et tous les lieux propices aux rassemblements publics sont soumis aux mêmes restrictions le 14 mars.
Evénement hautement symbolique et porteur d'espoir, la cérémonie de la flamme olympique est maintenue le 12 mars à Olympie, mais se tient à huis clos pour la première fois depuis plus de trente ans.
Le 15 mars, les liaisons avec l'Espagne et l'Italie sont coupées et les zones les plus touchées par l'épidémie dans le nord du pays sont rapidement mises en quarantaine stricte, pour endiguer la propagation du virus. Le confinement général est mis en place le 23 mars.

Même la puissante Eglise orthodoxe est contrainte de suivre les mesures de restriction. Dans un pays pourtant particulièrement croyant et pratiquant, où les querelles de laïcité et de séparation entre l'Eglise et l'Etat évitent tout sectarisme, les messes sont interdites au public et les portes des édifices religieux se sont rapidement refermées pour éviter qu'ils ne deviennent des foyers de contagion.
Plus grande fête nationale et moment de déplacements et de regroupements familiaux de la population grecque, la Pâque orthodoxea eu une valeur de test ultime d'unité nationale pour maintenir cette dynamique, dimanche 19 avril.

Pas d'atteinte politique aux libertés individuelles des Grecs

Loin du cliché de peuples du Sud indisciplinés et réfractaires, les Grecs respectent en grande majorité les mesures de confinement. Malgré une opposition de gauche au pouvoir politique, les citoyens suivent les consignes des autorités.

Celles de Sotirios Tsiodras, directeur des maladies infectieuses devenu voix de l'information sur le Covid-19 en Grèce, ne souffrent d'aucune contestation. Sa figure de professionnel de la santé - et non pas un haut-fonctionnaire qui n'aurait plus vu de malade depuis plusieurs dizaines d'années, comme Jérôme Salomon - a permis d'éradiquer tout caractère politique et soupçon de mensonge dans la gestion de la crise.
La crise économique traversée par les Grecs a laissé des traces durables et la population comprend l'urgence de la situation: elle vit courageusement cette nouvelle séquence de résilience et ne prend pas le risque d'aggraver la situation d'une société toujours fragile.

La terrible réalité italienne a également joué un rôle dans l'imaginaire grec. 
"Una faccia, una razza" (Même visage, même race), se plaisent à répéter les Grecs aux Italiens, pour dire la ressemblance et la proximité entre les deux peuples.
En s'identifiant à sa voisine, en la voyant souffrir, la population grecque a pris conscience de la situation bien plus rapidement que les pays du nord de l'Europe. Ou que tel merle noir au chant trompeur... 

Les camps de clandestins constituent des "clusters" de la Covid-19
Plusieurs cas ont été enregistrés dans deux camps de réfugiés sur le continent. Les malades ont été placés en quarantaine stricte, car le danger en Grèce vient désormais de l'étranger.

La satisfaction d'avoir évité un drame sanitaire ne cache pas l'inquiétude de voir surgir une nouvelle période critique, à la fois économique, intérieure, que sociale, importée.

mardi 10 décembre 2019

La Turquie se dit prête à envoyer des troupes aux côtés de la Libye

Erdogan entend faire mieux que l'OTAN 

Un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire" a été signé le 27 novembre entre la Libye et la Turquie

Alors que des opérations sont conduites en Libye par l'OTAN dans le cadre de l'opération 'Unified Protector', le président Recep Tayyip Erdogan et Fayez al-Sarraj ont signé un accord bilatéral "de coopération militaire et sécuritaire"le 27 novembre, lors d'une rencontre à Istanbul entre les deux hommes.
La résolution 1970 du 26 février 2011 de l'ONU, exécutée sous le nom de code américain Unified Protector, met en place un embargo sur les armes à destination de la Libye et bloque entre autres les avoirs du régime en place, tandis que la résolution 1973 instaure une zone d'exclusion aérienne au-dessus du territoire de la Jamahiriya arabe libyenne (ex-République arabe libyenne) et permet de "prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles".
Et Erdogan a affirmé ce mardi que la Turquie est prête à assumer ce rôle de protection des populations en envoyant des troupes en Libye pour soutenir le Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) de al-Sarraj, aux termes d'un récent accord signé entre les deux parties. "Si la Libye formule une telle demande nous pourrons envoyer nos personnels (militaires), surtout que nous avons conclu un accord militaire", a déclaré Erdogan.

Selon Ankara, ce protocole "est une version plus large" d'un accord-cadre de coopération militaire existant" entre les deux parties et "renforce les liens entre" les deux armées. Fayez al-Sarraj, qui a accédé au pouvoir à la faveur des accords internationaux de paix de 2015, entre les représentants du Congrès général national et ceux de la Chambre des représentants, est notamment soutenu par la Turquie et le Qatar, mais aussi par les Etats-Unis, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la France. L'Italie, ancienne puissance coloniale en Libye, semble aussi en sa faveur.
Le gouvernement al-Sarraj est actuellement basé à Tunis, mais le gouvernement de Tripoli rejette la déclaration d'entrée en fonction de ce gouvernement d'union. Deux gouvernements rivaux s'opposent donc: celui de la Chambre des représentants issu des élections législatives, à Tobrouk, puis Benghazi, présidé par Aguila Salah Issa, et celui du Congrès général national, présidé, à Tripoli, par Nouri Bousahmein jusqu'en 2016, car dominé par les islamistes et battus aux élections. Depuis avril 2016, avec Aguila Salah Issa, il est visé par des sanctions de l'Union européenne.
Une compagnie de sécurité russe assure un soutien potentiel.
Le rival d'al-Sarraj, Khalifa Haftar, militaire formé à Moscou et homme fort de l'est libyen, dont les forces ont lancé en avril une offensive contre la capitale Tripoli, bénéficie de son côté du soutien de l'Egypte et des Emirats arabes unis et d'un appui, au moins politique, notamment des Etats-Unis et de la Russie. La France a été accusée de le privilégier, ce dont elle se défend. Le 4 avril 2019, le maréchal Haftar, entouré de ses fils, a en effet lancé un appel à marcher sur Tripoli.

Erdogan a affirmé ce mardi que les forces de Haftar bénéficient aussi "du soutien d'une compagnie de sécurité russe dénommée Wagner. "Cette compagnie a envoyé des personnels sur place", a-t-il ajouté. Erdogan semble ainsi accorder du crédit à des informations de presse, démenties par Moscou, sur la présence de mercenaires russes en Libye.
Début novembre, le journal américain New York Times avait d'ailleurs fait état du déploiement en Libye de près de 200 mercenaires du groupe Wagner, entreprise russe de sécurité privée.

La Grèce appelle à condamner l'accord

Outre l'accord militaire, la Turquie et le GNA avaient conclu le 27 novembre un accord de délimitation maritime qui permet à Ankara de faire valoir des droits sur de vastes zones en Méditerranée orientale convoitées par d'autres pays, notamment par la Grèce.
Erdogan avait indiqué lundi soir qu'à la faveur de cet accord, la Turquie et la Libye pourraient mener des activités d'exploration conjointes au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz.

De son côté, la Grèce appelle les Nations unies à condamner cet accord maritime entre la Turquie et la Libye.
Elle le qualifie de "perturbateur" pour la paix et la stabilité en Méditerranée orientale, a déclaré le porte-parole du gouvernement. Athènes "veut que l'accord soit porté à l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU afin qu'il puisse être condamné", a ajouté Stelios Petsas devant la presse.
Le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis a envoyé des lettres séparées, soulevant la question auprès du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et du Conseil de sécurité de l'ONU, a précisé Stelios Petsas.

Cet accord, qui délimite des frontières maritimes entre les deux pays, "ignore la présence des îles grecques dans cette zone maritime, y compris l'île de Crète, et viole leur droit à créer des zones maritimes comme n'importe quel territoire terrestre", écrit l'ambassadrice grecque aux Nations unies, Maria Theofili, dans une lettre au secrétaire général de l'ONU.
"La Turquie et la Libye n'ont ni zones maritimes superposées, ni frontières communes et, par conséquent, il n'y a aucune base juridique pour conclure légalement un accord de délimitation maritime", peut-on encore lire dans ce courrier daté de lundi. Il a été conclu "de mauvaise foi", selon le porte-parole grec, et demeure "invalide car il n'a pas été approuvé par le Parlement libyen", contrôlé par une faction rivale du gouvernement de Tripoli.
Depuis sa signature, la Grèce condamne vivement cet accord, le qualifiant vendredi de "violation du droit maritime international et des droits souverains de la Grèce et d'autres pays". Elle a annoncé l'expulsion de l'ambassadeur libyen à Athènes. 

Le président turc Recep Tayyip Erdogan campe sur ses positions, annonçant lundi qu'il envisage "des activités d'exploration conjointes", avec la Libye, au large de Chypre, dans une zone qui recèle d'importants gisements de gaz. "Avec cet accord, nous avons augmenté au maximum le territoire sur lequel nous avons autorité. Nous pouvons mener des activités d'exploration conjointes", a déclaré Erdogan lors d'un entretien avec la télévision publique TRT. 

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis estime que l'accord "a déjà entraîné l'isolement diplomatique de la Turquie". Il a été "dénoncé par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Egypte et Israël", avait-il dit devant le Parlement grec. Le chef du gouvernement grec doit rencontrer ce mardi après-midi l'ambassadeur des Etats-Unis à Athènes, Geoffrey Pyatt, avant sa visite à la Maison Blanche, le 7 janvier.
La Turquie a fait du "chantage" à la Libye pour signer cet accord", assure son ministre des Affaires étrangères, Nikos Dendias, en contact avec ses partenaires européens et avec l'Egypte. Sur la chaîne de télévision privée grecque ANT1, il a jugé que l'entente turco-libyenne est "clairement" liée aux revers subis par le gouvernement de Tripoli face au maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen.

Le président du Parlement libyen, Aguila Saleh Issa, allié du maréchal Haftar, qui s'est déclaré "contre cet accord", selon Athènes, est attendu cette semaine à Athènes. Porte d'entrée de milliers de demandeurs d'asile, la Grèce, membre de l'OTAN comme la Turquie, maintient des relations délicates avec sa voisine d'où les migrants arrivent de plus en plus nombreux sur les îles grecques depuis cet été.

samedi 11 août 2018

L'Allemagne signe avec Madrid un accord de reconduite des migrants en provenance d'Espagne

L'Espagne est devenue la porte principale d'entrée de migrants clandestins, devant l'Italie

L'accord avec Madrid permet à l'Allemagne de renvoyer vers l'Espagne des demandeurs d'asile qui s'y sont fait enregistrer à leur arrivée en Europe.

Les migrants interceptés aux frontières allemandes, alors qu'ils ont déjà été enregistrés en Espagne, seront dorénavant renvoyés, sous 48 heures, dans la péninsule ibérique.

D'après le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), l'Espagne aurait supplanté cette année l'Italie et serait devenue le principal pays d'arrivée de migrants en Europe, avec 23.500 arrivées enregistrées depuis janvier sur les côtes espagnoles, notamment avec la complicité de SOS Méditerranée. A titre de comparaison, ils sont 5.000 de moins à être arrivés en Italie par la Méditerranée.

L'accord germano-espagnol doit entrer en vigueur dès ce samedi 11 août. 
D'après le ministère de l'Intérieur à Berlin, l'Espagne n'aurait pas posé de condition.

Horst Seehofer, membre de la CSU bavaroise, ministre allemand de l'Intérieur, avait annoncé son intention de "clarifier" les choses d'ici la fin du mois d'août, avec ou sans l'assentiment des autres Etats européens, ce qui avait fait grincer des dents des membres de la coalition gouvernementale à Berlin.
Angela Merkel sera en Andalousie le week-end prochain, où elle s'entretiendra avec son homologue des inflexions à donner à la politique migratoire et aux réformes en Europe. L'Andalouse Anne Hidalgo n'en prend pas pour autant de la graine.

Des accords bi-latéraux avec l'Espagne sont en préparation dans plusieurs pays européens
Résultat de recherche d'images pour "Ankerzentren"
Selon lui, même sans accord bilatéral passé avec les autorités très conservatrices de Vienne, l'Autriche serait d'accord pour la reconduite à ses frontières des demandeurs d'asile, avant leur expulsion vers l'Espagne.

Des accords similaires avec Madrid sont encore en négociation avec la Grèce et l'Italie.

Par ailleurs, en Allemagne, une étude publiée hier par des chercheurs de l'Université de Göttingen marquée à gauche, estime que les répercussions des "Ankerzentren", ces centres d'accueil fermés pour demandeurs d'asile, seront néfastes pour l'intégration des migrants.

Résultat de recherche d'images pour "Ankerzentren"
Selon ce principe, les lois seraient inutiles
Néfastes parce que ces étrangers y seront "parqués" pour une durée de 18 mois maximum, hors des structures sociales des communes, et donc coupés de la "vraie vie" en Allemagne. Plus idéologues que scientifiques, ces chercheurs supputent, par ailleurs, qu'ils pourraient également, conduire à une hausse des préjugés xénophobes de certaines franges de la population.
Des opinions du même tonneau que l'idée selon laquelle les prisons seraient des fabriques de délinquants et des foyers d'islamisation.

mardi 7 novembre 2017

Grèce: un groupe d'extrême-gauche tire sur le siège du PS à Athènes

Attaque révolutionnaire par des anarchistes

La police grecque a imputé à un groupe d'extrême gauche

Ce lundi, des tirs à la Kalachnikov ont visé le siège du parti socialiste Pasok à Athènes, apprend-on ce mardi.  La brigade antiterroriste grecque en charge de l'enquête sur cet attentat, qui n'a pas fait de blessés, a désigné comme responsable le groupe "Organisation d'autodéfense révolutionnaire", apparu en juillet 2014 en revendiquant des tirs contre l'ambassade du Mexique à Athènes.

Le fusil d'assaut AK-47 de fabrication soviétique avec lequel un inconnu a tiré lundi soir contre les policiers en faction devant le Pasok est le même que celui utilisé contre l'ambassade du Mexique, en juillet 2014, date de l'apparition de ce groupe, a précisé la police. 
Il a aussi servi à deux autres fusillades contre le siège du Pasok, en mai 2014 et janvier 2017.

Ils ont déjà revendiqué plusieurs attaques, dont une contre l'ambassade de France.

Résultat de recherche d'images pour "Organisation d'autodéfense révolutionnaire"
Se désignant comme "révolutionnaire", il avait aussi signé en novembre 2016 un attentat à la grenade contre l'ambassade de France à Athènes, par deux activistes inconnus circulant à l’aube à moto. Ils avaient légèrement blessé aux jambes le policier grec en faction.

Cette organisation  expliqua alors avoir voulu frapper un Etat "en première ligne dans la guerre capitaliste". Son texte mentionnait notamment la mort du militant écologiste, Rémi Fraisse, lors d’une intervention de gendarmes en octobre 2014 à Sivens, dans le sud-ouest de la France, l’évacuation récente du campement de migrants de Calais, dans le Nord 
Résultat de recherche d'images
et la poursuite de l’emprisonnement du terroriste communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, qui purge depuis 1987 une peine de détention à perpétuité en France pour complicité d’assassinats. Il milita dans les rangs du Parti social nationaliste syrien (PNSS) pour rejoindre ensuite, dès 1971, le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP).

On notera que, pour complicité d'assassinat,
Abdelkhader Merah est traité avec bienveillance (20 ans) par les juges français.

Au pouvoir pendant des décennies, avant d'être rejeté dans l'opposition, laminé par la crise de la dette déclenchée en Grèce en 2010, le Pasok, troisième force parlementaire du pays, a été visé alors qu'il prépare des primaires pour se doter d'une nouvelle direction.

Outre les tirs, son siège, situé dans le quartier contestataire d'Exarchia est régulièrement la cible d'attaques au cocktail Molotov imputées à la mouvance anarchiste.

mercredi 16 septembre 2015

Réfugiés: un milliardaire égyptien achète deux "îles d’accueil" en Grèce

Pas de ghetto en terre musulmane 

Le milliardaire égyptien veut acheter des îles en Grèce, pour la bonne cause...
L'Allemagne n'est plus au top des petits coins de paradis:
cette île grecque, futur Eden pour migrants en recherche de bien-être  
Naguib Sawiris a annoncé être en négociations. L’une d’elle pourrait porter le nom d’Aylan, l’enfant de migrants syriens retrouvé échoué sur une plage turque.
Naguib Sawiris, un milliardaire égyptien avait proposé mardi 1er septembre 2015 : "La Grèce ou l'Italie, vendez-moi une île: je déclarerai son indépendance, accueillerai les migrants, et leur fournirai des emplois grâce à la construction de leur nouveau pays". Une main d'oeuvre bon marché pour la valorisation collective d'un bien privé.

Ce sont en fait deux îles dont l’homme d’affaire est en train de négocier l’achat. 
Le richissime Egyptien, proche du président au pouvoir Al Sissi a identifié deux îles en Grèce. Il précise : "Je suis actuellement en contact avec leurs propriétaires. Nous sommes prêts à négocier à condition que le gouvernement grec donne son accord pour accueillir le plus grand nombre de réfugiés possible. " Monsieur Sawiris ajoute sur Twitter : "Nous attendons le feu vert de la Grèce pour lancer les démarches administratives en vue de l’arrivée des réfugiés." Il a également affirmé qu’il se réunirait avec des représentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés pour discuter des moyens de coopération possible.

Une contrepartie au paternalisme

Le budget du bienfaiteur s'élève à "entre 10 et 100 millions de dollars". Mais la philanthropie du propriétaire des télécoms Orascom a des limites. En contrepartie, les réfugiés devront travailler pour construire eux-mêmes ce dont ils auront besoin, sans droit d'accession à la propriété. "Il y aurait des abris temporaires pour les loger, dit-il, ensuite ils seront employés pour construire des logements, des écoles, universités, des hôpitaux". "Et si la situation s’améliore, celui qui veut rentrer (chez lui) peut le faire", a-t-il expliqué.

Un nombre incalculable de réfugiés : 500.000 ?

La solidarité européenne peine à se mettre en place. Les pays les plus exposés n'ont  en effet que de faibles possibilités d'accueil et un simple transit, lorsqu'il est massif comme c'est le cas depuis août notamment. Un pays comme la Hongrie est injustement stigmatisé pour sa résistance au déferlement de migrants du Proche-Orient, alors que sa population autochtone ne dépasse pas 10 millions et qu'ont été saturées les capacités d'accueil de l'Allemagne, pourtant six fois plus peuplée et bénévole. Angela Merckel a dû rétablir les contrôles à ses frontières. Mardi 15 septembre 2015, une loi est entrée en vigueur pénalisant toute traversée illégale de la frontière hongroise avec la Serbie. 
La Hongrie a également annoncé son intention d’étendre la clôture à sa frontière avec la Roumanie.

Depuis le 1er janvier 2015, le nombre record de 500.000 hommes, femmes et enfants a été dénombré aux portes de l’Union Européenne, contre seulement 280.000 dans l’année 2014.

Ce qu'omettent, ou non, les organes de presse

Les milliardaires ont la cote...
Le propriétaire de la chaîne scandinave Nordic Choice, le norvégien Petter Stordalen, a offert mardi 5.000 nuitées dans les hôtels de son groupe aux réfugiés qui ne trouveraient pas de place dans les structures d’accueil traditionnelles. Le drame des migrants syriens arrivés par dizaines de milliers en Europe "concerne absolument tout le monde", a-t-il expliqué à l’agence norvégienne NTB, précisant qu’il offrira également le couvert aux personnes hébergées dans ses établissements.

L’Agence des migrations norvégienne (UDI) a toutefois fait savoir qu’elle étudiera - indépendamment du coup de pub - l’initiative personnelle de l’homme d’affaires
qui engage la collectivité nationale. La Norvège a accueilli au cours du mois d’août 2.313 demandeurs d’asile, en majorité syriens, érythréens et afghans, le chiffre le plus élevé en un mois depuis les années 1990. Selon UDI, ils pourraient être 16.000 à la fin de l’année, contre 11.480 en 2014.
Mais le saviez-vous?
Ce milliardaire égyptien est la 60e personne la plus riche au monde et l'homme le plus riche en Afrique, d'après le classement 2008 du magazine Forbes.
C'est aussi un chrétien copte, ce que ne précisent pas les agences de presse de la désinformation.
Les coptes sont les descendants des anciens Égyptiens. Ils se sont convertis au christianisme au premier siècle. Quand les musulmans ont conquis l’Afrique du Nord, à partir du VIIe siècle, ils ont imposé en Égypte la langue arabe et la religion islamique. Cependant, une minorité d’Égyptiens est restée chrétienne, préservant aussi la langue copte, dérivée de la langue égyptienne ancienne.21 otages ont été assassinés. La plupart avaient émigré d’un village pauvre d’Égypte pour s'établir en Lybie voisine, dans la ville côtière de Syrte, à environ 500 kilomètres de Tripoli.Ils ont été enlevés par des milices de l'État islamique à Syrte, entre décembre 2014 et janvier 2015. Le 12 Février, l’État islamique a publié des photos des 21 otages pour promouvoir leurs activités terroristes à l’Occident et recruter des terroristes. Le 15 février, les islamistes ont publié sur les forums djihadistes une vidéo intitulée 'Un message signé avec le sang de la nation à la Croix', en référence aux chrétiens. Les images de la vidéo montrent les tueurs vêtus de noir et les otages portant une combinaison de couleur orange identique à celle d’autres otages décapités auparavant. Les mains liées derrière le dos, les chrétiens coptes sont conduits les sun derrière les autres sur la côte libyenne et forcés de s’agenouiller sur la plage. Avant d’être décapités.

jeudi 20 août 2015

Si Berlin s'attend à 800.000 demandeurs d'asile en 2015 et appelle l'UE à agir...

...à quoi Hollande s'attend-il et que compte-t-il faire ?

L'Allemagne attend cette année "jusqu'à 800.000 demandeurs d'asile"  


Mercredi, Thomas de Maizière a exhorté l'Union européenne à agir devant cette crise sans précédent, "un record absolu", selon le ministre allemand de l'Intérieur"Nous devons tabler sur jusqu'à 800.000 demandeurs d'asile", a indiqué le ministre du gouvernement Merkel, doublant ainsi les prévisions précédentes qui faisaient état de 400.000 à 450.000 demandeurs d'asile pour 2015.

L'Allemagne, première destination des demandeurs d'asile dans l'Union européenne devant la Suède  
Le ministre allemand a reconnu que son pays doit faire face à "un vrai défi, alors que le nombre de demandeurs d'asile cette année devrait quadrupler par rapport aux 202.000 enregistrés en 2014.

Déjà spectaculaire depuis janvier, la hausse  a pris un tournant "dramatique" depuis le début de l'été. En juillet, quelque 38.000 personnes ont déposé une demande d'asile et sur les seuls 17 premiers jours d'août, ils ont été 50.000, a détaillé le ministre.
"Les flux migratoires via la mer Égée et les Balkans ont considérablement augmenté", a-t-il dit, soulignant également que la "situation en Grèce s'est détériorée" avec des arrivées massives de migrants, venus des zones de conflit comme la Syrie ou l'Irak et arrivant sur des îles grecques complètement dépassées.
L'ONU a d'ailleurs tiré la sonnette d'alarme devant la menace de catastrophe humanitaire sur les îles de Kos ou Lesbos.

L'UE appelée à l'action

Sans les nommer, Thomas de Maizière a pointé du doigt certains de ses partenaires européens qui "n'accomplissent pas leurs devoirs" et ne respectent pas le droit européen en matière d'asile. Il doit aborder le sujet jeudi soir à Berlin avec son homologue français Bernard Cazeneuve.

Deux des principales portes d'entrée dans l'UE, l'Italie ou la Grèce sont accusées d'envoyer certains migrants vers d'autres Etats, notamment l'Allemagne. "Nous ne dédouanerons pas nos partenaires et la Commission (européenne) de leurs responsabilités", a-t-il lancé, "la Commission européenne doit agir contre les pays-membres qui n'assument pas leurs devoirs".

Le ministre de l'Economie social-démocrate, Sigmar Gabriel  a également accusé l'UE d'"échouer lamentablement".
l'Allemagne "ne peut à elle seule assumer comme c'est le cas actuellement la prise en charge d'environ 40% des réfugiés et demandeurs d'asile qui arrivent en Europe, a averti Th. de Maizière.

L'Allemagne souhaite l'instauration dans l'UE de quotas de répartition

Les demandeurs d'asile ne sont pas des migrants
en lien avec l'empire colonial allemand
C'est déjà sa pratique sur son territoire où chaque Etat régional se voit attribuer la prise en charge d'un certain pourcentage de demandeurs d'asile.
Pour Berlin, "une véritable politique européenne en matière d'asile" est nécessaire.

Immigration clandestine : la route des Balkans, nouveau chemin vers l'Ouest

Jugée moins dangereuse que la voie méditerranéenne, la route des Balkans est de plus en plus prisée par les passeurs pour faire entrer les migrants syriens dans l'UE. La Grèce, la Hongrie et l’Allemagne sont dépassées par le phénomène. Le trajet n’est pas nouveau, mais il est jugé plus sûr, sur la terre ferme, qu'à travers la Lybie et l'Italie, par la mer. Il comprend la traversée de la Turquie, de la Grèce, de la Macédoine, de la Serbie, de la Hongrie,

Le ministre a jugé à nouveau "inacceptable et honteux pour l'Europe" le nombre considérable de demandeurs venus de pays des Balkans et dont la requête n'a aucune chance d'aboutir. "Ils vont devoir quitter notre pays", a-t-il annoncé.
Sur les sept premiers mois de l'année, l'Allemagne a en effet enregistré 218.221 demandes d'asile, soit plus du double (124,8%) de l'an dernier sur la même période, révèle le ministère de l'Intérieur.
Ce bond a été porté par une énorme augmentation des migrants venus du Kosovo, d'Albanie et de Serbie.

De janvier à juillet, le nombre de Syriens cherchant refuge en Allemagne s'est également considérablement accru: de 16.616 sur les sept premiers mois de 2014 à 44.417 sur la même période cette année.

Les autorités allemandes, débordées, se retrouvent ainsi devant un défi logistique majeur. Certains réfugiés sont hébergés sous des tentes, dans des containers ou dans des casernes de l'armée et de nombreuses communes, qui assument une grande partie du fardeau financier, ont tiré la sonnette d'alarme.
Les administrations chargées d'enregistrer et examiner les demandes sont également complètement débordées: 250.000 demandes sont en attente à l'Office pour les migrations et les réfugiés.

Le dossier des réfugiés va occuper les Européens davantage que les plans de sauvetage financier pour la Grèce dans les années à venir, a assuré la chancelière Angela Merkel dimanche.

L'Allemagne connaît également une recrudescence des délits xénophobes, qui ciblent notamment les foyers de demandeurs d'asile, des actes qui ne sont "pas dignes de notre pays", selon Angela Merkel.

mardi 28 juillet 2015

Les Grecs votent non à l'Europe, mais la Grèce reste dans la zone euro

La Grèce peut-elle se maintenir dans la zone euro ? 

Après la victoire du non au référendum, la logique veut que le pays quitte la zone euro. 
Mises au point de J-C Juncker, président de la Commission européenne, avec F. Hollande , en arrière-plan
et Alexis Tsipras, premier ministre grec, en premier plan

Or, rien n’a été anticipé
et les leaders européens ne semblent pas prêts à prendre cette responsabilité
.

Rappel des faits

Varoufakis, ministre voyou

Le "non" au référendum sur le plan d'aide proposé par les créanciers l'a emporté avec 61,31%,  face au "oui" crédité de 38,69%. Angela Merkel et François Hollande ont aussitôt annoncé une réunion à l'Elysée pour "évaluer les conséquences" du scrutin en Grèce, tandis que le Premier ministre, Alexis Tsipras, jugea  de son côté que ce référendum ne constituait plus "un mandat de rupture avec l'Europe, mais un mandat qui renforce notre position de négociation afin de chercher une solution viable".

Personne 
n'avait rien préparé pour un éventuel sauvetage de la Grèce en cas de "non". Au lendemain du référendum, le naufrage annoncé du pays est une affaire de quelques mois en 2015. La mission de sauvetage du pays paraît impossible aux créanciers  européens comparés à des terroristes par Yanis Varoufakis, le très mesuré ministre des Finances rejeté par l'ensemble des membres de l'eurogroupe.

Alors que les Grecs se rendaient aux urnes,
certains dirigeants européens affirmaient que les négociations reprendraient, que
 la réponse soit oui ou non. "Quel que soit le vote en Grèce, nous devons dès demain [lundi] reprendre des discussions politiques", avait ainsi interféré le ministre français Emmanuel Macron, aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, poussant ainsi à un vote de rejet qui serait sans conséquences. "Si le non l'emporte, ce serait une erreur historique d'écraser le peuple grec", avait insisté l'ex-banquier et actuel ministre de l'Economie de Hollande, appelant à "ne pas faire le traité de Versailles de la zone euro" car, on le sait, les références du jeune homme sont saisissantes, historiques, littéraires, à la différence des salariées "illettrées" des abattoirs Gad, empruntant aux slogans publicitaires. Le patron de Bercy a ainsi nivellé le débat par le bas : "Le message important était en effet de montrer la cohérence de l'action économique et de la politique économique de l'État et du gouvernement parce que ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur et on ne peut pas avoir deux politiques."

Cette formule, "ce qu'on fait à l'intérieur se voit à l'extérieur" n'est rien d'autre qu'est que le recyclage du célèbre slogan des yaourts Bio de Danone, ou Activia comme on les appelle aujourd'hui.
La dette publique et le chômage n'ont aucun effet sur le transit intestinal des enfants de la génération Hollande, aka Monsieur P'tite Blague, car son collègue du gouvernement, Matthias Fekl, nouveau secrétaire d'État au Commerce extérieur en remplacement du phobique administratif, Thomas Thévenoud, avait donné le ton sur le sujet au sémillant ministre de l'Economie. Après que le président de la commission des Affaires économiques François Brottes a annoncé que Matthias Fekl ne sera auditionné que jeudi 18 septembre, le secrétaire d'État a lancé : "Demain, j'enlève le bas," autre référence à une célèbre publicité des années... 80 pour l'afficheur 'Avenir'. Bref, pendant que les Français peinent à trouver un emploi et à joindre les deux bouts, la 'Croisière s'amuse' à la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale...


Même message de Matteo Renzi à la Grèce: "Le jour d'après, on devra se remettre à parler. La première à le savoir est précisément Angela Merkel", a déclaré au quotidien Il Messagero le chef du gouvernement italien, un publicitaire et membre du Parti démocrate (PD), comme certains en France sont "Les Républicains'. La chancelière allemande, elle, n'a fait aucun commentaire prématuré, préférant attendre le résultat du référendum. En revanche, le chef du gouvernement conservateur espagnol a quelque peu détoné dans ce concert socialiste de voix conciliantes, se démarquant de Podemos, mouvement d'extrême gauche arrivé à la tête de Madrid et Barcelone: "L’euro n’est pas et ne peut pas être un club à la carte; il y a des normes et des règles destinées à assurer sa survie", a affirmé Mariano Rajoy.


L'Europe cherche en Grèce un interlocuteur fiable

Reprendre les discussions? Mais avec qui ? 
Euclide Tsakalotos, successeur de Varoufakis 
depuis le 6 juillet 2015, derrière A. Tsipras

Pendant le scrutin, l'universitaire Kostas Vergopoulos évoqua une rumeur courant à Athènes, selon laquelle Alexis Tsipras appellerait à un gouvernement d'union nationale en cas de victoire du 'non'. Un changement incontournable aussi dans l'hypothèse du oui: Yanis Varoufakis avait menacé de démissionner si le oui l'emportait, mais au moment de se rendre aux urnes dans la précipitation aucun électeur ne connaissait les intentions d'Alexis Tsipras, qui avait déjà perdu toute crédibilité aux yeux de ses partenaires. Serait-il parti avec son ministre révolutionnaire, aurait-il convoquer des élections anticipées ou tenté de constituer un gouvernement de coalition avec la gauche modérée? Quel aurait été son mandat de négociation ? Le 'non' ne répond à aucune des questions posées, mais l'éjection de Varoufakis déverrouille la situation.
Ce mandat, le chef du premier gouvernement de gauche radicale au pouvoir le devra au soutien des deux grands partis qui ont gouverné alternativement le pays depuis 40 ans, la Nouvelle Démocratie (droite, comme qui dirait 'Les Républicains'...) et le Pasok (socialiste), auxquels s'ajoute celui de la formation de gauche modérée Potami et du parti de droite souverainiste ANEL, membre de la coalition gouvernementale: la quadrature du cercle ! Une humiliation pour Syriza et Mélenchon en France....


Dans la panade et pourtant sans égards, le Premier ministre grec a pris ses partenaires par surprise. 
Il a organisé un référendum sans prévenir ses alliés Renzi et Hollande, en appelant à voter non, en présentant aux électeurs un texte qui n’était pas clair, car ni finalisé ni consolidé, et en faisant l'impasse sur les autres volets de l’accord en discussion:  les électeurs étaient appelés à voter sans rien savoir d'une inflexion sur les réformes demandées, d'une ouverture sur la dette et les besoins de financement ou d'un plan de relance de 35 milliards d’euros prévoyant une activation des fonds structurels.

Tsipras comptait faire fi de l’aval de l’Eurogroupe le 27 juin, faisant entériner le paquet dans la foulée par les parlements nationaux concernés et permettant une prolongation du plan d’aide au-delà de la date butoir du 30 juin. Mais ce beau scénario s’est effondré avec l’annonce du référendum. "Il faudra revoir les conditionnalités à la lumière de la situation nouvelle créée par le référendum", expliqua une source européenne. Voeu pieux !

Un départ de Tsipras, suivant une victoire du oui, n’aurait pas rendu les choses beaucoup plus prévisibles : on serait alors entré dans un tunnel sans fond, car au mieux les Grecs auraient revoté pour des législatives, mais pas avant le 9 août. Or, l’échéancier des créanciers d’Athènes était figé. Comment pouvait-il en être autrement, sachant qu'Athènes doit 2 milliards d'euros de bons du Trésor, près de 500 millions au FMI et plus de 3 milliards à la BCE. Sachant aussi que les Grecs ont fait défaut (étaient insolvables) pour 1,7 milliards fin juin ! "Il est clair qu’il faudra un gouvernement stable et la pire des solutions serait une rapide démission du gouvernement grec", craignait un diplomate français, dans l'attente des résultats. Garder Tsipras, faute de mieux !

Sur quoi pouvaient porter les négociations en cas de reprise ?
Malgré l'optimisme béat affiché par Hollande devant les caméras, "c’est toujours entre adversaires qu’on fait la paix. Si les Français et les Allemands ont réussi à faire la Communauté européenne du charbon et de l’acier en 1950, cinq ans après l’Armistice, on devrait bien arriver à faire signer à un accord entre les Grecs et l’Allemagne", estima Yves Bertoncini, directeur de l’Institut Jacques Delors. Il y aura des marges pour un accord dont tous les éléments sont déjà sur la table. Il faudra juste bouger quelques curseurs. Même si, entre temps, le Grecs auront bien tiré sur la corde". Tout et son contraire...

La Commission devait tout d’abord envisager une  nouvelle demande d'aide par la Grèce. Elle devait surtout vérifier qu'elle réponde aux critères d’éligibilité prévus par le traité instituant le Mécanisme européen de stabilité (MES). Tout ce processus prend du temps, d'une part pour confirmer l’éligibilité et recevoir l’aval de certains parlements nationaux – dont le Bundestag allemand, ce qui sera fait pour éviter le pire –, et d'autre part pour négocier un protocole d’accord. Rien n'était alors fixé non plus sur le montant précis de prêts qu'il faudrait accorder à Athènes pour faire face à ses besoins.

Quel sera le montant du 3e "don" européen à la Grèce 


Dans ses calculs établis courant mai, le FMI estimait que la Grèce aurait besoin de 50 milliards d'euros de plus entre octobre 2015 et fin 2018, ce qui impliquait au moins 36 milliards d'aide provenant de l'Europe. Une somme tenant compte de l'incapacité à atteindre les objectifs d'assainissement budgétaire depuis plusieurs mois (13 milliards) auxquels s'ajoutent 9 milliards dus au fait que les objectifs de privatisation non plus n'ont pas été tenus. Si on y ajoute l'aggravation de la récession, la remontée des taux d'intérêt ou encore les besoins de refinancement des banques, on atteint facilement 50 milliards.
Après une longue nuit de négociation début juillet, la zone euro accordera à la Grèce le bénéfice d’un troisième plan d’aide financier, dont les conditions de l’accord seront jugées dures, voire “humiliantes”, selon les observateurs qui ne sont pas les payeurs
. La chancelière allemande Angela Merkel estimait que l’accord serait d’une valeur de 86 milliards à 87 milliards d’euros sur trois ans. "De nombreux membres de Syriza, le [propre] parti de Tsipras, ont dénoncé [de l'intérieur] l’accord comme une capitulation humiliante imposée [à la Grèce], notamment par l’Allemagne", rapporte le site d’actualités européennes ment le type de conditions que le peuple grec vient de rejeter par référendum Politico.eu à Bruxelles.
L’un des points clés de l’accord est au final la création d’un fonds basé à Athènes (une concession européenne qui ne confirme pas la critique d'humiliation) regroupant des actifs grecs à hauteur de 50 milliards d’euros pour garantir les privatisations exigées par l’Eurogroupe. Et, pour commencer, l’Union européenne accorde une aide d’urgence de 7 milliards d’euros à Athènes, en attendant le déblocage des fonds du plan de sauvetage. "Je suis heureux de vous annoncer que l'Union Européenne et l’ECOFIN ont trouvé un accord pour le financement à partir de maintenant jusqu'à mi-août", a déclaré Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, le 16 juillet.

Le 3e plan d'aide sera de 83 millions d'euros, inférieur au montant envisagé par A. Merkel ! Trop généreuse, la chancelière allemande? 
Reste la question de l'échelonnement de la dette.


Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, assure à qui veut l'entendre que des calculs ont été établis avant le référendum 

Tsipras et Juncker

La note finale sera plus lourde, surtout qu'il faudra y rajouter les arriérés de paiement accumulés auprès du FMI et du FESF (Fonds européen de stabilité financière) qui n'ont pas été payés par Athènes. Autant dire qu'avant de se retrouver à la table des négociations, les dirigeants européens devront affiner leurs calculs…


D'autant que le FMI a lancé le 3 juillet un pavé dans la mare. Dans son rapport préliminaire, il estime que pour ramener la dette grecque sur une trajectoire plus soutenable, "de nouvelles concessions seront nécessaires". Le FMI envisageait un allègement de la dette de 30 % conjugué à un allongement de sa maturité de 20 ans, mais pas sûr que cela agrée l'Allemagne et les pays du nord. "C'est une femme intelligente, découvre un conseiller de... François Hollande. Elle prend les problèmes les uns après les autres." Mais rien n'ayant été préparé, il reste un paquet de problèmes à régler dans les quatre semaines à venir.