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samedi 23 mai 2020

Covid-19, la leçon de la Grèce à Macron, dès mars

La France querelleuse n'a pas mis toutes les chances de son côté : Macron a échoué à rassembler et à tracer la voie

En agissant tôt, le gouvernement grec a évité que l'épidémie ne se propage sur son sol et affiche jusqu'à présent un bilan rassurant

Histrion et/ou hystérique,
un bouffon aussi prétentieux que verbeux pour conduire le pays ...
"Quand tout sera terminé, peut-être qu'on ne s'en souviendra pas seulement comme d'un mauvais moment, mais plutôt comme du jour où on s'est dit: “Regarde comme on peut être bons." Et alors, peut-être que tous auront à apprendre sur nous, de nous, les Grecs." C'est mal connaître Macron.

C'est par ces mots que se termine le clip vidéo diffusé le 8 avril par la protection civile grecque, très réactive dans la lutte contre le Covid-19. Un hommage aux travailleurs et travailleuses du pays, après les humiliations de la crise économique. Bien que fragile encore, la Grèce et ses dirigeants peuvent être fiers du combat mené et exprimer leur satisfaction collective avec cette pointe d'orgueil.
Il faut rappelé qu'au socialiste Alexis Tsipras et à sa coalition avec l'extrême gauche (Syriza) a été virée à temps et que son successeur conservateur, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie) lui a succédé comme premier ministre le 8 juillet 2019. Hautain, Macron n'a pas daigné jeter le moindre regard sur ce pays d'à peine plus de 10 millions d'habitants. La crise économique a placé ce réseau dans une situation "désespérée". Avec un réseau de seulement 63 hôpitaux, la Grèce n'a enregistré que 2.874 cas confirmés de Covid-19 et , au 22 mai, n'a eu à déplorer que 169 décès.

Le "mouton noir" de l'Europe a gagné son statut de bon élève.

Dans la crise du Covid-19, la Grèce s'est distinguée en exemple. Lors d’une discussion avec les membres du Parti populaire européen (PPE), Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec, a proposé d'accueillir leur prochaine réunion en Grèce. L’idée a immédiatement séduit ses interlocuteurs, qui l’ont actée, ce qui n'aurait sans doute jamais eu la moindre chance si la Grèce avait géré la crise du Covid-19 avec la même arrogance que la France, et si ses professeurs en médecine ne s'étaient livrés à une insupportable querelle d'ego, doublée d'un profond mépris des patients atteints du coronavirus qu'ils ont condamnés à une mort certaine en refusant un traitement précoce - une bi-thérapie à base d'hydroxychloroquine -  comme le prescrit le professeur Didier Raoult. Ce cénacle des mandarins français outragés que leurs avis de prudence (leurs protocoles pesants, leurs tergiversations, leurs divergences internes et leurs contre-essais cliniques infructueux) a poussé des hauts cris et mené une cabale diffamatoire qui prend désormais une dimension internationale.

Le message s'adresse aussi bien à la nation grecque qu'à l'Europe

Pas sûr pourtant que le donneur de leçons Macron soit prêt à en recevoir ! Après des années à se faire pointer du doigt et mépriser comme la mauvaise élève de l'UE, 
aujourd'hui la Grèce se révèle pourtant exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19.

Réaction rapide.


Les mauvais élèves malveillants de l'Europe accusent l'Etat grec d'avoir peu testé sa population, malgré les recommandations de l'OMS, et d'avoir faussé les résultats sur le nombre de personnes contaminées. Ils portent les mêmes coups bas à la Russie. 
A propos des USA, la presse anti-Trump se délecte du chiffre de 1.260 morts en 24h, le 23 mai, se gardant de rappeler que la population américaine s'élève à 330 millions et que la France (qui en est 28.289 morts à la même date) déplorait 1210 morts dès le 16 mars, pour 66 millions d'habitants...Et encore 1.104 décès en France, le 5 mai.
Nombreux sont les pays qui s'en sortent moins bien que les Hellènes.
Certains indicateurs grecs ne trompent pas. 
Avec seulement 102 décès et 2.192 cas d'infection au 16 avril, la Grèce fait figure d'exception dans une Europe frappée de plein fouet par la pandémie. Qu'ils soient géographiquement proches (Italie, Turquie), économiquement plus puissants (France, Royaume-Uni), aux proportions équivalentes (Belgique, Pays-Bas), 

Si l'ensemble des Balkans voisins est relativement épargné, ce bilan peut objectivement être attribué à une réponse rapide et efficace du gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, 52 ans, un analyste financier, dans les années 90, et ancien ministre des Réformes administratives entre 2013 et 2015.

Les décrypteurs et analystes de presse française qui prétendent tout nous expliquer  ont fait l'impasse sur le modèle grec où des mesures ont été prises vite et tôtle premier ministre grec a ainsi empêché que le virus ne se propage sur l'ensemble du territoire et ne mette à mal un système de santé ébranlé par une décennie d'austérité.

L'ensemble de la société, et la classe politique en premier lieu, est consciente de l'appauvrissement d'un secteur affaibli par des coupes budgétaires et le départ à l'étranger de près de 20.000 médecins depuis 2010. Mais elle adopte aussi une attitude responsable.

Fermeté du gouvernement : ni mensonges, ni zigzags...

Macron a attendu le 23 mars 2020 pour instaurer l'état d'urgence sanitaire (article 4 de la loi n° 2020-290) pensant faire face en deux mois à l'épidémie de Covid-19: "l'état d'urgence sanitaire est déclaré pour une durée de deux mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi". Or, publiée en catastrophe au JO du 24 mars 2020, cette loi est entrée "en vigueur immédiatement" en vertu de son article 22.
Beaucoup d'esprits supérieurs français ont souri lorsque le carnaval de Patras, le plus important du pays, a été annulé par les autorités, fin février. Les festivaliers ont alors bravé l'interdiction de se réunir, se riant d'un excès de précaution. Mais le gouvernement conservateur a fait preuve d'autorité et n'a pas dévié de sa ligne de conduite.
Dès le 10 mars, alors que la Grèce ne compte encore aucun décès et moins de 100 cas de Covid-19 recensés, les établissements scolaires sont fermés (le 12 mars en France). 
Tokyo 2020 : La flamme olympique désormais entre les mains du ...
Les commerces, musées, sites archéologiques, théâtres, restaurants, plages et tous les lieux propices aux rassemblements publics sont soumis aux mêmes restrictions le 14 mars.
Evénement hautement symbolique et porteur d'espoir, la cérémonie de la flamme olympique est maintenue le 12 mars à Olympie, mais se tient à huis clos pour la première fois depuis plus de trente ans.
Le 15 mars, les liaisons avec l'Espagne et l'Italie sont coupées et les zones les plus touchées par l'épidémie dans le nord du pays sont rapidement mises en quarantaine stricte, pour endiguer la propagation du virus. Le confinement général est mis en place le 23 mars.

Même la puissante Eglise orthodoxe est contrainte de suivre les mesures de restriction. Dans un pays pourtant particulièrement croyant et pratiquant, où les querelles de laïcité et de séparation entre l'Eglise et l'Etat évitent tout sectarisme, les messes sont interdites au public et les portes des édifices religieux se sont rapidement refermées pour éviter qu'ils ne deviennent des foyers de contagion.
Plus grande fête nationale et moment de déplacements et de regroupements familiaux de la population grecque, la Pâque orthodoxea eu une valeur de test ultime d'unité nationale pour maintenir cette dynamique, dimanche 19 avril.

Pas d'atteinte politique aux libertés individuelles des Grecs

Loin du cliché de peuples du Sud indisciplinés et réfractaires, les Grecs respectent en grande majorité les mesures de confinement. Malgré une opposition de gauche au pouvoir politique, les citoyens suivent les consignes des autorités.

Celles de Sotirios Tsiodras, directeur des maladies infectieuses devenu voix de l'information sur le Covid-19 en Grèce, ne souffrent d'aucune contestation. Sa figure de professionnel de la santé - et non pas un haut-fonctionnaire qui n'aurait plus vu de malade depuis plusieurs dizaines d'années, comme Jérôme Salomon - a permis d'éradiquer tout caractère politique et soupçon de mensonge dans la gestion de la crise.
La crise économique traversée par les Grecs a laissé des traces durables et la population comprend l'urgence de la situation: elle vit courageusement cette nouvelle séquence de résilience et ne prend pas le risque d'aggraver la situation d'une société toujours fragile.

La terrible réalité italienne a également joué un rôle dans l'imaginaire grec. 
"Una faccia, una razza" (Même visage, même race), se plaisent à répéter les Grecs aux Italiens, pour dire la ressemblance et la proximité entre les deux peuples.
En s'identifiant à sa voisine, en la voyant souffrir, la population grecque a pris conscience de la situation bien plus rapidement que les pays du nord de l'Europe. Ou que tel merle noir au chant trompeur... 

Les camps de clandestins constituent des "clusters" de la Covid-19
Plusieurs cas ont été enregistrés dans deux camps de réfugiés sur le continent. Les malades ont été placés en quarantaine stricte, car le danger en Grèce vient désormais de l'étranger.

La satisfaction d'avoir évité un drame sanitaire ne cache pas l'inquiétude de voir surgir une nouvelle période critique, à la fois économique, intérieure, que sociale, importée.

mardi 28 janvier 2020

Paris : le camp de migrants de la porte d'Aubervilliers en cours d'évacuation

Une "mise à l'abri" à sept semaines des municipales

Les associations avaient acheminé et concentré près de 2.000 clandestins à la Porte d'Aubervilliers 

Ce camp du nord-est de Paris aurait-il entravé le plan de 'Central Park' parisien conçu par le candidat LREM Benjamin Griveaux ?




 Tôt ce mardi matin 28 janvier, la préfecture de Police a accédé à la requête de la maire socialiste de Paris et a procédé à l'évacuation encadrée par un important dispositif policier. La préfecture assure qu'elles seront hébergées... ailleurs.

Deux mois après le démantèlement d'un site voisin, Porte de La Chapelle, ce sont à nouveau "plusieurs centaines" de clandestins qui ont été évacués du campement parisien de la Porte d'Aubervilliers ce mardi matin, pour répondre à la promesse du gouvernement de vider le nord-est parisien de ces camps insalubres. La préfecture leur promet un hébergement sans savoir à combien ils se nombrent et donc combien de logements sont nécessaires...

Sécurisée par un important dispositif policier, l’évacuation a commencé un peu avant 06h00. Les migrants que les associations dites humanitaires avaient équipés de tentes ou de planches pour  monter des baraquements de fortune au bord du périphérique sont dirigés vers des bus à destination de gymnases (alors que les vacances scolaires n'ont pas commencé) ou de centres d'accueil franciliens (qu'on croyait déjà surpeuplés), dans une opération conjointe de la préfecture de police de Paris et de la préfecture de la région Ile-de-France.

Entre 900 et 1.800 personnes  - une évaluation floue du simple au double - avaient été parqués dans ces camps connus depuis des années comme des bidonvilles de tous les dangers pour les habitants comme pour les riverains, selon un décompte fourni par la... Préfecture de région. Que ce soit dans des gymnases ou des centres dédiés, des places ont été mobilisées pour héberger "tout le monde", ont garanti les autorités préfectorales.

Tour de vis sécuritaire

La doctrine de l'exécutif dans la gestion de ces campements a changé le 7 novembre dernier, lors de l'évacuation de quelque 1.600 personnes à cheval sur Paris et la Seine-Saint-Denis, notamment à la Porte de la Chapelle. Au lendemain de l'annonce du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, affirmant que ces sites constituant une "anomalie" du système d'hébergement allaient être évacués avant la fin 2019, la préfecture de police avait prêté main forte à la PRIF (préfecture de la région d'Ile-de-France) - qui gère d'ordinaire les opérations de mise à l'abri -, en opérant un tour de vis sécuritaire : plus aucune réinstallation sur la Porte de la Chapelle n'est possible depuis, grâce à un imposant dispositif des forces de l'ordre.

Ce tour de vis sécuritaire est également prévu Porte d'Aubervilliers, a confirmé la préfecture de police, expliquant que des patrouilles 24 heures sur 24 empêcheront les migrants d'y réinstaller des tentes. Les associations sont en quêtes de nouveaux lieux...


jeudi 21 novembre 2019

Evacuation de migrants: "le bruit et l'odeur", de Chirac à Hidalgo

1.606 migrants évacués de deux campements à la Porte de la Chapelle à Paris, sur ordre de la maire sortante

En évoquant 
"le bruit et l'odeur" dans un discours sur les immigrés, l'ancien président Chirac avait suscité de nombreuses critiques.

La maire socialiste de Paris semble s'être alignée sur la droite. Lors d’un échange avec des militants RPR le 19 juin 1991, Jacques Chirac, récemment décédé, avait pointé une "overdose" d’étrangers.  
Or, ce jeudi 7 novembre 2019, pour des raisons également sanitaires, Anne Hidalgo a requis les forces de l'ordre pour procéder à des expulsions massives de plusieurs camps improvisés de migrants dans le nord-est de Paris. Mais c'est lministère de l'Intérieur qui a fait l'annonce que plus de 1.600 clandestins ont été transportés vers des gymnases. 
Des policiers vont désormais rester sur place pour éviter "la reconstitution de ces camps", assure le préfet de région Michel Cadot.
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1.606 migrants répartis dans deux campements, situés porte de la Chapelle, à cheval sur le nord-est parisien et la Seine-Saint-Denis, où les associations d'accueil les dirigent, ont été évacués à partir de 6 heures dans la matinée du jeudi 7. Une heure plus tard, les premiers bus partaient en direction de 15 gymnases de la région parisienne. 
Evacuation de camps de migrants au nord de paris - Radio FranceA 9h, l'évacuation était terminée. L'opération d'"assainissement" avait duré trois heures.

En fait, d'après les associations qui les regroupent et les autorités, ce sont entre 1.500 et 3.000 illégaux qui squattent l'espace public aux abords du périphérique parisien, de la Porte de la Chapelle à Paris à l'avenue Wilson à Saint-Denis.
Des camps de migrants ont été évacués au nord de Paris ce jeudi matin
Expulsions qui ont nécessité des opérations de nettoyage 


Faut-il déployer plusieurs centaines de policiers, 
s'il s'agit de "mettre à l'abri" 1.606 migrants ?

600 policiers ont été mobilisés pour cette opération "humanitaire", selon les chiffres officiels de la préfecture de police de Paris. Il faut ajouter les nombreux bénévoles de certaines associations qui ont accepté de participer à ces expulsions.
Mercredi, campagne des municipales obligent, lors des annonces gouvernementales sur l'immigration, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avait pris "l'engagement d'évacuer d'ici la fin de l'année les campements du nord-est parisien". La préfecture de police de Paris et la préfecture de la région Ile-de-France avaient annoncé dans la foulée que cette évacuation aurait lieu dans la matinée du 7 novembre.


Le préfet de région Michel Cadot, le préfet de police Didier Lallement et la maire de Paris Anne Hidalgo étaient présents. Michel Cadot a déclaré que l'évacuation permettra "de reconquérir normalement l'espace public", "de manière stabilisée dans la durée puisqu'il y aura un maintien de présence policière permettant d'éviter la reconstitution de ces campements".

Mais l'Intérieur n'a pas tardé à rectifier le tir.  
"Nous mettons à l'abri, c'est une démarche humanitaire, pour assurer à ceux qui sont des situations extrêmement difficiles un hébergement, mais nous ne tolérerons pas de réinstallations", a déclaré de son côté le préfet de police de Paris, Didier Lallement. Sachant qu'il reste environ autant de clandestins en campements précaires sur la zone.

L'humanitaire n'exclut pas le sécuritaire

Contrôle de police dans un des camps de migrants,
Porte d'Aubervilliers à Paris
"Des effectifs de police contrôleront systématiquement les gens [des gens qui ne sont rien?]. Ceux en situation irrégulière qui reviendront seront traités comme toutes les personnes en situation irrégulière. 
Ceux en situation régulière, on essaiera de leur trouver des solutions d'hébergement, mais je préfère être très clair, il n'est pas question qu'ils recampent", a asséné Didier Lallement, préfet de police de Paris.

"Cette opération vise non seulement à prendre en charge les migrants, mais aussi à faire cesser ces installations déplorables - ou inversement, dans l'ordre des motivations - qui sont sur des délaissés de voiries qui appartiennent à la commune de Paris ou à l'Etat,"  a assuré le préfet de police de Paris.  

La maire Hidalgo était sur la défensive.
"Nous avons obtenu des garanties des deux préfets pour que les personnes soient acheminées vers des hébergements, a commenté Anne Hidalgo, maire de Paris.
Et d'insister, dans l'optique des municipales de mars prochain : "Une de nos conditions, c'était que ça ne peut pas être une évacuation pure et simple, où une partie des gens ici auraient été dirigés vers des centres de rétention. Nous n'aurions pas été présents dans ce cas-là". "La rue n'est pas un lieu pour vivre. C'est un lieu de danger et d'indignité", a encore ajouté Anne Hidalgo, intarissable. 
L'Andalouse à la tête de la mairie a également dit avoir obtenu la garantie d'un "accueil inconditionnel" des personnes présentes sur les campements. Ce que les propos du préfet Lallement contredisent lorsqu'il distingue les squatteurs en situations régulière et irrégulière.


La maire  en campagne - officieuse mais agile - a eu une pensée aussi pour les riverains... "Et c'est un lieu où y compris les riverains ne peuvent pas accepter que l'espace public devienne ce qu'il était devenu ici porte de la Chapelle". 
Le candidat officiel LREM en campagne à Paris n'arborait pas son sourire niais: il n'était pas sur le terrain à 6 heures du matin, mais était pourtant très favorable à cette opération. Que dire alors de l'adjoint communiste à la socialiste Hidalgo, en charge du logement, Ian Brossat.

L'ancienne secrétaire d'Etat de Jean-Pierre Raffarin, en charge de la Lutte contre la précarité et l'Exclusion (2002-2004) - qui créa le plan 'Urgence hivernale' destiné à venir en aide aux SDF durant les mois d'hiver, après avoir participé à la création du SAMU social avec le Dr Xavier Emmanuelli - , Dominique Versini, son adjointe chargée des solidarités et de l'accueil des réfugiés, a observé "qu'une partie des personnes" présentes sur le campement "se sont évaporées dans Paris".



jeudi 19 octobre 2017

Des CRS en mission doivent partager le même hôtel que des migrants

Le gouvernement loge des CRS dans le même hôtel que les migrants qu'ils viennent d'évacuer

Collomb et ses services manquent-ils d'égards envers les policiers ?

Nord : des CRS logés dans le même hôtel que les migrants qu'ils venaient d'évacuerChargés du service d'ordre du démantèlement du camp de migrants du Puythouck, à Grande-Synthe (Nord), mardi 19 septembre au matin, des policiers ont appris que des clandestins étaient logés dans le même hôtel que le leur, rapporte La Voix du Nord
Très tôt le mardi 19 septembre, les forces de l’ordre ont bouclé la zone. Plus de 200 policiers – des gendarmes mobiles, des CRS, des fonctionnaires de la police aux frontières (PAF), des hommes du commissariat de Dunkerque ont empêché toute entrée ou sortie au Puythouck. Les bénévoles des associations ont été escortés jusqu’aux abords du Puythouck pour les écarter du dispositif.

Ce n'est que lorsque le premier des douze bus mobilisés au transport des migrants  évacués s'est dirigé vers leur propre hôtel que les fonctionnaires de police de leur escorte se sont rendus compte de la délicatesse de leurs supérieurs.

Stupéfaits, les fonctionnaires de police ont alors prévenu leurs syndicats des risques que leur hiérarchie leur faisait courir. Il était inconcevable que des personnes évacuées le matin même contre leur gré partagent le même bâtiment le soir venu
"C'est la première fois que ça arrive", lance à franceinfo Christophe Canon, au nom des 22 CRS logés dans l’hôtel Première Classe de Rouvignies, près de Valenciennes.


"Evidemment, c’était une situation intenable pour les CRS. Il a fallu monter au créneau pour trouver un nouvel hôtel aux collègues", explique à franceinfo Christophe Canon, délégué du syndicat UNSA du Nord pour les CRS.

"Si on avait su, on aurait escorté directement les migrants à l’hôtel, plutôt que d’affréter des bus privés pour les acheminer," ironise-t-il.
"Maintenant, on cherche à savoir qui a pris cette initiative de débloquer des places dans le même hôtel que les CRS", poursuit le syndicaliste, certain qu’il ne s’agit pas d’une décision délibérée. "Mais il y a eu de toute évidence un dysfonctionnement. On cherche à comprendre pour que ça ne se reproduise plus."

Les CRS ont finalement changé d'hôtel

Le service logistique de la police a alors pris la décision de mettre en sécurité les fonctionnaires concernés dans un autre établissement, dans la même zone.

"C'est un couac dans l'organisation de la préfecture, dénonce le syndicaliste. Ce sont eux qui ont pris la réservation de l'hôtel." La préfecture aurait, selon le syndicaliste, été pris de cours devant le nombre de migrants. Sans place suffisante dans les centres d'accueil, ils se sont repliés sur cet hôtel de Rouvignies. "Nous allons demander à notre hiérarchie et à la préfecture de prendre des mesures afin que cela ne se reproduise pas".
Lors de l’opération d’évacuation de la 'jungle' du Puythouck, la préfecture a annoncé qu’elle avait pris en charge 557 migrants dont 60 enfants – seize personnes ont été interpellées, faisant pour la plupart l’objet de reconduite à la frontière.

Affectés à des missions de maintien de l'ordre dans des quartiers sensibles de Lille et de sa banlieue, les policiers étaient détachés spécialement à Grande-Synthe pour l'évacuation du camp. 

La préfecture n'a pas manifesté sa volonté de transparence avec franceinfo qui l'interrogeait. De son côté, le groupe hôtelier - Louvre Hotels Group, détenu (avec Kyriad et Campanile) par Starwood Capital Group (SCG), une société privée américaine de gestion d'investissements - affirme en revanche à franceinfo que le groupe de migrants n'est resté qu'une seule nuit dans l'hôtel.
En 2005, Starwood Capital Group fit l’acquisition du Groupe Taittinger et de sa filiale, la Société du Louvre et de ses sociétés affiliées, dont la Cristallerie Baccarat, l’Hôtel Lutetia, l’Hôtel du Louvre à Paris, l’Hôtel Martinez à Cannes et les parfums Annick Goutal
Or, la présidente des parfums Annick Goutal n'est autre que Brigitte Taittinger qui laissa toute la place aux Sud-Coréens d'Amore Pacific, propriétaires de l'entreprise, déjà propriétaire de la licence des parfums Lolita Lempicka. 
Et Brigitte Taittinger est l'épouse en secondes noces de Jean-Pierre Jouyet qui fut secrétaire général de la présidence de la République sous ...François Hollande, lequel a donné sa première conférence internationale rémunérée à l'occasion du "World Knowledge Forum", mardi 17 octobre 2017, à Séoul (lieu de naissance de Fleur Pellerin et de Jean-Vincent Placé qui furent ses ministres) en ...Corée du Sud. 

jeudi 6 avril 2017

Grande-Synthe (Nord): migrants mais aussi bloqueurs violents d'autoroute

Obstacles et caillassages: les migrants ont tenté de bloquer l’A16


Une cinquantaine de migrants a tenté d'envahir l'autoroute A16 dans la nuit de mercredi à jeudi

"Il y a eu une tentative d'envahissement vers 03h00 de migrants, qui ont mis des branchages sur l'autoroute - située le long du camp de migrants de Grande-Synthe (Nord) et qui ont jeté des projectiles, ce qui a nécessité une intervention des CRS et de la police", a-t-on appris de "source proche du dossier", confirmant une information de La Voix du Nord.

Vers 3h00 du matin, des migrants de la Linière, à Grande-Synthe, ont tenté de bloquer la circulation de l’A16 en posant des pierres et des branchages sur la chaussée, au niveau de la station BP de Grande-Synthe, dans le sens Belgique-France. 
Les forces de l’ordre ont été caillassées à leur arrivée.

Selon Hervé Desvergne, directeur du camp de la "Linière" ouvert en mars 2016 par la municipalité EELV, ces événements sont dus à l'augmentation du nombre de migrants afghans (soumis à un gouvernement islamiste sunnite, celui des talibans) - environ 500 aujourd'hui.


Ceux-ci privilégieraient d'autres méthodes que les Kurdes, Sunnites, majoritaires: "les Afghans tentent de créer des ralentissements" sur l'autoroute pour bloquer des camions et y monter afin de gagner l'Angleterre , alors que les Kurdes marchent avec des passeurs et des points de rendez-vous", a expliqué H. Desvergne, confiant son "inquiétude".


H. Desvergne est membre de l'Aféji, une 'association de Bienfaisance' (laïque, indépendante de toute conception politique ou religieuse) créée en 1992 par des enseignants du Dunkerquois, dédiée d'abord aux enfants handicapés ou en souffrance sociale, puis à la lutte contre toutes les formes d’exclusion, et devenue entreprise associative ("humaniste et militante") gestionnaire notamment du camp de migrands  à Grand-Synthedésignée par l'Etat.



"Un véhicule de CRS a été la cible de jets de projectiles"
"Il a été un peu endommagé", a ajouté cette source anonyme.

Vers 4h00 du matin, les gendarmes étaient de nouveau sollicités, cette fois pour une barre de fer posée sur l’autoroute. Voulant intervenir, ils ont essuyé des jets de pierres. 
Les policiers de Dunkerque, venus en renfort, ont subi des jets de pierres.

Le camp de La Linière a été par l’ONG Médecins Sans Frontières, avec le soutien de la ville EELV de Grande-Synthe et de la communauté urbaine de Dunkerque, pour remplacer le bidonville insalubre installé au Basroch, un secteur de Grande-Synthe plus proche du centre-ville.


VOIR et ENTENDRE le maire de Dunkerque (SE, mais se revendiquant de gauche) sur un tout autre sujet :
"J'ai en tête ce qui se passait avant à Calais [avec des barrages réguliers sur la rocade portuaire à proximité de l'ex-"Jungle"], je n'ai pas envie que ça se passe ici", a-t-il ajouté.

Le camp de Grande-Synthe (image d'archives) / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

A la suite du démantèlement de la "Jungle" de Calais en octobre, située à une quarantaine de kilomètres plus à l'ouest, la population du camp de la Linière a augmenté de 700 pour atteindre près du double. En parallèle, plusieurs incidents ont marqué la vie du camp, formé de dizaines de petits chalets en bois, où les passeurs sont comme chez eux.

Mi-mars, au côté du maire écologiste Damien Carême, la ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, a signé la prolongation de la gestion de ce camp proche de Dunkerque pour six mois supplémentaires avec pour objectif d'en réduire sa capacité.

Emmanuelle Cosse (EELV) ne peut ignorer que l'hiver a été rude pour les migrants.
Bien que la mairie et la direction du camp réfutent toute "saturation" du camp, la densité a indéniablement augmenté depuis la création de ce premier site humanitaire, en mars 2016, d'une capacité initiale de 1.500 places réparties dans 400 chalets en bois de 6m2. Il ne reste plus que 291 de ces chalets, mais, à la suite notamment du démantèlement de la "Jungle" de Calais et de nouveaux flux, officiellement, les migrants sont désormais quelque 1.200. Ils sont parfois 4 à 5 à dormir dans les cabanons, contre 2 à la création.
En janvier dernier, la presse rapportait que, faute de places dans les cabanons officiels, près de 100 personnes avaient dû se réfugier dans l'un des lieux de vie, initialement destinés à cuisiner, mais transformés pendant plusieurs semaines en dortoirs d'urgence. Avant de tenter prochainement sa chance en se cachant dans un camion, moyennant versement d'une somme "importante" à l'un des nombreux passeurs qui gangrènent le camp - "les prix ont augmenté car la police est partout".

Les migrants avaient déjà établi des barrages sur cette autoroute

En août 2016, plus d'une centaine de migrants avait envahi l'autoroute A16 à Grande-Synthe, pour bloquer la circulation et tenter de pénétrer dans des camions à destination de l'Angleterre...

Dans la même semaine, trois rixes graves avaient éclaté sur le camp. Deux hommes avaient été blessés à l’arme blanche à l'intérieur du camp, puis deux autres ont été blessés par balles le lendemain.

VOIR et ENTENDRE
une séance du conseil municipal de Dunkerque dirigée par Patrice Vergriete (socialiste dissident sous étiquette DVG), à ne  traduire pour les migrants:


 

samedi 17 décembre 2016

Toujours des camps de migrants: encore un démantèlement aux portes de Paris

Reconstitution de campements sauvages de migrants à quoi servent les centres d'accueil officiels ?

Premier démantèlement depuis l'ouverture d'un centre d'accueil officiel pour migrants  le mois dernier à Paris.

Le démantèlement a commencé vendredi matin, à Saint-Denis (PCF) aux portes de Paris.
Les clandestins ont été chassés pour un accueil de force dans des gymnases ou des hôpitaux. "Il y a entre 700 et 750 personnes présentes, qui vont être conduites dans des gymnases ou vers des hôpitaux", a déclaré une source policière sur place. 
Ainsi le premier campement s'est-il reconstitué malgré l'ouverture d'un centre d'accueil officiel le 10 novembre dans la capitale.

Un centre "humanitaire" que boudent les migrants

Anne Hidalgo a loupé son coup médiatique



Le mot "humanitaire" ne fait recette que dans la presse bobo. Car les campements sauvages se multiplient dans la capitale et le centre "humanitaire" que la mairie de gauche parisienne a ouvert Porte de la Chapelle il y a un mois ne convainc pas.
Il devait offrir un hébergement à 400  illégaux, quand les SDF ne trouvent pas d'abri.  Fin mai, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris promettait de mettre un terme aux incessantes reconstitutions de campements et de mieux orienter les migrants dont le nombre était sous-évalué,  entre 50 et 80 "personnes" chaque jour, soit près de 4.000 par mois, selon les estimations les plus optimistes. 

Les migrants doivent d'abord passer par une vaste structure gonflable blanche, jaune et grise (ci-dessus), sorte de bulle de 900 m2, pour y recevoir des informations sur leurs droits [et leurs devoirs ?] et les démarches pour obtenir l'asile, traduites en anglais, arabe, pachtoune, dari et tigrinya. 
"On va aussi leur proposer l'aide au retour volontaire[ et à la réinsertion, ARVR], explique Didier Leschi, directeur de l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii) dont 16 agents sont déployés sur place.
L'aide au retour comprend une allocation d'un montant forfaitaire de 650 euros (contre 300 euros pour les clandestins originaires d'un pays non-européen mais dispensé de visa pour la France). Pour les ressortissants d'un pays membre de l'UE, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, le montant est de 50 euros. Pour les demandes faites avant le 1er janvier 2017, il est possible de toucher une majoration dont le montant peut atteindre jusqu'à 1850 euros. Cette majoration est cumulable avec l'allocation forfaitaire. En tout, un clandestin d'un pays non-européen et non-dispensé de visa pour la France peut donc toucher jusqu'à 1850 + 650 = 2500 euros. 
Des accompagnements spécifiques à chaque situation. 
Les hommes isolés pourront être hébergés sur le site, où ils resteront de 5 à 10 jours, avant d'être orientés vers d'autres lieux, selon leur situation : centre pour demandeurs d'asile (Cada), centre d'accueil ou d'orientation (CAO)... 
Les femmes et les familles seront amenés en navette vers des lieux d'accueil spécifiques, avant l'ouverture d'un centre de 400 places destiné à ces "publics vulnérables" à Ivry-sur-Seine (PCF) dans le Val-de-Marne, "début 2017", selon Bruno Morel, le directeur général d'Emmaüs solidarités qui pilotera le centre. 
Les mineurs isolés seront transférés vers des structures de la ville de Paris. "L'idée est de créer un endroit où chaque migrant primo-arrivant pourra recevoir un accueil et se verra proposer une mise à l'abri digne et humaine", expliquait Bruno Morel, avant que les migrants fassent le choix de la rue contre le conditionnement psychologique.

Huit "villages" de 50 places. 
Dans une halle de 10.000 m2, ont été créés huit "villages" de 50 places chacun, comprenant des chambres pour quatre installées dans des cabanes en bois recouverts de bâches, des espaces de bureaux, un réfectoire et des sanitaires. "Il y une douche, une toilette et un lavabo pour 8 personnes, nous sommes au-delà des normes du HCR (Haut-commissariat aux réfugiés)", a souligné Bruno Morel, ajoutant que "des lavabos plus bas ont été installés pour [que les musulmans puissent] faire des ablutions".
Avec un taux d’occupation de ses prisons d’environ 117 %, la France fait en revanche figure de mauvais élève en Europe.
Evolution de la population carcérale depuis 2009
Ensemble des prévenus et condamnés. 
La ligne rouge représente le nombre de places disponibles
01000020000300004000050000600007000080000PrévenusCondamnés01/12/0901/04/1001/08/1001/12/1001/04/1101/08/1101/12/1101/04/1201/08/1201/12/1201/04/1301/08/1301/12/1301/04/1401/08/1401/12/1401/04/1501/08/1501/12/1501/04/1601/08/2016
01/08/2016
 Prévenus: 19 297 personnes
 Condamnés: 49 522 personnes

120 salariés et 500 bénévoles pour ce centre. 
Des équipes du Samu social et de l'ONG Médecins du monde prodigueront les premiers soins et proposeront des consultations (physiques et psychologiques). Au total 120 salariés travaillent sur le site, auxquels s'ajoutent 500 bénévoles qui distribuent des kits d'hygiène, des vêtements, ou proposent des activités. Sur le site sont installés des baby-foot, tables de ping-pong et des agrès. Mais les personnels et les équipements restent sous-employés...

Une alternative aux camps de fortune. D'un coût total de 16,4 millions d'euros (investissement et fonctionnement), ce projet qui n'est pas rentabilisée visait à mettre fin à un cycle de démantèlement et de reconstitution de camps. Au total, une trentaine d'opérations ont été réalisées et plus de 21.000 migrants mis à l'abri depuis plus d'un an dans la capitale. La dernière - et la plus grosse - opération, avec plus de 3.800 personnes prises en charge, dans le 19e arrondissement, PS, était un préalable à l'ouverture du centre.

Un centre humanitaire démonté dans 18 mois. 
"C'est une alternative digne à la rue", fait valoir la maire de Paris Anne Hidalgo, soulignant qu'il est composé de structures modulaires "démontables" et transposables ailleurs. Or, le site étant destiné à accueillir des bâtiments universitaires, il devrait être réaffecté d'ici 18 mois. "Ce centre est une nécessité, nous allons continuer à en ouvrir", affirme la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, assurant que les places en CAO et CADA vers lesquelles sont orientés les migrants "ne sont pas saturées"... Mieux, ces centres se vident de leurs migrants qui disparaissent dans la nature.

Le centre sera largement suffisant pour absorber les flux de migrants qui convergent chaque jour vers Paris. "C'est quelque chose d'expérimental, qu'il va falloir évaluer", commente Bruno Morel. "Il va falloir essaimer, sans doute en régions. La solidarité doit s'exercer partout". Les migrants ne semblent pas apprécier les décisions "humanitaires" prises en leur faveur et au détriment de populations  endogènes défavorisées qui n'ont pas suscité une pareille mobilisation politique et "humanitaire" ! Question de faciès !