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samedi 17 décembre 2016

Toujours des camps de migrants: encore un démantèlement aux portes de Paris

Reconstitution de campements sauvages de migrants à quoi servent les centres d'accueil officiels ?

Premier démantèlement depuis l'ouverture d'un centre d'accueil officiel pour migrants  le mois dernier à Paris.

Le démantèlement a commencé vendredi matin, à Saint-Denis (PCF) aux portes de Paris.
Les clandestins ont été chassés pour un accueil de force dans des gymnases ou des hôpitaux. "Il y a entre 700 et 750 personnes présentes, qui vont être conduites dans des gymnases ou vers des hôpitaux", a déclaré une source policière sur place. 
Ainsi le premier campement s'est-il reconstitué malgré l'ouverture d'un centre d'accueil officiel le 10 novembre dans la capitale.

Un centre "humanitaire" que boudent les migrants

Anne Hidalgo a loupé son coup médiatique



Le mot "humanitaire" ne fait recette que dans la presse bobo. Car les campements sauvages se multiplient dans la capitale et le centre "humanitaire" que la mairie de gauche parisienne a ouvert Porte de la Chapelle il y a un mois ne convainc pas.
Il devait offrir un hébergement à 400  illégaux, quand les SDF ne trouvent pas d'abri.  Fin mai, Anne Hidalgo, la maire PS de Paris promettait de mettre un terme aux incessantes reconstitutions de campements et de mieux orienter les migrants dont le nombre était sous-évalué,  entre 50 et 80 "personnes" chaque jour, soit près de 4.000 par mois, selon les estimations les plus optimistes. 

Les migrants doivent d'abord passer par une vaste structure gonflable blanche, jaune et grise (ci-dessus), sorte de bulle de 900 m2, pour y recevoir des informations sur leurs droits [et leurs devoirs ?] et les démarches pour obtenir l'asile, traduites en anglais, arabe, pachtoune, dari et tigrinya. 
"On va aussi leur proposer l'aide au retour volontaire[ et à la réinsertion, ARVR], explique Didier Leschi, directeur de l'Office français d'immigration et d'intégration (Ofii) dont 16 agents sont déployés sur place.
L'aide au retour comprend une allocation d'un montant forfaitaire de 650 euros (contre 300 euros pour les clandestins originaires d'un pays non-européen mais dispensé de visa pour la France). Pour les ressortissants d'un pays membre de l'UE, d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, le montant est de 50 euros. Pour les demandes faites avant le 1er janvier 2017, il est possible de toucher une majoration dont le montant peut atteindre jusqu'à 1850 euros. Cette majoration est cumulable avec l'allocation forfaitaire. En tout, un clandestin d'un pays non-européen et non-dispensé de visa pour la France peut donc toucher jusqu'à 1850 + 650 = 2500 euros. 
Des accompagnements spécifiques à chaque situation. 
Les hommes isolés pourront être hébergés sur le site, où ils resteront de 5 à 10 jours, avant d'être orientés vers d'autres lieux, selon leur situation : centre pour demandeurs d'asile (Cada), centre d'accueil ou d'orientation (CAO)... 
Les femmes et les familles seront amenés en navette vers des lieux d'accueil spécifiques, avant l'ouverture d'un centre de 400 places destiné à ces "publics vulnérables" à Ivry-sur-Seine (PCF) dans le Val-de-Marne, "début 2017", selon Bruno Morel, le directeur général d'Emmaüs solidarités qui pilotera le centre. 
Les mineurs isolés seront transférés vers des structures de la ville de Paris. "L'idée est de créer un endroit où chaque migrant primo-arrivant pourra recevoir un accueil et se verra proposer une mise à l'abri digne et humaine", expliquait Bruno Morel, avant que les migrants fassent le choix de la rue contre le conditionnement psychologique.

Huit "villages" de 50 places. 
Dans une halle de 10.000 m2, ont été créés huit "villages" de 50 places chacun, comprenant des chambres pour quatre installées dans des cabanes en bois recouverts de bâches, des espaces de bureaux, un réfectoire et des sanitaires. "Il y une douche, une toilette et un lavabo pour 8 personnes, nous sommes au-delà des normes du HCR (Haut-commissariat aux réfugiés)", a souligné Bruno Morel, ajoutant que "des lavabos plus bas ont été installés pour [que les musulmans puissent] faire des ablutions".
Avec un taux d’occupation de ses prisons d’environ 117 %, la France fait en revanche figure de mauvais élève en Europe.
Evolution de la population carcérale depuis 2009
Ensemble des prévenus et condamnés. 
La ligne rouge représente le nombre de places disponibles
01000020000300004000050000600007000080000PrévenusCondamnés01/12/0901/04/1001/08/1001/12/1001/04/1101/08/1101/12/1101/04/1201/08/1201/12/1201/04/1301/08/1301/12/1301/04/1401/08/1401/12/1401/04/1501/08/1501/12/1501/04/1601/08/2016
01/08/2016
 Prévenus: 19 297 personnes
 Condamnés: 49 522 personnes

120 salariés et 500 bénévoles pour ce centre. 
Des équipes du Samu social et de l'ONG Médecins du monde prodigueront les premiers soins et proposeront des consultations (physiques et psychologiques). Au total 120 salariés travaillent sur le site, auxquels s'ajoutent 500 bénévoles qui distribuent des kits d'hygiène, des vêtements, ou proposent des activités. Sur le site sont installés des baby-foot, tables de ping-pong et des agrès. Mais les personnels et les équipements restent sous-employés...

Une alternative aux camps de fortune. D'un coût total de 16,4 millions d'euros (investissement et fonctionnement), ce projet qui n'est pas rentabilisée visait à mettre fin à un cycle de démantèlement et de reconstitution de camps. Au total, une trentaine d'opérations ont été réalisées et plus de 21.000 migrants mis à l'abri depuis plus d'un an dans la capitale. La dernière - et la plus grosse - opération, avec plus de 3.800 personnes prises en charge, dans le 19e arrondissement, PS, était un préalable à l'ouverture du centre.

Un centre humanitaire démonté dans 18 mois. 
"C'est une alternative digne à la rue", fait valoir la maire de Paris Anne Hidalgo, soulignant qu'il est composé de structures modulaires "démontables" et transposables ailleurs. Or, le site étant destiné à accueillir des bâtiments universitaires, il devrait être réaffecté d'ici 18 mois. "Ce centre est une nécessité, nous allons continuer à en ouvrir", affirme la ministre du Logement Emmanuelle Cosse, assurant que les places en CAO et CADA vers lesquelles sont orientés les migrants "ne sont pas saturées"... Mieux, ces centres se vident de leurs migrants qui disparaissent dans la nature.

Le centre sera largement suffisant pour absorber les flux de migrants qui convergent chaque jour vers Paris. "C'est quelque chose d'expérimental, qu'il va falloir évaluer", commente Bruno Morel. "Il va falloir essaimer, sans doute en régions. La solidarité doit s'exercer partout". Les migrants ne semblent pas apprécier les décisions "humanitaires" prises en leur faveur et au détriment de populations  endogènes défavorisées qui n'ont pas suscité une pareille mobilisation politique et "humanitaire" ! Question de faciès !


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