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jeudi 1 décembre 2016

Un conseiller sort un livre pour achever Hollande

Un ex-conseiller de Hollande publie "L'abdication" 

"L'abdication" est un livre d'Aquilino Morelle qui règle ses comptes en racontant le début du quinquennat "vu de l'intérieur"

L'éditeur Grasset publie les révélations de l'ancien conseiller du président François Hollande. 
Dans son bouquin, A. Morelle, proche d'Arnaud Montebourg -dont il fut le directeur de campagne à la primaire présidentielle socialiste de 2011- et ami de Manuel Valls,  raconte qu'il avait été limogé de sa fonction de conseiller politique auprès du président Hollande en avril 2014 après des accusations de conflit d'intérêt, finalement classées sans suite. Preuve de son innocence ou de l'indépendance de la Justice ?

Fils d'immigrés espagnols passés de Belleville au XVIe arrondissement de Paris, le petit marquis avait aussi été mis en cause pour avoir fait cirer ses pompes, pardon, ses chaussures Weston, dans les murs de l'Elysée par un manant salarié du contribuable éreinté, en toute justice sociale, par la pression fiscale socialiste. 

Le Monsieur Propre de Hollande assura qu'il ne s'agisait que d' "affirmations dénuées de tout fondement, qui visent uniquement à me salir". Selon lui, "il arrive dans la vie politique que certaines personnes aient intérêt à jeter la suspicion sur une autre". 
Tous les deux mois, un cireur se rendait à l'Elysée pour cirer les chaussures d'Aquilino Morelle. "Des souliers de luxe sur mesure. Des Davison, des Weston… Des chaussures de plein cuir toujours du même style", précise à Mediapart David Ysebaert, l'homme qui en prend soin. A deux reprises, le conseiller a même fait privatiser un salon de l'hôtel Marigny, affirme-t-il. "Il était au téléphone, en chaussettes, au milieu de cette salle immense. Et moi, j'étais face à lui en train de lui cirer ses souliers." Joint par divers media à la suite de cet entretien, le fameux cireur de souliers a expliqué avoir subi un savon du conseiller au téléphone.

Fin connaisseur des privilèges offerts par Marianne, sa bienfaitrice


Morelle avait entamé sa carrière de profiteur par le choix éclairé d'un premier poste à ... l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS), repaire de planqués.
Il n'a pas hésité à abuser de Marianne et des privilèges de la République. Mediapart affirme que le conseiller de François Hollande disposait de deux chauffeurs personnels, exclusivement à sa disposition, tandis que son maître se flattait devant la presse et les Français de réduire les salaires de ses ministres comme le sien... Mais, tous les mardis, l'un des chauffeurs de l'Elysée attribués à sa noble personne emmenait "son fils pour des activités personnelles dans le XVe arrondissement", loin de ses origines familiales à Belleville et de la racaille. 

On apprit également que ce patron social, socialiste et vertueux demandait à ses secrétaires de gérer les conflits avec les locataires des nombreux biens immobiliers qu'il possède, de s'absenter régulièrement pendant les heures de bureau pour des séances de "sauna, hammam ou gommage" et d'apprécier sans modération les grands crus de la cave de l'Elysée.

Cet ex-plume de l'austère Lionel Jospin, alors premier ministre (1997-2002), était également la plume officielle des discours de François Hollande depuis son accession à l'Elysée en mai 2012. 

Il est notamment l'auteur du discours du Bourget, le plus célèbre de la campagne de François Hollande en 2012. Le site Mediapart révéla toutefois qu'Aquilino Morelle aurait en réalité utilisé un nègre littéraire, Paul Bernard, pour les écrire à sa place. "Alerté, le président a fini par sortir le nègre des griffes du conseiller en décembre 2012", assure le site trotskiste.

En 2004, cette plume rose de Jospin avait pourtant été placée en garde à vue, soupçonnée d'avoir favorisé l'obtention d'une Légion d'honneur en échange d'un séjour à bas prix dans un hôtel de luxe à Venise, alors qu'il était conseiller de Lionel Jospin.


Un Aquilino Morelle aux nombreuses parts d'ombre et "qui a beaucoup menti", selon Mediapart

Surfant sur l'"image d'un médecin intègre" (bien qu'il n'ait jamais exercé) depuis son rapport accablant sur le Mediator, l'enquête révèle ses liens troubles avec l'industrie pharmaceutique pour des travaux secrets avec des labos. 
Enarque qui, en 1992, a préféré aux hôpitaux nauséabonds les fauteuils profonds de l'IGAS, Aquilino Morelle ne s'est pas pour autant interdit d'entamer en parallèle, en 2007, une collaboration avec Lundbeck, un laboratoire danois qui lui aurait rapporté 12.500 euros hors taxe, ce qui est rigoureusement interdit par la loi qui stipule que "les fonctionnaires et agents non titulaires de droit public consacrent l'intégralité de leur activité professionnelle aux tâches qui leur sont confiées. Ils ne peuvent exercer à titre professionnel une activité privée lucrative, de quelque nature que ce soit". Un collaborateur de Matignon pouvait-il l'ignorer ?

Seuls "l'expertise, la consultation, les activités littéraires et scientifiques et les enseignements peuvent être autorisés", ajoute l'IGAS, interrogée par Mediapart. Ce corps d'inspection a néanmoins donné son feu vert, mais seulement pour que le conseiller puisse faire de l'argent en donnant des cours à la Sorbonne, comme Benoît Hamon (bac +3) fut un temps professeur associé à l'univeristé Paris 8 (avec ouverture de droits ?). Mais pas de trace d'une autorisation pour travailler avec un laboratoire privé que, prudemment, le chef de l'IGAS de l'époque, André Nutte, "ne se souvient pas avoir signée". Cette activité non déclarée pourrait donc s'apparenter à une prise illégale d'intérêts, un délit puni de 75.000 euros d'amende et de 5 ans de prison.
Interrogé par Mediapart, un dirigeant de Lundbeck a en revanche conservé le souvenir des bons services rendus par Aquilino Morelle : "Il nous a ouvert des portes. Et c'est un enjeu majeur : nous permettre d'aller défendre notre dossier auprès de la bonne personne." Selon le site, le conseiller aurait ensuite approché, en vain, d'autres laboratoires comme Sanofi et même Servier, (avant le scandale et son fameux rapport), ce que les intéressés ont confirmé.

Dans un "droit de réponse" publié sur sa page Facebook, Aquilino Morelle a sa conscience socialiste pour lui, estimant avoir respecté les règles : "En tant que fonctionnaire, un certain nombre d'activités annexes sont autorisées par la loi, dont l'enseignement et le conseil. C'est dans ce cadre que j'ai accepté le contrat ponctuel avec le laboratoire Lündbeck (15 octobre/31 décembre 2007). (...) Ces activités ont dû être déclarées à l'IGAS [complice ?]. Je n'ai pas retrouvé la trace de cette démarche en dépit de mes recherches." "A aucun moment je n'ai donc été en situation de conflit d'intérêts", estime-t-il. 
Une version contredite par André Nutte, chef de l'IGAS au moment des faits. "Je n'ai pas mémoire d'avoir donné quelque autorisation que ce soit. On ne peut pas avoir une mission d'inspection et de contrôle et apporter une prestation d'assistance à une entreprise qui fait partie du contrôle. On peut parler de conflit d'intérêt ou au moins évoquer la notion, c'est la moindre des choses", a-t-il raconté au micro de RTL.

Et le voilà qui repointe son nez poudré... 
L'icône de la méritocratie à la française - qui incarne l'aile gauche vertueuse du PS - n'a depuis jamais caché son amertume vis-à-vis du chef de l'Etat et le livre promet d'être "sanglant", assure-t-on dans l'entourage de Morelle. 

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