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dimanche 4 décembre 2016

PS: la Belle Alliance Populaire a fait le deuil de son candidat naturel

Jusqu'au bout, le président sortant aura marqué l'Histoire de sa nullité

Le cimetière des éléphants était clairsemé à  la convention du PS 

Sous le choc de la retraite en rase campagne de leur chef de guerre, des militants abandonnés ont versé des pleurs,  tandis que les principaux candidats à sa succession n'avaient pas fait le déplacement, hier.
 
Brutus avait respecté la douleur des proches en se tenant loin de la réunion de famille, avant d'assumer le bilan collectif, une fois passé le délai de viduité. Mais les proches de l'héritier présomptif, en revanche, n'ont respecté aucun délai de décence. "Vous le voyez venir se déclarer ici, devant cette salle bien garnie ? Allez, je vous donne rendez-vous dans six mois à l'Elysée !" balance, avec arrogance, un vallsiste au fond du hangar parisien où quelque 2.000 militants (3.000, selon le PS: et 4.000, selon la police de Cazeneuve?) assistent à la convention de la Belle Alliance populaire (BAP) de Jean-Christophe Cambadélis, dans une ambiance funèbre. 

La veillée mortuaire vire à l'éloge funèbre à la soviétique

Cambadélis organisa le fiasco de la candidature présidentielle en déni en réunion. La convention devait donner le coup d'envoi de la primaire du PS, mais elle tourna hier aux funérailles politiques de François Hollande, deux jours après son renoncement à un second mandat, du fait de son incapacité à rassembler la famille socialiste éclatée. Et de fait, les poids lourds déclarés ou supputés de la compétition interne brillèrent par leur absence.
 
Au premier rang des outrageurs de la mémoire du souverain, maître Arnaud Montebourg et son valet Benoît Hamon. 
Mais également Manuel Valls. Le Premier ministre a préféré aller se ressourcer dans sa circonscription d'Evry (Essonne) pour le Téléthon, chez son ami Francis Chouat. Pour sa candidature, il faudra encore patienter, peut-être jusqu'à... demain lundi. Valls avait toutefois daigné envoyer ses hommes, mais pour humer l'ambiance à la BAP, tels les renifleurs Luc Carvounas, sénateur, Philippe Doucet, député, ou son bras droit à Matignon Yves Colmou. Brutus avait jugé prématuré de s'afficher en successeur putatif. Le choc du retrait de Hollande n'était pas digéré et le risque était réel d'essuyer des sifflets.

Mais des noms circulent pour contrer l'impudent

Evoquées comme possibles candidates, les ministres Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem ont fait un tabac, mais se sont contentées de rendre hommage au président. "Ma stratégie pour la primaire, ce sera de voter pour un tocard pour qu'on n'ait pas Valls !" annonce une militante socialiste. 
Dans les allées, beaucoup de déçus ont les yeux rougis: regrets d'un vote passé catastrophique ou anticipation d'une longue et douloureuse traversée du désert ? 
Un sexagénaire est amer à l'évocation de Hollande : "je regrette sa décision, j'aurais voulu qu'il soit candidat. Ceux qui se sont déclarés n'avaient qu'une idée en tête : le sortir ! Aucun ne mérite mon soutien. Moins je les vois, mieux je me porte !"

Qui pour lui succéder ? Sans conviction, certains citent Christiane Taubira, Ségolène Royal ou Emmanuel Macron.  Rare sont ceux qui évoquent Manuel Valls, le premier ministre autoritaire, sécuritaire et cassant, de surcroît jugé trop centriste, voire socio-libéral. " Mon préféré, c'était Hollande. Je suis triste, mais d'une tristesse admirative. Rien que de vous le dire, j'ai les larmes aux yeux, confie une septugénaire. Pour la suite, je ne vois pas... J'espère qu'on pourra se rassembler."
 
Ils désespèrent tous que la gauche s'unisse derrière son candidat, quel qu'il soit. Quand, à la tribune, Cambadélis a  culpabilisé Mélenchon et Macron, les sommant de se soumettre à la primaire du PS, le public s'est levé, avec ce cri du coeur : "Unité ! Unité !" 
Message reçu ? Au fond de la salle, un émissaire vallsiste ironise sur Montebourg et Macron, "ces sous-sous leadeurs de sous-sous courants". Les partisans de Valls ne sont pas prêts à composer.

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